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Le développement personnel pour les gens intelligents

Comment gagner de l’argent avec votre art

Note : cet article est une traduction de l’article How to Make Money From Your Art de Steve Pavlina. C’est donc lui qui s’exprime dans le “je” de cet article !

Vivre de son artEst-il possible de profiter d’une abondance financière en tant qu’artiste ? (Le mot artiste étant utilisé dans son sens le plus général.) Ou est-ce simplement un rêve irréaliste ?

Évidemment que c’est possible. Beaucoup de gens l’ont déjà fait. Mais est-ce réaliste pour vous ? Eh bien… cela dépend. La réponse honnête est : probablement pas. Ce qu’il faut pour réussir en tant qu’artiste n’est plus tellement un mystère de nos jours. La vraie question est de savoir si vous voulez ou non faire ce qu’il faut pour y parvenir. Si vous êtes comme la plupart des gens, ce ne sera pas le cas. Donc si vous voulez réussir en tant qu’artiste, vous devez élever vos normes bien au-dessus du niveau de ceux qui veulent abandonner.

Les artistes désœuvrés sont plus répandus et cliché que les artistes qui roulent sur l’or, mais comme vous allez le découvrir dans cet article, il y a de très bonnes raisons à cela. En résumé, la compétence artistique seule n’est pas suffisante pour garantir un succès financier.

Il y a de nombreux défis sur la voie du nirvana financier quand on est artiste, et tous ces défis ont leur solution. Les artistes à succès ont envie d’appliquer ces solutions ; les artistes qui n’ont pas de succès ne le font fondamentalement pas.

Voici plusieurs lignes directrices pour faire passer votre création artistique du stade de hobby à celui de profession lucrative :

Mettez de l’ordre dans vos croyances financières

Avez-vous ce genre de croyances ?

  • Le grand art et l’argent ne font pas bon ménage.
  • C’est noble d’être un artiste désœuvré.
  • Les artistes qui gagnent beaucoup d’argent sont des vendus.
  • L’argent corrompt la véritable expression créative.

Si vos pensées sont infectées par ce genre de croyances limitatives, même un petit peu, pensez à la façon dont cela va affecter vos efforts pour gagner beaucoup d’argent avec votre travail. Ces croyances sont arriérées d’un point de vue financier. Avec un tel bagage mental, vous allez manquer trop d’opportunités de générer des revenus avec votre art. En fait, vous ne le remarquerez peut-être même pas. Ces croyances vont vous pousser à agir bêtement.

Envisagez de faire passer un cap à vos croyances pour qu’elles ressemblent plutôt à ça :

  • L’argent peut aider à nourrir l’expression créative.
  • La créativité est gratuite ; les pinceaux non.
  • Le grand art a une valeur financière ; l’artiste mérite certainement une juste compensation.
  • Les artistes qui gagnent beaucoup d’argent ont un bon sens des affaires.
  • Le grand art mérite un grand soutien financier.
  • L’art est un effort créatif, mais c’est aussi un commerce.
  • Les fans c’est bien, mais les clients paient les factures.

C’est beaucoup plus simple de générer des revenus avec votre art si vous avez des croyances qui soutiennent la génération de revenus au lieu de la diaboliser. Si vous accordez une quelconque signification au fait de générer des revenus avec votre art (un évènement qui est largement insignifiant d’un point de vue cosmique), alors donnez-lui au moins comme signification de vous soutenir sur votre voie au lieu de vous créer des blocages imaginaires.

Les croyances sont contagieuses, donc choisissez vos amis avec soin. Si vous fréquentez des gens qui ont des croyances négatives quant à la combinaison de l’art et de l’argent, ils ne feront que vous plomber. C’est bien de les voir de temps en temps, mais faites attention quand vous les invitez dans votre cercle intime.

Cherchez des gens qui réussissent déjà

L’art est un domaine social, tout comme les affaires. Le business de l’art – de n’importe quel art – est fortement social. C’est plus simple pour ceux qui le vivent de l’intérieur que pour ceux qui y sont étrangers, donc ayez comme objectif de devenir un initié. N’envisagez même pas de tenter cela tout seul.

Les artistes qui réussissent financièrement sont généralement heureux de partager les « secrets » de leur succès, y compris la façon de gagner de l’argent avec leur travail. Pas besoin de réinventer la roue. Faites tous les efforts possibles pour rencontrer ces gens et les fréquenter. Rejoignez des clubs ou des associations commerciales, rejoignez des forums, assistez à des conférences, et trouvez d’autres moyens de socialiser avec ces artistes qui ont du succès dans votre domaine. Ce n’est pas si difficile, mais cela vous demande de faire un effort. Vous allez faire des erreurs de réseautage en cours de route, mais vous finirez par y arriver.

Je vous suggère de définir un certain objectif de revenus – quelque chose de modeste – et de viser des gens qui gagnent ce genre de somme. Si vous ne gagnez pas d’argent en tant qu’artiste, il pourrait être difficile de suivre les conseils de quelqu’un qui gagne 1 million d’euros par an. Il vous sera plus facile de comprendre et d’appliquer les conseils de quelqu’un qui gagne 30 ou 50 000 euros par an. Ensuite, quand vous arriverez à ce niveau, rencontrez des gens qui gagnent 100 000 euros par an, et voyez ce qu’ils font différemment. Et continuez à évoluer de cette façon.

Si vous passez toujours du temps avec des artistes qui gagnent autant ou moins d’argent que vous, j’espère que vous aimez manger au McDo.

Quand vous rencontrez des artistes à succès, ne jouez pas les fans. C’est mieux de ne même pas prononcer le mot fan parce que cela ressemble trop à admirateur, et cela oriente la conversation vers le fait de mettre l’artiste sur un piédestal, ce qui ne va pas vraiment vous aider. Soyez amical, intéressé, et respectueusement curieux, mais partez du fait que vous êtes égaux en tant qu’êtres humains. Les artistes sont généralement très à l’aise pour parler de leur travail, donc une bonne façon d’ouvrir la conversation est de leur poser une question précise à propos de leur travail. Vous pouvez leur demander pas mal de choses, mais ne les assommez pas de questions.

Être passif vous assure des résultats médiocres. Poussez-vous à sortir et à rencontrer des gens. Prenez des risques sociaux. Si vous passez pour un idiot de temps en temps, ce n’est pas la fin du monde. Vous allez vous en remettre.

Pendant ma période dans les jeux informatiques, j’ai pris une fois un café avec mon avocat sur un patio à Century City (un quartier d’affaires proche de Beverly Hills). Soudain il s’est tourné et a interpelé un type qui passait dans la rue. « Bill ! » Il s’est avéré que c’était William Shatner, l’acteur qui a notamment joué le mythique Capitaine Kirk et qui est aussi écrivain. Mr Shatner travaillait avec mon avocat sur la sortie d’un livre. Il s’est approché de nous pour discuter amicalement, et comme j’étais un fan de Star Trek de 20 ans et quelques, je suis passé pour un idiot – pas trop mais suffisamment pour en être conscient après coup. J’ai appris à être bien moins ringard vis-à-vis de ce genre de personnes suite à cela.

Les artistes à succès, quel que soit leur domaine, se connaissent généralement les uns les autres. Ils peuvent ne pas passer beaucoup de temps ensemble, mais ils se rencontrent souvent en personne car ils évoluent dans les mêmes cercles. Si vous voulez devenir un artiste à succès, il est sage de vous préparer à cela. La clé est que cela finisse par vous sembler normal. Si cela semble trop pour vous, vous allez le repousser.

Le réseautage avec d’autres pros de votre domaine est une bonne entreprise. La plupart des revenus que j’ai gagnés avec mon travail créatif (écriture, conférences, jeux vidéo, etc.) sont venus d’accords professionnels issus de mon réseau. D’autres personnes m’amenaient ces opportunités. Ce n’est pas inhabituel. L’argent circule tout autour de ces gens.

Quand on est un artiste inconnu dans n’importe quel domaine, il est difficile d’avoir de la visibilité pour son travail. Mais si vous avez beaucoup d’amis qui vous aident à faire passer le mot, ce n’est plus aussi difficile.

Le réseautage vous donne le beurre et l’argent du beurre en même temps. Vous pouvez profiter d’idées qui génèrent des revenus, des opportunités, et de la visibilité en plus, sans avoir besoin de l’un pour obtenir l’autre.

Créez de l’art que les gens veulent

Pensez à votre groupe de musique préféré. Est-ce que vous les respecteriez davantage s’ils créaient de la musique que vous n’aimez pas ?

Quand vous payez pour de l’art, est-ce parce que l’artiste a été super créatif, ou simplement parce que vous aimez ce qu’il a créé ?

Il y a de grandes chances que vous ne dépensiez pas tellement d’argent pour un travail créatif que vous n’aimez pas. Quand vous sortez votre portemonnaie, c’est parce que vous aimez ce travail – ou qu’au moins vous vous attendez à l’aimer.

Cela ne veut pas dire que l’artiste a créé cette œuvre pour vous (ou pour des gens comme vous), cela veut dire que si l’artiste veut être payé, il doit trouver un alignement au moins partiel entre sa créativité et ce pour quoi les gens sont prêts à payer.

Cela ne pose pas de problème de créer des œuvres que personne d’autre n’appréciera. Faites cela de temps en temps. Mais ne vous attendez pas à payer vos factures avec ce genre d’approche.

Si vous voulez générer des revenus avec votre art, alors faites attention à ce que les gens achètent dans votre domaine. Qu’est-ce qui est demandé ?

Vous aurez des chances de trouver que vous pouvez tout aussi facilement créer des œuvres qui correspondent à la demande en cours mais qui laissent également beaucoup de place à votre expression personnelle. Ces contraintes ne sont pas fondamentalement en conflit. Vous pouvez choisir un et au lieu d’un ou.

Cet article, par exemple, est un article que je me sentais inspiré d’écrire, et j’apprécie le processus de sa création, mais ce n’est pas un simple article écrit à titre gratuit dans mon journal personnel. C’est un article dont j’espère qu’il fournira de la valeur à certaines personnes. C’est de l’art, mais cela a également une portée sociale.

Parfois les gens vont vouloir que vous vous exprimiez de façons qui ne vous plaisent pas. Libre à vous de dire non. Parfois vous voudrez vous exprimer de façons qui n’intéressent pas les gens. Libre à vous de le faire également. Mais quand vous voulez générer des revenus avec votre travail, concentrez-vous sur un domaine où s’entrecoupent ce que les gens veulent et la façon dont vous aimez exprimer votre créativité. Alors vous pourrez aimer votre travail et payer vos factures avec.

Si vous prévoyez d’être têtu sur ce point, alors préparez-vous à voir des artistes bien moins doués gagner bien plus que vous.

Vous pourriez ne pas contrôler les vagues de désir public, mais vous pouvez toujours surfer dessus.

Publier ou périr

Créer ne suffit pas. Pour être un artiste qui réussit financièrement, vous devez prendre l’habitude de publier vos œuvres (au sens étymologique du terme : les rendre publiques, autrement dit les imprimer, éditer, exposer, etc.).

Beaucoup d’artistes amateurs entassent d’incroyables collections d’œuvres à moitié achevées. Les pros le font souvent aussi, mais ils prennent l’habitude de finir et de publier leur travail.

Je sais par expérience que si je crée quelque chose et que je le laisse à moitié achevé, et que je passe plus de quelques jours sans travailler dessus, c’est mort. L’inspiration a disparu. Aussi contre-intuitif que cela puisse sembler, il est plus simple de commencer et de finir une nouvelle œuvre que de restaurer et de terminer une ancienne œuvre. Un travail à moitié fini n’est pas fait à 50% ; il est plutôt fait à -50%. Finir un travail à moitié terminé des semaines plus tard peut représenter 150% des efforts nécessaires pour créer quelque chose en partant de zéro.

Si je commence à écrire un article de blog, et que je le termine à 60%, mais que je suis interrompu et que je ne peux pas y revenir pendant une semaine, je ne vais pratiquement jamais le finir et le publier. Je vais simplement le supprimer et passer à autre chose. S’il est terminé à plus de 90%, ou si je dois simplement faire un peu d’édition et de relecture, alors j’ai des chances de le finir, mais s’il n’est pas facile de le mener à son terme cela devient un travail mort qui ne verra jamais la lumière du jour.

J’ai appris à quel point il est important de tuer mon travail inachevé et de le laisser pour mort. Je ne le sauvegarde pas ou ne le laisse pas traîner dans mon dossier de brouillons. Je le sors de sa misère et le tue définitivement. Puis quand je regarde mon portfolio de travail créatif, je vois plus de 1000 travaux terminés et publiés : principalement des articles, mais aussi des jeux vidéo, des discours, des ateliers, un livre, un poème, et quelques podcasts. Je ne vois pas les travaux inachevés comme faisant partie de mon portfolio. Si je ne les ai pas terminés et publiés peu après leur conception, ils sont morts pour moi.

Cela pourrait sembler trop dur, mais quelle est l’alternative ? Entasser une collection grandissante d’œuvres partiellement finies ? Comment vous sentez-vous quand vous pensez à cette monstrueuse pile de travail inachevé ? C’est usant, distrayant, et démotivant, non ? C’est un bazar qui devient un fardeau.

Si vous pensez aux anciens trucs que vous devez finir, alors votre créativité n’est pas centrée sur le présent. La créativité est abondante, sans limite. Il n’est pas utile de se lier à des obligations passées. Penser qu’on peut extraire de la valeur d’un travail partiellement fini est le résultat d’une pensée de manque. S’il y avait une vraie valeur dans le fait de terminer ces œuvres, vous les auriez finies depuis longtemps.

La valeur de ces travaux non-terminés se trouve dans l’expérience d’apprentissage que vous en tirez. Si vous estimez que vous n’évoluerez pas beaucoup en les finissant, laissez-les mourir. Concentrez votre attention sur votre art en créant des œuvres qui fournissent de la valeur aux autres et vous apportent des expériences d’évolution. Votre énergie créatrice soit être centrée sur le présent, qui est le seul endroit où vous pouvez créer. Ne laissez pas votre créativité être aspirée dans les regrets et les obligations passées. Le flux est ici et maintenant. La vague qui était passée n’est plus là. Ne nagez pas à sa poursuite. Surfez la vague suivante. Il y aura toujours une vague suivante.

Vous pourriez dire que publier n’est pas un processus naturel. Un travail créatif n’est jamais vraiment fini, il est abandonné. Vous pouvez continuer à peaufiner et retoucher une oeuvre indéfiniment, mais à un moment vous devez la déclarer terminée et passer à autre chose. Si j’ai la sensation que j’ai publié un article trop tôt, je vais refaire un passage d’édition après l’avoir posté (c’est ce qu’il y a de bien avec la publication en ligne). Parfois je vais trop peaufiner un travail qui ne nécessite probablement pas tant d’attention. Cela demande du temps de se calibrer et de sentir quand un travail est prêt à être publié, et il n’y a pas de bonne ou de mauvaise réponse en soi. C’est principalement une question d’expérience et de tâtonnements.

Quand je commence un nouveau travail créatif, c’est une course pour atteindre la ligne d’arrivée et le publier. Je dois exprimer les idées rapidement et me déconnecter des distractions jusqu’à ce que le travail soit fini et publié. Les amis qui seraient près de moi quand je travaille sur l’organisation d’un atelier, par exemple, pourraient voir à quel point je peux être déterminé pendant ces moments-là. Même si je suis en avance sur mon planning, il arrive que je n’accorde d’attention à rien d’autre qu’à mon atelier. Mon énergie est concentrée sur le fait de tout mener jusqu’à sa complétion. Je peux à nouveau faire attention à ce qui m’entoure une fois que l’atelier est fini.

Je trouve qu’il est mieux de travailler sur un seul travail créatif important à la fois. J’essaye de ne pas commencer quoi que ce soit de nouveau tant que le travail précédent n’est pas terminé. Je peux faire quelques exceptions, comme écrire un article de blog au milieu d’un projet plus grand comme la tenue d’un atelier, mais je veux éviter de créer davantage d’impasses. Je ne voudrais pas préparer deux ateliers en même temps, par exemple.

La visibilité d’abord, les revenus ensuite

Si vous voulez devenir un artiste à succès, vous allez avoir besoin de mettre votre art dans les mains des gens (ou devant leurs yeux, ou dans leurs oreilles, etc.). Si l’art est caché dans votre placard ou enterré dans votre disque dur, ne vous attendez pas à générer des revenus.

Je vous recommande de vous concentrer d’abord sur la visibilité, et de ne pas tellement vous soucier de générer des revenus au début. Si vous n’êtes pas très visible, vous ne serez probablement pas capable de gagner plus qu’une misère de toute façon. Mais si vous pouvez gagner en visibilité et le faire durer sur le long terme, alors il est bien plus simple de générer des revenus abondants.

Une bonne stratégie pour créer de la visibilité est de distribuer votre travail gratuitement. Diffusez-le aussi largement que possible. Encouragez les gens à le partager sans restriction. Si vous pouvez y parvenir, favorisez les médias qui encouragent le partage sans aucun frais – autrement dit tout ce qui peut être mis sous forme digitale.

Montrez votre travail à tous ceux que cela pourrait intéresser. Donnez à votre art autant de présence publique que possible. Si vous n’avez pas envie de le faire, ne vous attendez pas à ce que votre art saute sur la scène et se vende lui-même. Être timide dans la promotion de votre travail va vous être néfaste financièrement ; ne prétendez pas le contraire.

Si vous distribuez votre travail gratuitement ou lui assurez beaucoup de présence publique et que les gens ne semblent pas l’apprécier, envisagez la possibilité que votre travail 1) ne soit pas très bon, ou 2) ne soit pas ce que les gens veulent. Cela arrive à quasiment tout le monde. Tout le monde tombe la première fois. Continuez à retoucher votre production créative jusqu’à ce que vous lanciez quelque chose que les gens apprécieront assez pour le partager.

Une fois que votre visibilité est assez haute, commencez à faire payer pour votre travail.

Visez l’excellence

Les artistes médiocres sont des artistes fauchés.

Ne vous contentez pas de la médiocrité. Passez-y les heures et les années qu’il faut pour devenir génial. Si vous voulez avoir du succès du jour au lendemain, passez d’abord des années à développer vos compétences.

Il y a peu d’argent à gagner dans la plupart des formes d’art, sauf pour ceux qui s’engagent à l’excellence. Ces domaines sont simplement trop encombrés et trop compétitifs. La bonne nouvelle, cependant, et que la plupart des gens dans ces domaines ne sont que des débutants. Il n’y a rien de sérieux chez eux. Soyez sûr qu’ils vont abandonner en l’espace d’un an ou deux et retourner travailler au Starbucks, pour être aussitôt remplacés par des gens avec encore moins d’expérience. Il y a beaucoup de roulement au bas de l’échelle.

Pensez au monde de la musique par exemple. Il y a des millions d’aspirants musiciens, mais seul un petit pourcentage d’entre eux s’est engagé à devenir vraiment génial. Les autres vont s’entraîner un peu ici et là, et ils pourraient rêver d’un grand succès, mais à la fin de la journée ils préfèrent regarder la télé que passer une heure ou deux de plus à s’entraîner. Ces gens ne sont pas des concurrents. Si vous passez plus de 3 heures sur votre art, vous allez largement dépasser la majorité d’entre eux, et ils n’atteindront jamais votre niveau de compétences.

La persévérance est votre amie. Avec de la persévérance, vous pouvez facilement tenir plus longtemps que 99% des gens dans votre domaine. Plus longtemps vous vous tenez à votre art, plus les bénéfices vont commencer à s’empiler : un portfolio qui s’épaissit, un réseau étendu de connaissances, et un nombre grandissant de fans. Au fur et à mesure que ces aspects s’améliorent, il devient plus difficile d’échouer, et il devient plus facile de générer des revenus. Vous avez plus de travail disponible pour générer des revenus. Vous avez un réseau plus large pour vous amener des opportunités. Et vous avez plus de fans qui pourraient devenir des clients.

Si, cependant, vous vous promenez et changez de domaine chaque année ou tous les deux ans, vous allez avoir du mal à développer une pratique rentable financièrement. Si vous n’avez pas envie de vous engager à une maîtrise à long-terme, vous vous fermerez la porte aux récompenses disponibles. Vous pouvez toujours changer de domaine si vous le voulez vraiment, mais cela a un prix.

Il est peut-être vrai que 99% des artistes d’un domaine particulier ne gagnent pas beaucoup d’argent. Mais c’est largement parce que ces 99% ne sont pas bons là-dedans. Ceux qui font partie du pour cent supérieur sont payés parce que c’est eux qui ont investi ces 10 000 heures nécessaires pour devenir des artistes de classe mondiale.

Est-ce que vous avez la volonté de vous engager à rejoindre ce top 1% ? Est-ce que vous aimez votre art au point d’y investir 10 000 heures ? Cela fait environ 5 ans de travail à plein temps. Si vous n’avez pas envie de prendre ce genre d’engagement, eh bien… Starbucks embauche toujours.

Si 99% des artistes de votre domaine ne s’en sortent pas financièrement, alors vous feriez mieux de vous engager à dépasser ces 99% si vous souhaitez éviter leur sort.

Je réalise que ce défi pourrait sembler très difficile, mais en réalité c’est plus simple de prendre ce genre d’engagement à long terme. Cela ne semble plus difficile qu’au début. Voyez les choses comme ceci. Le temps va passer de toute façon. Un jour, dans un lointain avenir, sera votre présent. Maintenant imaginez que votre moi futur réfléchisse aux décisions que vous prenez aujourd’hui, des décisions qui ont grandement influencé ses résultats dans la vie. Est-ce que votre moi futur secoue la tête de dépit ou sourit de bonheur ?

Une raison pour laquelle j’ai lancé un de mes projets/défis, apprendre la musique pendant 30 jours, est que j’ai réfléchi à ce que je voudrais être et faire à 50 ans (j’ai eu 40 ans cette année). J’ai la sensation que mon moi de 50 ans apprécierait vraiment de profiter de bonnes compétences musicales. Il n’est pas tellement exigeant quant au type d’instrument, mais il serait déçu d’entrer dans la cinquantaine sans la moindre compétence musicale. Il est content que j’aie autant développé mes compétences d’écrivain et de conférencier, et il peut compter sur leur développement continu, mais il serait encore plus heureux s’il pouvait s’exprimer également par la musique.

Je n’en suis pas au point de vouloir m’engager à apprendre la musique pendant dix ans, mais un essai de 30 jours est un bon engagement de départ. J’aime cela pour le moment, et j’ai des chances de continuer cet engagement au-delà de ce point, mais pour l’instant une approche d’exploration est meilleure car je ne saurais même pas quel genre d’engagement prendre pour le moment. Cependant, j’aborde cet essai de 30 jours avec l’idée que je pourrais initier un nouveau mouvement de développement de compétences qui pourrait durer des années. Cette vision à long terme aiguise mes décisions à court terme. J’ai la volonté d’accepter cette phase gênante du débutant, car je sais que c’est une première pierre pour développer de nouvelles compétences dont je pourrai profiter pendant des années.

Apprenez à connaître vos clients, et soyez à leur service

Si vous voulez avoir du succès financièrement dans un domaine, pas seulement dans l’art, alors les ventes sont très importantes. Sans les ventes, il n’y a pas de revenus, et sans revenus, il est difficile de durer comme artiste. Si vous pouvez maintenir des ventes élevées, alors même si vous vous plantez dans quasiment tout le reste, vous allez quand même avoir une pratique artistique durable. Des ventes élevées compensent beaucoup d’erreurs. Ce n’est pas le cas des ventes faibles.

Heureusement, les ventes n’ont pas à être insistantes ou manipulatrices. Si vous créez un art qui est en alignement avec ce que les gens veulent, alors les ventes sont globalement basées sur le fait de faire savoir aux gens que vous avez quelque chose qui va leur plaire. Si, d’un autre côté, vous devez en faire des caisses pour convaincre les gens d’ouvrir leur porte-monnaie, alors le problème est sûrement votre art en lui-même.

Plus tôt cette année je suis allé à un salon artistique local. Je suis passé devant beaucoup d’art qui ne résonnait pas en moi, et je suis soudain tombé sur un artiste venu d’Arizona qui avait une collection que j’adorais vraiment. J’ai une affinité pour l’art du sud-ouest des États-Unis, en particulier des œuvres qui représentent des ours et des aigles. Cet artiste avait des œuvres en cuivre véritablement uniques, et j’en ai acheté une. Elle est aujourd’hui accrochée au-dessus de ma cheminée dans mon salon. Il a fait le travail pour aider à vendre la pièce – très gentiment – mais c’était surtout une situation du genre « tu m’avais déjà quand tu m’as dit bonjour ». Son principal truc de vente était d’envisager, de façonner et de créer une œuvre que quelqu’un comme moi pourrait apprécier.

Si vous voulez créer un art qui se vende, il est sage de savoir pourquoi quelqu’un l’achèterait. Si vous n’en avez aucune idée ou si vous pensez que vous trouverez comment le vendre plus tard, je vous souhaite vraiment bonne chance.

La vente est souvent traitée comme une discipline en soi, mais pour un artiste sérieux, la vente fait partie intégrante du processus de création. La vente commence avec la question : Est-ce que la plupart des gens apprécient cela ? Dans l’idéal cette question devrait être posée avant de commencer un nouveau projet créatif. Déterminez qui achètera votre travail et pourquoi. Qui est l’acheteur ? Est-ce que cette personne existe vraiment ? Comment le savez-vous ?

Si possible, rencontrez vos clients (ou au moins vos clients potentiels) en face-à-face. Parler à vos clients de ce qu’ils veulent est peut-être la meilleure source pour apprendre sur les ventes.

Dans mes ateliers j’aime passer des heures en plus à parler avec les spectateurs en-dehors de l’atelier en lui-même. Le premier jour où les gens arrivent, je les accueille avec des accolades. Je reste pas loin pendant les pauses, au repas, et à la fin de chaque journée pour parler aux gens. Je le fais en partie parce que j’aime ça – ce sont des gens intéressants à rencontrer. Mais je le fais aussi pour mieux les comprendre. Qui sont-ils ? Pourquoi sont-ils venus à cet atelier ? Que puis-je faire d’autre pour les aider ?

Il est important pour moi de créer des ateliers qui me fournissent une grande liberté d’expression créative, mais il est aussi important de donner aux gens ce qu’ils désirent, en particulier si je veux que mes ateliers soient rentables.

Respectez le rôle de l’argent dans vos entreprises artistiques, mais ne mettez pas l’argent sur un piédestal. L’argent est le lubrifiant qui graisse les rouages de vos entreprises artistiques. Vous êtes toujours libre de créer de l’art pour le plaisir de l’art en soi, même si cela ne paiera pas les factures, mais si vous voulez être payé, alors créez de l’art pour le vendre.

L’acteur canadien Michael Ironside a dit dans une interview qu’il acceptait certains rôles pour l’argent (Robocop en est un bon exemple), et qu’il en fait d’autres pour leur âme. Je fais le même genre de choix. Parfois j’écris des articles dont j’attends qu’ils boosteront mon trafic ou génèreront des revenus, alors que d’autres fois j’écris pour le pur plaisir de la création. Et parfois j’ai le meilleur des deux mondes. Ce genre de variété est très agréable.

Créer un art qu’on vend ne veut pas dire qu’on se vend. D’après moi, les vendus sont les artistes qui passent plus de temps à se plaindre qu’à créer. Si vous créez de l’art pour le vendre, alors vous pouvez passer plus de temps à créer de l’art pour le simple plaisir de la création, et une fois que vous avez développé l’aspect vente de votre pratique, vous pourriez trouver qu’il y a des acheteurs pour tout ce que vous créez.

Achetez de l’art

Parallèlement à ce qui précède, quand vous voyez de l’art que vous aimez, achetez-le. Oui, avec de l’argent.

Prenez l’habitude de soutenir financièrement les artistes dont vous appréciez le travail. Ne piratez pas leurs œuvres. Le piratage est ancré dans une réflexion basée sur le manque, et c’est irrespectueux vis-à-vis des artistes. Les croyances qui justifient le piratage ne cadrent pas avec les croyances qui vous aident à générer des revenus durables avec votre art.

Par piratage je parle du fait d’obtenir illégalement une chose qui n’est pas gratuite. Ce qui est distribué gratuitement est différent. Tous mes articles de blogs et mes podcasts n’ont pas de copyright, par exemple, donc vous pouvez les traduire, les republier ou les partager tant que vous le voulez, et ce ne serait pas du piratage. Mais si vous le faites avec des œuvres protégées par un copyright sans la permission de l’auteur, c’est du piratage.

Quand j’ai commencé à développer mes propres jeux vidéo, j’utilisais encore des jeux et des logiciels piratés. J’ai réalisé que si je voulais que les gens achètent mon logiciel au lieu de simplement le pirater, il était logique pour moi de balayer devant ma porte. Donc j’ai arrêté de pirater, et j’ai commencé à acheter ce que je voulais. Si je n’avais pas envie de l’acheter, et si ce n’était pas gratuit, je faisais sans.

Procéder à cette transition était plus simple que je ne l’avais pensée, et c’était une très bonne sensation. J’ai observé que j’appréciais plus ce que j’achetais qu’à l’époque où je le piratais. Je suis également devenu plus sélectif dans ce que je consommais, et moins impulsif. Mon ordinateur était plus simple à gérer. Je me suis senti mieux en sachant que j’aidais à soutenir le travail créatif d’autres personnes. J’avais la sensation de faire une sorte de partenariat avec eux.

Si vous voulez que d’autres vous soutiennent financièrement en tant qu’artiste, regardez-vous bien dans le miroir. Êtes-vous un grand soutien du travail créatif des autres. Est-ce que vous achetez volontiers ce que vous appréciez ?

Je sais qu’il est tentant d’essayer de justifier le piratage. N’allez pas par là. Vous pouvez prétendre que tout ce qui est numérique devrait être gratuit, mais ces croyances ne cadrent pas avec ceux qui ne publient pas leur travail gratuitement. Certaines personnes apprécieraient encore d’être justement payées pour leur travail. Si vous les diabolisez pour avoir fait de tels choix, réalisez que vous diabolisez aussi nécessairement la part de vous qui aimerait gagner de l’argent avec son travail créatif. L’incohérence va sûrement revenir vous hanter ; généralement cela se produira sous forme d’autosabotage.

Quand vous soutenez financièrement les autres artistes, vous renforcez la croyance selon laquelle vous méritez d’être soutenu financièrement. C’est une croyance importante à avoir si vous souhaitez réussir en tant qu’artiste.

Même si cela pourrait sembler plus difficile de payer pour un travail que vous pourriez facilement pirater, sur le long terme c’est plus simple que l’inverse. Si vous souhaitez que les autres respectent votre travail et l’achètent, alors ayez l’intégrité de montrer le même respect aux autres artistes. Respectez leur droit à demander un paiement. Si vous avez la sensation que leurs prix sont déraisonnables, ne soyez pas un de leurs clients.

Soutenir le travail créatif des autres peut aussi être une bonne motivation pour augmenter votre propre revenu. Je préfère dépenser mon argent en livres, séminaires, musique et autres formes d’art. Cela me dit que plus je gagne d’argent, plus je peux soutenir d’autres personnes créatives.

Apprenez à gérer la critique

Dans tout domaine créatif, vous trouverez beaucoup de gens qui ont envie d’assumer le rôle de critique, généralement parce que c’est plus facile de critiquer que de créer. Parfois les critiques peuvent être utiles pour fournir des idées précises d’améliorations possibles, mais ils s’ennuient rarement à faire ce genre de chose. Le plus souvent ils abordent l’art avec un sentiment de légitimité combiné à des courants sous-jacents d’amertume, de ressentiment et d’envie.

Un bon résumé de la relation entre artistes et critiques peut être trouvé dans le discours de Roosevelt, La citoyenneté dans une République, qui date de 1910 :

Ce n’est pas la critique qui compte, pas celui qui pointe du doigt l’homme fort qui trébuche ou l’auteur de l’action qui pourrait avoir été mieux accomplie. Le crédit appartient à l’homme qui se trouve dans l’arène, celui dont le visage est marqué par la poussière, la sueur et le sang, celui qui combat vaillamment, qui se trompe, qui échoue encore et encore, parce qu’il n’y a pas d’effort sans erreur ni défaut, mais qui s’efforce bel et bien d’agir, et qui connaît le grand enthousiasme, le grand dévouement, et se dépense pour une cause valable. Celui qui, à la fin, connaît au mieux le triomphe d’une grande réalisation et qui, au pire s’il échoue, échoue au moins grandement. Ainsi, sa place ne sera jamais parmi ces âmes froides et timides qui ne connaissent ni la victoire ni la défaite.

Ce qui perturbe vraiment les critiques, c’est le savoir qu’ils ne veulent pas affronter ; le fait qu’ils n’ont simplement pas la moindre importance. La critique est hors-sujet et superflue. L’histoire se souvient des grands artistes, mais elle oublie les critiques.

Si vous essayez de respecter la critique, vous allez donner plus de pouvoir à la part de vous-même qui vous juge, la part qui dit que vous n’êtes pas assez bon, pas à la hauteur. Nourrir vos critiques, c’est nourrir vos doutes. Si vous voulez être plus prolifique, alors accordez toute votre attention à votre art, et privez le critique de toute attention. Une bonne façon de procéder à cette transition est de se moquer de la part critique en vous. Ridiculisez-la. Voyez cela comme la blague que c’est réellement.

Abandonner la critique personnelle ne signifie pas que vous vous débarrassez de la raison et que vous devenez aveugle aux domaines où vous pourriez commencer à vous améliorer. Vous pouvez toujours examiner votre travail avec une optique d’amélioration, sans être affaibli par les voix de l’envie et du ressentiment.

Une critique réellement constructive est celle que les artistes s’accordent eux-mêmes. Regardez ce que vous avez créé, et faites attention à votre réaction. Qu’en pensez-vous ? Comment vous sentez-vous ? Est-ce votre meilleur travail ? Comment cela pourrait-il être amélioré ?

Les retours que vous font les autres peuvent être utiles, mais ce genre d’avis vient rarement de critiques potentiels. Souvent les meilleurs retours viennent d’autres artistes, de gens qui comprennent ce que c’est de jouer dans l’arène. Même alors, vous aurez besoin de prendre ce genre d’avis avec réserve. Si cela vous semble censé, alors servez-vous-en, mais ne lui accordez pas plus de poids qu’à votre propre opinion.

Voici un autre extrait du même discours de Roosevelt :

Il n’y a pas plus malsain, pas moins digne de respect, que l’homme qui affiche, ou feint d’afficher, une attitude d’incroyance sarcastique vis-à-vis de tout ce qui est grand et élevé, que ce soit dans la réalisation ou dans ce noble effort qui, même en cas d’échec, amène une seconde réalisation. Une habitude de pensée et de discours cyniques, un empressement à critiquer un travail que le critique lui-même n’essaye jamais de réaliser, une distance intellectuelle qui n’acceptera aucun contact avec les réalités de la vie ; ce ne sont pas, comme le pense volontiers son propriétaire, des marques de supériorité, mais de faiblesse.

Offrez votre art à ceux qui l’apprécieront. Vous pouvez ignorer les critiques en toute sécurité, car l’Histoire les traitera comme si ils n’avaient jamais existé. Leur faiblesse ne mérite pas votre respect. Quel que soit le niveau de critique, les artistes vont continuer à créer. Les artistes auront le beurre et l’argent du beurre, tandis que les critiques se battront pour les miettes.

Un de mes articles les plus critiqués est 10 bonnes raisons de ne jamais trouver de travail. Personnellement c’est un article inspiré que j’ai beaucoup aimé écrire. Les critiques ont encore plus attiré l’attention sur lui, en faisant un des travaux les plus populaires que j’aie jamais créés – il est dans le top des articles en termes de références et de trafic généré. Pour critiquer ce genre d’article, le critique admet que ce travail a un impact, donc en réalité le critique valide et fait de la publicité à l’art de ce genre de travaux.

Sur le long terme, les critiques servent finalement les intérêts de l’artiste, qu’ils le réalisent ou non. Le critique attire davantage l’attention sur le travail de l’artiste, ce qui peut être bénéfique à l’artiste en lui faisant profiter d’une plus grande publicité, même si la critique est très négative. Mais un artiste professionnel va rarement retourner la faveur à un critique en lui faisant de la pub. Cette dynamique reflète l’engagement de l’artiste envers sa propre expression créative, ainsi que le déni du critique de ses propres capacités. Le rôle du critique pourrait sembler pitoyable, mais au final le critique sert à élever l’artiste, ce qui est bon pour tout le monde.

Appréciez vos clients

Même si les critiques vous concernant peuvent être ignorées sans risque parce qu’elles ne fournissent aucune valeur, vos clients soutiennent activement votre travail, vous facilitant le fait de continuer à faire ce que vous aimez. Il est logique de soutenir les clients qui vous soutiennent.

En tant qu’artiste il est facile de confondre vos clients et vos fans, mais ce ne sont pas simplement des étiquettes différentes pour les mêmes personnes. Vos fans sont les personnes qui apprécient votre travail. Vos clients sont les personnes qui soutiennent financièrement votre travail. Ces deux groupes ont des chances de se chevaucher, mais il n’est pas inhabituel pour un artiste d’avoir de nombreux fans qui ne sont pas des clients.

Si vous avez beaucoup de fans mais peu de clients, vous ne faites pas une opération viable financièrement.

Cela pourrait sembler merveilleux d’avoir beaucoup de fans, mais les fans qui ne sont pas des clients peuvent potentiellement vous faire plus de mal que de bien, à moins qu’ils vous aident en vous amenant plus de clients. Garder une grande quantité de fans peut consommer du temps et des ressources en plus. Par exemple, si vous avez un site web, plus de fans pourrait impliquer plus de trafic web, et plus de trafic web plus de coûts d’hébergement et de maintenance ainsi que plus de temps passé sur la communication.

Il est également sage d’apprécier vos fans, mais faites attention de ne pas trop encourager vos fans aux dépens de vos clients. Si vous voulez être célèbre, c’est super d’avoir plus de fans, mais si vous voulez un style de vie viable financièrement en tant qu’artiste, alors faites passer vos clients en premier. Si vous perdez quelques fans mais que vous gardez vos clients, vous pouvez continuer à pratiquer. Mais si vous perdez vos clients en vous concentrant trop sur vos fans qui ne sont pas clients, vous pourriez voir votre travail devenir très populaire tout en étant très fauché. Cela arrive.

Les fans pourraient avoir la sensation qu’en appréciant votre travail, ils vous aident d’une certaine façon. Ils pourraient croire qu’ils sont de votre côté. Mais est-ce vraiment le cas ? L’amour et l’appréciation sont super, mais cela ne paye pas l’électricité.

Imaginez que vous fassiez un dîner chez vous. Les invités arrivent les mains vides, aiment la nourriture que vous proposez, et vous en remercient aimablement. Est-ce que vous percevez cela comme une forme de soutien ? Cela pourrait être un soutien émotionnel et social, mais ce n’est pas un soutien financier. Combien de temps pouvez-vous faire durer cela ? Plus vous le faites, plus vous vous exposez à des coûts en termes de temps et de ressources. Évidemment, vous pouvez finir par avoir beaucoup de gens qui aiment votre cuisine et votre générosité, et ils pourraient faire vos louanges auprès d’autres personnes, mais où est-ce que cela va vous mener à long terme ? En soi, ce n’est pas une bonne façon de pérenniser votre art.

Pour faire une opération financière viable, il est bon d’avoir des fans, mais vous avez également besoin de voir un certain pourcentage de ces fans choisir de devenir des clients.

Certains artistes poussent cela à l’extrême et se concentrent totalement sur les clients au point d’ignorer tous les fans qui ne sont pas des clients. D’autres prennent la voie inverse et traitent les fans et les clients comme étant tout aussi importants. Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise façon de faire. C’est plutôt une question de bon équilibre personnel, pour trouver une durabilité à long terme.

J’aime voir un écosystème sain autour de mon travail, avec bien plus de fans que de clients. Cela me rend optimiste parce que j’ai seulement besoin de voir un petit pourcentage de fans devenir des clients pour garder une durabilité financière, et je suis heureux de voir les gens profiter de mon travail, qu’ils payent pour cela ou non. Mon taux de conversion de fans en clients est assez haut pour que je puisse me permettre d’augmenter proportionnellement sans trop de risques pour ma durabilité. Mais je dois faire quelques sacrifices pour que cela soit viable.

Je peux me permettre de passer du temps avec des spectateurs de mes ateliers pendant quelques heures après un atelier. Mais je ne peux pas me permettre d’accorder ce genre d’attention personnelle à tous ceux qui visitent mon site web, malgré que je reçoive beaucoup de demandes dans ce sens. D’un point de vue financier, je ne peux pas justifier d’investir autant de temps et d’énergie pour des fans qui ne sont pas clients ; je dois accorder plus d’attention au fait de servir les besoins de mes clients. Pour les fans qui ne souhaitent pas devenir des clients, cela pourrait être décevant, mais cela devrait être compréhensible.

Vos fans non-clients pourraient ne pas aimer le fait que vous accordiez plus d’attention à vos clients, et réaliser cela pourrait leur donner la sensation d’être négligés, mais au final c’est une question de bon sens. Si un fan non-client se sent négligé et vous abandonne à cause de cela, vous allez perdre une chance de le convertir un jour en client ainsi que tous les autres clients qu’ils auraient pu vous amener, mais c’est un gain qui aurait pu ne jamais arriver de toute façon. D’un autre côté, perdre un client existant est une perte moins spéculative et n’importe qui ayant un bon sens des affaires ferait tout pour l’éviter.

Dans vos relations avec les autres artistes, remarquez la différence entre être un fan et être un patron, et commencez à faire attention aux raisons pour lesquelles vous faites vos choix. Cela vous permettra de mieux comprendre la façon dont vous souhaitez vous lier à ces groupes en tant qu’artiste. Là encore, il n’y a pas de bonne ou de mauvaise façon de le faire, mais vous trouverez que certaines façons de faire vous font vous sentir mieux que d’autres.

Socialiser avec des fans et des clients peut être très agréable. C’est merveilleux de se connecter avec des gens qui ont des intérêts communs, et vous allez généralement trouver ces gens très amicaux. Après tout, vous avez déjà gagné leur appréciation. Mais il est crucial de garder des frontières raisonnables et d’équilibrer ces connexions dans le contexte global de votre vie. Il est bien trop facile de trop en faire, de se sentir écrasé par trop de gens qui essayent de se connecter avec vous en même temps, et de finir par ne pas aimer toute cette attention. Si vous n’y prenez pas garde, vous pourriez finir par saboter le succès que vous recherchez.

Donc appréciez vos fans, et appréciez vos clients, mais gardez vos frontières. Au fur et à mesure que votre travail devient plus populaire, vous allez devoir faire plus attention à la protection de votre espace sacré de création. Ne permettez pas à vos fans, à vos clients, ou à n’importe qui d’autre d’empiéter dessus. Votre connexion avec le dieu-créateur en vous (quelle que soit la façon dont vous le définissiez) ne doit pas dérailler. Sur le long terme, vos fans et vos clients vont vous pardonner de ne pas être aussi disponible qu’ils le voudraient… tant que vous continuez à créer.

Apprenez à surfer

Au fur et à mesure que votre pratique mûrit, gérer vos relations avec vos fans et vos clients – ainsi que toutes les autres relations de votre vie (famille, amis, partenaires professionnels, etc.) – peut être un des aspects les plus épineux à maîtriser dans votre pratique. Vous n’avez pas énormément de temps et d’attention à allouer à chacun de ces groupes, et être trop généreux a autant de conséquences qu’être trop avare. Ces défis peuvent être exacerbés au fur et à mesure que votre popularité augmente. Les changements constants de vos groupes de fans, de clients, et de contacts professionnels vont vous déséquilibrer, et les solutions qui fonctionnaient pour vous l’an dernier pourraient ne plus être valables cette année.

Le meilleur conseil que je puisse donner est d’accepter que votre équilibre soit une cible en mouvement. Heureusement vous avez mot en la matière. Si vous voulez être plus social, passez à l’action en invitant de nouvelles connexions. Si vous vous sentez écrasé socialement et que vous avez besoin de plus de vie privée, libre à vous de prendre du recul.

J’ai appris que plus je blogue, plus je reçois de communication entrante. Si j’ai un arriéré de communications et que j’ai besoin d’une pause, la meilleure chose que je puisse faire est d’arrêter de bloguer autant. Quand les choses deviennent vraiment écrasantes, je peux désactiver mon formulaire de contact et prendre une pause vis-à-vis des réseaux sociaux. Puis quand je suis prêt à être plus social, je peux commencer à bloguer plus souvent, et je peux inviter plus activement les gens à se connecter.

Je me suis planté dans ce domaine plus de fois que je ne peux le compter, mais chaque nouvelle année passant, je développe une meilleure compréhension de ce dont j’ai besoin pour mon équilibre, et je sais l’importance qu’il y a à suivre le courant. Parfois le courant me porte dans une direction très sociale. D’autres fois je ressens un intense désir d’être seul et de me tourner vers l’intérieur. Les plus grandes erreurs que j’ai faites sont venues d’un échec à honorer et à accepter la direction du courant – autrement dit à essayer d’être social quand je voulais en réalité être seul dans mon espace de création, ou me forcer à créer quand j’aurais mieux fait d’être entouré et de partager de l’amour et des rires. Il s’est avéré que l’équilibre que je recherchais n’était jamais un état statique où je pouvais suivre globalement les mêmes schémas semaine après semaine. L’équilibre ressemble plus à une onde sinusoïdale, qui oscille constamment d’un extrême à l’autre. Et pour compliquer encore davantage les choses, il y a des sous-oscillations plus petites qui se combinent à ces grandes oscillations.

Imaginez essayer de faire tenir un ballon de basket en équilibre sur votre doigt. Si vous essayez de garder la main toute droite et rigide, le ballon tombe rapidement. Pour trouver l’équilibre vous devez être en mouvement constant, faire des ajustements continuels en fonction de ce que fait la balle. On a la même sensation en essayant d’équilibrer les aspects créatifs et sociaux de l’art. L’inspiration ne reste jamais statique ; elle est toujours en mouvement. Soit vous creusez plus profondément dans votre espace de création privé, soit vous vous ouvrez à plus de connexions sociales. La clé, comme je l’ai appris, est de ne pas résister à ces oscillations. À la place, apprenez à les aborder comme des vagues, comme le ferait un surfeur.

Une autre métaphore à propos de cet équilibre – peut-être meilleure que celle du surf – est de voir votre vie artistique comme une chanson. Considérez que votre vie est une combinaison de rythme, de mélodie, d’harmonie, etc. Une chanson est toujours en mouvement, mais ce n’est pas chaotique ou aléatoire ; il y a une structure. Cette structure pourrait être complexe et difficile à saisir, mais elle est là néanmoins. Remarquez où la chanson de votre vie veut vous mener. Remarquez les moments où vous essayez de la forcer à aller dans une direction qui ne semble pas bonne. Quelles pourraient être les prochaines notes dans cette progression ? Si vous pouvez sentir la structure de la chanson et commencer à sentir la direction qu’elle veut prendre, vous allez trouver plus facile d’installer un équilibre vie-travail en tant qu’artiste.

* * *

En résumé, gagner durablement sa vie en tant qu’artiste est faisable. Cela ne nécessite pas de miracle, pas plus que cela ne demande de faire passer l’argent avant l’expression artistique. Cela requière cependant des choix intelligents et un véritable engagement. Pour ceux qui sont engagés à maîtriser leur art sur le long terme, assurer la durabilité financière de son travail est un objectif atteignable et qui en vaut la peine.

Invitez l’univers à s’exprimer à travers vous, et faites de votre mieux pour dégager du chemin. Il vous soutiendra sur cette voie si vous êtes engagé ; autrement il dressera devant vous tous les obstacles possibles pour prouver votre manque d’engagement.

La question à vous poser maintenant est : allez-vous le faire ? Allez-vous entrer dans l’arène ? Allez-vous connaître de grands enthousiasmes et de grandes émotions ? Ou allez-vous vous asseoir dans les tribunes comme spectateur… ou comme critique ?

Est-ce que votre futur moi revoit rétrospectivement ces jours avec appréciation et gratitude, ou avec déception et regret ?

Crédits photo : © Sergey Nivens – Fotolia

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