Pourquoi aimer votre zone d’ignorance ?

zone d’ignoranceJ’ai beaucoup d’amis qui sont très attachés au concept de la zone de génie (zone de prédilection). Le concept stipule que nous devrions passer plus de temps à faire les tâches que nous faisons incroyablement bien, et déléguer ou supprimer tout ce que nous pouvons.

Imaginez que vous êtes un chirurgien avec une équipe de chirurgiens qui s’occupe de tout le reste pour vous. Ils font tout le travail de préparation. Ensuite, vous venez et vous vous occupez de l’intervention chirurgicale que vous seul pouvez faire. Dans votre zone de génie, vous êtes le noyau, et les autres sont les branches. Votre équipe vous soutient dans ce que vous faites le mieux.

Sur le principe, cela semble être une assez bonne idée, et apparemment cela fonctionne bien pour certaines personnes. Je trouve personnellement cette manière de faire plutôt limitative. Ce n’est donc pas un modèle que j’utilise. Je n’aime pas les conséquences d’un tel mode de vie ; l’ennui par exemple.

Ce qui me gêne beaucoup par rapport à ma zone de génie, c’est que je ne grandis pas autant que je le voudrais quand je travaille en me basant sur mes compétences les plus développées. J’ai tendance à tirer davantage parti de la vie lorsque je sors de ma zone de confort à plusieurs reprises. C’est d’ailleurs ce que je fais actuellement avec le défi de délégation de tâches ; et cela m’éloigne de ma zone de génie.

Si j’avais choisi de m’en tenir à ma zone de génie, je ne déléguerais jamais une tâche parce que déléguer n’est pas mon fort en ce moment. La délégation de tâches est un domaine où j’ai très peu de compétences. Mon intention est de beaucoup m’améliorer dans ce domaine et je m’attends à ce que ce processus prenne des années. Si je travaille suffisamment sur ce sujet, je peux m’attendre à ce que mon futur moi soit assez bon en matière de délégation de tâches, peut-être même très bon. C’est en agissant de cette manière que j’ai acquis plusieurs autres compétences comme la programmation, la rédaction et l’expression orale que j’ai pu mettre à profit.

J’ai dû passer par ma propre zone d’ignorance pour acquérir du savoir-faire dans ces domaines. Si j’étais resté uniquement dans ma zone de génie initiale, je serais toujours programmeur aujourd’hui. Cependant, je ne pense pas que cela aurait été la meilleure voie à suivre, surtout si je considère les retombées positives que mon mode de vie actuel apporte à d’autres personnes.

Ce qui m’attire (et m’effraie en même temps) à propos de la délégation de tâches, c’est que cela me permettra de passer encore plus de temps en dehors de ma zone de confort. Si j’ai une équipe qui m’aide, je pourrai alors passer plus de temps dans ma zone d’ignorance. Je suis plus intéressé par cette idée que de passer tout mon temps dans ma zone de génie. J’adore le fait de passer par la case incompétence pour devenir de plus en plus compétent.

J’adore travailler sur la croissance personnelle. C’est ce qui m’illumine de l’intérieur et cela exige de passer beaucoup de temps à relever des défis qui impliquent l’échec, le rejet et la maladresse. Je me sens souvent plus enthousiaste à propos de ma vie quand je suis dans ma zone d’ignorance que dans ma zone de génie. Je grandis plus vite quand je suis dans ma zone d’ignorance. En effet, je ne me mets pas la pression avec des attentes, et donc je profite plus de l’expérience. Je m’attends à échouer de temps en temps, donc je ne me fais pas du souci pour cela. Je joue avec le risque.

Pour moi, la zone de génie n’est pas aussi importante ou utile qu’elle en a l’air. Ce n’est qu’un outil parmi tant d’autres.

J’ai tendance à accorder plus d’importance au fait d’être dans ma zone de plaisir et d’enthousiasme. Si j’ai une zone de génie, je préfère penser que c’est le résultat de ma capacité à apprendre, notamment des nombreux échecs et revers, sans perdre mon enthousiasme.

Je suis motivé et enthousiaste à propos de ce défi de délégation de tâches. Je me demande jusqu’où je pourrais aller dans ce défi, une fois les 30 premiers jours écoulés. Et pourtant, j’ai actuellement l’impression d’être coincé dans ma zone d’ignorance. Chaque jour apporte de nouvelles leçons qui me semblent profondes à l’heure actuelle. Pourtant, ces leçons pourraient être considérées comme étant banales pour ceux qui ont plus d’expérience dans ce domaine. J’aime bien cela parce que j’apprends vite et que je suis capable d’obtenir des résultats d’une nouvelle façon. Je ne suis pas encore très compétent en matière de délégation de tâches. Cependant, le simple fait qu’il s’agisse d’un nouvel outil me permet déjà de faire des choses intéressantes, peu importe avec quelle habileté je les exécute.

Je suppose que vous pourriez reformuler cela en disant que ma zone de génie me permet d’explorer ma zone d’ignorance avec enthousiasme. Je pense que c’est un peu tiré par les cheveux, mais si vous vous sentez attaché au concept de zone de génie et que vous ressentez le besoin de le défendre, je vais vous faciliter la tâche en vous laissant faire.

Beaucoup de gens ont également du mal à identifier ne serait-ce qu’une seule zone de génie potentielle, comme s’il s’agissait d’une chose dont nous sommes dotées à la naissance et qu’on est censé découvrir plus tard dans la vie. Je pense que nous pouvons développer de multiples zones de génie tout au long de notre vie — notre but principal étant le développement. Cela implique aussi un peu d’exploration et de découverte, mais il s’agit surtout d’apprendre, de pratiquer et d’acquérir de l’expérience.

Comment pouvons-nous espérer développer nos zones de génie si nous ne sommes pas aussi prêts à embrasser nos zones d’ignorance ? Nous devons tous passer par la phase d’ignorance pour développer nos compétences.

Mon expérience dans le coaching m’a montré que rester dans la zone de génie fonctionne pour certains, mais penser de cette façon peut facilement se retourner contre nous et nous garder coincés. Nous pouvons perdre beaucoup de temps à chercher dans nos têtes, nos cœurs et nos esprits une source innée de génie, et ne jamais la trouver au final. Nous offrons alors des réponses vagues comme « Je m’en sors vraiment avec les gens. » Ou nous remettons en question nos réponses.

zone de génie

Le pire, c’est que nous avons tendance à cacher notre zone d’ignorance ; un piège qui nous amène à prétendre être des génies au lieu de développer le vrai génie. Nous avons honte de notre incompétence. Beaucoup d’entre nous ont appris en grandissant que l’incompétence est critiquée et que le génie est loué. Toutefois, si nous voulons développer un peu de génie, nous pouvons y parvenir plus facilement si nous pouvons pleinement embrasser et profiter de la phase d’incompétence.

Savez-vous ce qui m’a permis d’accepter cette vérité ? Je me suis fait arrêter à quatre reprises pendant mon adolescence, alors que j’étais un étudiant très doué. J’avais vraiment mal tourné. J’ai même failli aller en prison à cause de cela. Et pourtant, j’ai appris beaucoup de précieuses leçons grâce à ces expériences folles et imprudentes qu’en assistant à des cours d’informatique. J’ai appris que je pouvais faire des tonnes d’erreurs et pourtant continuer d’apprendre et de grandir. De même, j’ai appris que les gens pouvaient me critiquer et que je pouvais être d’accord avec eux. Cela ne m’empêcherait pas de continuer à vivre. J’ai appris que je me sentais plus en plus connecté avec les gens quand je laissais paraitre honnêtement mon incompétence ou mon génie, sans essayer de prétendre être quelqu’un que je ne suis pas.

Entre tirer profit de ma zone de génie et apprendre et grandir dans ma zone d’ignorance, je choisirai la dernière option. Plus je passe de temps dans ma zone d’ignorance, moins je me sens mal à l’aise d’y être et plus je suis capable d’apprendre, de grandir et de faire rapidement de nouvelles expériences. J’apprécie toujours ma zone de génie, mais sans l’habitude d’embrasser ma zone d’ignorance, je n’aurais même pas une zone de génie.

Je préfère ne pas rejoindre une unité chirurgicale. Je comprends que d’autres personnes empruntent cette voie, notamment les vrais chirurgiens. Ce n’est simplement pas la voie que je choisis pour moi-même. Pour moi, cette unité chirurgicale est un piège et une cage.

Je préférerais être opéré par un robot si j’avais besoin d’une chirurgie : Un robot développé par un groupe de personnes qui ont des compétences dans divers domaines (dont la chirurgie et la robotique) et qui ont embrassé leur zone d’ignorance pour explorer de nouvelles façons de penser la chirurgie, réalisant ainsi qu’il est préférable de résoudre ce problème d’une meilleure manière, de le déléguer à la technologie, et d’ensuite passer leurs vies humaines à explorer davantage leurs zones d’ignorance respectives.

Si nous n’embrassons pas notre zone d’ignorance, nous ne pouvons pas progresser. Nous devrions nous plonger dans ces parties sombres de la vie qui nous font peur. Exposons nos peurs. Apprivoisons nos dragons. Et célébrons le fait que nous continuons d’apprendre et de grandir. Quel que soit le génie que nous développons en cours de route, nous pouvons ensuite chercher à le conserver sous une forme durable pour l’intégrer dans cette réalité – par l’écriture, les vidéos, les logiciels, la technologie, les processus, etc.

Le simple fait d’être un génie relève de la vieille école. Si nous cherchons à être des génies, la technologie finira par faire de nous tous des idiots. Je pense qu’il serait plus utile de nous habituer à perdre souvent l’équilibre lorsque nous sommes hors de notre élément, à traverser nos peurs, à explorer l’immensité de notre zone d’ignorance, à partager des étreintes avec des gens qui font la même chose… et à être malgré tout enthousiastes à propos de la vie, car nous apprenons et nous grandissons chaque jour.

Article original écrit Steve Pavlina.

Avant de prendre congé de vous, je vous invite à suivre la vidéo ci-après. Elle explique comment réellement découvrir ses talents et ses forces. L’approche qu’elle présente est très intéressante et cela vous permettra de faire le point par rapport à votre zone de génie et à votre zone d’ignorance. Découvrez plutôt !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *