Gestion du temps

Note : cet article est une traduction de l’article Time Management de Steve Pavlina. C’est donc lui qui s’exprime dans le “je” de cet article !

Gestion du tempsLa gestion du temps est un sujet sur lequel j’ai enquêté de façon intensive, et cet article explore mes pensées les plus récentes sur ce sujet. Quand j’ai commencé à sérieusement étudier la gestion du temps en 1992, j’ai appris une myriade de petites tactiques qui m’ont permis d’augmenter ma productivité personnelle. Être diplômé à l’université en trois semestres a été un résultat significatif de cette approche tactique de la gestion du temps.

Récemment cependant, j’ai adopté une approche plus stratégique de la gestion du temps, ce qui signifie que je suis plus concerné par le fait de prendre de bonnes décisions que par l’optimisation de détails spécifiques d’implémentation. Cet article jette un œil neuf sur la gestion du temps avec cette perspective spécifique.

Les systèmes de gestion du temps comme le GTD de David Allen, l’OPM de Tony Robbins, ou le système Franklin-Covey nécessitent que vous définissiez des priorités dans vos tâches d’une façon ou d’une autre, et cela signifie que vous avez besoin d’étiqueter certaines tâches comme étant plus importantes que d’autres. Mais comment exactement pouvez-vous déterminer quelle tâche est la plus importante ? Quel est le critère ? Je crois que le facteur-clé pour une gestion du temps efficace est l’exactitude. Quand vous avez un modèle de réalité exact, alors la différence entre ce qui est important et ce qui ne l’est pas devient clair de manière significative.

Les véritables gains en gestion du temps sont réalisés par le haut, pas par le bas. Si vos décisions stratégiques à haut-niveau sont basées sur une compréhension inexacte de la réalité, alors votre mission, vos objectifs, vos projets, et vos actions seront pratiquement vides de sens dans le grand ordre des choses. Tous vos accomplissements seront un peu plus que de simples tâches inutiles. Cet article présente une façon de résoudre cette situation et de savoir si vous fixez ou non les bons objectifs pour commencer.

Les systèmes de gestion du temps sont devenus extrêmement populaires ces dernières années… et pour de bonnes raisons. Le bénéfice potentiel ultime de ce genre de systèmes est la capacité à optimiser la façon dont vous gérez votre temps afin de tirer les meilleurs résultats possibles dans la période de temps la plus courte. De tels systèmes ont un prix, cependant, et ce prix est le temps que vous devez d’abord passer à apprendre puis à maintenir ce système. Dans les grandes lignes, plus le système est complexe, plus cela coûte de l’utiliser. Plus vous passez de temps à gérer votre système, moins vous passerez de temps à récolter les récompenses de vos gains de productivité.

Depuis le début des années 90, j’ai considérablement étudié la gestion du temps, à la fois en dévorant les connaissances existantes sur le sujet et par des tâtonnements sur le terrain. J’ai lu toute une étagère de livres sur la gestion du temps, écouté des centaines d’heures d’apprentissage audio sur la gestion du temps, et lu des dizaines d’articles sur le sujet. J’ai utilisé une grande variété de système de gestion du temps, dont le Franklin-Covey, le Getting Things Done de David Allen, et le Rapid Planning Method d’Anthony Robbins (autrefois appelé RBA pour Résultat-But-Action). J’ai utilisé un logiciel PC comme Microsoft Outlook, des ordinateurs Palm, et des plannings sur papier. S’il existait quelque chose comme un doctorat en gestion du temps, j’aurais déjà fait le cursus plusieurs fois.

Étudier la gestion du temps a été un effort extrêmement valable. Même si les revendications faites par les gens qui vendent des produits dans ce domaine sont souvent exagérées et surestimées, j’ai réalisé certains bienfaits de productivité simples en appliquant les meilleures idées. Comme je l’ai écrit dans l’article Lancez-vous, j’ai pu valider deux diplômes universitaires en seulement trois semestres, globalement en appliquant toutes sortes de techniques de gestion du temps, dont certaines à l’extrême. J’ai suivi en un an et demi les mêmes cours que les autres étudiants suivaient sur une période de 4 ans, mais j’ai été capable de les compresser dans une période de temps bien plus courte en suivant le triple de la quantité normale de cours. Cependant, je ne considère pas cela comme une réussite extraordinaire. Je pense que quelqu’un d’autre qui aurait étudié la gestion du temps autant que je l’ai fait aurait pu obtenir les mêmes résultats. La triste vérité est que la plupart des gens sont si incroyablement mauvais pour gérer leur temps que leur productivité personnelle au ras des pâquerettes est simplement acceptée comme étant normale. Ainsi quiconque pouvant investir de façon régulière 80% de son temps chaque jour dans des activités intelligentes et productives va avoir l’air super performant en comparaison. L’étudiant de fac moyen en particulier ne fonctionne probablement qu’à 20-30% de ses capacités, et je parle aussi bien de leur vie sociale que de leur cursus. La plupart des gens sont totalement inconscients de leur niveau d’inefficacité dans la gestion du temps jusqu’à ce qu’un « super performant » entre dans leur vie et les fasse paraître mauvais en comparaison.

Les systèmes de gestion du temps

Il est tentant de dire qu’une excellente gestion du temps est le résultat d’un super système de gestion du temps. Mais je n’ai pas trouvé que c’était le cas. Je pense que l’état d’esprit général de cette gestion du temps est bien plus important que n’importe quel système. Et l’état d’esprit de cette gestion du temps est simplement de valoriser votre temps. C’est réellement un problème d’estime personnelle. Si vous voyez votre vie comme étant valable et porteuse de signification, alors vous valoriserez également votre temps. Si vous trouvez que vous gâchez votre temps, vous n’avez probablement pas une raison suffisamment forte de bien gérer votre temps. Aucun système que vous utiliserez ne fera de grande différence tant que vous ne vous attaquerez pas au problème sous-jacent de votre estime personnelle. Si votre vie n’a pas de but significatif, alors il n’y a pas de raison qui vous engage suffisamment pour que vous amélioriez vos compétences de gestion du temps. Vous pourriez être motivé une fois de temps en temps, mais votre motivation à vous améliorer ne durera simplement pas.

Les systèmes de gestion du temps sont séduisants. Ils vous font miroiter la promesse d’une plus grande productivité, de plus de temps libre, d’un salaire plus élevé, et de plus d’estime personnelle. Et certains de ces bienfaits pourraient en effet se réaliser. Cependant, une autre possibilité est que votre système devienne une distraction qui vous empêche de profiter de réels bienfaits. Vous vous retrouverez à investir de plus en plus de temps dans des méta-activités, comme s’organiser, définir des priorités dans ses objectifs, et apprendre à utiliser le dernier logiciel de productivité. Faire réellement les tâches que votre système est destiné à gérer devient presque secondaire… voire même distrayant. Au lieu de vous aider à augmenter votre productivité, votre système devient un moyen de déguiser une faible productivité. C’est un problème habituel pour les gens qui n’ont pas encore identifié de but dans leur vie. Le système fournit l’illusion de la productivité, mais quand vous le ramenez à sa plus pure essence, vous ne trouverez qu’un rideau de fumée. Il n’y a rien derrière. Quand vous additionnez toutes les tâches, elles ne donnent qu’un tas d’activités futiles et de trivialités. Qu’elles donnent ou non de réels résultats n’est qu’une petite conséquence dans le grand ordre des choses. Sur le long terme, personne ne s’en souciera de toute façon. Si vous vous retrouvez dans cette situation, vous avez simplement perdu de vue le but réel de la gestion du temps.

Qu’est-ce que la gestion du temps ?

Laissons de côté toute cette complexité pour un moment et revenons aux fondamentaux. Qu’est-ce que la gestion du temps ? L’essence de la gestion du temps est ceci :

1. Décider quoi faire

2. Le faire

Cela semble être des étapes très simples à première vue. Même un enfant peut le faire. Cependant, quand nous les regardons via la lentille de l’optimisation, elles deviennent bien plus compliquées. Afin d’optimiser ces étapes, nous devons nous préoccuper d’identifier la « bonne » ou la « meilleure » façon d’accomplir chaque étape. Nous pouvons facilement voir que certaines combinaisons décision-action produisent de meilleurs résultats que d’autres. Alors notre question devient, « Quelle est la meilleure action à entreprendre tout de suite, et quel est le meilleur moyen de le faire ? »

Répondre à cette question devrait être le principal objectif derrière tout système de gestion du temps. Oui, il y a des effets secondaires comme être organisé, avoir l’esprit plus clair, réduire le stress. Mais au final ces bienfaits contribuent tous à ce processus de décision-action. Qu’allez-vous faire, et comment le ferez-vous ?

Quand j’ai commencé à étudier la gestion du temps, j’ai découvert que la plupart de la littérature existante se concentrait sur l’étape 2. Il y avait beaucoup d’emphase sur la façon d’arriver à ses fins. C’est un bon modèle pour les employés dont les tâches leur sont fournies, mais c’est un modèle de l’âge industriel, et cela ne convient pas pour les travailleurs du savoir d’aujourd’hui qui ont bien plus de liberté dans le choix de leurs tâches et même de leurs carrières. Si l’étape 1 est faite correctement, alors peu importe comment vous vous débrouillez dans l’étape 2. Si vous décidez de faire la meilleure chose, la façon dont vous le faites ne fait aucune différence.

Décider quoi faire

L’étape 1 est beaucoup plus difficile que l’étape 2, ce qui est probablement la raison pour laquelle j’ai trouvé si peu de gens couvrant le sujet de façon adéquate. Un des systèmes les plus populaires qui tente de s’attaquer à l’étape 1 intelligemment est le système Franklin-Covey, qui se préoccupe davantage de sujets de haut niveau tels que la mission, les rôles, et les objectifs que les projets et actions de bas niveau. Cependant, je ne pense pas que le Franklin-Covey s’approche suffisamment du haut niveau. Nombre des énoncés de mission que j’ai vus produits par ce système ne sont rien de plus que de futiles imbécilités, en particulier ceux fournis par les corporations.

Le niveau supérieur des rôles, objectifs et missions est le niveau du contexte. Pensez-y comme votre perception actuelle de la réalité tout autant que comme votre rôle dans celle-ci. Si vous changez votre contexte, alors tout le reste change aussi. Par exemple, si vous changez vos croyances, alors vous pourriez connaître également des changements dans vos relations et votre carrière.

L’exactitude est primordiale

L’aspect le plus important de ce contexte est l’exactitude. Soit votre contexte modèle la réalité avec exactitude, soit non. Cela inclut vos croyances spirituelles les plus sacrées, et cela inclut aussi la possibilité que vos croyances pourraient même altérer votre réalité extérieure. Si des croyances inexactes guident vos actions, alors vos actions pourraient très bien être inutiles. Une personne dont les croyances de haut niveau sont inexactes ne peut simplement pas être productive de façon significative. Elle pourrait aussi bien creuser un trou pour le reboucher ensuite.

J’ai commencé à apprendre la gestion du temps au niveau des projets et des actions, mais depuis lors je m’y suis attaqué avec une approche de haut en bas. Maintenant je suis bien plus concerné par le fait de faire la bonne chose que par celui de faire bien les choses. Je passe une somme de temps considérable à revoir mes croyances, à chercher les incohérences entre mes croyances et mon expérience de la réalité, et à explorer d’autres croyances potentielles qui pourraient être plus exactes. Même si travailler au niveau des projets et des actions peut mener à des augmentations mineures de la productivité, travailler au niveau supérieur du contexte et du but peut produire des bonds en avant majeurs. C’est le processus qui m’a mené à me retirer du développement de jeux vidéo et à commencer à travailler dans le domaine du développement personnel. Quand mon contexte a changé, tout le reste a également changé, y compris ma mission, mes objectifs, mes projets, et mes actions.

Je crois que la chose la plus importante que je peux faire pour gérer mon temps est de m’efforcer de comprendre la réalité aussi précisément que possible. Par-dessus tout, cela signifie que je ne peux pas ignorer de données. Tout ce que j’ai vécu – tout ce que je pense savoir – doit quelque part être intégré à mon approche de gestion du temps. Il ne peut y avoir aucune incohérence. Mes croyances, pensées, et actions doivent être en adéquation avec la réalité elle-même.

Résoudre les incohérences

Une grosse erreur que font les gens dans leur gestion du temps est qu’ils permettent aux incohérences d’exister dans leur vie sans même les résoudre consciemment. C’est très facile à voir en ce qui concerne la religion. Les gens prétendent tenir certaines croyances pour sacrées, mais ils échouent à agir en adéquation avec ces croyances. Ils se retiennent ou s’étiquettent comme faibles. Pourquoi ? Parce qu’une partie d’eux sent que ces croyances sont correctes, mais une autre partie d’eux sent qu’elles ne le sont pas. Mais au lieu de résoudre ce conflit, ils essayent d’éviter d’y penser. Résoudre cette incohérence risquerait de provoquer un sérieux bouleversement dans leur vie, et ils ont peur de ce qui pourrait arriver. Alors à la place ils traversent des cycles malsains pendant lesquels ils se cachent eux-mêmes la vérité et se sentent frustrés de leur incapacité à satisfaire à une norme qu’ils n’approuvent pas totalement mais qu’ils sentent qu’ils doivent continuer à suivre.

Le bouleversement causé par la résolution d’incohérences internes est réel, mais cela ne signifie pas que vous devriez en avoir peur. J’ai traversé certains changements majeurs dans ma vie en résultat à la poursuite de cette voie, et c’est difficile à chaque fois. Mais je ne peux pas accepter la logique de s’accrocher à un système de croyances que je sais être inexact. Une fois que les nouvelles données se présentent (ou une nouvelle compréhension d’anciennes données), je dois trouver une façon de les intégrer. À tout le moins, je dois me débarrasser des croyances incohérentes tout en en cherchant de meilleures.

Malgré les défis, j’ai été extrêmement satisfait de cette approche. Les problèmes avec lesquels je me débats depuis des années se sont évaporés une fois que j’ai adapté mes croyances pour qu’elles correspondent à ma propre expérience au lieu d’accepter aveuglément ce que les autres m’ont dit. Le monde est plein de tant de fausses croyances (en particulier de la part des médias de masse), donc cela devient un sérieux défi d’avoir confiance en nous et en notre propre réflexion quand tout le monde autour de nous nous dit que nous avons tort.

Par exemple, une des premières croyances que j’ai trouvé être inexactes était d’avoir besoin d’un travail. Une partie de moi sentais que je devrais trouver un travail – cela semblait être la bonne chose à faire après l’université – mais une autre partie de moi n’aimait pas l’idée de devoir aller travailler chaque jour et d’avoir un patron qui me dirait quoi faire. Je voyais une offre d’emploi et la regardais simplement d’un œil vide. Je pouvais difficilement supporter l’idée de travailler à arranger mon CV. Toute cette idée me semblait intuitivement mauvaise. Et je ne suis certainement pas le seul avec cette sensation, mais la plupart des gens font de leur mieux pour la mettre en veilleuse. Ils vont au travail tous les jours, mais n’aiment pas vraiment ça. Ils préfèreraient ne pas aller travailler s’ils pouvaient s’en offrir le luxe. Au lieu d’accepter cette incohérence comme le ferait tous les autres, j’ai choisi de la résoudre. Et cela m’a amené à trouver un moyen de gagner bien ma vie sans travail. Ce n’était pas une voie simple à court terme, mais c’est bien plus facile à long terme, en particulier quand je notais les résultats qu’avaient atteint les gens qui avaient suivi l’approche communément acceptée du « trouve un travail ». Très peu d’entre eux semblent heureux et épanouis dans leur vie. Au travail ils prétendent que tout va bien, mais en privé ils se sentent misérables et piégés. Et cela devient plus difficile chaque année. Personnellement je ne pense pas que la plupart des travails soient très sains, quand on voit ce qu’ils font à l’esprit humain. Je suis sûr qu’il y a des exceptions, mais elles ne sont pas la norme.

Malgré la quantité de personnes qui me disent de « trouver un travail » (souvent avec divers jurons accolés à la fin de leur phrase), je n’ai jamais trouvé de travail après l’université, et j’ai été joyeusement sans emploi depuis lors. J’ai simplement accepté qu’être employé n’était pas une chose que je voulais, et j’ai remarqué que les gens qui avaient un travail ne semblaient pas en vouloir non plus, donc j’ignorais leur conseil et écoutais plutôt mon intuition. En démêlant cette incohérence dans mes croyances et en la résolvant, j’ai pu obtenir un meilleur résultat personnel – la génération d’un revenu abondant, des opportunités de carrière stellaires, et une vie sociale amusante sans les confinements de l’emploi. Et mieux que tout, je suis ridiculement heureux de ma vie.

La simplification ultime de la gestion du temps est que la gestion du temps est l’exactitude. Afin d’utiliser votre temps de façon efficace, vous devez vous efforcer de créer la compréhension de la réalité la plus exacte possible. Cela implique d’accorder la considération adéquate à toutes les données qui se présentent à vous : les perceptions sensorielles, les faits, la logique, l’intuition, les émotions, etc. Et l’objectif ultime est de créer un alignement entre toutes ces choses. Alors ce que vous percevez, ressentez, pensez, dites, et faites est cohérent.

Résoudre les bugs de croyances

J’ai fait d’incroyables progrès dans ce domaine, mais je n’ai certainement pas atteint le pinacle en termes d’alignement. Il y a plein d’incohérences que je dois encore résoudre. Chaque fois que je connais une incertitude dans un domaine, je cherche des moyens de faire des tests personnels. Par exemple, l’expérience du million de dollars a pour intention de tester le pouvoir de l’intention. Quel rôle joue l’intention dans le fait que nous atteignons ou non nos objectifs ? Je ne connais pas la réponse à cette question, mais je ne peux pas dénigrer le potentiel du modèle intention-manifestation parce qu’il pourrait être très significatif, et que j’ai déjà vu quelques résultats prometteurs. Je n’ai pas encore une compréhension suffisamment profonde de la façon dont tout cela fonctionne. Le bénéfice réel de ce genre d’expériences est qu’elles me fournissent des données que je peux utiliser pour faire évoluer mon modèle mental de réalité. Et un meilleur modèle me permet de prendre des décisions plus exactes et par là même d’utiliser mon temps de façon plus efficace.

Cela ne suffit pas pour coucher cela comme objectif sur papier et travailler pour l’atteindre. Ce n’est même pas suffisant pour créer un énoncé de mission et vivre votre vie en adéquation avec celui-ci. Comment savez-vous si votre mission et vos objectifs sont intelligents pour commencer ? N’avez-vous jamais fixé un objectif pour réaliser plus tard qu’il était stupide ou dénué de sens ? Est-ce que les futurs historiens vont résumer votre vie entière sous l’étiquette « fausse route » ? Comment savez-vous que dans 10 ans vous ne regarderez pas rétrospectivement vos objectifs actuels et en conclurez que vous étiez sur la mauvaise voie tout ce temps ? Quelle perte de temps et de vie de mettre tant d’efforts dans la réalisation d’objectifs qui au final n’auront aucune importance.

L’exactitude est la base pour savoir si vos objectifs sont bien choisis ou non. Si vos objectifs sont basés sur le modèle de réalité le plus exact possible que vous pouvez rassembler, alors vous n’avez rien à craindre. Vous avez fait du mieux possible, et vous ne pouvez pas vous attendre à de meilleurs résultats. Mais l’exactitude n’est pas automatiquement facile. C’est la raison pour laquelle une bonne partie de mes objectifs visent directement à l’augmentation de l’exactitude de mes croyances. Je me dis que si je ne comprends pas la réalité de façon suffisamment exacte pour que mes objectifs aient du sens, alors ma priorité devrait être d’augmenter l’exactitude de mon modèle mental de réalité actuel. Dans la mesure où mon modèle me semble exact, j’agis en lui, mais quand je trouve des incohérences, je revois le modèle lui-même. Parfois je trouve mon modèle si défaillant que je dois le discréditer complètement et en rebâtir un nouveau de zéro. Le test ultime pour votre modèle de réalité est la réalité elle-même.

Maintenant, même si vous pourriez ne pas vouloir dédier toute votre vie à la poursuite de l’exactitude, je pense que vous réaliserez des améliorations substantielles dans votre gestion du temps en faisant passer l’exactitude au sommet de votre philosophie de gestion du temps, en lieu et place de l’efficacité, du rendement, ou de toute autre norme. Chaque fois que vous devez prendre une décision difficile quant à la façon d’utiliser votre temps, prenez du recul et revoyez votre compréhension actuelle de la réalité. Que savez-vous être vrai ? Et ce que dicte cette vérité est-il le plan d’action le plus correct pour vous ? Une fois que vous connaissez le plan d’action correct, alors vous pouvez vous efforcer de le mettre en œuvre de manière efficace et efficiente, et c’est là que les systèmes de gestion du temps modernes peuvent être utiles.

Pour améliorer l’exactitude, éliminez les inexactitudes

Même si c’est très difficile de savoir quand vos croyances sont exactes, ce n’est pas aussi difficile de détecter les inexactitudes, donc concentrez vos efforts d’amélioration sur ce point pour commencer. Les symptômes de croyances inexactes incluent la procrastination chronique, les émotions mitigées, les mensonges, l’auto-sabotage, la fixation d’objectifs qui s’essoufflent, la peur de l’échec, la peur du rejet, la timidité, la dépression, la colère, la frustration, le ressentiment, et le fait de porter des baggys dont l’entrejambe vous arrive entre les genoux (vous n’avez PAS l’air cool là-dedans ; vous avez l’air balourd).

Ce n’est généralement pas difficile d’identifier les incongruités dans vos croyances. Vous en avez probablement beaucoup, mais on pourrait vous avoir appris que c’est simplement normal de vous sentir incongru. Je dirais que c’est commun, pas que ce n’est pas normal. Je pense qu’il est normal et naturel de ne pas être incongru. Avoir des sentiments mitigés est généralement un état déplaisant. Quand vous vivez cette sensation, prenez un peu de temps pour tenir un journal en privé à propos de vos sensations concernant chaque aspect et pour les explorer aussi profondément que vous pouvez. La plupart des gens sont loin d’aller assez profond. Vous finirez par découvrir une nouvelle vérité à laquelle vous n’aviez pas envie de faire face. Par exemple, comme je l’ai expliqué précédemment, j’ai dû faire face à la réalité que je ne voulais pas passer ma vie à travailler pour quelqu’un d’autre, mais je devais encore gagner de l’argent pour répondre à mes besoins. J’ai admis que ces deux aspects étaient vrais (mes sentiments intérieurs et la réalité extérieure), mais ils étaient incongrus. Et cela m’a permis de concevoir une solution congrue qui répondait à ces deux aspects sans m’obliger à revenir à cet état d’incongruité. J’ai espéré trouver un moyen de gagner bien ma vie sans avoir besoin d’un travail. Cela a été difficile à court terme mais bien plus simple à long terme. Les croyances inexactes ne vous servent pas, donc balancez-les dès que vous le pouvez.

Si vous prenez soin du plus haut niveau de gestion du temps (l’exactitude), les autres aspects ont un moyen de prendre soin d’eux-mêmes. Mon but, ma mission, mes rôles, mes objectifs, mes projets, et mes actions découlent tous de ma compréhension actuelle de la réalité. Basé sur ma compréhension de la réalité, mon but est clair. Basé sur mon but, ma mission est claire. Et ainsi de suite de haut en bas. La clarté au sommet crée de la clarté en bas. Il y a encore largement la place pour le choix dans les niveaux inférieurs, mais c’est comme choisir des options pour la nouvelle voiture que vous avez achetée. La grande décision a déjà été prise, donc les détails vont simplement ne pas être aussi importants. Les détails contrôleront le goût et la texture de votre vie mais pas la nature essentielle de celle-ci.

En ce qui concerne la gestion du temps, l’exactitude de vos croyances vis-à-vis de la réalité va fondamentalement dicter vos résultats. Peu importe au fond le système que vous utilisez en particulier. En aspirant à une plus grande exactitude et congruité, soyez patient avec vous-même. Cette quête d’une plus grande exactitude est en cours. Je ne suis pas sûr que les êtres humains atteindront un jour le pinacle de l’exactitude – cela nécessiterait que nous devenions des dieux. Il y a toujours plus d’inexactitudes à éliminer, plus d’expériences à conduire, plus de données à intégrer. La chose importante est de ne pas s’installer. Ne pas se contenter du conflit dans votre vie quand vous pourriez atteindre la congruence. Parfois cela prendra un an ou plus de remplacer le conflit par la congruence, comme dans le cas d’un divorce ou d’un changement de carrière, mais ce temps passera de toute façon, donc vous pourriez aussi en faire bon usage.

Crédits photo : © Les Cunliffe – Fotolia.com

4 commentaires

  • delphine dit :

    Merci pour cet excellent article qui donne matière à réfléchir sur sa vie.
    j’avais déjà utilisé des méthodes de gestion du temps mais n’avais jamais envisagé de gérer mon temps en partant de la façon que propose l’auteur, je vais m’y appliquer et on verra le changement. 😉

    Merci
    Delphine

  • Pascal dit :

    Bonjour Olivier,

    merci pour cet énorme article de Steve Pavlina. J’aime beaucoup quand il parle de sa paresse et de son aversion pour l’emploi salarié. C’est aussi mon cas, depuis que j’ai lu un ouvrage que tu apprécies, “la semaine de 4 heures” de Tim Ferriss.

    Pour ma part, j’ai testé la méthode GTD… Et j’avoue que je l’ai trouvée trop lourde à gérer. Donc j’ai laissé tomber. Pour moi, la solution passe par une activité qui rémunère très bien et qui prend peu de temps (un blog comme “des livres pour changer de vie” par exemple).

    salutations

    Pascal

  • Marie-Claire P.A. dit :

    Bonjour ! Étant une procrastinatrice (ou procrastineuse ?) chronique … à la limitie du syndrome de Diogène, je fais des listes, mais je n’arrive pas à m’y tenir…

  • maï dit :

    je fais que des listes et oui et je réalise 2/10 des ces tâches, je tente de voir les choses sur le moment présent et vivre dans l’instant présent et faire l’action juste et spontanée ce que l’auteur de l’article nous conseille par l’identification de nos but réels et des missions pour poser une action juste, cela est un gain de temps

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