Lancez-vous

Note : cet article est une traduction de l’article Do It Now de Steve Pavlina. C’est donc lui qui s’exprime dans le “je” de cet article !

Agir et évoluerQuand j’allais à l’université il y a plusieurs années, j’avais décidé de me mettre au défi en fixant un objectif pour voir si je pouvais être diplômé en seulement trois semestres, en suivant les mêmes cours que les autres suivraient normalement sur une période de quatre ans. Cet article explique en détails toutes les techniques de gestion du temps que j’ai utilisées pour arriver à m’en sortir.

Afin de parvenir à cet objectif, j’ai défini que j’allais avoir besoin de 30 à 40 unités par semestre, pendant que les étudiants normaux prennent 12 à 15 unités. Il est devenu immédiatement évident que je devrais gérer mon temps extrêmement bien si je voulais m’en sortir. J’ai commencé à lire tout ce que je pouvais sur la gestion du temps et à mettre en pratique ce que j’avais lu. J’ai atteint mon objectif en étant diplômé de deux licences de sciences (informatiques et mathématiques) en seulement trois semestres sans suivre de cours d’été. Je dormais sept à huit heures par nuit, je m’occupais de mes routines de courses (shopping, courses alimentaires, etc.), j’avais une vie sociale, et je faisais du sport pendant 30 minutes chaque matin. Au cours de mon dernier semestre, je travaillais même à plein temps (40 heures par semaine) comme programmateur de jeux et j’étais bénévole comme Vice-président de la branche locale de l’Association of Computing Machinery (association d’aide au développement et au soutien de la recherche scientifique et de l’innovation informatique, N.d.T.) tout en suivant 37 unités de haut niveau pour la plupart des cours de sciences informatiques et de maths. Mes camarades de classe additionneraient toutes les heures que prendraient tous ces cours et concluraient que mes semaines devaient compter environ 250 heures. J’ai été diplômé avec une note globale de 3,9 (sur 4, N.d.T.) et j’ai également reçu une récompense spéciale décernée au meilleur étudiant en sciences informatiques chaque année. Un de mes professeurs m’a dit plus tard qu’ils n’avaient pas eu de mal à choisir celui qui la recevrait une fois qu’ils ont eu clairement compris ce que je faisais.

On ne me considérait pas comme un enfant prodige, et c’était la première fois que je faisais quelque chose de semblable. Je n’avais aucun mentor personnel pour m’aider, je ne connaissais personne qui avait fait ce genre de choses auparavant, et je ne souviens pas d’une seule personne qui m’ait encouragé à le faire. En fait, la plupart des gens étaient fortement réticents à cette idée quand je leur en parlais. C’était simplement quelque chose que j’avais décidé de faire de moi-même. Si vous voulez mieux comprendre ce à quoi ressemblait ce passage de ma vie et pourquoi j’avais décidé de tenter quelque chose d’aussi dingue, vous pourriez aimer lire Le sens de la vie : Intro, qui retrace tout l’historique  et d’autres détails concernant mes motivations à faire tout ça.

Cela a demandé beaucoup de conviction d’obtenir l’approbation de la directrice du département des sciences quant à l’obtention de mes unités supplémentaires chaque semestre, et mes camarades pensaient souvent que je devais tricher ou que j’avais un jumeau ou que j’étais juste mentalement instable (j’ai été accusé de ce dernier plusieurs fois par semaine, donc il y a peut-être un semblant de vérité là-dedans). La plupart du temps je ne parlais pas de ce que j’étais en train de faire, mais si quelqu’un me demandait combien d’unités j’avais prises, je ne le cachais pas. J’étais peut-être le seul étudiant de l’université avec deux pages d’emploi du temps, donc il était facile de prouver que je disais la vérité si quelqu’un insistait, mais j’ai rarement eu à le faire.

Je ne vous ai pas raconté cette histoire pour vous impressionner mais plutôt pour éveiller votre curiosité quant à la façon dont j’y suis arrivé. Je m’en suis sorti en appliquant des concepts de gestion du temps que la plupart des gens ne connaissaient simplement pas mais qui étaient librement accessibles dans des livres et programmes audio de l’époque (1992-93). Les habitudes de gestion du temps que j’ai apprises à l’université m’ont beaucoup servi pour monter mon affaire, donc je veux les partager avec vous dans l’espoir que vous les trouverez tout aussi utiles. Elles m’ont permis de raccourcir mes études de plusieurs années tout en me permettant d’avoir près de 30 000 € pour lancer mon entreprise (gagnés lors de mon dernier semestre comme programmeur de jeux, principalement grâce à des royalties). Sans plus de cérémonies, voici le best of de ce que j’ai appris pour maîtriser la gestion du temps :

La clarté est la clé.

La première étape est de savoir exactement ce que vous voulez. Dans une salle de Taekwondo dans laquelle je m’entraînais, il y avait un énorme signe sur le mur qui signifiait « Vous objectif est de devenir ceinture noire. » Cela aidait à rappeler à chaque élève pourquoi il ou elle s’entraînait aussi dur. Quand vous travaillez pour vous-même, il est facile de passer toute une journée à votre bureau et de ne rien accomplir de valable. Cela arrive presque toujours quand vous n’êtes pas très clair quant à ce que vous essayez de faire. Dans les moments où vous retrouver votre conscience, demandez-vous, « Qu’est-ce que j’essaye d’accomplir, là ? » Vous devez connaître votre destination avec autant de clarté que possible. Précisez vos objectifs, et mettez-les par écrit. Vos objectifs doivent être tellement clairs qu’il serait possible pour un étranger de regarder objectivement votre situation et de vous donner un « oui » ou un « non » absolu quant au fait que vous avez atteint ou pas chaque objectif. Si vous ne pouvez pas définir précisément votre destination, comment saurez-vous que vous êtes arrivé ?

La période-clé que je trouve pratique pour définir et travailler sur des objectifs spécifiques est 90 jours, soit la longueur d’une saison. Pendant cette période, vous pouvez faire des changements importants et mesurables en fixant des objectifs clairs comme le cristal. Prenez un moment pour vous arrêter et écrire une description de l’instantané que vous voulez que soit votre vie d’ici 90 jours. Quel sera votre revenu mensuel ? Combien pèserez-vous ? Qui seront vos amis ? Où en sera votre carrière ? À quoi ressemblera votre couple ? À quoi ressemblera votre site web ? Soyez précis. La clarté absolue vous donnera le tranchant nécessaire pour garder le cap.

Tout comme un avion en pilote automatique doit faire des corrections constantes pour rester sur sa trajectoire, vous devez recalibrer périodiquement vos objectifs. Reconnectez-vous avec vos objectifs écrits clairs en les relisant chaque matin. Affichez-les sur vos murs, en particulier vos objectifs financiers. Il y a des années (au milieu des années 90), j’ai fait le tour de mon appartement pour afficher des mémos dans chaque pièce qui disaient « 5 000 $ par mois ». C’était mon objectif de revenu mensuel à l’époque. Comme je savais exactement ce que je voulais, j’ai atteint cet objectif en l’espace de quelques semaines. J’ai continué à fixer des objectifs de revenu précis, même lors de revers occasionnels, et j’ai trouvé que cette méthode marchait très bien. Ça ne m’a seulement aidé à me concentrer sur ce que je voulais – ce qui était peut-être encore plus important est que cela m’a simplifié le fait de ne pas prendre en considération ce qui n’était pas sur le chemin de mon objectif. Par exemple, si vous fixez comme objectif de gagner 10 000 $ par mois, cela peut vous aider à arrêter de faire ce qui ne vous rapporteront que 5 000 $ par mois.

Si vous n’en êtes pas encore à ce point de clarté, alors faites-en votre premier objectif. C’est une grande perte de temps de traverser la vie sans être clair sur ce que vous voulez. La plupart des gens se vautrent trop longtemps dans l’état de « Je ne sais pas quoi faire. » Ils attendent qu’une force extérieure leur fournisse la clarté, sans jamais réaliser que la clarté ne vient que de soi. L’univers vous attend, et non l’inverse, et il continuera d’attendre jusqu’à ce que vous ayez finalement fait un choix. Attendre la clarté est comme être un sculpteur qui regarderait une pièce de marbre et attendrait que la statue à l’intérieur se débarrasse de tous les morceaux inutiles. N’attendez pas que la clarté se matérialise spontanément – prenez un burin et mettez-vous au travail !

Soyez flexible.

Il y a une différence fondamentale entre connaître la destination et connaître le chemin que vous devrez prendre pour l’atteindre. Un vol commercial basique est hors-course 90% du temps, pourtant il arrive à destination parce qu’il sait exactement où il va et qu’il fait des corrections constantes en cours de route. Vous ne pouvez pas savoir à l’avance le chemin exact vers votre objectif. Je crois que le but réel de la planification est simplement de rester convaincu qu’un chemin possible existe. Nous avons tous entendu la statistique selon laquelle 80% des nouvelles entreprises échouent dans leurs cinq premières années, mais une statistique bien plus intéressante est que la quasi-totalité des entreprises qui ont réussi ne l’ont pas fait de la façon dont elles l’avaient prévu à l’origine. Si vous regardez les entreprises florissantes qui ont commencé avec des plans d’entreprise, vous trouverez généralement que leurs plans d’origine ont lamentablement échoué et qu’ils n’ont réussi qu’en tentant autre chose. On dit qu’aucun plan professionnel ne survit au contact du marché. J’aime généraliser cela et dire qu’aucun plan ne survit au contact du monde réel.

Stephen Covey, auteur et consultant renommé, utilise souvent l’expression « l’intégrité au moment du choix ». Cela signifie que vous ne devriez pas suivre vos plans aveuglément sans avoir une perception consciente de vos objectifs. Par exemple, disons que vous suivez correctement vos plans – jusqu’ici tout va bien – puis qu’une opportunité imprévue se présente. Restez-vous accroché à votre plan d’origine en manquant donc cette opportunité, ou vous arrêtez-vous pour suivre cette opportunité et en vous retrouvant donc hors-plan ? C’est là que vous devez vous arrêter et vous reconnecter avec vos objectifs pour décider du meilleur chemin. Aucun plan ne devrait être suivi aveuglément. Dès que vous acquérez de nouvelles connaissances qui pourraient invalider le plan, vous devez entraîner votre intégrité au moment du choix. Parfois vous pouvez atteindre vos objectifs plus vite en tirant avantage des raccourcis qui apparaissent inopinément. D’autres fois vous devrez vous tenir à votre plan d’origine et éviter les distractions mineures qui vous éloigneraient de vos objectifs. Que vos objectifs soient fermes mais vos plans flexibles.

Je crois qu’avoir un objectif clair est bien plus important qu’avoir un plan clair. En cours j’étais très clair quant à mon but final – un diplôme universitaire en seulement trois semestres – mais mes plans ont été dans un état de flottement constant. Chaque jour j’étais informé de nouveaux devoirs, projets, ou tests, et je devais m’adapter à cet océan sans cesse changeant d’activité. Si j’avais essayé de faire un plan à long terme pour chaque semestre, il aurait été rendu obsolète en l’espace de 24 heures.

Utilisez un seul traitement.

Plutôt que d’utiliser un système d’organisation élaboré, je m’en suis tenu à un stylo très basique et à une liste de choses à faire sur papier. Mon seul outil organisationnel était un notepad où je notais tous mes devoirs et leurs dates. Je ne me souciais pas de planifier ou de prioriser à l’avance. Je scannais simplement la liste pour sélectionner l’élément le plus pressant qui tiendrait dans le temps que j’avais de disponible à ce moment-là. Puis je le faisais, et je le rayais de la liste.

Si j’avais un papier à écrire pour dans 10 heures, je faisais tout d’un coup plutôt que de le diviser en tâches plus petites. Je faisais généralement les projets plus importants le week-end. J’allais à la bibliothèque le matin, je faisais les recherches nécessaires, puis je retournais à mon dortoir et je continuais à travailler jusqu’à ce que le texte final sorte de l’imprimante. Si j’avais besoin de faire une pause, je faisais une pause. Peu importe la taille du projet ou le nombre de semaines que le professeur laissait. Une fois que je commençais un devoir, j’y restais jusqu’à ce qu’il soit entièrement terminé et prêt à être rendu.

Cette simple pratique m’a fait gagner un temps considérable. Premièrement, cela m’a permis de me concentrer intensément sur chaque devoir et de travailler très efficacement pendant tout ce temps. Beaucoup de temps est perdu dans le fait de changer de tâche parce que vous devez recharger le contexte de chaque nouvelle tâche. Un traitement unique minimise le temps perdu en changement de tâche. En fait, dans la mesure du possible je regroupais les devoirs d’un certain domaine puis je les faisais tous avant de changer de sujet. Je faisais donc tous mes devoirs de maths d’affilée jusqu’à ce que tout soit fini. Puis je faisais tous mes devoirs de programmation. Puis tous mes devoirs de matières générales. De cette manière je mettais simplement mon cerveau en mode maths, en mode programmation, en mode écriture, ou en mode art, et je restais dans ce seul mode aussi longtemps que possible. Deuxièmement, je crois que cette habitude m’a aidé à rester calme et déstressé, parce que mon esprit n’était pas encombré de trop de trucs à faire. C’était toujours une seule chose à la fois. Je pouvais oublier tout ce qui n’appartenait pas au contexte en cours.

L’échec est votre ami.

La plupart des gens semblent avoir une peur innée de l’échec, mais l’échec est en réalité votre meilleur ami. Les gens qui réussissent échouent aussi dans certains cas car ils tentent beaucoup de choses. Le grand joueur de baseball Babe Ruth détenait à la fois le record de homeruns et de retraits. Ceux qui ont le plus de succès ont également le plus d’échecs. Il n’y a rien de mal ou de honteux à échouer. Le seul regret vient de ne jamais essayer. Donc n’ayez pas peur de faire des expériences quand vous essayez d’augmenter votre productivité. Parfois le moyen le plus rapide de découvrir si quelque chose fonctionne ou pas est de se lancer et d’essayer. Vous pouvez toujours faire des ajustements en cours de route. C’est l’approche À vos marques-Partez-Prêts, et étrangement cela fonctionne bien mieux que l’approche traditionnelle À vos marques-Prêts-Partez. La raison est qu’après être parti une fois, vous avez des données réelles avec lesquelles ajuster votre préparation. Trop de gens s’enferment dans la planification et la réflexion et ne passent jamais à l’action. Combien de grandes idées potentielles avez-vous laissé passer parce que vous être resté coincé dans un état de paralysie analytique (c’est-à-dire À vos marques-Prêts-Prêts-Prêts-Prêts-Prêts…) ?

Pendant l’université j’ai testé toutes sortes d’idées folles que j’ai pensé pouvoir me faire gagner du temps. J’ai continué à lire sur la gestion du temps et à appliquer ce que j’apprenais, mais j’ai aussi imaginé des plans originaux. La plupart de mes idées étaient des flops, mais certains ont fonctionné. J’avais envie d’échouer encore et encore pour finir par avoir la chance de tomber sur quelque chose qui me donnerait ce coup de boost.

Comprenez que l’échec n’est pas l’opposé du succès. L’échec est un élément essentiel du succès. Une fois le succès atteint, personne ne se souviendra de vos échecs de toute façon. Microsoft n’était pas la première tentative entrepreneuriale de Bill Gates et de Paul Allen. Qui se souvient que leur entreprise d’origine, Traf-o-Data, a été un flop ? L’acteur Jim Carrey s’est fait souvent huer sur scène en tant que jeune comique. Nous avons des ampoules électriques parce que Thomas Edison a refusé d’abandonner même après 10 000 expériences ratées. Si vous avez le mot « échec » en abomination, alors reformulez-le : soit vous réussissez, soit vous en tirez des leçons.

Vous débarrasser de la peur de l’échec vous servira beaucoup. Si vous avez vraiment envie d’atteindre un objectif particulier, mais que vous avez peur de ne pas être capable de vous en sortir, lancez-vous et faites-le quand même. Même si vous échouez dans votre tentative, vous apprendrez quelque chose d’utile qui pourra vous permettre de faire une meilleure tentative la fois suivante. Si vous regardez les gens qui réussissent en affaires aujourd’hui, vous verrez habituellement que beaucoup d’entre eux ont eu une longue série d’échecs lamentables avant de finir par tomber sur quelque chose qui marche, moi y compris. Et je pense que la plupart de ces gens seront d’accord pour dire que ces précédentes expériences ratées ont été un facteur contributif essentiel de leurs succès suivants. Mon conseil à quiconque lance un nouveau business est de commencer à proposer des produits ou à concevoir des services sans trop se soucier de savoir s’ils vont casser la baraque. Ce ne sera probablement pas le cas. Mais vous apprendrez bien plus en le faisant que vous ne le ferez jamais en réfléchissant.

Faites-le maintenant !

W. Clement Stone, qui a bâti un empire dans les assurances qui vaut plusieurs centaines de millions de dollars, demandait à tous ses employés de réciter cette phrase, « Fais-le maintenant ! » encore et encore au début de chaque journée de travail. Chaque fois que vous sentez une tendance à la paresse s’installer et que vous vous souvenez de quelque chose que vous devriez faire, arrêtez-vous et dites à voix haute, « Fais-le maintenant ! Fais-le maintenant ! Fais-le maintenant ! » Je mets souvent ce texte en économiseur d’écran. Cela coûte énormément de mettre les choses de côté parce que vous allez les revoir mentalement encore et encore, ce qui peut s’accumuler en une énorme somme de temps perdu. Réfléchir et planifier est important, mais agir est bien plus important. Vous n’êtes pas payé pour vos pensées et vos plans – vous n’êtes payés que pour vos résultats. Quand vous doutez, agissez audacieusement, comme s’il était impossible d’échouer. En somme, c’est le cas.

Il est absolument impératif que vous développiez l’habitude de prendre des décisions aussi tôt que possible. J’utilise la règle des 60 secondes pour quasiment toutes les décisions que je dois prendre, peu importe sa taille ou son importance. Une fois que j’ai toutes les données nécessaires pour prendre une décision, je lance un décompte et je ne me laisse que 60 secondes pour prendre une décision ferme.  Je jetterai même une pièce si je le devais. Quand j’étais à l’université, je ne pouvais pas me permettre de perdre du temps à réfléchir à mes devoirs ou à me soucier de quand les faire. J’en choisissais simplement un et je commençais à travailler. Et aujourd’hui quand j’ai besoin de décider quel article écrire ensuite, je choisis simplement un sujet et je commence à écrire. Je crois que c’est pour ça que je ne connais jamais l’angoisse de l’écrivain. L’angoisse de l’écrivain consiste à être coincé dans un état de réflexion quant à ce qu’on va écrire plutôt que de réellement écrire. Je ne perds pas de temps à réfléchir à l’écriture parce je suis trop occupé à écrire. C’est probablement pour ça que j’ai pu écrire des centaines d’articles originaux très facilement. Chaque article que j’écris génère des idées pour au moins deux articles de plus, donc ma liste d’idées ne fait qu’augmenter avec le temps. Je ne peux pas m’imaginer être à court de contenu original.

Trop souvent les gens retardent les prises de décisions alors qu’il n’y a aucun avantage dans ce retard. Généralement retarder une décision n’aura que des conséquences négatives, donc même si vous êtes indécis, prenez le taureau par les cornes et prenez une décision. S’il s’avère que c’est la mauvaise décision, vous le saurez bien assez tôt. Beaucoup de gens passent probablement plus 60 secondes simplement pour décider de ce qu’ils vont faire à dîner. Si je n’arrive pas à décider quoi manger, j’attrape simplement une pomme ou une banane et je commence à manger, et parfois je suis rempli de fruits avant de trouver ce que j’aimerais vraiment manger. Donc mon cerveau sait que si je veux autre chose que des fruits, je ferai mieux de me décider rapidement. Si vous pouvez augmenter la cadence de vos prises de décisions, vous pouvez passer le reste du temps à agir.

Une étude a montré que les meilleurs managers au monde ont tendance à avoir une très forte tolérance à l’ambiguïté. Autrement dit, ils sont capables d’agir audacieusement à partir de données partielles et/ou en conflit. Beaucoup d’entreprises avancent aujourd’hui à un rythme si rapide que le temps que vous ayez les données parfaites avec lesquelles prendre une décision, l’opportunité est probablement déjà loin. Quand vous n’avez aucunes données sur lesquelles vous appuyer, fiez-vous à votre propre expérience et à votre intuition. Si une décision peut être prise immédiatement, prenez la décision aussitôt qu’elle survient. Si vous ne pouvez pas prendre une décision immédiatement, prévoyez un moment pendant lequel vous considèrerez ces options et prendrez une décision. Investissez le plus clair de votre temps dans l’action, pas dans la décision. L’état d’indécision est une perte de temps majeure. Ne passez pas plus de 60 secondes dans cet état si vous pouvez l’éviter. Prenez une décision ferme et immédiate, et passez de l’incertitude à la certitude de l’action. Laissez le monde vous dire quand vous vous tromper, et vous aurez bientôt amassé assez d’expérience pour prendre des décisions précises et intelligentes.

Un tri impitoyable.

Débarrassez-vous de tout ce qui vous fait perdre votre temps. Utilisez généreusement votre poubelle. Appliquez la règle : « Dans le doute, balance-le. » Supprimez les abonnements à des magazines inutiles. Si vous avez un magazine qui date de plus de deux mois et que vous n’avez pas encore lu, balancez-le ; ça ne vaut probablement pas la peine de le lire. Réalisez que rien n’est gratuit si cela vous coûte du temps. Avant de vous inscrire à tout nouveau service ou abonnement gratuit, demandez-vous combien cela vous coûtera en termes de temps. Chaque activité a un coût de renoncement. Demandez-vous : « Cette activité vaut-elle ce que je lui sacrifie ? »

À l’université j’étais franchement brutal quand il était question de tri. J’ai dit une fois à un professeur que j’avais décidé de ne pas faire un de ses devoirs, un projet de sciences informatiques, parce que je sentais que ce n’était pas une bonne utilisation de mon temps. Le projet nécessitait environ 10 à 20 heures de travail acharné qui n’allaient pas m’apprendre quoi que ce soit que je connaissais déjà. Et puis ce projet ne représentait que 10% de ma note dans ce cours, et puisque je cartonnais dans ce cours de toute façon, la seule conséquence négative était que je finirais avec un 16 au lieu d’un 18. J’ai dit au professeur que je sentais que c’était un bon compromis et que j’accepterais le 16. Je n’ai pas essayé de négocier avec lui pour avoir un traitement particulier. Donc ma note officielle dans ce cours était de 16, mais je me suis personnellement donné 20 pour avoir fait meilleur usage de ces 10 à 20 heures.

Posez-vous cette question : « Aurais-je commencé ce projet, cette relation, cette carrière, etc. si je devais tout recommencer, en sachant ce que je sais aujourd’hui ? » Si votre réponse est non, alors dégagez aussi tôt que possible. Cela s’appelle la réflexion basée sur le zéro. Je connais beaucoup de gens qui ont une croyance limitative qui dit : « Il faut toujours finir ce qu’on a commencé. » Ils passent des années à grimper des échelles seulement pour réaliser une fois en haut que l’échelle était appuyée contre le mauvais bâtiment. Souvenez-vous que l’échec est votre ami. Donc si une certaine décision que vous avez prise par le passé ne génère plus des résultats qui vous servent, alors soyez brutal et débarrassez-vous-en, pour pouvoir passer à quelque chose de mieux. Il n’y a aucun honneur à dédier votre vie à la poursuite d’un objectif qui ne vous inspire plus. C’est une autre situation dans laquelle vous devez entraîner votre intégrité au moment du choix. Vous devez constamment réévaluer votre situation actuelle pour décider précisément ce que vous voulez faire ensuite. Quoi que vous ayez décidé par le passé, cela devient largement hors-sujet si vous ne renouvèleriez pas cette décision aujourd’hui.

Identifiez et récupérez le temps perdu.

Plutôt que de regarder une émission de télé qui dure une heure, enregistrez-la et regardez-la en 45 minutes en passant les pubs. Ne passez pas une demi-heure à taper un long mail quand vous pourriez faire la même chose avec un appel de 10 minutes. Regroupez vos courses et faites-les toutes en même temps.

Pendant l’été entre mon deuxième et mon troisième semestre, j’ai trouvé un appartement dans la rue du campus qui était un peu plus près du bâtiment des ingénieurs que mon dortoir sur le campus. Donc j’ai déménagé dans cet appartement, ce qui m’a fait gagner du temps de marche/vélo tous les jours. Je suis également passé d’un dortoir à deux chambres que je partageais avec deux autres personnes à un studio personnel. Ce nouvel appartement était bien plus efficace. Par exemple, je pouvais travailler sur mes devoirs de programmation tout en faisant à manger parce que mon bureau n’était qu’à quelques pas du four.

Essayer de supprimer les habitudes qui font perdre du temps est un point de départ habituel pour les gens qui veulent devenir plus efficaces, mais je pense que c’est une erreur. Optimiser vos habitudes personnelles ne devrait venir que plus tard. La clarté de l’objectif doit venir en premier. Si vous n’avez pas de clarté, alors vos tentatives d’installation des habitudes plus efficaces et de briser les moins efficaces va tourner court. Vous n’aurez pas une raison assez forte de faire un meilleur usage de votre temps, donc il sera facile d’abandonner quand les choses deviendront difficiles. Vous avez besoin d’un objectif important et attractif pour rester attiré. La raison de supprimer 15 minutes d’une tâche est que vous avez la motivation nécessaire pour faire un meilleur usage de ces 15 minutes.

Par exemple, vous pourriez avoir une carrière que vous appréciez, mais il y a des chances que ce ne soit pas assez motivant pour que vous vous souciez suffisamment de gagner 15 minutes par ci par là, même si vous gagnez au total quelques heures chaque jour. Mais si vous avez pris le temps de développer le sentiment que vous avez un but qui vous touche dans votre âme, vous serez automatiquement motivé pour mieux utiliser votre temps. Si vous mettre de l’ordre dans les niveaux supérieurs de votre vie (but, sens, croyances), les niveaux inférieurs auront tendance à s’améliorer tout seul (habitudes, entraînements, actions).

Appliquez la règle du 80-20.

Également connue sous le nom de principe Pareto, la règle du 80-20 définit que 20% des efforts sur une tâche comptent comme 80% de la valeur de cette tâche. Cela signifie également que 80% d’une tâche ne correspond qu’à 20% de la valeur de cette tâche. À l’université j’appliquais brutalement ce principe. Certaines semaines je laissais tomber pas moins de 40% de mes cours parce que rester assis à écouter un cours magistral n’était souvent pas la façon la plus efficace pour moi d’apprendre. Et j’avais déjà noté que je refuserais simplement de faire un devoir si je trouvais que cela ne valait pas le temps que j’allais y passer. Il y avait un cours de maths auquel je ne suis allé que deux fois parce que je pouvais apprendre bien plus rapidement avec le bouquin qu’avec les cours. Je ne suis venu qu’à l’examen de milieu de trimestre, et à celui de fin. Je pointais le nez au début du cours pour rendre mes devoirs et à la fin du cours pour noter les prochains devoirs. J’avais la meilleure note de la classe, mais le prof n’avait probablement aucune idée de qui j’étais. Les autres étudiants suivaient les règles, sans réaliser qu’ils étaient libres de fixer leurs propres règles. Trouvez quels aspects de votre vie appartiennent à ces 20% cruciaux, et concentrez vos efforts là-dessus. Refusez fermement de dépenser votre temps pour des choses qui ne vous donneront pas des résultats optimaux. Investissez votre temps là où cela peut rapporter gros.

Veillez sur votre temps.

Pour travailler efficacement vous avez besoin de blocs de temps ininterrompus pendant lesquels vous pouvez faire un boulot significatif. Quand vous êtes certain que vous ne serez pas interrompu, votre productivité est bien, bien plus haute. Quand vous vous asseyez pour travailler sur une tâche particulièrement prenante, dédiez des blocs de temps pour cette tâche pendant lesquels vous ne ferez rien d’autre. J’ai trouvé qu’un minimum de 90 minutes était idéal pour un bloc unique.

Vous pourriez avoir besoin de négocier avec les autres gens dans votre vie pour créer ces blocs de temps ininterrompus. Si nécessaire, prévenez les autres à l’avance de ne pas vous interrompre pendant une certaine période de temps. Menacez-les d’actes de violence si c’est nécessaire. À l’école, je fermais ma porte à clé quand j’avais besoin de travailler, donc mes colocataires savaient qu’il ne fallait pas me déranger. Bien que chaque chambre individuelle dans les suites de dortoir à deux chambres était en fait destinée à deux personnes (soit quatre personnes par suite), j’ai payé un peu plus pour avoir une chambre à moi tout seul. De cette façon j’avais toujours ma propre chambre dans laquelle travailler. Quand j’avais du temps pour être social, je laissais la chambre ouverte, et je jouais parfois aux jeux vidéo avec un de mes colocataires. S’il vous arrive de travailler dans un environnement très interruptif qui affecte négativement votre productivité, changez d’environnement à tout prix. Certaines personnes m’ont dit que donner à leur patron une copie de cet article aiderait à le/la convaincre de prendre des mesures pour réduire les interruptions intempestives.

Bien que pour certaines personnes il soit utile de bloquer une certaine période de temps pour une tâche, je trouve que cela fonctionne mieux avec de grandes périodes flexibles de temps interrompu. Je vais souvent allouer une heure de début pour une tâche mais généralement pas une heure de fin en particulier. Chaque fois que c’est possible je me permets simplement de travailler sur une tâche aussi longtemps que je le peux, jusqu’à ce que je succombe finalement à la fin ou à d’autres besoins corporels. Je vais fréquemment travailler plus de 6 heures d’affilée sur un projet sans faire de pause. Bien que des pauses fréquentes soient souvent recommandées pour augmenter la productivité, je sens que cette suggestion est peut-être un artefact de l’ére industrielle pour des employés peu motivés et que ce n’est pas autant applicable à un travail créatif hautement motivant et porté par un but. Je trouve qu’il est mieux pour moi de conserver cet élan tant que je peux continuer plutôt que diviser une tâche en petits morceaux avec donc le risque de succomber aux distractions en cours de route.

L’état de flux, dans lequel vous êtes totalement absorbé par une tâche et perdez toute notion du temps, prend environ 15 minutes pour y entrer. Chaque fois que vous êtes interrompu, cela peut vous demander 15 autres minutes de revenir à cet état. Une fois que vous êtes entré dans cet état de flux, veillez sur lui avec votre vie. C’est un état dans lequel vous traverserez d’immenses sommes de travail et connaîtrez une connexion totale avec ces tâches. Quand je suis dans cet état, je n’ai aucun sens du passé ou du futur. Je sens simplement que je fais un avec mon travail.

Bien que parfois je souffre du fait qu’une tâche s’étende pour remplir le temps disponible (aussi appelé Loi Parkinson), je trouve souvent que cela vaut la peine de prendre le risque. Par exemple, quand je fais un travail d’optimisation de mon site web, je vais fréquemment penser à de nouvelles idées d’optimisation pendant que je travaille, et je vais généralement suivre et mettre en œuvre les nouvelles idées immédiatement. Je trouve cela plus efficace d’agir sur ces idées au moment de leur conception que de les planifier et de les faire plus tard.

Travaillez tout le temps pendant lequel vous travaillez.

Pendant un de ces blocs de temps sacrés, ne faites rien d’autre que l’activité qui est juste en face de vous. Ne regardez pas vos mails ou les forums en ligne ou ne surfez pas. Si vous avez cette tentation, alors débranchez votre connexion internet pendant que vous travaillez. Éteignez votre téléphone, ou refusez simplement de répondre. Allez aux toilettes avant de commencer, et assurez-vous de ne pas avoir faim pendant un moment. Ne sortez pas du tout de votre chaise. Ne parler à personne pendant cette période.

Décidez de ce que vous devriez faire, et ne faites rien d’autre que ça. Si vous gérer d’autres personnes, demandez-leur régulièrement quelle est leur tâche principale, et assurez-vous qu’ils ne font rien d’autre que ça. Si vous voyez quelqu’un répondre à un mail, alors cela devrait être la chose la plus importante que cette personne devrait être à ce moment particulier. Si ce n’est pas le cas, alors relativement parlant, cette personne est simplement en train de perdre du temps.

Si vous avez besoin d’une pause, alors prenez une vraie pause et ne faites rien d’autre. Ne travaillez pas à moitié pendant une pause si vous sentez que vous avez besoin de repos ou de manger. Vérifier ses mails ou surfer sur le net n’est pas une pause. Quand vous prenez une pause, fermez les yeux et respirez profondément, écoutez de la musique relaxante et allez vous balader un peu, faites une sieste de 20 minutes, ou mangez quelques fruits frais. Reposez-vous jusqu’à être capable de faire à nouveau un travail productif. Quand vous avez besoin de vous reposer, reposez-vous. Quand vous devriez travailler, travaillez. Travaillez à 100% de concentration, ou ne travaillez pas du tout. Ce n’est pas grave du tout de prendre autant de pauses que nécessaire. Ne permettez simplement pas à vos pauses de se glisser dans votre temps de travail.

Multitâche.

La somme de nouvelles connaissances dans certains domaines augmente si rapidement que tout ce que vous connaissez dans votre branche devient probablement obsolète. La seule solution est d’absorber continuellement de nouvelles connaissances aussi rapidement que possible. Beaucoup des compétences que j’utilise dans mon entreprise aujourd’hui n’existaient pas il y a cinq ans. La meilleure façon que je connais de tenir le rythme est de fonctionner en multitâche chaque fois qu’il est possible en lisant et en écoutant des programmes audio.

Quand vous regardez la télé, lisez un magazine informatique pendant les pubs. Si vous êtes un homme, lisez en vous rasant. J’utilise un rasoir électrique et je lis pendant les 2-3 minutes que cela me demande de me raser tous les jours. Cela me permet de parcourir deux articles de plus par semaine – ce qui fait 100 articles de plus par an. Cette habitude est vraiment facile à commencer. Prenez quelques magazines, ou imprimez quelques articles que vous n’auriez pas le temps de lire autrement, et mettez-les dans vos toilettes. Si vous devez attendre dans une file, à la poste ou à l’épicerie, sortez l’article et lisez-le. Vous seriez surpris de la somme de connaissances que vous pouvez absorber simplement en lisant pendant d’autres activités non-mentales.

Écoutez des programmes audio éducationnels chaque fois que vous le pouvez. Quand vous conduisez votre voiture, écoutez toujours un programme audio. Une des meilleures façons de gagner du temps est d’apprendre directement des gens qui ont déjà les compétences que vous voulez maîtriser. Des programmes audio contiennent souvent plus de données pratiques que vous n’en apprendriez en suivant des cours à l’université. Tandis que les gens avec des diplômes de marketing ou de business ont appris auprès des profs d’université, vous pouvez apprendre ces sujets auprès de millionnaires et milliardaires qui ont appris ce qui fonctionne dans le monde réel.

Le multitâche était peut-être la petite compétence la plus importante qui m’a permis de finir l’université en trois semestres. Ma journée de travail moyenne incluait près de sept à huit heures de cours. Mais les mardis lors de mon dernier semestre, j’avais des cours bout-à-bout de 9h à 22h. Étant donné que je suivais une douzaine de cours chaque semestre, j’avais de nombreux tests et projets à rendre presque toutes les semaines, je n’avais pas le temps d’étudier en dehors des cours parce que la majeure partie de mon temps était utilisée pour travailler. J’ai simplement du tout apprendre la première fois que c’est arrivé. Si un professeur écrivait quelque chose au tableau, je le mémorisais sur le moment ; je ne pouvais pas me permettre d’apprendre les choses plus tard et risquer de prendre du retard. Pendant mes cours plus lents, je faisais des devoirs, je travaillais mes algorithmes pour mon travail de programmation, ou je revoyais mon emploi du temps. Vous pouvez probablement trouver beaucoup d’opportunités pour faire du multitâche. Chaque fois que vous faites quelque chose de physique, comme conduire, cuisiner, faire les courses, ou marcher, continuez à faire fonctionner votre cerveau en écoutant des cassettes audio ou en lisant.

L’idée du multitâche peut sembler contredire les conseils précédents disant de travailler tout le temps pendant lequel vous travaillez. Mais tandis que le conseil précédent fait référence au travail à haute intensité où vous devez concentrer toutes vos ressources mentales afin de faire le meilleur travail que vous pouvez, ce conseil-ci concerne le travail de faible intensité où vous avez toute latitude pour faire d’autres choses en même temps, comme faire la queue, cuisiner le dîner, prendre l’avion, ou marcher d’un point A à un point B. Le multitâche ne devrait pas être utilisé là où cela va diminuer de façon significative votre performance concernant une tâche cruciale, mais cela devrait être intelligemment utilisé pour tirer avantage de cette capacité excédentaire. Prenez de vraies pauses quand vous en avez besoin, mais ne perdez pas de temps dans un état d’effort partiel. C’est plus efficace de travailler jusqu’à être crevé puis de se reposer complètement.

La multitâche vous permet d’amener votre productivité à un nouveau niveau. Vous pourriez penser que cela doit être éreintant, mais beaucoup de gens trouvent que c’est tout le contraire. Pour moi c’était incroyablement énergisant de parvenir à faire autant de choses. Plus dur vous travaillez, plus grande est votre capacité de travail, et plus réparateur sera votre repos.

Expérimentez.

Tout le monde est différent, donc ce qui fonctionne peut très bien être différent de ce qui fonctionne pour tous les autres. Vous travaillez peut-être mieux le matin ou tard le soir. Tirez profit de vos propres forces, et trouvez des moyens de compenser vos faiblesses. Expérimentez le fait d’écouter de la musique en travaillant. J’utilise le lecteur gratuit WinAmp, qui peut lire directement en streaming des radios internet sans publicités sur mon ordinateur avec une grande variété de canaux parmi lesquels choisir. Je trouve que le classique et la musique New Age, Mozart en particulier, est génial pour travailler sur le développement web. Mais pour des tâches plus routinières, écouter de la techno ou de la trance très rythmée m’aide à travailler bien plus vite. Je ne sais pas exactement pourquoi, mais je suis deux fois plus productif quand j’écoute de la musique rapide que quand je n’écoute pas de musique. D’un autre côté, les chansons avec des voix diminuent ma productivité parce que cela me distrait trop. Et quand j’ai vraiment besoin d’une profonde concentration, je n’écoute pas de musique du tout. Faites simplement le test par vous-même, et voyez si certains types de musique peuvent augmenter votre productivité. Pour moi la différence est énorme.

Chaque fois que vous vient une nouvelle idée farfelue pour augmenter votre productivité, testez-la et voyez quel en est l’effet. Ne dénigrez pas une idée tant que vous ne l’avez pas essayé. Les réussites partielles sont plus communes que les échecs complets, donc chaque nouvelle expérience vous aidera à retravailler vos pratiques de gestion du temps. Même le fait de procéder à des expériences régulières vous aidera à vous conditionner afin d’être plus productif.

Cultivez votre enthousiasme.

Le mot « enthousiasme » vient du grec entheos qui signifie littéralement « le dieu à l’intérieur ». J’aime vraiment cette définition. Je doute qu’il soit possible de maîtriser l’art de la gestion du temps si vous n’êtes pas démesurément enthousiaste quant à ce que vous allez faire avec votre temps. Pourchassez ce qui vous inspire vraiment. Ne courez pas après l’argent. Courez après votre passion. Si vous n’êtes pas enthousiaste vis-à-vis de votre travail, alors vous gâchez votre vie. Passez à autre chose. Envisagez une toute nouvelle carrière. Ne vous en voulez pas si votre carrière actuelle est devenue moribonde. Souvenez-vous que l’échec est votre ami. Prêtez l’oreille à ce dieu en vous, et passez à quelque chose qui vous motive à nouveau. La plus grande perte de temps est de faire quelque chose qui ne vous rend pas heureux. Votre travail devrait servir votre vie, et non l’inverse.

Si vous êtes comme beaucoup de gens, vous pouvez vous arriver à vous motiver de temps en temps, mais ensuite vous êtes coincé et vous replongez à un niveau moindre de productivité, et vous trouvez difficile de continuer ce projet. À quel point est-ce facile de commencer un nouveau projet quand votre niveau de motivation est élevé ? Et à quel point est-ce difficile de continuer une fois que votre enthousiasme retombe ? Étant donné que la plupart des gens sont négatifs à un niveau ou à un autre, vous allez naturellement perdre votre charge positive avec le temps, à moins que vous ne cultiviez votre enthousiasme comme une ressource. Je ne crois pas en le fait de me forcer à faire quelque chose que je ne veux vraiment pas faire. Si je ne suis pas motivé, alors me forcer à m’asseoir et à travailler de façon productive est quasiment impossible, et le travail est assez pénible. Quand vous êtes très motivé cependant, le travail est comme un jeu.

Bien qu’à l’université je ne pouvais pas me permettre de laisser mon enthousiasme s’estomper, sinon je serais mort. J’ai rapidement appris que j’avais besoin de faire un effort conscient pour renforcer régulièrement mon enthousiasme. J’avais toujours mon Walkman avec moi (il n’y avait pas de lecteur MP3 à l’époque), et pendant que je marchais d’un cours au suivant. J’écoutais des cassettes de gestion du temps et de motivation. Je les écoutais aussi en faisant mon jogging chaque matin. Je gardais ma motivation à un niveau élevé presque toutes les heures. Même si les autres me disaient que j’allais certainement échouer, ces cassettes avaient une influence plus forte parce que je ne laissais jamais passer plus de quelques heures sans les écouter.

Si votre niveau d’enthousiasme est élevé, vous pouvez travailler de façon bien plus productive et même profiter d’aspects normalement fastidieux de votre travail. J’ai toujours trouvé que chaque fois que je voulais faire passer mon entreprise à un nouveau niveau, je devais faire d’abord passer mes pensées à un niveau supérieur. Quand vous pensez différemment, alors vos actions changeront, et vos résultats suivront. À moins que vous soyez naturellement quelqu’un d’hyperactif, votre enthousiasme va avoir besoin de renforcement quotidien. Je recommande soit d’écouter des enregistrements motivationnels ou de lire des livres ou des articles inspirants pendant au moins quinze minutes par jour. Chaque fois que j’ai arrêté de faire ça, j’ai trouvé que mes doutes revenaient toujours, et que ma productivité chutait. C’est vraiment incroyable de voir à quel point le fait de nourrir votre esprit de données positives peut maintenir indéfiniment votre enthousiasme. Et si vous faites du multitâche, vous pouvez en bénéficier sans forcément y passer davantage de temps.

Mangez et faites de l’exercice pour une énergie optimale.

Pendant l’été précédant mon dernier semestre universitaire (1993), je suis devenu lacto-ovo-végétarien, et j’ai noté une bonne augmentation de mon énergie et en particulier de ma capacité de concentration. Quatre ans plus tard (1997) je suis devenu complètement végétarien (plus aucun produits venant d’animaux), et cela a provoqué un coup de boost encore plus important.

Ce que vous mangez peut avoir un énorme effet sur votre productivité. Les produits d’origine animale prennent considérablement plus de temps et d’énergie à digérer que les produits végétaux, et quand votre corps doit dériver plus d’énergie vers la digestion, cela implique que vous avez moins d’énergie disponible pour un travail mental productif. Dans les faits votre travail semblera plus difficile le temps que vous digériez des plats contenant des produits d’origine animale, et vous serez plus enclin à succomber à des distractions. Donc si vous trouvez que vous avez du mal à vous concentrer sur un travail prenant mentalement après manger, votre alimentation peut très bien en être la cause. Même Benjamin Franklin accordait du crédit au fait que manger léger était un facteur important de sa productivité. Pendant que ses collègues étaient mous et endormis dans l’après-midi, il pouvait continuer à travailler de façon productive tout le reste de la journée.

Faire régulièrement de l’exercice est également nécessaire pour maintenir un haut niveau d’énergie et de clarté mentale. À l’université je commençais par courir 30 minutes tous les matins avant le petit-déjeuner. Et bien sûr j’écoutais mes cassettes motivationnelles et éducatives en même temps. Ce renouveau quotidien me gardait en bonne condition physique et m’a aidé à conserver mon poids idéal. Plus encore, mon emploi du temps me faisait crapahuter sur le campus tous les jours pour assister à tous mes cours, et je devais généralement porter sur moi un sac de 12-15 kg plein de livres. Donc même si je passais la plupart de mes journées assis en cours, je faisais quand même beaucoup d’exercice quotidiennement.

Si vous voulez maîtriser la gestion du temps, il est logique d’aiguiser votre meilleur outil de gestion du temps entre tous ; votre corps. Via l’alimentation et l’exercice vous pouvez développer votre capacité à soutenir un effort de concentration continu, ainsi même le travail le plus difficile paraîtra plus simple.

Si vous êtes actuellement en surpoids, allez faire un tour dans la salle du coin ou dans un magasin de sport, et trouvez un haltère (ou deux) qui pèse(nt) autant que l’excès de graisse que vous avez. Soulevez-la et marchez un peu avec pendant un moment. Soyez conscient que c’est ce que vous portez sur vous chaque jour. Imaginez maintenant comme tout serait plus léger et plus simple si vous pouviez vous débarrasser de ce poids de façon permanente. Porter du poids en plus pour s’entraîner est une chose, mais si ce poids est sous forme de graisse corporelle, alors vous ne serez jamais capable de le poser et de profiter des bienfaits de cet entraînement. Prenez la décision de vous débarrasser de ces kilos superflus, et profitez des bénéfices à long terme du fait de vivre dans un véhicule physique plus efficace.

Gardez l’équilibre.

Je ne pense pas qu’il soit facile de maintenir une productivité, une santé, et un bonheur à long terme si votre vie est totalement déséquilibrée. Pour exceller dans un domaine, vous ne pouvez pas laisser d’autres domaines rester à la traîne et vous miner. Quand j’étais à l’université j’ai fait un effort pour me libérer un jour entier chaque semaine pour ma vie personnelle. Je faisais du sport, j’allais à des fêtes, j’assistais à des réunions du club, je jouais sur ordinateur, et j’ai même pris des vacances à Las Vegas lors de mon dernier semestre. Les forts taux de rotation à la fin des projets du mois de mars, le « mois de la mort », sont causés par un manque d’équilibre. Se concentrer exclusivement sur votre travail principal aux dépens de tous les autres domaines de votre vie ne vous sera préjudiciable qu’à long terme. Gardez votre équilibre en faisant attention à tous les domaines de votre vie. Au fur et à mesure que votre carrière évolue, assurez-vous que votre vie personnelle évolue également.

Mon plus grand regret dans le fait d’avoir terminé l’université en trois semestres est certainement de n’avoir jamais eu de petite amie pendant cette période. Même si j’avais beaucoup de bons amis (à la fois garçons et filles), m’investissais dans des clubs, et profitais de supers activités sociales chaque semaine, je n’avais pas assez de temps pour accorder une vraie importance au fait d’être en couple. Je me souviens une fois où une fille que je connaissais était très intéressée par le fait de sortir avec moi, et qu’elle avait commencé à s’arranger pour passer plus de temps seule avec moi, mais je ne pouvais pas mordre à l’hameçon parce que je n’avais pas de temps pour des rendez-vous. Je n’aurais pas été un très bon petit copain à l’époque.

Si je devais tout recommencer, je pense que mon expérience universitaire aurait été bien meilleure si je l’avais étirée sur quatre ou cinq semestres, ce qui m’aurait permis d’avoir du temps pour une copine. Cela aurait été super d’avoir quelqu’un avec qui partager ma vie, sans parler de tous les autres bénéfices du fait d’être en couple. Au moins, j’ai eu plein de temps pour des rendez-vous après mon diplôme. En quelques mois j’ai rencontré une petite amie avec qui c’était sérieux, et quatre ans plus tard nous étions mariés. Elle et moi sommes en fait allés à l’université en même temps, mais nous ne nous étions jamais rencontrés alors, bien qu’il s’avère que nous avions en fait quelques connaissances communes.

Je crois que l’objectif principal de la gestion du temps est de vous donner le pouvoir de rendre votre vie aussi palpitante que vous voulez qu’elle le soit. En étant clair quant à ce que vous voulez puis en développant tout un tas d’habitudes qui vous permettent d’atteindre efficacement vos objectifs, vous profiterez d’une vie plus riche et plus épanouissante qu’elle ne l’est actuellement. Rétrospectivement, mes années universitaires vues avec dix ans de plus me donnent un sentiment de gratitude quant à l’expérience dans son ensemble. J’ai fixé un objectif très ambitieux et ai considérablement évolué en tant qu’individu pendant la poursuite de cet objectif. Cela a été une des meilleures périodes de ma vie.

Si vous souhaitez devenir plus productif, alors faites-le avec l’intention d’améliorer la totalité de votre vie de fond en comble. La raison poussant à maîtriser la gestion du temps est de prendre votre vie sympa et de la transformer en une vie exceptionnelle. La gestion du temps n’est pas une question d’autosacrifice, d’auto-dénigrement, et de faire davantage ce que vous n’aimez pas faire. C’est une question de vous concentrer davantage sur ce que vous aimez déjà.

 

Crédits photo : fotogestoeber

7 commentaires

  • Jeremy dit :

    Je n’ai jamais lu un article aussi intéressant de ma vie. J’en ai même pris des notes.

    Je t’en remercie énormément.

  • Basma dit :

    Bonjour,

    Une très belle expérience Olivier. Et en tant qu’étudiante universitaire moi aussi, vous m’avez vraiment motivé à faire mieux. Vous m’avez donné un espoir, car je pensais à la possibilité de pouvoir raccourcir ma période d’étude en prenant plus d’unités chaque semestre. Mais, je doutais encore. Et votre article est comme ces signes qui apparaissent aux bons moments; pour nous montrer que c’est possible.

    Merci à vous et bon continuation dans votre propre voyage.
    Basma 🙂

  • samuel dit :

    Très très excellent article.

    J’ai failli arrêter plusieurs fois la lecture, tellement l’article est long.
    Mais il est aussi tellement interessant que je n’ai pas pu m’en passer.

    Amicalement,

  • quel article!!! et que d’enseignements inspirants!!!
    je trouve que cet article communique instantanément son enthousiasme et reboosterait même le plus déprimé des entrepreneurs!
    j’ai pu vérifier que le travail multitâches, qui se généralise naturellement chez les plus jeunes ets beaucoup plus motivant et enthousiasmant, tout en laissant plus de part à l’intuition et à la créativité, voir l’article de “habitudes zen” sur le chaos!
    à présent je vais prendre le remps d’analyser cet énorme article en détail et en retirer la substantifique moelle!
    merci Olivier!

  • SARAH dit :

    Je trouve plusieurs points intéressants et motivants dans cet article. Cependant, je trouve que cette organisation de vie ne laisse pas de place au vide. Comme si il fallait remplir chaque case vide de son temps de travail. Quand il dit quer lorsqu’il se rasait il lisait en même temps. C’est à l’encontre des dernière recherche sur le stress qui dise de ne faire qu’une seule tâche à la fois et de s’accorder du temps à ne rien faire. Alors certes, il a “réussi”, mais où en est son niveau de stress ? De travailler comme un dingue a un prix aussi au niveau de sa santé

  • Tau dit :

    Je ne connaissais pas Steve Pavlina avant cet article…mais je penses bien en faire une REFERENCE aujourd’hui !

    Certains auteurs célèbres (Tony Robbins, Tim Ferriss, Stephen Covey, etc.) que j’ai pu lire partagent également les mêmes idées et concepts. Mais ici, Steve a une façon d’inspirer le lecteur par des exemples pratiques et des faits réels de son histoire. Il sait ce que nous pouvons ressentir intérieurement et il a l’art d’en parler comme s’il voulait nous aider à nous améliorer. Son parlé est juste et il me motive à continuer dans la réalisation de mes projets.

    Je recommande fortement cet article à tous…surtout avec les temps qui courent…

    Merci Olivier !

    ps : @Samuel : Il t’est possible d’utiliser le programme “Parole” si tu utilises un ordinateur ou un appareil de la marque à la pomme. C’est ce que je fais à chaque fois et cela me permet de prendre des notes avec mon stylo et mon bloc-notes 😉 C’est un peu comme ce que dit Steve à propos du “Multitâche” 😉

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