Le sens de la vie : Intro

Note : cet article est une traduction de l’article The Meaning of Life: Intro de Steve Pavlina. C’est donc lui qui s’exprime dans le “je” de cet article !

J’ai décidé de lancer une nouvelle série d’articles qui s’attaque à ce qui est peut-être le plus grand problème en développement personnel ─ votre philosophie de vie globale et ce que vous pensez être le sens de la vie elle-même. Voici le sommaire :

  1. Intro. Pourquoi cette question est importante. Ma quête du sens/de la vérité. Comment mes croyances personnelles ont évolué ces 17 dernières années et comment elles affectent mes résultats aujourd’hui.
  2. Quel est le but général de votre vie ? La réponse d’Aristote (qui reste une des plus populaires) : le bonheur. Ma réponse et pourquoi je suis en désaccord avec Aristote.
  3. Comment découvrir votre but. Deux approches différentes : émotionnelle et logique. Mêler vos intelligences émotionnelles et créatives pour atteindre l’harmonie : bonheur intérieur ET résultats extérieurs.
  4. Comment exprimer votre but en le transformer en objectifs, en projets, en actions. Passer de la réflexion à l’action.
  5. Faire la transition (passer de là où vous êtes maintenant à là où vous voulez finir). Le rôle de la clarté.
  6. Synthèse, clarifications basées sur des commentaires, des questions.

Vie

L’article d’aujourd’hui s’attaque au point 1 : l’introduction.

Quel est le sens de la vie ? Pourquoi sommes-nous là ? Y a-t-il un Dieu ou pas, et s’il y en a un, quelle est sa nature ? De toutes les religions, laquelle est la plus correcte ? Y a-t-il une vie après la mort ? Sommes-nous à la base des êtres physiques ou des êtres spirituels ?

Les gens se sont débattus pendant des millénaires avec ces questions. Des guerres ont été menées pour elles. Mais alors que ces questions ont fait perdre la tête à beaucoup de gens (parfois figurativement, parfois littéralement), le fait est qu’il y a très peu de réponses pratiques.

Derrière le volant

La façon dont nous répondons à ces questions fournira le contexte final de tout ce que nous faisons dans notre vie. Si nous accordons une quelconque valeur à notre vie, nous devons nous pencher sur ces questions.

Disons que votre vie est organisée autour de vos objectifs, de vos projets et de vos actions. Vous fixez un objectif comme par exemple lancer une nouvelle affaire sur internet. Vous le divisez en projets, comme écrire un projet d’affaires et lancer votre site web. Puis vous divisez ces projets en action, comme aller à la banque pour ouvrir un compte professionnel et enregistrer votre nom de domaine. Ca semble correct.

Mais pourquoi monter une affaire dans un premier temps ? Quel est le but ? Pourquoi choisir cet objectif plutôt qu’un autre ? Pourquoi même fixer simplement des objectifs ?

Ce qui détermine les objectifs que vous fixez (ou ne fixez pas) est votre contexte. Votre contexte est l’ensemble de vos croyances et de vos valeurs. Donc si les valeurs de l’argent et de la liberté font partie de votre contexte, vous pourriez être enclin à fixer comme objectif de monter une nouvelle affaire. Mais avec différentes sortes de valeurs ─ un contexte différent ─ vous pourriez ne plus être enclin à fixer des objectifs tout court.

La partie la plus significative de votre contexte est l’ensemble de vos croyances concernant la nature de la réalité, ce qui inclut vos croyances religieuses, spirituelles et philosophiques. Vos croyances globales à propos de l’univers détermineront largement vos résultats. Le contexte dicte les objectifs. Les objectifs dictent les projets. Les projets dictent les actions. Les actions dictent les résultats.

Dans un certain contexte, il vous sera virtuellement impossible d’obtenir certains résultats parce que vous ne fixerez jamais les résultats requis menant à ces résultats.

Votre contexte fonctionne comme un filtre. Quand vous êtes au sein d’un contexte particulier, vous perdez l’accès aux objectifs, projets et actions potentiels qui se trouvent hors de ce contexte. Par exemple, si votre contexte inclut la croyance qu’un comportement criminel est très mal, alors il y a peu de chances que vous vous efforciez de devenir un futur leader du crime organisé.

Prenez ma place

Ceci est une longue histoire personnelle, mais je pense que vous la trouverez intéressante. Si vous prenez le temps de la lire, je voudrais vous faire noter la façon dont mes croyances (mon contexte) se sont modifiées avec le temps et dont elles ont totalement changé mes résultats.

Pendant la moitié de ma vie, j’ai recherché un contexte qui pourrait me donner la meilleure vie possible. Bien sûr, c’est une poursuite étrange parce que cela implique de chercher un contexte tout en étant dans le même temps coincé dans un autre. En d’autres mots, la définition de « meilleure vie possible » est également un élément de tout contexte, donc je devais trouver un contexte qui définissait à la fois ce terme ET qui fournissait un moyen de l’atteindre.

Cette poursuite a commencé plutôt accidentellement pour moi, mais finalement j’ai continué consciemment.

Halo

Pendant la première moitié de ma vie, jusqu’à l’âge de 17 ans, j’étais catholique/chrétien, baptisé et confirmé. J’ai traversé huit ans de primaire et de collège dans un établissement chrétien suivis de quatre ans dans un lycée chrétien. J’ai été boy scout pendant plusieurs années et j’ai remporté la récompense de l’Ad Altare Dei. Je priais chaque jour et acceptais tout ce qu’on m’enseignait comme étant vrai. J’allais à l’église tous les dimanches avec ma famille. Tous mes amis et toute ma famille étaient chrétiens, donc je ne savais rien des autres systèmes de croyance. Mon père était enfant de chœur quand il était jeune, et son frère (mon oncle) est un prêtre catholique. Un de mes cousins est membre du Campus Crusade for Christ (organisation missionnaire chrétienne, ayant pour but l’évangélisation et la formation de disciples dans plus de 190 pays du monde entier, source Wikipedia, N.d.T.). Au lycée je suis allé dans des retraites religieuses optionnelles et fait mon service communautaire, dans une maison de convalescence et un établissement de préscolarisation pour enfants atteints d’incapacités. J’espérais être catholique toute ma vie.

Rumeurs blasphématoires

Mais non loin de ma fin de première année au lycée, j’ai connu une expérience que je devrais décrire comme étant un éveil. C’était comme si une nouvelle partie de mon cerveau s’était soudain allumée, me propulsant à un niveau de conscience supérieur. Peut-être que c’était juste un effet secondaire du processus de maturité. J’ai commencé à m’interroger ouvertement sur les croyances pour lesquelles j’avais été conditionné depuis l’enfance. Une acceptation aveugle de ce qu’on m’apprenait ne me suffisait plus. Je voulais en voir la face cachée, déterrer les incohérences, et voir si ces croyances avaient en fait un sens pour moi. J’ai commencé à poser des questions et n’ai trouvé que peu de gens pour en discuter honnêtement. La plupart m’ont simplement envoyé promener ou se sont mis sur la défensive. Mais j’étais extrêmement curieux, et pas hostile à ce propos. Ma famille était fermée au fait de parler de tout ça, mais j’ai fini par trouver quelques professeurs ouverts d’esprit. Mon lycée (Loyola High à Los Angeles) était jésuite, et les jésuites sont très libéraux, aussi loin que les prêtres veulent bien aller.

Pourtant j’étais déçu. Ce que j’ai trouvé c’était que quel que soit leur éducation et leur bien plus grande expérience de vie, très peu de mes amis et professeurs ne s’étaient jamais embarrassés du fait de se questionner ouvertement sur leurs croyances. Et cela a été un énorme coup de doute. J’ai pensé : « Si tout le monde accepte simplement tout cela aveuglément et que personne ne le remet en question, pourquoi devrais-je y croire ? » En l’espace de quelques mois le doute n’a fait qu’augmenter et j’ai transféré davantage de ma foi de mon éducation catholique dans ma propre intelligence et mes propres sensations. J’ai fini par simplement me débarrasser totalement de ce contexte, et en l’absence de tout autre contexte viable à choisir, je suis devenu athée.

J’ai commencé ma dernière année au lycée catholique à 17 ans, et athée. Oh, quelle ironie. Au début je ne savais pas à quoi m’attendre, mais bientôt j’ai trouvé que le contexte de l’athéisme était incroyablement émancipateur. M’étant débarrassé de mes anciennes croyances, je me sentais comme si mon cerveau avait eu droit à une augmentation d’intelligence. Je pouvais penser tellement plus clairement, et mon esprit semblait beaucoup mieux fonctionner. Je me sentais également plus que jamais aux commandes de ma vie. Sans croyance en Dieu, j’assumais l’entière responsabilité des résultats de ma vie. L’école était plus facile que jamais pour moi, alors même que je suivais tous les cours les plus difficiles, la plupart d’entre eux étant des cours d’AP (système complexe de sur-cotation en cas de notes excellentes, avec examen par un jury, N.d.T.). J’étais si bon en calcul qu’en fait mon prof m’a fait un examen spécial, différent du reste de la classe. Et une fois mon prof de Physique AP est venu me voir avant les cours pour que je lui montre comment résoudre un problème de physique compliqué. Je trouvais même les cours de maths et de sciences si faciles que j’ai commencé à chercher de nouveaux moyens de me mettre au défi. Donc j’ai essayé de faire tenir l’ensemble de mes devoirs à la maison sur un papier d’un pouce carré (2,5 cm par 2,5), ou je les faisais au crayon de couleur au dos de la couverture en carton d’une boîte de céréales, ou je peignais mes graphiques avec des crayons de couleur et les transformais en œuvre d’art. Les gens me trouvaient farfelu, mais je faisais principalement ces choses pour que cela reste intéressant parce que les problèmes eux-mêmes ne proposaient aucun défi. Vous n’avez jamais vraiment vécu tant que vous n’avez pas fait de calculs avec des crayons de couleur. 😀

Cela n’était pas un secret que j’étais athée, donc en cours de religion, je régurgitais toutes les données brutes nécessaires pour cartonner au test, mais chaque fois qu’il y avait des questions de synthèses ouvertes, j’y répondais d’un point de vue athée. Je suis reconnaissant que les jésuites soit aussi libéraux et qu’ils aient toléré mon comportement. Je dois leur attribuer beaucoup de mérite pour ça.

Ma famille n’était pas contente de tout cela, en particulier quand mon abonnement au magazine « L’Athée Américain » (American Atheist) a commencé à arriver par la poste (je suis devenu rapidement bon à l’interception du courrier). Mais je me débrouillais tellement bien en cours qu’il leur était difficile de se plaindre, et ils ne voulaient pas répondre ouvertement à la moindre de mes questions, même si j’en aurais été heureux. Ils m’ont pourtant forcé à continuer à aller à l’église, ce que j’ai toléré pendant un temps parce que je savais que je déménagerais dans un an de toute façon. Mais finalement j’ai commencé à m’asseoir à un autre endroit de l’église et je me faufilais à l’extérieur et revenais au fond juste avant que cela finisse. Mais une fois elle s’est terminée plus tôt que prévu, et je suis revenu trop tard. Ma famille était déjà dans la voiture et m’a vu descendre la rue. Oups ! Ils sont partis sans moi. Mais au lieu de faire les trois kilomètres jusqu’à chez moi à pied, je suis resté dehors toute la journée et ne suis pas rentré avant minuit. En dehors des mariages et des funérailles, c’était la dernière fois que je suis allé à l’église.

Malgré ces conflits, ma dernière année au lycée a de loin été la meilleure. J’ai eu de supers résultats à tous mes cours et j’ai été accepté dans six universités comme étudiant en sciences informatiques.

J’ai opté pour Berkeley parce qu’à l’époque son programme de sciences informatiques était le mieux noté du pays. J’ai été très heureux de déménager et d’être enfin indépendant. À l’automne 1989 j’ai déménagé à Berkeley et vécu dans les dortoirs des première année.

Puis les choses sont devenues bizarres.

Judas

Quand j’étais à Berkeley, mon contexte athée était encore plus présent. N’étant plus entouré de catholiques, j’y ai rencontré beaucoup de gens intéressants avec une grande variété de systèmes de croyances. Je me suis rapidement fait beaucoup de nouveaux amis qui étaient très intelligents, et certains étaient ouverts au fait de discuter de la nature de la réalité. Je pense que mon éducation catholique était comme un ressort en spirale ─ aussitôt que j’ai eu laissé derrière moi l’environnement qui gardait le ressort comprimé, j’ai été immédiatement propulsé à l’autre bout du spectre. Mais je suis allé bien trop loin du coup. Je n’ai pas seulement évacué mes anciennes croyances religieuses, mais aussi dans le même temps toute ma conception de la moralité. J’étais comme le gars dans l’histoire courte de Mark Twain « Le Récent Carnaval du Crime au Connecticut », l’histoire d’un type qui tue sa conscience.

J’ai commencé à intégrer toutes les choses qui étaient à la base à l’opposé de mon éducation. J’ai complètement perdu tout intérêt pour l’école et j’allais même difficilement en cours. Je ne me souciais pas beaucoup de l’obtention de mon diplôme. Je faisais la fête presque chaque semaine et buvais beaucoup, prenant même une fois 14 coups à boire d’affilée et me réveillant sans aucun souvenir de la façon dont j’étais arrivé dans mon lit. J’ai du demander à des amis de rassembler les morceaux de la nuit dernière. Depuis ce jour je suis certain que j’ai bu plus d’alcool avant mes 21 ans qu’après ( j’ai 34 ans maintenant).

J’ai aussi commencé à voler à l’étalage ─ beaucoup. La première fois je l’ai fait simplement parce que c’était quelque chose que je n’avais encore jamais fait, quelque chose que je n’aurais jamais pu faire en tant que catholique. C’était comme une tâche à cocher dans une liste. Mais je suis vite devenu accro à la poussée d’adrénaline que cela générait, et j’ai commencé à le faire de plus en plus, au point de finir par le faire plusieurs fois par jour.

Je n’ai pratiquement jamais volé de trucs pour les garder. Je distribuais à d’autres la plupart de ce que je volais, ou je les balançais juste à la poubelle après coup. Au bout d’un mois de cours au premier semestre, je me suis fait arrêter. 4 mois de liberté surveillée. Je me suis arrêté pendant à peu près une semaine et je m’y suis remis, même si je suis devenu un peu plus prudent. Une semaine après la fin de la liberté surveillée, je me suis encore fait arrêter et j’ai fini avec 40 heures de travaux d’intérêt général. Je les ai faites, et j’ai rapidement recommencé à voler. Mais j’ai davantage peaufiné ma technique, ce qui faisait qu’il était plus difficile de m’arrêter. Les quelques fois où j’ai frôlé la catastrophe ne me rendant que plus confiant.

Je suis devenu si habitué à ce comportement que je pouvais voler sans que mon cœur ne saute un battement. Aucune peur. Donc je devais continuer à augmenter la dose. Au début j’ai commencé à fixer de petits objectifs, comme voir combien de barres chocolatées je pouvais faire tenir dans mes poches en même temps (13), ou essayer de voler tous les correcteurs blancs d’un magasin pour étudiants dans la même journée (plus de 50 bouteilles). Puis je distribuais simplement toutes les confiseries et les correcteurs à d’autres étudiants.

Je n’avais pas de bons résultats en cours et j’ai également eu une mise en probation de l’académie. Ils font cela quand vous ne venez pas en cours. Je ne peux pas dire que cela m’ait beaucoup préoccupé.

Mais les choses sont allées de mal en pis quand j’ai rencontré un autre étudiant qui était aussi corrompu moralement que moi, et que nous sommes rapidement devenus amis. J’ai arrêté de voler à l’étalage (trop risqué), et nous avons prévu et mis en place ensemble un vol à deux dans lequel les chances de se faire prendre étaient très faibles. Cela a fonctionné de nombreuses fois, et nous avons commencé à gagner de l’argent grâce à ça. Pour être prudents et ne pas s’attaquer encore et encore aux mêmes endroits, nous avons étendu notre zone d’action bien au-delà de Berkeley dans un rayon de presque 160 km, de San Francisco à Sacramento et Fresno. Sur une période d’un an environ, nous avons progressivement fait évoluer la valeur de nos vols pour atteindre largement le domaine du vol de grande envergure (tout vol dépassant les 400 $). Je pense que notre record en un weekend a tourné autour de 2400 $ de butin.

J’aurais pas du faire ça

Finalement je me suis encore fait attraper, cette fois pour vol de grande envergure. Pas bon. Avant cette arrestation j’avais découvert qu’à cause de mes antécédents, je devais m’attendre à environ deux ans de prison si je me faisais un jour attraper pour vol de grande envergure. Pas bon du tout.

Et pour noircir encore le tableau, j’ai été arrêté à Sacramento, à peu près à 2 heures de route de Berkeley. Mais mon partenaire ne pouvais pas attendre dans le coin et s’exposer aussi, donc il est reparti. J’étais coincé dans la prison du comté pour non-présentation de ma carte d’identité. Je n’allais jamais voler avec ma carte d’identité sur moi, et j’avais donné un de mes nombreux faux noms à la police, mais bien évidemment ils ne m’ont pas cru sur parole, et j’ai donc du attendre dans une cellule pendant qu’ils se servaient de mes empreintes pour découvrir qui j’étais.

Voilà où j’en étais… 19 ans, assis en prison le dimanche du Superbowl de 1991. M’attendant à perdre ma liberté pour les deux prochaines années.

BLAM !

C’était le son de la réalité qui s’effondrait autour de moi. Pendant les premières heures, j’étais en état de choc, incapable de penser clairement. Peut-être que c’était les habits orange. Mais avec rien d’autre à faire que de s’asseoir et de penser pendant une période de temps indéfinie, j’ai commencé à me poser à nouveau toutes les grandes questions. Qu’est-ce que je foutais là ? Était-ce vraiment moi ?

Mais maintenant mes réponses étaient très différentes. J’ai réalisé que ce contexte était entièrement mauvais. Je me suis résigné au fait que je devais passer les deux années suivantes en prison, mais je savais aussi que j’avais complètement changé et que ce mode de vie était maintenant terminé. Deux ans en prison… cela serait une leçon douloureuse. Mais au moins je l’avais apprise. Je n’avais pas encore de contexte de remplacement, mais je commençais à en planter la graine. Cette graine était la réalisation que peu importe à quel point les choses paraissent mauvaises, dans le futur cela peut s’arranger. Je savais que je finirais par m’en remettre et par rebondir. Il pourrait se passer pas mal d’années avant je sois de nouveau sur pieds, mais je savais avec certitude que j’allais y survivre. Même si je ne l’avais pas étiqueté de cette manière à l’époque, c’est à ce moment que l’idée de développement personnel est née en moi. C’était l’idée que peu importe à quel point les choses vont mal pour le moment, j’ai toujours la capacité de les traverser et de me retrouver en meilleure position à l’avenir. Cette idée était tout ce que j’avais, mais c’était suffisant pour me permettre de m’en sortir.

Trois jours plus tard j’ai été relâché. Ils avaient réussi à m’identifier. On m’a donné une date de comparution au tribunal et on m’a laissé partir, inculpé pour crime de vol de grande envergure. Le jour tombait. J’ai commencé par me promener non loin du bâtiment et du jardin du Capitole à Sacramento, simplement pour profiter de l’air frais, et heureux d’avoir au moins quelques mois supplémentaires de liberté. La prison est extrêmement ennuyeuse, et je n’étais qu’à la prison du comté, pas en prison. Malheureusement j’avais un problème plus immédiat à gérer. Je n’avais pas de carte d’identité, seulement 18 $ sur moi, et je devais trouver un moyen de faire les 180 km pour rentrer chez moi. La chance a fait que j’ai pu prendre un bus pour Oakland pour seulement 16 $, et de là mon (ancien) partenaire a pu me ramener chez moi.

En rentrant dans mon appartement, j’ai trouvé dans ma boîte une lettre de l’Université de Berkeley qui déclarait que j’étais renvoyé. C’est ce qu’ils font quand votre moyenne générale commence par une virgule. (Les moyennes universitaires globales allant de 0 à 4 aux États-Unis, N.d.T.)

Un cadre en pièces

Pendant les mois suivants, en attendant ma date de jugement, j’avais un peu la trouille. Je n’ai quasiment rien fait. J’ai beaucoup dormi, fait de longues promenades, et beaucoup joué aux jeux vidéo. C’est difficile de fixer des objectifs quand vous vous attendez à aller en prison pendant un moment.

J’ai finalement pris un avocat et je l’ai rencontré pour discuter de mon cas avec lui. Avant que j’aie pu ouvrir la bouche, il a dit : « Bon, j’ai revu votre cas, et étant donné que c’est votre première infraction, je suis quasiment sûr que nous pouvons ramener ça à un vol mineur, donc vous ne devriez finir qu’avec des travaux d’intérêt général si nous plaidons coupable. Je suis en bon termes avec le procureur, donc je suis presque sûr qu’il sera d’accord. Je vous déconseille fortement de manquer le procès, étant donné que les preuves contre vous sont accablantes, vu que vous vous êtes fait prendre la main dans le sac. » Première infraction ? Hein ? Mon cerveau s’est immédiatement rempli de pensées comme Pourquoi pense-t-il que c’est ma première infraction ? Ne connait-il pas mes antécédents? Et si il pense que c’est ma première infraction, est-ce que toute la cour le pensera aussi ? Dois-je corriger mon avocat en sachant cela ? Après avoir retourné tout cela dans ma tête pendant plusieurs secondes, j’ai décidé que je ferais bien mieux de la fermer. Je pourrais subir un retour de flammes, mais il y avais aussi des chances que je passe au travers. Je me suis dit que dans le pire des cas, je devrais me débrouiller avec un avocat énervé. Mais le meilleur des cas était trop bon pour que je ne tente pas ma chance. Le vol de grande envergure était un crime ; le vol mineur était seulement un délit. Je devais prendre le risque. Bien sûr, prendre des risques était une chose qui m’était un peu trop familière.

Quelques semaines plus tard nous étions devant le juge. Mon plan était de la fermer autant que possible et de ne dire que le strict minimum. Hors de la salle du tribunal j’ai révisé les infos de base concernant mon cas. Ils m’avaient bien relié à ma véritable identité, mais ils avaient également listé mes faux noms. Aucun antécédent n’était listé. J’ai supposé que quelqu’un avait merdé et recherché des antécédents pour mes faux noms au lieu de chercher pour mon vrai nom, même si l’affaire passait en jugement sous mon vrai nom. Une erreur humaine ? Une erreur informatique ? Qui sait? Mais une grosse erreur en tout cas.

Comme on pouvait s’y attendre en entrant dans la salle d’audience (un endroit qui m’était devenu de plus en plus familier), la cour est partie de la supposition que c’était une première infraction et a procédé en conséquence. J’ai plaidé coupable pour les charges de vol mineur et ai été condamné à 60 heures de travaux d’intérêt général. J’ai fait ces 60 heures comme si c’était un job de rêves, en sachant que ça aurait aussi bien pu être 17 520 heures.

La tête me tournait. Qu’est-ce qui venait juste d’arriver ? Les deux années suivantes étaient de nouveau à moi.

Nouveau temps de construction

Bientôt je suis rentré à L.A. et j’ai pris un petit travail insignifiant de vendeur à 6 $ de l’heure, et je me suis inscrit à quelques cours de rien à côté. J’avais eu mon compte d’excitation les années précédentes, et je voulais juste profiter un peu d’une vie normale… passer un peu de temps hors des radars. J’ai repris contact avec des anciens amis de lycée qui allaient à l’Université de Californie à Los Angeles et faisaient des soirées dans leur fraternité de temps en temps, mais je restais généralement clean pendant les soirées. J’ai beaucoup joué au golf frisbee, au tennis et aux jeux d’ordinateur (en particulier les jeux d’aventure de Sierra qui étaient très populaires dans les années 90). J’essayais d’avoir une vie très simple. Je passais beaucoup de temps à analyser mon expérience à Berkeley, ayant besoin de la comprendre afin d’être capable de ne plus jamais reprendre ce genre de chemin. Mais je gardais toutes ces réflexions pour moi.

Je savais que j’avais beaucoup de reconstruction personnelle à faire également, mais je savais également que je ne pouvais pas revenir en arrière. La morale et les croyances avec lesquelles j’avais été élevé étaient brisées, mais vivre sans sens de la conscience n’était clairement pas une option. Est-ce qu’une croyance en Dieu était nécessaire pour vivre avec un sens éthique ?

J’étais devenu conscient que malgré que mes expériences aient pu sembler négatives, elles m’ont définitivement changé de bonne manière. En traversant ces expériences, j’avais débloqué l’accès à une partie de moi-même qui était auparavant en sommeil ─ mon courage. Bien que j’aie fait des choses qui étaient vraiment idiotes, cela demandait également beaucoup de courage de les faire. J’ai appris à agir face à la peur encore et encore. Et ce conditionnement est resté en moi. Étant donné que j’avais déjà fait face à la perspective d’aller en prison, tout échec qui aurait eu des conséquences moins graves que la prison ne me déphasait pas. Depuis ce jour la peur de l’échec a très peu d’emprise sur moi. Je me dis simplement : « Hé, si ça ne me fait pas atterrir en prison, quel mal ça pourrait me faire ? »

Bien sûr je devais apprendre comment tempérer ce courage avec un peu de moralité et de sens commun. Donc pendant cette année de réflexion calme, j’ai modifié mon contexte petit à petit pour créer un nouveau code d’éthique personnel afin de me guider. Mais plutôt que d’être ancré dans la religion, je l’ai bâti de manière plus humaine, en intégrant des valeurs comme l’honneur, l’honnêteté, l’intégrité, l’humilité, et l’équité. C’était un processus de reconstruction très délibéré et conscient qui continuerait pendant au moins plusieurs années. Mais même pendant ces moments en 1991-92 où je ne faisais que débuter, cela m’a donné de la stabilité et c’est progressivement devenu mon contexte le plus stimulant depuis lors. Cela ne m’a pas prit longtemps de réaliser que le courage que j’avais développé pouvait devenir un puissant atout pour moi si j’apprenais comment l’utiliser intelligemment.

J’étais prêt pour un nouveau défi.

Rien à craindre

À l’automne 1992, j’ai décidé de retourner à l’université, de redevenir un première année. Cette fois je suis allé à la Cal State University, à Northridge. Le programme de sciences informatiques n’était pas surchargé, donc tout ce que j’avais à faire était de m’inscrire. J’ai déménagé dans des dortoirs à 21 ans. Mais je n’étais plus la même personne qu’à 18 ans. J’étais toujours athée, mais maintenant j’avais un grand ensemble de valeurs personnelles pour me guider. Je voulais voir de quoi j’étais capable et ce que ces nouvelles valeurs pouvaient faire pour moi, en particulier concernant la valeur de l’intégrité. Il n’y aurait aucune triche, aucun vol, aucune boisson. Pour moi cela n’était qu’une question de fixer des objectifs, de passer à l’action, et de me pousser à faire de mon mieux. Mon courage était comme une nouvelle source de pouvoir, mais maintenant je l’avais bien harnaché. Mes amis de Berkeley m’avaient dit : « Si tu mettais toute l’énergie de ton comportement criminel dans tes études, tu cartonnerais. »

Mais je savais que je pourrais cartonner. Je l’avais fait au lycée en suivant tous les cours d’honneur. Ce n’était pas un défi assez grand. Donc j’ai mis la barre plus haut au premier semestre, en choisissant de prendre 31 unités d’enseignement (soit 10 types de cours). L’étudiant moyen prend 12-15 unités par semestre. Malheureusement la doyenne du département n’a pas approuvé mes unités supplémentaires. Elle était la gardienne, et elle pensait soit que je plaisantais soit que j’étais fou. Je l’ai convaincu de pouvoir passer de 18 à 25 unités, mais elle a refusé d’aller plus loin, et même alors elle pensait encore que je plaisantais probablement. Donc j’ai pris 25 unités à Northridge et je me suis engagé dans six autres unités hors-campus, pour un total de 31 unités. C’était contre les règles, étant donné que l’approbation des unités supplémentaires incluait également techniquement les unités hors-campus, mais je n’allais pas laisser une inutile bureaucratie m’arrêter.

Je me suis dévoué à l’étude de la gestion du temps et j’ai appris à utiliser mon temps très efficacement. J’ai obtenu de super résultats dans tous mes cours et j’ai rapporté mes bulletins remplis de A issus des deux écoles à la doyenne, demandant maintenant 39 unités pour mon deuxième semestre. Cette fois-ci ce n’était pas très dur d’obtenir son accord, mais je pense qu’elle avait un peu peur de moi quand je suis parti. J’ai cartonné ce semestre là aussi. Puis à l’été 1993 j’ai travaillé à plein temps comme programmeur de jeu et je suis aussi devenu végétarien. Pas de cours d’été. Pour mon troisième et dernier semestre, j’ai ajouté une double spécialisation en mathématiques (ce qui était plutôt simple à obtenir, étant donné qu’il y avait beaucoup de cours en commun avec les sciences informatiques), et j’ai pris 37 unités tout en continuant à travailler à plein temps. J’ai été diplômé avec une moyenne générale de 3,94/4 et j’ai fini par recevoir une récompense pour avoir été le meilleur étudiant en sciences informatiques chaque année. Deux diplômes en trois semestres.

Cette expérience m’a permis d’avoir une appréciation plus profonde du pouvoir du contexte. Je n’aurais jamais tenté une telle chose en tant que catholique. Je n’aurais jamais fixé les objectifs que je me suis fixés. Je ne suis pas sûr que, sans avoir jamais soi-même changé de contexte, quiconque puisse réellement comprendre à quel point la réalité peut sembler différente quand elle est vue de contextes différents. Si vous faites partie d’un contexte qui vous bride, vous pourriez être complètement handicapé dans votre capacité à vous attaquer efficacement à certains défis, quel que soit votre niveau d’investissement (si vous vous investissez).

L’année suivant mon diplôme, j’ai lancé Dexterity Software, j’ai rencontré ma future femme, et j’ai continué à explorer différents systèmes de croyances. Mais alors je le faisais très consciemment. J’étais attiré par l’idée que si un contexte pouvait ouvrir la porte à un potentiel auparavant inexploité, alors que pourraient faire d’autres contextes ? Pourrait-il y avoir un contexte meilleur que le mien actuellement ? Mes expériences à Berkeley et Northridge ont été le jour et la nuit, et je savais que c’était à cause de mes systèmes de croyance différents. Une « religion » m’a quasiment envoyé en prison ; une autre m’a permis d’exploiter avec succès un potentiel que je ne savais pas avoir en moi. Je devais absolument en savoir plus sur ce sujet.

En 10 ans, j’ai traversé l’agnosticisme, divers systèmes de croyances new-age, le bouddhisme, l’objectivisme, et d’autres encore. Je me suis même essayé à la scientologie pendant quelques mois juste pour voir à quoi cela ressemblait. Je voulais assimiler beaucoup de contextes différents, en faire l’expérience de l’intérieur, puis en ressortir et comparer leurs forces et leurs faiblesses. Cela a produit beaucoup d’instabilité dans ma vie mais également une croissance phénoménale.

J’étais comme un chef qui essayait différents ingrédients pour découvrir quelle recette de croyances mènerait à la meilleure vie. Et là encore, la définition de « meilleure » est partie intégrante de la recette elle-même, donc ma compréhension du sens de la vie fluctuait également.

De nombreuses fois j’ai trouvé qu’un nouveau contexte me faisait régresser, et mes résultats commençaient à décliner. D’autres fois mon nouveau contexte me donnait plus de possibilités, et je recommençais à progresser en flèche. Sur le long terme, étant donné que j’intégrais de nouveaux systèmes émancipateurs et que je me débarrassais de ceux qui me bridaient, ma vie a commencé à s’améliorer à tous les niveaux. Ils ont été plutôt stables l’an dernier, et 2005 a été de loin ma meilleure année.

Flexibilité

Nos croyances agissent comme des objectifs d’appareil photo. Ces objectifs peuvent nous permettre de voir des choses que nous ne pourrions autrement pas voir, mais elles peuvent aussi nous empêcher de voir certaines parties de la réalité. Je vois une énorme part du développement personnel comme l’étude de ces objectifs ─ de ces systèmes de croyance. Il y a un nombre infini d’objectifs, donc cette quête n’a pas de fin, mais plus vous examinez d’objectifs personnellement, plus vous comprenez la nature de la réalité et votre rôle dans celle-ci.

Je n’ai pas fait l’expérience d’un quelconque système de croyance organisé qui ne soit pas un obstacle d’une certaine manière. Le problème est qu’ils ont tous un point de vue fixe. Si vous regardez la réalité d’un point de vue unique, vous ne percevez que la projection de la réalité de votre système de croyance, pas la réalité elle-même. Plus votre point de vue est rigide, plus nombreux seront les détails que vous manquerez (des détails qui n’apparaissent pas sur votre projection mais qui apparaissent sur d’autres), et moindre sera le potentiel que vous pourrez exploiter.

Pendant plusieurs années j’aurais décrit ma religion comment un champ et non un point fixe. C’était multi-contextuel. J’ai fait en sorte que le contexte soit flottant et j’ai essayé de voir la réalité de multiples perspectives. Dans un premier temps cela a été désarçonnant et cela a compliqué la fixation d’objectifs et le passage à l’action, mais j’ai trouvé que cela valait suffisamment le coup parce que cela me fournissait bien plus de clarté. J’ai commencé à voir les schémas dans lesquels mèneraient certains points de vue, à la fois pour moi et pour les autres. Tout comme vous pourriez imaginer où une vie de criminalité pourrait mener, vous pouvez également profiter d’une compréhension plus subtile de ce à quoi la croyance en un certain type de Dieu mènerait, et de ce à quoi cela pourrait ressembler en comparaison d’autres choix. C’est compliqué parce que nous ne gérons pas de point fixe que ce soit au départ ou à l’arrivée. Il est plutôt question de champs de possibilités menant à des champs de potentiels. Par exemple, une vie de criminalité peut commencer et se terminer de nombreuses façons, mais vous pouvez discerner certains schémas généraux dans les voies allant du début à la fin. Vous pouvez faire quelques généralisations qui se révèleront assez précises.

Comme résultat de cette introspection, j’ai été capable de supprimer certaines croyances et d’en renforcer d’autres. Je trouvais certaines croyances immanquablement handicapantes, ce qui signifiait que si je les adoptais, je me refusais l’accès à un potentiel de valeur. Cela incluait la croyance en le paradis ou l’enfer et la croyance en une puissance supérieure. La deuxième pourrait paraître surprenante, mais j’ai opté pour le fait de l’abandonner parce que je trouvais cela systématiquement plus réducteur qu’une croyance en une puissance inférieure. Un exemple de puissance supérieure serait la reconnaissance consciente d’un ou de plusieurs dieux comme c’est le cas dans la chrétienté ou la mythologie grecque. Une puissance inférieure serait comme un champ qui pourrait répondre à vos intentions, un peu comme « la Force » dans Star Wars ou ce que certaines personnes appellent « la source ». Vous pouvez prier chacun de ces types de puissance, mais dans le premier cas vous demandez, et dans le second vous affirmez. Beaucoup de gens, moi y compris, ont noté que la prière déclarative fonctionnait mieux qu’aucune prière ou qu’une prière demandeuse. Je le vois principalement comme une expression d’intention.

Donc en décidant quelles croyances embrasser et lesquelles balancer, je reviens aux concepts de responsabilisation et de potentiel. Je m’efforce de me débarrasser des croyances qui entravent ma capacité à accéder à mon potentiel, tout en renforçant les croyances qui débloquent ce potentiel. Si une forme de prière ne semble pas marcher du tout, mais qu’une autre marche souvent, je vais adopter davantage le dernier contexte.

Le monde dans mes yeux

Ma religion globale est effectivement devenue une religion de développement personnel. Chaque année je continue à ajuster mes croyances afin d’essayer de les aligner davantage avec ma meilleure compréhension de la façon dont fonctionne la réalité. Mieux nous comprenons la réalité, plus nous débloquons de potentiel. De la même manière que la compréhension d’une nouvelle loi de la physique peut nous permettre de faire des choses que nous ne pouvions pas faire avant, les croyances agissent sur la réalité. Si vous êtes coincé dans la croyance que la terre est plate, cela va limiter votre potentiel d’actions et de résultats. De la même façon, si vos croyances religieuses sont trop éloignées de la réalité actuelle, vous serez voué à passer votre vie à n’exploiter qu’une fraction de votre véritable potentiel. Dans ma « religion », laisser mon potentiel inexploité en connaissance de cause est un péché. Ne pas évoluer est moralement mal pour moi ─ cela va à l’encontre de ce que je perçois comme étant le but de la vie.

Le seul moyen que j’ai trouvé pour découvrir quelles croyances sont valorisantes est de les tester et de les comparer aux autres croyances. C’est quelque chose dans lequel je suis tombé à l’origine de façon inconsciente et très destructrice. Mais quand c’est fait de façon consciente et intelligente, cela peut vous donner une toute nouvelle perspective de vie. Tout comme les gens qui voyagent beaucoup notent avoir changé en faisant l’expérience d’autres cultures, vous pouvez aussi vous attendre à être changé par l’expérience de différents systèmes de croyances.

Je ne m’attends bien évidemment pas à ce que tout le monde adhère à ma religion. Cela a été un choix très personnel et cela a sans aucun doute été façonné par mes expériences uniques. Pourtant choisir mes croyances consciemment m’a permis d’avoir accès à des aspects de mon potentiel que je n’aurai jamais été capable d’exploiter avec d’autres systèmes de croyances. Dans la plupart des cas j’aurais été coincé dans un comportement trop passif et je n’aurais pas réussi à me motiver. J’aurais été plus enclin à accepter ce que j’avais dans la vie plutôt que de consciemment participer à sa création. Parce que ma religion est basée sur le fait de travailler activement sur mon développement personnel et d’aider les autres à faire de même, cela me pousse à passer à l’action. Les bonnes pensées et les bonnes intentions ne suffisent pas.

Un autre aspect de ma religion est de m’efforcer de devenir le meilleur moi-même possible, pas une copie de Jésus, de Bouddha ou de n’importe qui d’autre. Cela signifie passer beaucoup de temps à apprendre sur mes propres forces et faiblesses et trouver où je peux évoluer et ce que je pourrais devoir simplement accepter.

Tout compte

Est-ce que vos croyances actuelles vous permettent d’être le meilleur de vous-même, ou est-ce qu’elles vous condamnent à n’être que l’ombre de ce que vous pourriez être ? Pouvez-vous honnêtement dire que vous faites de votre mieux ou pas loin ? Vivez-vous en accord avec vos croyances les plus profondes ? Quelles que soient vos croyances religieuses ou spirituelles, vous débrouillez-vous bien dans leur mise en pratique ? Faites-vous ce que vous dites ?

Lundi, tandis que je me baladais sur le Las Vegas Strip, j’ai vu un pauvre SDF assis sur une des passerelles en train de demander de l’argent. Plus d’une centaine de personnes passait devant lui chaque minute, et personne ne s’arrêtait pour lui adresser un mot gentil ou un sourire. Je pensais en dedans, « Où sont tous les chrétiens ? » Si Jésus est le modèle du comportement chrétien, que ferait Jésus dans cette situation ? Que feraient d’autres modèles de comportement ? Que feriez-vous ?

Selon leurs dires, la plupart des américains sont chrétiens. D’après leurs actes je vois que la plupart ne le sont pas.

Si vous croyez vraiment en quelque chose, vous agirez en concordance avec cette croyance ─ toujours. Si vous croyez en la gravité, vous n’essaierez jamais de la défier. Si vous prétendez avoir une croyance mais n’agissez pas de façon cohérente, alors vous n’y croyez pas vraiment. Vous ne faites que vous leurrer. Il n’y a pas de foi temporaire.

Les actions, pas les mots, révèlent les croyances. Si vous voulez comprendre ce en quoi vous croyez vraiment, observez vos actions. Cela peut demander du courage, mais si vous suivez le chemin de vos actions, il vous mènera vers un système de croyances plus cohérent. Et alors vous commencez à progresser consciemment en direction des nouvelles croyances qui vous stimulent, pendant que vos actions et croyances restent cohérentes le long du chemin. Mais vous ne ferez pas de progrès tant que vous affirmerez croire une chose mais que vos actes en constitueront une violation continuelle. La plupart des gens dans une telle situation passeront du temps à essayer de faire en sorte que leurs actions reflètent mieux leurs soi-disant croyances… et ne font face qu’à de la frustration. Je dis qu’il vaut mieux commencer par faire coïncider vos croyances avec vos actions et atteindre un point où vous serez totalement honnête avec vous-même, avec vos doutes et avec le reste. Puis vous trouverez beaucoup plus simple d’aller de l’avant. N’ayez pas peur de le faire ─ aucun être divin ne va vous foudroyer pour avoir été honnête avec vous-même. Et si jamais cela arrive un jour, vous pouvez toujours ‘m’utiliser comme bouc émissaire. 😉

Bien que cela puisse être chaotique (cela l’a indéniablement été pour moi), une fois de l’autre côté vous serez un être humain bien plus intégré et capable. Les incohérences intérieures nous paralysent totalement, et nous forcent à ne vivre qu’une partie de notre potentiel. Quand nos actions et croyances sont en conflit, nous ne pouvons également pas réfléchir. Nous devenons moins intelligent et avons moins de ressources ─ nous sommes plus facilement manipulés par les autres. Nous n’avons aucune clarté, et nous n’arrivons pas à avancer dans une direction constante. Nous sommes comme un bateau sans gouvernail, secoué par les vagues.

La cohérence amène la clarté. Quand vous êtes clair vis-à-vis de ce que vous pensez de la réalité, en observant vos actions et en admettant des plus sombres et profondes vérités qui sont en vous et que vous n’avez jamais voulu affronter, vous vous lancerez sur le chemin d’un développement qui ridiculisera toutes vos réussites passées. Vous débloquerez l’accès à des ressources auparavant en sommeil ─ une plus grande intelligence, un plus grand sens de l’éveil, une plus grande conscience. Et vous commencerez enfin à vivre cette grandeur qui fut trop longtemps enterrée sous une pile de déni.

N’ayez pas peur de faire face à la personne que vous êtes réellement. Vous êtes plus fort que vous ne le réalisez.

Et enfin…

Dans le prochain article nous explorerons comment vous pouvez prendre la plus grande d’entre toutes : comment devriez-vous vivre, et pour quoi ?

 

Cet article est la première partie d’une série de six articles sur le sens de la vie :

Partie 1 : Intro
Partie 2 : Comment devrions-nous vivre ?
Partie 3 : Découvrez votre but
Partie 4 : Du but à l’action
Partie 5 : Transition
Partie 6 : Evolution consciente

 

Crédits photo : Stefan Körber

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le sens de la vie

Un commentaire

  • olivier dit :

    Salut!
    j’ai vraiment aimé la liberté d’expression qu’a Steve mais ce que je te demande est de lui demander de nous dire exactement ce qu’il faisait (pratique) quand il a renoncé au christianisme, on ne peut pas lui croire aveuglement qu’en changeant la croyance sans rien pratiquer on devient plus intelligent.

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