Éviter de culpabiliser

culpabiliserL’une des erreurs les plus courantes que commettent les débutants en croissance personnelle, c’est qu’ils laissent des résultats à court terme influencer leur estime de soi. Cela mène souvent à l’autoaccusation et à un excès d’inquiétude lorsque les résultats sont en dessous des attentes.

Si nous utilisons les lentilles de la vérité, de l’amour et du pouvoir (nos principes fondamentaux de croissance), nous pouvons voir pourquoi le fait de culpabiliser à cause de ses erreurs et échecs est une approche inefficace qui n’aide pas vraiment à grandir.

La lentille de la vérité

Lorsqu’on regarde les choses via la lentille de la vérité, on peut facilement comprendre pourquoi le fait de culpabiliser pour des erreurs ne fera qu’empirer les choses. Étant donné que toutes les entrées servent à programmer notre cerveau, il est prévisible qu’un discours intérieur négatif, surtout lorsque cela devient une habitude, servira à réduire notre performance future. Par conséquent, nous nous programmons essentiellement pour ne pas être performants lorsque nous adoptons un discours intérieur négatif. Nous nous comportons comme un ordinateur qui installe un virus pour se ralentir.

Lorsque vous commettez des erreurs, le fait de culpabiliser ne vous permettra pas de régler les problèmes. Les problèmes en question peuvent avoir été causés par des circonstances indépendantes de votre volonté. Même si vous avez fait une erreur due à l’ignorance ou à de mauvaises performances, il est plus intelligent de considérer une telle erreur comme un problème logiciel. Quelque chose dans votre pensée ou votre comportement a causé le problème. Par conséquent, votre meilleure action, c’est de travailler sur l’amélioration de vos pensées et de vos comportements (c’est-à-dire votre logiciel mental). De cette manière, vous pourrez éviter des problèmes similaires à l’avenir.

En tant qu’être humain avec un cerveau humain, vous êtes une machine à apprendre. Il n’est pas logique qu’une machine à apprendre qui se programme elle-même réduise ses propres performances. Essayer d’éviter les erreurs permettrait certes d’éviter certaines erreurs, mais sachez que les erreurs sont essentielles au processus d’apprentissage. Une machine à apprendre qui supprime sa capacité à faire des erreurs finirait par devenir une machine statique incapable d’évoluer.

Pour continuer d’apprendre et de grandir, il est important d’accepter que des erreurs vont se produire et que c’est ainsi qu’on apprend. On vous a peut-être enseigné ou conditionné à croire dès votre plus jeune âge que les erreurs sont mauvaises et qu’il faut toujours les éviter… ou que si vous faites des erreurs, cela signifie que vous êtes un être inférieur. Cependant, à mesure que vous devenez plus conscient (et conscient de vous-même), vous reconnaitrez qu’il s’agit de leçons stupides qui ne correspondent pas à la réalité, et vous pouvez consciemment choisir d’abandonner ces croyances inutiles. Ces croyances sont un retour en arrière vers des pensées dépassées. Aujourd’hui, nous vivons à une époque riche en connaissances où l’apprentissage et la croissance continus sont plus importants que d’éviter les erreurs.

La lentille de l’amour

Si vous prenez l’habitude de culpabiliser à cause de vos erreurs, quelles conséquences cela pourrait-il avoir sur votre bonheur général ? Est-ce que cela vous rend plus heureux d’intégrer des résultats négatifs dans l’image que vous avez de vous-même ? Quelle conséquence le fait de vous voir comme un échec peut-il avoir sur votre vie émotionnelle ? Plus souvent qu’autrement, de telles pensées susciteront des émotions négatives comme la peur, l’inquiétude et le stress.

Si vous intégrez les échecs dans votre estime de soi, alors vous n’avez pas simplement échoué. Vous êtes devenu l’échec. Vous êtes l’échec. Et cela signifie que vous ne pouvez plus vous fier à vous-même pour prendre des décisions intelligentes à l’avenir. Vous devez vous attendre à d’autres échecs et donc à d’autres répercussions négatives sur votre estime de soi. C’est une proposition stressante, et cela va vous encourager à ne pas vous étendre. Vous ne risquerez probablement pas d’entamer davantage votre estime de soi. Plus vous essayez, plus vous risquez d’échouer. De cette façon, vous risquez de dégrader encore plus l’image que vous avez de vous-même. Cela vous amènera très probablement à ralentir considérablement lorsqu’il s’agira de prendre des risques qui en valent la peine. Votre rythme d’apprentissage et de croissance ralentira et vous serez limité.

La lentille de l’amour révèle que les gens grandissent plus vite lorsque leur vie s’aligne avec leurs désirs. Voulez-vous stagner et vivre une vie en grande partie statique pour les décennies qui vous restent à vivre ? Cette perspective correspond-elle à la façon dont vous aimeriez idéalement vivre cette existence ? Voulez-vous jouer la carte de la sécurité et rester coincé jusqu’à votre mort ?

Pensez également à l’impact sur vos relations avec les autres. Si vous prenez l’habitude de laisser l’échec impacter votre estime de soi, il sera alors beaucoup plus difficile de prendre des risques sociaux. La socialisation est truffée d’échecs, petits et grands. Parfois, vous serez rejeté. Parfois, vous vous comporterez d’une manière socialement maladroite, et les gens le remarqueront. De telles expériences vous aident à calibrer socialement vos comportements, mais si vous ne pouvez pas gérer l’échec, alors vous vous empêcherez d’atteindre le savoir-faire social. Vous resterez coincé dans cette phase socialement délicate, ce qui risque d’entrainer un certain degré de solitude et un sentiment de déconnexion avec les autres. Si vous n’êtes pas très résistant aux erreurs et aux échecs, vous pourrez apprendre plus rapidement dans ce domaine, et vous pourrez profiter des fruits d’une vie sociale riche et abondante.

De plus, les personnes tournées vers la croissance ont tendance à se retrouver. Cela leur permet de s’encourager mutuellement et de grandir plus rapidement. Dans de tels cercles sociaux, les gens ne font pas souvent de place à ceux qui culpabilisent. C’est un peu comme les non-fumeurs qui évitent les fumeurs, surtout parce que les premiers ne supportent pas l’odeur des seconds. De même, ceux qui tombent dans le cercle vicieux de la faible estime de soi auront tendance à attirer des liens sociaux qui résonnent avec de tels modèles. En effet, il ne serait pas étonnant de les voir attirer des agresseurs et autres personnes à l’esprit négatif. Votre cercle social finira par influencer votre réseau neuronal.

Que vous le vouliez ou non, les conséquences sociales et émotionnelles de la culpabilité peuvent être graves. Et surmonter un tel comportement peut vous donner l’impression de sortir d’une fosse surtout lorsque vous sortez d’une situation sociale qui renforçait votre stagnation actuelle ou votre cercle vicieux.

estime de soi

La lentille du pouvoir

Culpabiliser à cause des erreurs vous enlève aussi tout pouvoir. Imaginez si Siri (application informatique de commande vocale) se comportait de cette façon. Et si chaque fois que vous lui demandiez de l’aide et qu’elle commettait une erreur, elle culpabilisait et commençait, avec le temps, à mettre à jour sa programmation pour essayer d’éviter de faire d’autres erreurs ? Finalement, Siri commencerait à ressembler au personnage de Sadness dans le film Pixar Inside Out.

Hey Siri…. quel bon film me proposes-tu ?

Euh, je ne sais pas. Tu n’as pas aimé le dernier que j’ai suggéré.

Il n’est même pas impossible que Siri commence à se défendre si vous essayez de la critiquer sévèrement.

Eh Siri… tu commences à déconner !

Je fais de mon mieux Steve, je fais de mon mieux.

Avez-vous l’habitude de vous pardonner facilement ? Admettez-vous que les erreurs sont normales étant donné qu’elles font naturellement partie du processus d’apprentissage ?

N’est-il pas plus habilitant de croire fermement que vous faites toujours de votre mieux ? Vous pouvez continuer d’apprendre, de grandir et de vous améliorer, mais dans l’immédiat, pourquoi ne pas accepter que vous êtes en train de faire de votre mieux ? Dites-vous que si vous aviez pu faire mieux, vous l’auriez fait.

Il n’est aucunement opportun de culpabiliser à cause des erreurs. Par contre, vous pouvez tirer beaucoup de leçons de vos erreurs. Vous pouvez prendre en compte ces leçons pour améliorer votre façon de penser à l’avenir ainsi que votre façon d’agir.

Considérez les défis de la vie comme une forme d’entrainement musculaire. Vous ne devriez pas vous plaindre en estimant que les poids sont lourds. Les poids lourds vous aident à devenir plus fort. Ils sont supposés vous mettre au défi, sans quoi vous ne grandiriez pas de façon notable.

Croissance vs Culpabilisation

Étant donné que le fait de culpabiliser ne s’aligne pas avec l’amour, la vérité et le pouvoir, cela ne ferait que vous ralentir. Au mieux, vous stagnerez, et au pire vous tomberez dans un cercle vicieux. Pour éviter de tomber dans un tel puits du désespoir (ou éviter d’en creuser un vous-même), la solution, c’est de vous voir vous-même comme un être programmable et de réaliser que votre programmation peut changer. Cessez de vous identifier avec le logiciel qui a été installé dans votre tête. Reconnaissez qu’au même titre que Siri, vous êtes capable d’apprendre et de grandir. Vous êtes capable de mettre à jour votre logiciel.

Compte tenu de l’état actuel de votre logiciel, vous êtes déjà en train de faire de votre mieux et ne pouvez pas espérer faire plus. Votre logiciel mental et émotionnel fonctionne comme il a été programmé pour le faire. Si vous souhaitez enregistrer de meilleures performances, vous devez mettre à jour votre logiciel, et pour les humains, cela signifie faire de nouvelles expériences. Cela implique également d’accepter plus d’erreurs et d’échecs comme parties intégrantes du processus d’apprentissage.

Pouvez-vous faire de graves erreurs sans que cela n’entame pas votre estime de soi ? Il s’agit là d’un défi clé de la croissance consciente.

À une époque, j’ai enregistré quelques échecs importants. J’ai connu la faillite et le divorce. J’ai été expulsé de l’université. Il ne faut pas non plus oublier de mentionner que j’ai été arrêté à plusieurs reprises pendant mon adolescence. J’ai été aussi expulsé de mon appartement pour défaut de paiement. Je pourrais trouver plusieurs raisons différentes de culpabiliser. Toutefois, mon estime de soi est toujours bien solide et je suis heureux de mon chemin de croissance. J’ai beaucoup appris de ces expériences et sans elles, je n’aurais pas le logiciel mental résilient que j’ai aujourd’hui. Je comprends que si je veux apprendre et grandir, je dois accepter de faire des erreurs et d’enregistrer des échecs.

Dans les années à venir, j’espère faire encore plus d’erreurs. J’apprendrai à grandir à partir de ces erreurs également. Je dois conserver cette attitude pour continuer d’améliorer mon logiciel mental. En quoi serait-il logique d’ajouter un virus au mélange en culpabilisant ? Comment cela pourrait-il améliorer mes performances ? De même qu’un virus dégrade les performances, une telle attitude ne m’aidera pas à évoluer. Au contraire, je dois apprendre à venir à bout du virus et à devenir plus fort. C’est une excellente façon de voir les défis liés à l’estime de soi. Nous devons nous dire qu’ils sont là pour nous aider à développer une plus grande résilience.

Un tel état d’esprit par rapport à la croissance est-il normal dans votre vie ? La plupart de vos amis pensent-ils de cette façon ? Moi, oui ! Si ce n’était pas le cas, pourquoi seraient-ils mes amis ? En quoi serait-il logique d’avoir des amis qui m’amèneraient à me sentir « défectueux » et « endommagé » simplement parce que j’échoue de temps en temps ? Personnellement, je n’appelle pas de telles personnes des amis.

Responsabilisation sous fond de croissance

La responsabilisation est un élément important de la croissance personnelle. Lorsque vous poursuivez des objectifs importants, il peut être très utile d’avoir des personnes auxquelles rendre compte (des gens qui suivent de près vos avancées). Dans ma communauté dédiée à la croissance personnelle, nous avons des défis mensuels, et les gens se portent volontaires pour accomplir certaines actions pendant au moins un mois. Il peut s’agir d’un nouvel essai de 30 jours. Ils partagent au fur et à mesure des informations par rapport à leurs progrès avec le groupe. Parfois, des feuilles de calcul Google sont créées à cet effet et remplies de façon quotidienne.

Cette forme de responsabilisation fonctionne bien pour beaucoup de personnes. La supplémentaire pression sociale rend le succès plus probable. Toutefois, nous échouons parfois. Nous manquons un jour. Nous ne parvenons pas à atteindre les objectifs que nous nous sommes fixés.

Même dans de telles situations, il n’est pas opportun de culpabiliser. Comme susmentionné, cela ne profite en rien. Dans ces cas, nous savons que nous devons rechercher des moyens d’ajuster notre programmation pour améliorer nos performances et analyser nos hypothèses et nos réactions tout en prenant le soin d’éviter la pratique inutile de la culpabilisation. Culpabiliser n’est pas la réponse adéquate dans ces cas.

La responsabilisation est un outil très puissant, mais nous devons le manier avec beaucoup de soins. Nous devons éviter de l’utiliser pour nous donner des coups de fouet lorsque nous échouons. Je pense que la responsabilisation est utile lorsqu’elle apporte une pression positive pour nous pousser au point idéal du défi et nous motiver à agir. De plus, lorsque nous commettons des erreurs ou enregistrons des échecs, nous pouvons nous appuyer sur le groupe de personnes auxquelles nous devons rendre des comptes, de même que notre cerveau nous aide à diagnostiquer des problèmes et à faire des ajustements. Ainsi, nous pouvons augmenter nos chances de réussir.

La responsabilisation ne doit pas être une menace supplémentaire pour notre estime de soi. Au contraire, elle doit servir à nous aider à apprendre et grandir plus rapidement et plus efficacement que nous n’aurions pu le faire autrement. Il s’agit d’un outil de performance.

estime de soi

Les changements positifs qui permettent d’accepter les erreurs

Lorsque j’apprenais à m’exprimer en public, l’un des changements les plus importants qui m’ont permis de venir à bout de la nervosité était de croire que l’assistance est toujours de mon côté. L’audience ne veut pas me voir échouer. En quoi cela lui bénéficierait-il ? Il est évident que le public veut me voir réussir. Je suis là pour soutenir le public et vice versa. Nous voulons tous tirer le meilleur de l’autre. Si je commets une erreur, il n’y a pas de problème. Les gens font des erreurs et parfois, cela est intéressant, voire divertissant, à observer. Tant que je reconnais que nous sommes tous du même côté, je peux librement me détendre et donner le meilleur de moi.

Un autre changement qui m’a énormément aidé a été de me considérer comme un explorateur plutôt qu’un expert ou un gourou. Un gourou a l’air trop parfait. Un explorateur va faire des erreurs parce que cela fait partie du processus d’exploration. Un explorateur partage toujours des résultats d’un travail en cours, car il y a toujours plus d’exploration à faire.

Je considère aussi qu’un explorateur est capable de faire preuve d’une honnêteté plus profonde. L’étiquette d’expert peut être contestée et, par conséquent, certains pourraient juger nécessaire de la défendre. Un expert peut-il encore échouer et faire des erreurs ? Il semble plus difficile de créer de l’espace pour l’échec avec ce statut. Si vous êtes vraiment un expert, alors pourquoi avez-vous échoué ? Avec cette étiquette, il peut y avoir une tendance à dissimuler des erreurs pour protéger votre image de marque (ou l’image que vous avez e vous-même si vous commencez à croire à l’étiquette). Dans les coulisses, les experts sont aussi humains que tout le monde. Ils font beaucoup d’erreurs, cèdent à la procrastination, échouent encore et toujours.

J’aime l’étiquette d’explorateur parce qu’elle est plus proche de la réalité. N’hésitez pas à l’adopter si vous l’aimez aussi. Avec ce genre d’étiquette, nous sommes libres d’apprendre et de grandir, et nous pouvons faire autant d’erreurs que nécessaire. Vous pouvez tomber d’une falaise et demeurer un explorateur. L’étiquette n’a pas besoin d’être défendue par la prétention du perfectionnisme. Même de jeunes enfants peuvent être des explorateurs.

Par ailleurs, je pense qu’il est particulièrement utile de croire fermement que l’univers est toujours de votre côté. Il s’agit d’une lentille très puissante pour gérer les erreurs et les échecs. Pourquoi la vie vous a-t-elle fait vivre cela ? Pourquoi avez-vous traversé des moments difficiles ? Tout cela sert en fait de formation pour vous aider à apprendre et à grandir. C’est un entrainement musculaire pour votre conscience.

L’un des changements les plus puissants que vous pouvez faire, c’est de faire preuve de gratitude là où vous auriez autrement tendance à avoir une mauvaise opinion de vous-même. Au lieu de culpabiliser lorsque vous échouez, essayez plutôt de dire « merci ». Remerciez l’univers de vous avoir apporté un important défi de croissance. Regardez la masse qui se trouve juste devant vous, et ressentez de l’excitation à l’idée qu’elle vous aidera à devenir plus fort.

Plus vous saurez gérer les erreurs et les échecs sans perdre l’estime de soi, plus vite vous pourrez grandir, et plus vos expériences de croissance seront grandioses et plus étendues.

Article original écrit par Steve Pavlina.

Contrairement à ce que beaucoup pensent, les erreurs peuvent constituer des éléments sur lesquels vous pouvez vous appuyez pour mieux faire à l’avenir. Je vous invite d’ailleurs à suivre la vidéo ci-dessous qui explique mieux cela. En effet, elle montre comment vous pouvez vous motiver en partant de vos erreurs.

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