Habitudes et pratiques de la vingtaine

pratiques de la vingtaineLa vingtaine est une puissante décennie de la vie. Pendant ces années, vous créez bon nombre d’habitudes et de pratiques de la vingtaine que vous conserverez probablement tout au long de la trentaine, de la quarantaine et au-delà. Cependant, beaucoup de jeunes de vingt ans ne réfléchissent pas beaucoup à la manière dont leurs décisions et leurs actions au cours de cette décennie finiront par créer leur identité future. Ils espèrent pouvoir changer les choses plus tard, mais cette hypothèse se révèle généralement fausse.

Carrière

Au cours de la vingtaine, vous pouvez penser que plusieurs options s’offrent à vous en ce qui concerne votre carrière. Vous pensez que vous pourriez faire différents types de travaux. C’est techniquement vrai.

Plus tard dans la vie, cependant, les gens ont tendance à intégrer et à faire correspondre leur carrière à leur identité. Ils ne se contentent pas de faire un travail. Ils sont le travail. Les personnes qui sont dans la quarantaine ne se contentent pas de vendre des biens immobiliers ; ce sont des agents immobiliers. Les gens ne se contentent pas de fournir un service clientèle ; ils sont des représentants du service clientèle. Les gens ne se contentent pas de programmer, ils sont des programmeurs.

À plusieurs reprises, j’ai vu des gens dans la vingtaine se lancer dans un travail temporaire, conscients que ce n’était pas quelque chose qu’ils voulaient faire pour le reste de leur vie. Ils ont simplement choisi un job pour couvrir leurs dépenses pendant un certain temps, s’attendant à se lancer dans quelque chose de plus motivant un peu plus tard. Le problème c’est que 20 ans plus tard, ils font toujours le même type de travail, sauf que maintenant, il ne s’agit plus seulement d’un job. Cela fait partie de leur identité. Ils ne disent plus : « Je fais de la comptabilité. » Ils disent : « Je suis comptable. »

Ils n’ont jamais voulu que cet emploi temporaire devienne leur profession à long terme. C’est juste arrivé comme cela. En l’espace d’un an et dix ans après la décision initiale, ils ont perdu la capacité de garder leur emploi séparé de leur identité. À un moment donné, ils ont dû admettre (peut-être inconsciemment) : « Je fais cela depuis tant d’années que je suppose que je dois être un comptable ». Et lorsqu’ils doivent le dire à haute voix, vous verrez une certaine tristesse dans leurs yeux. J’en ai vu beaucoup lors de ma dernière réunion au lycée !

Lorsque vous avez vingt ans, faites très attention à ne pas vous retrouver coincé dans une carrière à long terme parce que vous avez décidé de faire un travail temporaire pour couvrir vos charges. Une bonne règle de base consiste à vous poser la question de savoir si vous aimeriez toujours faire ce travail dans 10 ans. Si votre réponse est « bien sûr que non ! » ou un rire cynique, peut-être que vous devriez passer votre tour et attendre une meilleure opportunité. Si vous avez désespérément besoin d’argent, allez-y, mais faites attention à ne pas transformer des décisions à court terme en des habitudes à long terme. Si vous n’avez pas une stratégie de sortie clairement définie, vous constaterez peut-être qu’il vous faudra des décennies pour sortir de cette situation.

Consommation des médias

Pensez aux habitudes de consommation des médias que vous établissez pendant votre vingtaine (cela inclut aussi les réseaux sociaux). Maintiendrez-vous ces mêmes habitudes quand vous aurez 40 ans ?

Certaines habitudes peuvent vous faire du bien, comme lire de bons livres ou suivre une bonne série de films ou de vidéos de temps à autre. D’autres pratiques peuvent vous inspirer un sentiment de crainte si vous envisagez de les maintenir pendant des décennies.

Quelles pratiques de consommation de médias mettez-vous en place aujourd’hui que vous ne voudriez pas trainer jusqu’à ce que vous ayez 30, 40 ans et au-delà ? Prêtez attention à ces pratiques effrayantes, et laissez-les tomber ou remplacez-les pendant que vous le pouvez encore.

Lorsque je demande à des utilisateurs passionnés des réseaux sociaux s’ils souhaitent toujours être sur Tweeter et Facebook dans 10 ans, presque tous répondent : « surement pas ! Ce serait trop triste d’y penser ! » Même les gens qui utilisent ces services pour le marketing n’aiment pas l’idée de les utiliser encore dans 10 ans. Les gens ont clairement une relation amour/haine avec ces services. Ils apprécient les avantages sociaux, mais n’aiment pas les habitudes nerveuses et addictives que ces services leur confèrent. Les gens aiment être socialement connectés, mais ils n’aiment pas être dépendants des réseaux sociaux.

Beaucoup de gens dans la quarantaine sont aujourd’hui dépendants des réseaux sociaux parce qu’ils y ont pris gout quand ils avaient 20 ou 30 ans (et là il est question de toutes les formes de réseaux sociaux qui étaient disponibles à l’époque). Si vous leur aviez demandé il y a cinq ans s’ils seraient actifs sur Facebook chaque jour à cet âge, beaucoup auraient répondu : « Pas question ! » Ces mêmes personnes seront-elles encore coincées avec ces habitudes quand elles auront 50 ans ? Probablement.

La plupart des jeunes gens de 20 ans et plus qui consultent les réseaux sociaux tous les jours seront un jour des personnes de 40 ans qui consultent tous les jours les réseaux sociaux. Les réseaux peuvent changer de forme, mais l’habitude sera toujours là. Les modèles comportementaux vont probablement rester.

Quelles que soient vos habitudes actuelles en ce qui concerne l’utilisation des médias, si je vous demandais si vous les conserverez encore dans 30 jours à compter d’aujourd’hui, que répondriez-vous ? La plupart des gens admettraient probablement qu’ils auront les mêmes habitudes dans un mois. Maintenant, si j’attends 30 jours et que je vous pose la même question au sujet de vos attentes, cette fois-ci dans 60 jours au lieu de 30, que diriez-vous ? Vous donneriez probablement la même réponse. Et c’est comme cela depuis plusieurs décennies.

S’attendre à ce qu’une transition personnelle se produise plus tard équivaut souvent à la retarder indéfiniment. À l’avenir, vous serez toujours en train de projeter le changement dans le futur. Par conséquent, si vous prévoyez d’apporter un changement à votre vie au cours des cinq prochaines années, alors dans les cinq ans à venir, vous vous attendrez toujours à ce que votre futur vous apporte ce changement. Le changement sera toujours pour un jour, jamais pour maintenant.

C’est pour cette raison qu’il est si important d’adopter de bonnes habitudes tôt dans la vie. Oui, vous pouvez encore changer plus tard, mais ce sera plus difficile. Si vous devenez un accro des réseaux dès la vingtaine, vous en serez probablement encore un dans la quarantaine, la cinquantaine et au-delà.

Il en va de même pour les émissions télé, les films, les journaux, la pornographie, etc. Plus tôt vous adoptez ces habitudes, plus difficile il sera de les ébranler.

Ne tombez pas dans le piège en vous disant que vous corrigerez ces problèmes plus tard. Si vous êtes en mesure de constater que vous faites fausse route, il est encore temps de changer de direction. Si vous n’êtes pas prêt à changer de direction maintenant, seriez-vous prêt à vous condamner à maintenir ces habitudes pour les 20 prochaines années au minimum ? La décision finale vous revient et vous devez la prendre ici et maintenant.

Santé

Je participe à de nombreuses conférences sur la santé, et la majorité des participants sont généralement de la quarantaine ou plus. Il est rare de voir des jeunes de 20 ans à de tels évènements, à moins qu’il ne s’agisse d’un évènement de fitness (ce qui est différent de la santé holistique et de la prévention des maladies). Les jeunes de la vingtaine pensent souvent qu’ils peuvent modifier leurs habitudes sanitaires une fois qu’ils seront plus âgés ou lorsqu’ils tombent malades. Ils estiment qu’ils ont suffisamment de temps pour apporter des améliorations si et lorsque cela devient nécessaire.

Le problème avec cet état d’esprit, c’est qu’au cours de notre vingtaine (et même plus tôt) nous établissons des habitudes sanitaires que nous conserverons très probablement dans les dix ans à venir, et plus longtemps nous maintenons ces habitudes, plus il est difficile de changer.

Il y a plusieurs années, un ancien participant à l’un de mes ateliers est décédé d’un cancer. Il avait 28 ans. Bien qu’il était conscient que sa vie était menacée 18 mois avant son décès, il n’a pas pu changer de régime alimentaire et manger plus sainement pour se donner une chance supplémentaire. Le diagnostic lui a servi de signal d’alarme et, bien sûr, il a reçu beaucoup de conseils sur ce qu’il pourrait et devrait changer, mais cela ne l’a pas automatiquement poussé à changer. Je pense que cela a probablement augmenté le niveau de stress qu’il ressentait.

Vous pensez peut-être qu’un tel diagnostic vous motiverait à améliorer considérablement vos habitudes sanitaires, mais vous serez peut-être surpris de constater à quel point il est difficile de changer de direction même lorsque votre vie est en jeu. Imaginez que vous essayez de changer ces habitudes tout en faisant face simultanément à des décisions concernant la chimiothérapie, la radiothérapie, la chirurgie, la désintoxication, les thérapies alternatives, etc. Tant de gens recherchent le confort et la sécurité pendant cette période, et cela vient de ce qui leur est familier, et non du nouveau.

Pratiques de la vingtaine temporaires

Même si vous voulez vous livrer à des habitudes pas très intelligentes pendant votre vingtaine (ce que je comprends parfaitement), je recommande de vous arrêter un certain temps pendant cette décennie pour établir temporairement des pratiques vraiment positives dans différents domaines de votre vie. Ensuite, même si vous vous éloignez de ces pratiques par la suite, il vous sera beaucoup plus facile d’y revenir plus tard dans votre vie, si jamais vous voulez ou devez le faire.

Pour cette période de pratique positive, je recommanderais environ 6 à 12 mois. Vous pouvez commencer par un essai de 30 jours et continuez même lorsque vous bouclez les 30 jours. Vous pouvez aussi vous engager à faire 6 à 12 mois à l’avance, sachant à quel point cela sera important pour votre avenir.

En 1997 (l’année où j’ai eu 26 ans), j’ai pris la résolution lors du Nouvel An de faire des exercices d’aérobie tous les jours pendant au moins 25 minutes. Je prenais aussi des cours d’arts martiaux 3 à 4 fois par semaine, mais je ne tenais pas compte de ces cours pour effectuer mes 25 minutes d’entrainement. Je me suis dit que si je gardais ce rythme pendant un an, il serait beaucoup plus facile de conserver cette habitude plus tard dans ma vie. J’ai réussi à respecter ma résolution, ce qui était relativement facile après les premières semaines, et cela a établi une habitude qu’il m’est depuis difficile d’abandonner. Il m’est certes arrivé de me relâcher et de passer des semaines sans m’entrainer, mais je suis toujours revenu à une certaine routine d’entrainement régulier, et je n’ai jamais eu du mal à reprendre. Chaque fois que j’ai besoin de recommencer à zéro, je reprends simplement une pratique bien établie.

En 2008, j’ai consommé des repas 100% crus pendant six mois consécutifs, puis j’ai recommencé à manger des aliments cuits. Aujourd’hui, chaque fois que je veux reprendre un tel régime (par exemple les fois où j’ai besoin d’expérimenter une meilleure énergie ou plus de clarté mentale), il m’est facile de reprendre ces habitudes et de consommer des repas 100% crus pendant plusieurs semaines d’affilée. Cette condition m’est déjà familière et je suis à l’aise avec cela, parce que je reprends simplement d’anciens modèles, je n’essaie pas d’en créer de nouveaux.

Si vous avez déjà eu de graves problèmes de santé, il vous sera peut-être très difficile d’améliorer vos habitudes sanitaires à ce moment, surtout si l’expérience a été stressante pour vous. Cependant, si vous ne faites que reprendre des pratiques habituelles, c’est beaucoup plus facile. Vous pouvez ainsi rapidement passer aux pratiques les plus bénéfiques que vous connaissez, comme adopter un régime à base d’aliments crus, la méditation quotidienne, le yoga, vos meilleurs protocoles de détoxification, etc. Ce qui est bien, c’est que ces pratiques ne seront plus nouvelles pour vous.

J’ai de la chance d’avoir adopté quelques bonnes habitudes à long terme et des pratiques temporaires au cours de ma vingtaine, sans savoir à quel point elles seraient bénéfiques plus tard dans ma vie. Je vous encourage à faire de même pendant votre vingtaine ; plus tard dans votre vie, vous serez heureux de l’avoir fait.

Votre futur vous

Un jour, votre futur vous devra faire face aux conséquences des habitudes et pratiques de la vingtaine que vous aviez adoptées. Cette future version de vous, se souviendra-t-elle de vos décisions avec regret et dédain ou avec gratitude et appréciation ? Sera-t-elle coincée avec des dépendances désagréables ou soutenue par des habitudes de qualité ? Aura-t-elle accès à un ensemble bien fourni de pratiques de la vingtaine positives qui pourront être réactivées à volonté ?

Mon moi de la vingtaine a commis beaucoup d’erreurs. Il a échoué plus souvent qu’il n’a réussi. Néanmoins, je suis vraiment reconnaissant qu’il ait beaucoup travaillé à sa croissance, qu’il ait continué d’apprendre, d’expérimenter et qu’il n’ait pas abandonné. Aujourd’hui encore, je profite du travail de développement personnel qu’il a fait dans les années 90. Il a fait de moi un entrepreneur, un joggeur et un végétalien. Il n’a jamais fumé. Il n’est pas devenu alcoolique. Il a commencé cette décennie avec un casier judiciaire et une expulsion de l’école — ce qui n’était pas un bon début. Adolescent, j’ai commis beaucoup d’erreurs, et j’apprécie profondément le fait d’avoir finalement tourné vers des choses comme ressentir de la compassion et travailler sur mon futur moi. Tout cela m’a préparé pour que je profite et que j’apprécie ma vie une fois la quarantaine atteinte.

Quand j’avais vingt ans, il m’arrivait souvent d’avoir des conversations avec mon futur moi, habituellement 5 à 10 ans dans le futur. J’imaginais quel genre d’homme je pourrais devenir à ce stade de ma vie si je continuais de travailler sur la croissance consciente. Je demandais conseil à ce futur moi. J’écoutais ses réponses. C’était un exercice puissant. Cela m’a fait réfléchir soigneusement à la façon dont les décisions que j’ai prises au cours de cette décennie affecteraient ma vie à 30 ans, à 40 ans et même au-delà.

Aujourd’hui encore, je me rappelle de continuer cette pratique, d’avoir un peu de compassion pour mon moi de cinquante et de soixante ans. J’aimerais lui offrir des années agréables et épanouies en fonction du degré selon lequel je peux influencer ce résultat, même si cela implique de relever des défis supplémentaires au cours de mes quarante ans.

En travaillant sur votre croissance personnelle au cours de la décennie actuelle de votre vie, faites de votre mieux pour ressentir un peu de compassion pour la personne que vous serez à l’avenir. Dites-vous que cette personne est déjà réelle et que sa situation reflète les résultats de vos décisions actuelles. À quel point vous souciez-vous d’elle ? Pouvez-vous lui témoigner un peu d’affection ? Pouvez-vous faire un effort supplémentaire aujourd’hui qu’il/elle appréciera ?

Concentrez-vous sur une vision de votre avenir et dites-vous que vous y serez heureux, en bonne santé, aimé, riche et que vous profiterez de toutes les choses positives qui comptent pour vous. Ensuite, revenez dans le présent et réfléchissez à ce que votre futur moi penserait de vos pratiques actuelles. Lesquelles susciteraient un merci ? Lesquelles sont susceptibles de susciter un je t’en prie, élève-toi au-dessus de cela ?

Si vous constatez qu’il y a un changement à apporter, le moment est maintenant propice pour le faire. Il est temps pour vous de commencer.

Note : Cet article est une traduction de l’article Habits and Practices in Your 20s de Steve Pavlina. C’est donc lui qui s’exprime dans le « je » de cet article !

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