Gagner de l’argent consciemment

Note : cet article est une traduction de l’article Making Money Consciously de Steve Pavlina. C’est donc lui qui s’exprime dans le “je” de cet article !

Argent et conscienceQuelle est l’importance de l’argent ? Quelle quantité d’argent peut-on considérer comme suffisante ? Est-ce que l’argent est une distraction sur le chemin de la spiritualité ? Est-ce un mal nécessaire ? Est-il injuste que certaines personnes aient plus d’argent que d’autres ? Est-ce que la pauvreté est plus noble que la richesse ? Est-il possible de devenir un millionnaire éclairé ?

Même parmi les gens hautement conscients, l’argent est sujet à controverse. Vous avez probablement déjà eu de nombreux débats sur ce sujet. Les attitudes sociales vis-à-vis de l’argent sont tellement incohérentes que ce n’est pas étonnant que les gens soient désorientés.

Est-ce que l’argent est une ressource positive ou une distraction qui diminue le niveau de conscience ?

Comme beaucoup de gens, j’ai grandi avec des points de vue différents sur l’argent. Sous certains aspects l’argent était une bonne chose ; à côté de ça, c’était un mal nécessaire ou une distraction vis-à-vis de ce qui était important.

D’un côté, j’ai vu des preuves que l’argent était bon. Il n’est pas difficile de reconnaître que l’argent confère certains avantages. Certains problèmes peuvent être résolus assez facilement avec de l’argent. L’argent peut fournir nourriture, habits, foyer, chaleur, transports, éducation, technologie, divertissements, médecine, et bien d’autres choses encore. Vu la façon dont la société actuelle fonctionne, si vous avez beaucoup d’argent, vous avez beaucoup de solutions. L’argent ne résout évidemment pas tous les problèmes, et il peut en créer de nouveaux, mais dans l’ensemble on peut dire sans risque que l’argent un puissant outil de résolution de problèmes.

Je pense que Earl Nightingale l’a dit parfaitement :

Rien ne peut remplacer l’argent dans les domaines dans lequel l’argent fonctionne.

D’un autre côté, il y a des choses que je n’aime pas vis-à-vis de l’argent. Je n’aime pas qu’on l’utilise comme barrière à l’entrée de certains « privilèges » comme les soins médicaux corrects, la nourriture saine, ou l’éducation décente. Je n’aime pas non plus le fait que cela pousse les gens à se comporter de façon déshonorable pour en obtenir. Même si j’admire les résultats des géants actuels de l’industrie, beaucoup d’entre eux ont acquis leur richesse de façons que je ne supporte pas.

Les croyances conflictuelles vis-à-vis de l’argent

Pendant la majeure partie de ma vie, j’ai été coincé par des attitudes incohérentes vis-à-vis de l’argent. De façon objective, la richesse matérielle semblait être une chose géniale – je devais clairement poursuivre ce but. De façon subjective, cela semblait être une gigantesque distraction – pourquoi en aurais-je besoin ? Intellectuellement, la richesse semblait une bonne chose. Intuitivement, la richesse semblait hors-sujet. Je n’avais pas encore découvert une façon de voir l’argent qui serait cohérente avec ces multiples points de vue.

Vous débattez-vous avec le même genre de conflit intérieur ? Si c’est le cas, vous n’êtes certainement pas seul parce que ce conflit est largement le résultat du conditionnement social. Nous avons certaines influences qui nous disent que l’argent est très important, tandis que d’autres nous disent que ce n’est pas le cas. Regardez ce qui arrive pendant la saison des vacances. Les publicistes nous disent de dépenser, dépenser, dépenser. Plus nous dépensons d’argent, meilleures seront nos vacances. Achetez à votre femme un collier de diamants (fondamentalement inutile mais néanmoins exorbitant), et elle vous aimera pour toujours. D’un autre côté, nous pourrions regarder un film de vacances, un classique comme La Vie est Belle de Frank Capra, qui nous dit que nous avons besoin de mettre les choses en perspective vis-à-vis de l’argent et que les relations sont bien plus importantes. Les signaux divergents sont légion.

Le conditionnement social affecte également nos relations. Quels aprioris avez-vous sur les gens d’après leurs revenus ou leur capital ? Si vous connaissez la situation financière de quelqu’un, mais que vous ne l’avez jamais rencontré, jugez-vous cette personne en lui attribuant des qualités plus ou moins vraies ? Quels aprioris auriez-vous vis-à-vis d’un millionnaire ? Ou vis-à-vis de quelqu’un qui est complètement fauché ? Comment vous sentiriez-vous en ayant rendez-vous avec quelqu’un qui gagne 10 fois plus d’argent que vous ? Et avec quelqu’un qui gagnerait 10 fois moins ?

Je crois que ces sentiments mitigés mènent beaucoup de gens conscients à conclure que c’est l’argent lui-même qui pose problème. Peut-être qu’il est mieux de trouver un moyen de vivre sans argent du tout… ou du moins de réduire sa présence au strict minimum. Si l’argent est vraiment une distraction de la vie consciente, est-ce que le choix évident ne serait pas de fuir l’argent tout court ? Peut-être abandonner vos possessions terrestres et entrer dans un monastère ?

Dans le cadre de la religion aussi l’argent a souvent un rôle confus. On dit que Jésus n’était pas quelqu’un de particulièrement riche, mais l’église catholique actuelle est richissime. D’après le United Nations World Magazine, l’église est à la tête de plusieurs milliards de dollars rien qu’en réserves d’or, et quand vous prenez en compte la quantité de leurs possessions immobilières de par le monde, leur collection d’art, et leur statut spécial exempt de toutes taxes, la quantité de richesses contrôlée par l’église catholique est stupéfiante. Même si les chiffres sont difficiles à estimer à cause de la complexité et du cadre de l’organisation, certains pensent que l’église est la plus riche entité du monde, et que le Pape contrôle plus de capital financier que n’importe quelle entreprise ou gouvernement sur Terre. Que ce soit vrai ou non, la richesse de l’église forme clairement un contraste intéressant avec la façon dont Jésus est censé avoir vécu. En ce qui concerne votre avenir financier, est-ce que vous prendriez exemple sur Jésus ou sur le Pape ? Ou sur quelqu’un de totalement différent ?

Nous pourrions aller plus loin dans le marasme des croyances financières confuses, mais je ne pense pas que ce serait utile, donc laissons les modèles sociaux de côté pour le moment et jetons un nouveau regard sur l’argent pour voir le rôle que nous lui ferions jouer dans notre vie.

Qu’est-ce que l’argent ?

L’argent est une ressource sociale – la principale ressource sociale. L’argent n’a pas de valeur en soi, mais nous lui assignons de la valeur via un accord social. Si je vous donne 100 $, vous pouvez en retirer une valeur de 100 $ auprès de la société. La seule raison pour laquelle cela fonctionne est que nous acceptons par consensus que ces 100 $ ont une certaine valeur. Si nous acceptions tous que l’argent n’avait aucune valeur, alors l’argent n’aurait absolument aucune valeur.

Comme c’est une ressource sociale, l’argent n’est pas un moyen d’échange parfait. La valeur de toute chose, y compris de l’argent lui-même, est déterminée par consensus social. Cela pourrait être un consensus entre seulement deux personnes, comme quand vous achetez quelque chose à quelqu’un. Ou cela pourrait être le consensus d’un groupe plus grand, comme quand vous achetez ou vendez des actions.

Quand votre estimation personnelle correspond globalement au consensus social, vous en conclurez que la fixation des prix est juste. Quand votre estimation personnelle s’éloigne du consensus social, vous en conclurez que certains éléments sont soit sur- soit sous-cotés.

Même s’il y aura de sérieuses conséquences à faire cela, vous êtes libre de sortir du contrat social rapportant à l’argent. La plupart des gens trouveraient cela absolument incommode, mais vous pouvez choisir de n’accorder absolument aucune valeur à l’argent si vous le souhaitez. Cependant, si vous voulez encore tirer avantage des ressources sociales, vous aurez besoin de créer vos propres contrats sociaux au cas par cas. Cela inclurait le troc ou d’autres formes d’échange, ou cela pourrait impliquer de tirer parti de vos relations pour répondre à vos besoins sociaux.

Pour la plupart d’entre nous, le contrat social de l’argent est bien trop avantageux pour être ignoré. Même si le système monétaire est loin d’être parfait, il est plus efficace que les différentes alternatives possibles. En assignant une valeur monétaire à nos échanges sociaux et en facilitant le transfert d’argent d’une personne à une autre, les échanges sociaux sont grandement facilités. Faire les courses, aller au travail, utiliser l’électricité, ou se connecter à internet sont tous des exemples d’échanges sociaux, et par consensus social, tout cela se réduit à l’argent.

Même l’argent lui-même peut se voir assigner un prix, comme peut en attester n’importe quelle personne endettée. Si vous voulez de l’argent aujourd’hui, vous pouvez l’acheter en vous engageant à rembourser une grande quantité d’argent demain.

Donc l’argent est essentiellement un crédit social. C’est une reconnaissance de dette envers la société, qui vous permet d’extraire une certaine quantité de valeur sociale chaque fois que vous le voulez. Plus vous avez d’argent, plus la société vous doit, et vous pouvez attirer plus de valeur.

Comment gagner de l’argent

Considérons ce que cela signifie de gagner de l’argent. Comme l’argent est une ressource sociale, gagner de l’argent signifie acquérir plus de cette ressource sociale. Mais quand vous gagnez de l’argent, vous changez la valeur en argent.

Une façon de gagner de l’argent est de vendre des possessions. Prenez un objet et vendez-le, et vous recevrez de l’argent pour ça. Une autre option est d’acquérir des objets à un prix, de se retourner, et de les vendre pour plus que cela vous a coûté. Les compagnies dénichent des ressources de par le monde et les vendent pour faire du profit. Pour les citoyens, cette approche pourrait prendre la forme de l’achat d’objets, d’actions, ou d’obligations à un prix pour les vendre au plus haut prix. Parfois de la valeur est ajoutée dans le processus (cela pourrait simplement être de la valeur ajoutée), même si d’autres fois l’argent gagné vient des inefficacités du marché.

Peut-être que la façon la plus commune de gagner de l’argent est de vendre votre temps. Trouver un travail et échanger vos heures contre des sous. Plus grande est votre capacité à délivrer personnellement une grande valeur sociale, plus grand sera votre potentiel de gains. La différence entre gagner 10$/semaine et 100$/semaine est que le second a une plus grande valeur sociale. La différence n’est pas la « faute » de quiconque ; la différence est due au consensus social quant à la valeur d’un certain travail. Notez la différence entre la valeur absolue et la valeur sociale. Les grands athlètes pourraient ne pas faire un travail utile dans l’absolu, mais leur compensation est basée sur la valeur sociale de leur service, qui est en fait très haute.

Une autre façon de gagner de l’argent est de créer un système qui gagne de l’argent pour vous, comme une entreprise. C’est personnellement ce que je préfère, car cela peut avoir un effet de levier bien plus fort que de vendre son temps. Je trouve aussi cela bien moins risqué sur le long terme, étant donné que posséder et contrôler un système de génération d’argent est plus sûr que d’échanger ses heures contre des sous à la discrétion d’une tierce personne.

Vous pouvez aussi gagner de l’argent en vendant l’argent lui-même… autrement dit en investissant. En prêtant votre argent ou vos capitaux à quelqu’un d’autre, vous pouvez toucher des intérêts et/ou des dividendes. La façon dont vous gagnez de l’argent dépend de ce dans quoi vous l’investissez. Investir dans une nouvelle entreprise est très différent du fait d’investir dans une organisation criminelle. Une forme d’investissement crée de la valeur sociale ; l’autre la vole.

Et bien sûr une option finale pour gagner de l’argent est de le voler. Historiquement, cela a été une option populaire, mais je n’y accorderai pas une grande considération ici.

Si vous y pensez, il y a deux façons basiques de gagner de l’argent :

  1. Apportez une contribution sociale, et recevoir un paiement proportionnel à la valeur sociale de votre contribution.
  2. Tirer parti des inefficacités du marché pour gagner de l’argent sans apporter aucune valeur.

L’option 1 inclut de trouver un travail, de gérer une entreprise qui fournit des produits ou des services, de revendre des objets avec une valeur ajoutée, ou d’investir dans un de ces débouchés. L’option 2 inclut de revendre des objets sans valeur ajoutée, de jouer, de vivre aux crochets de quelqu’un, d’être un criminel, ou d’investir dans une de ces choses.

Voici une autre façon d’étiqueter ces deux stratégies :

À moins que vous soyez sorti d’une façon ou d’une autre du système monétaire, vous utilisez en ce moment une de ces stratégies ou les deux. Une stratégie sera sûrement dominante dans votre vie – soit vous créez une véritable valeur sociale et vous êtes payé pour ça, soit vous vivez au crochet de la valeur créée par les autres.

Notez que le n°1 est essentiel pour que le système monétaire survive et prospère, mais que ce n’est pas le cas du n°2. La seule façon de survivre pour les profiteurs est de tirer de la valeur de ceux qui contribuent. Mais au final, quelqu’un doit contribuer, ou il n’y aura pas de valeur à tirer pour les profiteurs.

Soit dit en passant, Ayn Rand a écrit un roman fascinant appelé La Grève qui parle de ce qui arriverait si les contributeurs du monde partaient pour former leur propre société, laissant les profiteurs se débrouiller tout seuls. La société des contributeurs devenait un paradis, et celle des profiteurs tombait en morceaux. Rand suggérait qu’un système qui récompensait les profiteurs aux dépens des contributeurs était mauvais et que les contributeurs devraient être libres de décider de la façon dont leur travail était utilisé (et si ils allaient ou non subvenir aux besoins de quelconques profiteurs).

On peut s’attendre à une certaine quantité de profiteurs. Les enfants profitent de leurs parents. Ceux qui sont incapables de contribuer profitent de ceux qui le peuvent. Chaque fois que nous apprécions les fruits du travail de quelqu’un d’autre sans payer pour ça, nous profitons. Nous profitons tous du dur labeur de nos ancêtres. Mais au final nous devons décider si nous allons continuer à profiter pour le restant de nos jours ou commencer à apporter une réelle contribution. Allons-nous rester des profiteurs à vie, ou deviendrons-nous des contributeurs ?

Évidemment, dans votre vie vous serez amené en partie à contribuer et en partie à profiter, mais quelle est votre principale stratégie de génération de revenus aujourd’hui ? Apportez-vous une valeur sociale ? Ou profitez-vous de la valeur d’autres contributeurs ?

Envisageons les deux possibilités.

L’esprit du profiteur

Entrer en mode profiteur signifie que vous tirez plus de valeur sociale que vous ne contribuez. Vous vous concentrez sur le fait d’obtenir au lieu de donner, donc vous demandez plus du système que vous ne lui rendez. L’esprit du profiteur suggère que vous pouvez toujours vous appuyer sur les autres pour combler le manque. C’est l’esprit des droits non acquis. Comme vous avez encore besoin de profiter de valeur telle que la nourriture, les vêtements, et l’habitat – valeur que les autres doivent fournir pour vous – vous vivez aux dépens des autres. Votre fardeau peut être soulagé par un parent par exemple, ou il pourrait être partagé par la société en général, mais dans tous les cas vous survivez en tétant le sein social.

Parfois profiter devient tellement habituel qu’il est facile de l’oublier. Beaucoup de gens qui semblent avoir des carrières basées sur la contribution arborent de façon sous-jacente un esprit de profiteur. Ils cherchent à tirer autant de valeur possible tout en contribuant aussi peu que possible. Ils travaillent pour gagner de l’argent dans la mesure du nécessaire, tout en profitant autant qu’ils le peuvent. Ce genre de personnes n’a pas de carrière inspirée parce que le travail n’est vu que comme un moyen pour parvenir à une fin, pas un moyen d’exprimer une véritable contribution. Regardez autour de vous et voyez si vous pouvez identifier des profiteurs dans votre vie. Qui préfère recevoir que donner ?

Un autre nom pour l’esprit du profiteur est l’esprit du manque. Comme vous ne créez pas de valeur personnellement, l’argent que vous gagnez doit venir de quelqu’un d’autre. C’est un jeu à sommes nulles. Quoi que vous gagniez, quelqu’un d’autre doit le perdre.

L’esprit du profiteur rend le fait d’atteindre une abondance financière très difficile parce que pour réussir financièrement avec cet état d’esprit, vous devez avoir certaines valeurs que la plupart des gens considèreraient comme négatives. Ce que vous gagnez est perdu par quelqu’un d’autre, donc devenir riche nécessite de tirer avantage de plus de gens. Pour gagner en profitant, quelqu’un d’autre doit couvrir ce que vous gagnez avec de la valeur réelle. Plus vous accumulez de valeur, plus vous en volez aux autres.

Beaucoup de gens ne peuvent pas supportent pas l’idée de devenir riche aux dépens des autres, donc habituellement l’esprit du profiteur donne lieu à la place à de l’auto-sabotage. Si vous tombez dans ce schéma, vous vivrez une relation amour/haine avec l’argent. D’un côté, vous voulez plus d’argent, mais d’un autre côté, vous pourriez ne pas être enclin à en faire trop, car vous savez que plus vous gagnez d’argent, plus quelqu’un d’autre doit payer pour ça. Par exemple, si vous gagnez votre vie comme joueur de poker professionnel, alors vous savez que plus vous gagnez, plus les autres ont perdu d’argent… pas la meilleure motivation pour une personne hautement consciente d’atteindre l’abondance financière.

Certaines personnes arrivent à dépasser ce problème d’auto-sabotage financier en diminuant leur conscience. Ils apprennent à faire de l’argent sans envisager rationnellement les conséquences de leur façon de le gagner. Ils inventent des justifications pour expliquer leurs actions tout en empêchant leur conscience de se mettre en travers du chemin. Au final, c’est l’état d’esprit des criminels.

Plus vous vous alignez avec cet esprit de profiteur, plus il sera difficile pour vous de connaître une abondance financière et de rester conscient. Vous devrez finalement choisir l’un ou l’autre : être conscient ou être riche. Vous ne pouvez pas avoir les deux à la fois si vous adhérez à l’esprit du profiteur. Si vous êtes coincé à un certain niveau de revenu et êtes incapable d’aller plus haut, un état d’esprit de profiteur sous-jacent est probablement en cause. C’est l’esprit qui vous amène à dire « Comment est-ce que je peux avoir plus d’argent ? » au lieu de « Comment est-ce que je peux apporter une plus grande valeur ? » C’est aussi l’état d’esprit qui dit que c’est une mauvaise idée de gagner plus d’argent, étant donné que ce que vous gagnez fait le mal de quelqu’un d’autre.

L’esprit du contributeur

Maintenant envisageons l’esprit du contributeur. Cet état d’esprit reconnaît que la meilleure façon de gagner de l’argent est de fournir la valeur juste en échange. Créer une véritable valeur sociale, et recevoir un paiement proportionnel avec cette valeur. En raison des inefficacités du marché, vous serez parfois sous-payé, et parfois surpayé, mais l’idée de base est que vous gagnez de l’argent en contribuant.

Si vous voulez gagner un revenu en tant que contributeur, vous devez apporter une valeur sociale, pas une valeur personnelle. Beaucoup de possibles contributeurs sont coincés par ce concept. La valeur personnelle est tout ce que vous dites qu’elle est ; vous êtes libre de décider de ce qui a de la valeur pour vous personnellement, et peu importe si personne n’est d’accord avec vous. La valeur sociale, cependant, est assignée par consensus social. Si vous croyez que votre travail a une immense valeur, mais que quasiment personne d’autre ne le pense, alors votre travail a une forte valeur personnelle mais très peu voire pas du tout de valeur sociale. Voici la clé : votre revenu dépend de la valeur sociale de votre travail, pas de sa valeur personnelle.

Si vous voulez générer un revenu avec un travail créatif, alors votre travail doit avoir une valeur sociale. Il n’y a pas d’échappatoire. Pas de valeur sociale, pas de revenu. Si vos compétences et votre dur labeur ne sont pas en adéquation avec la création d’une valeur sociale, alors vous ne pourrez pas générer de revenu en tant que contributeur.

Ce n’est pas un système injuste, c’est simplement la façon dont fonctionne le système monétaire. Comme l’argent est une ressource sociale soutenue par la valeur sociale, il est logique que vous ne soyez pas payé beaucoup pour quelque chose qui a peu ou pas du tout de valeur sociale. Le dicton « Trouve un besoin et remplis-le » a clairement des accents de vérité, si on parle d’un besoin ou d’un désir social.

Ce site web, par exemple, a un bon niveau de valeur sociale. Que vous ou moi lui accordions de la valeur personnellement est hors sujet financièrement. Il génère avec succès des revenus parce que le consensus social général est que ce site a un certain niveau de valeur. Et cette valeur sociale fait que le site génère des revenus. Si ce site n’avait aucune valeur sociale, il n’y aurait pas de revenu potentiel.

Un autre nom pour l’esprit du contributeur est l’esprit d’abondance. Cet état d’esprit dit que la richesse peut être créée à partir d’idées et d’actions. Ce que vous gagnez est un reflet du gain social que vous apportez. Si vous voulez gagner un haut revenu, vous devez apporter une grande valeur sociale. Plus vous créez de valeur sociale, plus vous pouvez gagner d’argent. C’est un esprit gagnant-gagnant parce que vous injectez de la valeur dans le système pour le bien des autres.

Avec l’esprit du contributeur, vous recevez de l’argent en paiement de votre service social. L’argent que vous gagnez est la façon qu’a la société de dire « En échange de la valeur de votre contribution, on vous accorde par la présente le droit de tirer X $ de valeur de la société au moment que vous choisirez. » C’est une chose magnifique !

La seule véritable limite de votre revenu est la quantité de valeur sociale que vous pouvez créer. Si vous voulez gagner plus d’argent, alors développez vos compétences et vos talents pour faciliter la création de beaucoup de valeur sociale. La meilleure façon d’augmenter votre revenu est de découvrir comment fournir davantage de valeur sociale. Concentrez-vous sur le fait de donner, et le fait d’obtenir viendra tout seul. Les systèmes qui récompensent le service social sont déjà en place, donc tout ce que vous avez besoin de faire est de connecter votre service au marché du travail existant.

Générer du revenu avec la contribution sociale est une expérience très positive. Par conséquent, cela ne va pas diminuer votre conscience comme l’esprit du profiteur. Avec l’esprit du contributeur, la richesse et la conscience ne sont pas en conflit. En fait, ils forment une excellente synergie, en particulier si vous réinvestissez une partie de votre revenu pour augmenter votre contribution.

Si vous adoptez l’esprit du contributeur, soyez simplement conscient que les membres de l’état d’esprit du profiteur vont parfois vous compter parmi eux par erreur. En travaillant à l’augmentation de votre contribution sociale et donc en gagnant un plus grand revenu, les profiteurs vont projeter leurs valeurs sur vous, conclure que vous êtes devenu avide et que vous devez tirer avantage des autres pour votre profit personnel. Ne laissez pas les profiteurs vous détourner de votre route cependant. Laissez votre inspiration venir du désir de fournir encore plus de valeur sociale. Il serait moins honorable de retenir votre valeur simplement parce que les autres interprètent mal vos motivations.

La contribution pro bono

Avec le modèle du contributeur, vous avez toujours la possibilité de faire une contribution pro bono (autrement dit, gratuitement). Vous n’êtes pas obligé de recevoir toute la valeur sociale de votre travail si vous ne le voulez pas.

J’aime avoir cette option disponible parce que cela signifie que je peux rendre mon travail accessible même à ceux qui ne peuvent pas se l’offrir. Ce site web représente un énorme investissement personnel de temps et d’énergie, donc ce n’est certainement pas gratuit de mon point de vue. Mais comme je peux utiliser la technologie comme levier pour faire baisser mes coûts, il est pratique pour moi de fournir beaucoup de contenu sans avoir besoin de faire payer des droits d’accès à chaque visiteur. Payer pour la valeur qu’on reçoit est totalement optionnel et chaque visiteur peut en décider par lui-même.

L’argent est un crédit social, donc quand vous refusez de recevoir de l’argent pour votre travail, vous refusez le crédit social que vous avez gagné. Même si cela ne pose absolument aucun problème de refuser le crédit social que vous avez gagné, assurez-vous de tenir compte de ce que vous pourriez faire avec ce crédit social si vous choisissiez de le recevoir. Pourriez-vous le réinvestir pour faire une contribution meilleure ou plus grande ? Si c’est le cas, alors le travail payé a plus de sens que le travail pro bono, étant donné que vous pouvez utiliser l’argent pour étendre votre mission et servir encore plus de monde. L’argent renforce la personne que vous êtes déjà, donc si vous êtes déjà un contributeur, plus d’argent vous permettra d’étendre votre contribution.

Vous pouvez aussi viser un meilleur équilibre entre le travail payé et le travail pro bono. Cela ne doit pas nécessairement être un soit-soit.

Gagner de l’argent consciemment

Apporter une contribution de valeur sociale est la première stratégie pour gagner de l’argent consciemment, mais ce n’est pas suffisant en soi. Le problème avec la valeur sociale est que vos valeurs personnelles ne vont pas s’aligner parfaitement avec le consensus social. Je suis sûr que si tout le monde sur cette planète était comme vous, la demande de certains produits et services changerait considérablement. Par exemple, si tout le monde était comme moi, les fruits frais et les légumes auraient une plus grande valeur sociale, tandis que l’agriculture industrielle n’en aurait absolument aucune.

Si vous essayez de fournir une valeur sociale sans être cohérent avec vos valeurs personnelles, votre motivation sera très faible. Vous ne serez pas inspiré parce que vous ferez ce que vous sentez devoir faire, mais pas ce que vous voulez. Je vois souvent cela arriver avec des gens qui se lancent dans le blogging avec un sujet qu’ils pensent très lucratif, tout cela pour abandonner au bout de quelques mois parce qu’ils ne peuvent plus le supporter. S’il-vous-plait, ne faites pas cela.

D’un autre côté, si vous essayez de satisfaire vos valeurs personnelles sans fournir aucune valeur sociale, vous avez le syndrome de l’artiste affamé. Vous pourriez être inspiré par un travail qui vous épanouit totalement, mais cela ne paiera pas les factures. S’il-vous-plait, ne vous faites pas cela non plus.

La solution est de trouver un domaine qui recoupe vos valeurs personnelles et sociales, et de travailler dans ce domaine de recoupement. Cela vous permettra de faire ce que vous aimez et de créer quelque chose qui aura de la valeur pour les autres. Ne vous forcez pas à choisir entre votre intégrité et vos revenus ; choisissez les deux !

Les valeurs sociales et vos valeurs personnelles vont fluctuer avec le temps, donc soyez prêt à vous adapter. Quand j’avais un peu plus de 20 ans, j’ai lancé mon entreprise de jeux vidéo. Au début cela s’alignait parfaitement avec mes valeurs personnelles mais pas avec mes valeurs sociales ; j’adorais le travail, mais je ne gagnais pas d’argent. Après plusieurs années j’ai atteint un point d’équilibre, qui faisait que j’appréciais le travail que je faisais et que je gagnais ma vie en le faisant. Plus loin sur cette route, mes valeurs personnelles ont changé, et ce travail ne m’inspirait plus, même si j’avais quand même une valeur sociale. Alors, à ce moment-là, j’ai choisi de changer de carrière et j’ai lancé cette entreprise de développement personnel.

Le développement personnel est un domaine qui a une forte valeur sociale, et cela s’aligne également merveilleusement avec mes valeurs personnelles. Par conséquent, je peux générer un revenu substantiel dans ce domaine et être en même temps vraiment épanoui. Ne sous-estimez pas l’importance de l’alignement entre valeur personnelle et valeur sociale. Les deux sont essentiels si vous voulez gagner de l’argent consciemment.

À moins que vous soyez vraiment inflexible, il ne devrait pas être trop difficile pour vous de découvrir une façon d’apporter une valeur sociale tout en vous alignant à vos valeurs personnelles. C’est un problème qui peut être résolu si vous y réfléchissez un peu. Pour beaucoup de gens le défi le plus difficile est de procéder à la transition. Pour en savoir plus sur ce sujet, je vous renvoie à l’article Le sens de la vie : Transition.

Une contribution cohérente

Deux simples réalisations peuvent vous aider à atteindre une vision cohérente vis-à-vis de l’argent et dépasser les limites des croyances financières. D’abord, vous devez adopter consciemment l’esprit du contributeur et abandonner l’esprit du profiteur. Et ensuite, vous devez trouver un moyen d’apporter une valeur sociale tout en trouvant un alignement avec vos valeurs personnelles. Une fois que vous avez intégré ces deux états d’esprit, vous serez en position de générer un revenu abondant tout en servant le plus grand bien de tous.

Si vous voulez générer des revenus sans diminuer votre conscience, vous devez dégager vos croyances limitatives du tableau. Vous retenir de gagner plus d’argent ne sert personne. Limiter vos revenus ne fait que limiter votre contribution. La raison consciente de gagner plus d’argent est que vous pouvez faire bon usage de ce crédit social. Utilisez-le pour étendre le service que vous fournissez aux autres. Si vous vivez une vie honorable, alors c’est une bonne chose pour vous de gagner plus d’argent. Vous en serez un bon gardien. Plus il y a d’argent qui passe dans votre vie, plus vous pouvez investir de ressources dans le but de votre vie.

Crédits photo : © okolaa – Fotolia

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