Un an loin des réseaux sociaux

réseaux sociauxDepuis juillet 2014, j’ai décidé de me désabonner des réseaux sociaux, y compris Twitter et Facebook. Après plusieurs années, je trouve qu’il serait intéressant de partager avec vous ce qui fut ma première année passée sans réseaux sociaux.

À l’époque, j’ai eu un peu du mal à prendre la décision de quitter les réseaux sociaux. Toutefois, cela était seulement dû au fait que ces dernières années, j’ai tellement utilisé les réseaux sociaux qu’ils ont fini par occuper dans ma vie une plus grande place qu’ils n’auraient due. J’avais l’impression de renoncer à une chose précieuse qui pourrait me manquer plus tard. Cependant, pour être honnête, cela ne me manque pas, aucunement.

Logiquement, je savais que j’aurais davantage de temps à consacrer à des activités plus significatives, mais émotionnellement, j’avais l’impression (du moins en partie) d’avoir perdu quelque chose. Une fois que j’ai finalement résolu de le faire, abandonner les réseaux sociaux a été étonnamment facile. J’ai supprimé mes comptes et je suis passé à autre chose. Cela fait maintenant plusieurs années que je n’ai pas aimé ou commenté une publication. Ce gain de temps, je pouvais le réinvestir ailleurs.

Surmonter l’envie de partager sur les réseaux sociaux

Après m’être désabonné des réseaux sociaux, il a fallu à mon esprit plus de temps que prévu pour arrêter de vouloir sans cesse partager des expériences en ligne. Je remarquais cela, en particulier, lorsque je prenais des photos. Même trois mois après avoir supprimé mes comptes, je me surprenais toujours à penser : « je devrais prendre une photo de ceci ou de cela et la partager en ligne… » mais je revenais à moi-même et me disais « oh attends, ce n’est pas possible. »

Quand j’étais actif sur les réseaux sociaux, je prenais souvent des photos avec l’intention de les partager, pas nécessairement parce que j’avais envie de les avoir personnellement. Ce n’est qu’au quatrième voire au cinquième mois que j’ai été capable de complètement abandonner cette habitude. Étant donné que l’ancien conditionnement s’estompait, j’ai commencé à prendre des photos différentes — des photos que je voulais prendre pour mon propre plaisir. J’ai arrêté de prendre des photos, juste pour les partager. J’ai cessé de prendre des photos que je ne voulais pas avoir dans ma collection personnelle. Cela a amélioré la qualité de mes prises de vue. J’ai accordé plus d’attention aux moments dont je voulais me souvenir, des moments qui étaient souvent différents de ceux que je voulais simplement partager.

Des mois après avoir abandonné les réseaux sociaux, toutes les fois que je pensais à une quelconque source d’excellence ou de sagesse spirituelle, il m’arrivait encore de ressentir le besoin d’en faire part en ligne. Cependant, il n’y avait nulle part où je pouvais partager cela, à moins bien sûr que je n’en fasse un sujet pour un article de blog. Ces impulsions ont également fini par s’estomper, et ainsi une autre source de distraction mentale a été éliminée. Aujourd’hui, ces genres d’idées ne me viennent plus à l’esprit. Je pense que mon esprit avait été conditionné par les réseaux sociaux. Désormais, mon cerveau ne semble plus vouloir consacrer des ressources à générer des idées de croissance à poster sur Twitter.

Au cours des 4 à 5 mois qui ont suivi la suppression de mes comptes sur les réseaux sociaux, j’ai progressivement abandonné divers systèmes de pensée et comportements qui ne sont utiles que pour les réseaux sociaux. Cela m’a permis de réaffecter ces ressources mentales pour des tâches plus importantes, comme réfléchir plus profondément à mes objectifs à long terme. J’avais l’impression que plus longtemps je restais loin des réseaux sociaux, plus je devenais intelligent.

De plus, étant donné que j’ai pris conscience de l’existence de ces modèles de pensées qui ont résulté de l’usage des réseaux sociaux, cela m’a éclairé par rapport aux tentations similaires relatives au blogging. Vous aurez peut-être remarqué qu’il m’est arrivé de prendre 7 semaines de congé (ma plus longue pause depuis que j’ai commencé en 2004). Je l’ai fait en partie pour me libérer de toute envie habituelle de bloguer. J’ai prolongé mes congés jusqu’à ce que l’impulsion de bloguer juste pour le plaisir de bloguer s’estompe aussi. Je veux écrire de manière délibérée et non pas en raison d’une quelconque impulsion inconsciente.

Rétablir la discipline

Au cours de l’année qui a suivi la suppression de mes comptes sur les réseaux sociaux, je suis progressivement devenu moins impulsif et plus réfléchi dans mes choix qui n’étaient même pas liés aux réseaux sociaux.

Durant la période où j’utilisais activement les réseaux sociaux, je ne voyais pas comment le fait d’être toujours en contact avec d’autres personnes pourrait augmenter mon impulsivité dans d’autres domaines de la vie, mais j’ai vraiment remarqué cela au cours des mois qui ont suivi mon retrait des réseaux sociaux. Supprimer mes comptes des réseaux sociaux est devenu la première étape d’un processus progressif d’améliorations que j’ai connu depuis lors ; un processus qui continue à suivre son cours jusqu’à ce jour.

Une leçon que j’ai apprise en lisant plusieurs livres portant sur la neuroscience, c’est qu’un comportement de dépendance n’est jamais un cas isolé. Une dépendance dans un domaine affaiblit notre autodiscipline dans tous les autres. Ainsi, lorsque nous corrigeons un comportement impulsif ou des formes de négligence, il en résulte généralement de nombreux avantages dans d’autres aspects de la vie. C’est exactement cela qui s’est produit avec moi.

Je me sens surtout beaucoup plus discipliné en ce qui concerne ma santé et ma productivité. J’ai effectué un certain nombre de changements importants dans ces deux domaines au cours de ces dernières années. Abandonner les réseaux sociaux m’a permis de me débarrasser d’une mauvaise habitude, ce qui m’a motivé à en abandonner d’autres et à les remplacer par de meilleures habitudes. C’était un processus très graduel, mais il est évident que l’abandon des réseaux sociaux a été le véritable point de départ de cette progression.

Bien que j’ai été moins actif en ligne ces derniers temps, mon activité hors ligne a été considérable. J’ai passé de longues journées à faire des recherches sur des sujets qui m’intéressent et à travailler sur ma croissance personnelle. J’aime vraiment le fait de ne pas être distrait par des impulsions à partager tant d’informations au fur et à mesure. Cela me permet d’aller beaucoup plus vite.

Une meilleure concentration

Sans la distraction quotidienne causée par cette envie interne d’aller en ligne et de voir ce qui se passe dans mon cercle social, il m’est beaucoup plus facile de me concentrer et d’accomplir chaque jour une masse de travail beaucoup plus importante.

Après avoir quitté les réseaux sociaux, j’ai finalement trouvé la motivation nécessaire pour lancer des projets que j’avais longtemps reportés et pour les achever une fois pour toutes afin de passer à autre chose. Cela fait vraiment du bien de pouvoir refermer ces boucles ouvertes.

J’ai passé environ deux semaines à fixer et à clarifier mes objectifs sur plus d’une année. J’ai également procédé à la rédaction d’un plan d’action détaillé pour chaque objectif que je me suis fixé. Le document qui en a résulté comptait 40 pages à simple interligne. J’ai ensuite utilisé Scrivener pour mieux organiser mes objectifs, mes projets et mes actions de manière à ce que je puisse rapidement les passer en revue. Cela me permet de me concentrer sur mes projets en cours en gardant le tout bien organisé. Scrivener est une application pour Mac destinée aux écrivains, et je la trouve utile pour organiser et gérer des objectifs, des projets et des actions.

Lorsque j’y repense, je constate que mon activité sur les réseaux sociaux m’a conditionné à beaucoup me concentrer sur des réflexions à court terme. Cette impulsion instantanée s’est finalement dissipée, et j’ai commencé à prendre de meilleures décisions en accordant plus d’attention aux résultats et aux conséquences à long terme. J’ai également acquis de la patience.

Un travail plus gratifiant

Sans les réseaux sociaux, mon travail semble plus motivant qu’avant — pas seulement la partie facile ou amusante du travail, mais tout le travail dans son ensemble. Même les parties de mon travail que je trouvais fastidieuses par le passé sont maintenant devenues plus agréables et plus gratifiantes. Je ne tergiverse plus autant sur des tâches comme la comptabilité. Au cours de ces dernières années, il m’a été tellement plus facile de respecter mon emploi du temps, et même de prendre de l’avance dans certains domaines.

Les réseaux sociaux nous procurent une sensation de bien-être instantanée pour avoir fait des choses qui n’ont pratiquement aucune valeur. En l’absence de telles récompenses, nous devons travailler beaucoup plus pour ressentir les mêmes émotions. Lorsque nous accomplissons quelque chose de significatif dans le but de créer cette poussée de dopamine, les sentiments peuvent guider positivement notre comportement et ces sentiments peuvent s’accumuler à leur tour pour créer une motivation durable permettant de s’attaquer à des objectifs et des projets plus importants.

Les réseaux sociaux sont comme un tapis roulant sans fin qui se substitue aux réalisations et aux progrès réels. Cela nous fait perdre notre dynamique de récompense naturelle. Qu’apporteront à votre vie les 5 ou 10 prochaines années que vous passerez sur les réseaux sociaux ? Quels résultats significatifs en obtiendrez-vous ? Vous serez toujours sur ce même tapis roulant, n’ayant que peu voire aucune réalisation. Si vous estimez que c’est un résultat convenable, je vous recommanderais certainement de prendre une pause d’au moins six mois avec les réseaux sociaux, afin de retrouver une partie de votre motivation et de votre ambition qui ont été sapées.

Lorsque j’y repense, abandonner les réseaux sociaux n’a rien de compliqué. Avec le recul, il devient évident que de tels services ne sont guère plus qu’un énorme gaspillage de temps. Cela valait peut-être la peine de m’y plonger pendant quelques semaines pour satisfaire ma curiosité, mais je regrette aujourd’hui les nombreuses heures que j’ai consacrées à de tels services. Je me réjouis néanmoins d’avoir abandonné ces activités sans grand intérêt.

L’utilisation des réseaux sociaux peut procurer de temps à autre une sensation de bien-être, mais ne pas les utiliser est encore mieux.

Note : Cet article est une traduction de l’article One Year Without Social Media de Steve Pavlina. C’est donc lui qui s’exprime dans le « je » de cet article !

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