Quand la réalité objective vous assomme

est-ce la réalité ou une simulationAvez-vous déjà eu l’impression que le monde objectif vous assommait ? Avez-vous déjà été confronté à un amas de problèmes et de désagréments à gérer ? Si l’univers dans lequel nous sommes est effectivement objectif, alors malheureusement il n’a que faire de ce qui se passe. Toutefois, qu’adviendrait-il si cet univers n’est pas objectif ? Et si vous viviez réellement dans une autre réalité, comme une simulation ?

Par ailleurs, que faire si la simulation vous confronte délibérément à des problèmes et à des défis supplémentaires, peut-être dans le but de vous décourager de continuer sur votre lancée ? Et si vous viviez dans un monde virtuel, et que le monde lui-même essayait de vous orienter sur une voie différente pour vous offrir plus de récompenses ? Et si votre propre croyance sur la nature objective de la réalité se mettait en fait en travers de votre chemin, vous amenant à adopter des modèles de pensées et des comportements qui invitent le monde à continuer de vous punir ? Que se passerait-il si vous constatiez que vous jouez contre les règles du monde simplement par ignorance ?

Cette réalité pourrait en effet être une simulation

Si vous pensez que vous vivez dans une réalité objective plutôt que dans une simulation, considérez que toute prétendue preuve de la nature objective de la réalité peut également être simulée.

Un simulateur assez puissant peut simuler la science. Il peut simuler des expériences religieuses. Il peut simuler la mort et une vie après la mort. Un simulateur assez puissant n’a pas besoin de simuler tout un univers objectif d’un seul coup, mais seulement ce que vous percevez en ce moment.

Un simulateur pourrait également simuler des pensées, des sentiments et des croyances, y compris une croyance ou un préjugé pour supposer que la réalité est objective. Et un simulateur pourrait potentiellement changer ces pensées aussi.

Pour prouver que la réalité est vraiment objective et que ce n’est pas une simulation, il faudrait démontrer que la nature objective de la réalité ne peut pas être simulée par un simulateur assez puissant — une tâche impossible. C’est un peu comme essayer de prouver que vous ne rêvez pas pendant que vous rêvez. Comme preuve, vous devrez prouver que vous n’êtes pas dans une simulation. Bonne chance !

Imaginez que vous participez à une simulation, et puis que la simulation tente de vous prouver qu’elle n’est pas une simulation. Comment s’y prendrait-elle ? Peut-être qu’elle simulerait des personnages très objectifs pour tenter de contester cette possibilité. Toutefois, leurs arguments constitueraient-ils une preuve valable ? Bien sûr que non.

Vous ne pouvez même pas prouver que quelque chose en dehors de votre champ perceptuel actuel est actuellement instancié sans déplacer votre champ perceptuel pour le faire. Et même là, vous ne pouvez sentir que ce qui passe par les ports sensoriels limités que vous avez.

Par exemple, vous ne pouvez pas prouver que Paris existe en ce moment. Vous pouvez charger une image ou une vidéo de Paris, mais alors vous n’instanciez qu’une image ou une vidéo, pas la ville elle-même. N’importe quel monde de jeu pourrait faire la même chose en présentant des images de Paris dans son univers. Même si vous êtes à Paris et que vous pouvez en voir une partie devant vous, vous ne pouvez pas prouver que la ville entière existe. Vous ne pouvez ressentir que ce que vous ressentez en ce moment, et cela pourrait n’être qu’une sorte de projection. Vous ne pouvez pas prouver que quoi que ce soit en dehors de ce que votre fenêtre d’affichage actuelle dans la réalité est en train de rendre. Si Paris n’était qu’une simulation, vous n’auriez aucun moyen de le savoir.

Et si vous croyez vraiment que la réalité est objective par nature ? Notez que le fait de croire que la réalité est objective est en fait une décision basée sur la foi. Il n’y a aucune preuve de cela — et il n’y en aura jamais — pour la simple raison qu’un simulateur suffisamment puissant pourrait simuler une réalité qui semble objective. Par conséquent, si vous prenez la voie qui consiste à transformer une hypothèse potentiellement erronée en une croyance personnelle, alors vous jouez le rôle d’un personnage de foi et vous vous éloignez davantage de la raison.

Maintenant, dans une simulation, même si vous pouvez vous montrer scientifique, pratique et convaincant, vous ne faites pas de la science objective. Vous faites de la simulation scientifique. Puisque vous ne pouvez jamais savoir dans quel genre de réalité vous êtes, il est sage d’intégrer dans votre exploration et votre expérimentation la possibilité que vous puissiez évoluer tout ce temps dans une simulation.

la réalité

Explorer la simulation

Comprendre que la réalité pourrait être une simulation est également une forme d’invitation à explorer ce qui peut être possible à l’intérieur d’une simulation. Que pourriez-vous faire de plus ? Qu’y a-t-il dans ce terrier de lapin ?

Les choses ne seraient pas si intéressantes si, après exploration, le résultat était nul ou presque. Ce serait un moyen facile de revenir à la présomption objective. Si ce n’était qu’une expérience de pensée intéressante sans valeur pratique, vous pourriez facilement la rejeter comme une impasse et revenir à la familiarité de votre vie objective à mesure que vous avancez vers votre mort biologique.

Cependant, c’est rarement le cas. Habituellement, ce qui se passe quand quelqu’un commence à explorer l’éventualité selon laquelle la réalité est une simulation, des vagues de changement se produisent. C’est comme si vous venez d’accorder la permission à la simulation de vous révéler davantage sa vraie nature. Une expérience typique est que beaucoup de changements bizarres commencent à se produire, souvent très rapidement, et il devient en fait beaucoup plus difficile de revenir à l’état d’esprit objectif. Selon votre niveau d’attachement à l’objectivité, cela peut être troublant ou magique, ou les deux.

Ce que j’aime à propos du modèle de simulation de la réalité, c’est qu’il incorpore à la fois objectivité et subjectivité. Une simulation suit toujours les règles. Nous pourrions dire qu’il a une base de code avec certaines fonctionnalités et fonctions prévisibles. Toutefois, une simulation permet aussi de la flexibilité et de la fraicheur. Le code peut en effet être modifié.

Je trouve particulièrement important de me considérer comme un personnage simulé dans le cadre d’une simulation plus grande, comme si j’étais un bout de code conscient de moi-même. Cela m’aide à réfléchir au rôle que j’aimerais jouer et à la façon dont je pourrais vouloir me reprogrammer, par exemple en changeant mes comportements, en changeant mon identité, en modifiant ma situation, etc.

Se défaire de ses faiblesses personnelles

Un modèle particulièrement commun que j’ai repéré chez ceux qui commencent à explorer le côté « simulation » de la réalité, c’est qu’ils commencent à se débarrasser de diverses formes de faiblesse personnelle. Certaines faiblesses n’ont pas beaucoup de sens si l’on considère que la réalité peut être une simulation. Par conséquent, les gens ont tendance à les abandonner pour progresser plus vite.

Par exemple, beaucoup de gens concluent : S’il s’agit d’une simulation, alors pourquoi diable suis-je d’accord pour simuler un travail aussi ennuyeux chaque jour ? Quel gâchis ! D’autres disent la même chose au sujet des relations : Qu’est-ce que je fais à investir dans cette relation sans correspondance depuis si longtemps ? J’ai vraiment besoin d’en sortir pour me connecter avec des personnages plus alignés. Après de telles réalisations, les gens passent souvent très vite à la phase de transition.

La perspective de la simulation mène souvent à des changements pratiques et significatifs, surtout dans les domaines du travail, des finances, des relations et de la santé. Les gens obtiennent généralement de meilleurs résultats lorsqu’ils utilisent ce modèle plutôt que le modèle objectif. L’une des principales raisons, c’est qu’ils cessent de s’objectiver autant. Ils considèrent que s’il s’agit d’une simulation, il est surement possible de faire plus, et ils sont probablement destinés à vivre des vies plus intéressantes. Ils sont censés vivre une histoire intéressante. Ces gens considèrent qu’ils ne sont pas destinés à gaspiller l’impressionnante puissance de traitement de la simulation en rendant l’histoire ennuyeuse et en traitant des problèmes ennuyeux et répétitifs.

Renforcer votre relation avec la réalité

Les gens changent aussi la façon dont ils voient à la réalité elle-même. L’univers n’est plus froid ou indifférent. L’univers est maintenant un monde de jeu fascinant au code malléable. Il y a d’énormes possibilités à explorer. C’est aussi un monde avec de nombreux défis, mais comme tout monde de jeu, les défis sont intéressants. De bons défis peuvent vous aider à sculpter un personnage reconnaissant de jouer.

Si vous pensez que l’univers est purement objectif, vous injectez probablement beaucoup d’entêtement et de stagnation dans votre réalité, peut-être sans vous en rendre compte. Vous aurez particulièrement du mal à avoir une relation significative avec un univers objectif. Considérez qu’il est plus facile d’avoir une relation intéressante avec un monde de jeu immersif et avec ses personnages, et c’est exactement ce que font tant de gens. Ils ont tendance à réaliser plus dans leur vie de joueur que dans leur vie objective. Et c’est en partie parce que l’objectivité est déshabilitante.

Pourquoi l’objectivité est-elle si déshabilitante ? Ce qui rend l’objectivité déshabilitante, c’est son manque d’objectifs intéressants. Un bon monde de jeu a des buts et des quêtes intéressants. Ils sont programmés par dessein, et vous êtes récompensés lorsque vous les réalisez. Votre personnage s’améliore et devient plus fort. Vous débloquez de nouveaux prix. Vous avez accès à de nouveaux défis. Le monde du jeu vous récompense pour avoir joué selon ses règles.

Que récompense un univers objectif ? Essentiellement rien. En fin de compte, il ne fait que tout punir par la mort. Un univers objectif ne se soucie pas de ce que vous faites ou ne faites pas. C’est pour le moins troublant, ce qui peut expliquer pourquoi 4200 religions ont été inventées à ce jour. Beaucoup de gens cherchent désespérément une alternative plus intéressante et plus significative. Et au moins quand vous ajoutez d’autres objectifs (que les religions introduisent généralement), cela peut rendre la vie plus intéressante et significative.

Heureusement, nous n’avons pas besoin du fardeau ou de l’irrationalité de la religion pour y arriver. Nous pouvons en fait créer une relation plus significative avec la réalité en y prêtant plus d’attention. Remarquez ce que la réalité récompense, et faites-en plus. Remarquez ce que la réalité ne récompense pas (ou punit), et faites-en moins. Étudiez ensuite les tendances des moments où la réalité vous récompense par rapport à celles où elle ne vous récompense pas. Cela vous aidera à vous aligner sur les règles de la simulation, puis vous commencerez à avoir une meilleure idée de la façon de vivre une vie plus enrichissante.

Cela semble presque trop évident, n’est-ce pas ? Cependant, la vérité, c’est que vous ne vous entrainez probablement pas encore très bien. Vous faites probablement encore des choses que la réalité est susceptible de punir. Et vous ne faites probablement pas assez de choses que la réalité récompenserait. De plus, vous n’avez probablement pas encore une idée claire de ce que sont ces choses. Je parie que vous êtes encore plus surpris que vous ne voulez bien l’admettre, ou que vous êtes coincé à tourner en rond à travers des tendances qui ne débloquent pas le flux réel que vous aimeriez voir, et vous êtes probablement aveugle quant aux solutions de rechange qui s’offrent à vous.

Le principal problème, c’est que si vous êtes trop objectif, vous ne prendrez pas assez de risques. Vous allez jouer la carte de la sécurité. Un bon monde de jeu récompense le risque. Une simulation peut aussi récompenser le risque, parfois de façon généreuse. Le risque rend la vie amusante et engageante, mais il doit être récompensé assez souvent pour qu’il en vaille la peine. Par conséquent, les gens ont tendance à prendre beaucoup plus de risques avec leur personnage lorsqu’ils sont dans un monde de jeu, mais s’ils pensent qu’ils sont dans un monde objectif, leur tolérance au risque diminue considérablement (et les récompenses aussi).

Quels sont les avantages de cette réalité ? Ils sont nombreux et varient entre les émotions, les amis, l’argent, la bonne santé, l’estime de soi, les relations, le plaisir physique, les expériences amusantes, les réalisations, le statut social, et plus encore.

Ces récompenses peuvent sembler être des récompenses objectives, mais un univers objectif ne se soucie pas de savoir si vous en profitez ou non. Un univers objectif ne se soucie pas de l’argent que vous avez. Il ne se soucie pas de votre santé personnelle, encore moins de ce que vous ressentez. Un univers objectif est complètement indifférent envers vous. Vous ne revêtez aucune importance pour un tel univers.

Si vous croyez que vous vivez dans un univers qui ne se soucie pas de vous, de vos objectifs personnels ou de votre bonheur, quel effet cela a-t-il sur vous ? Pour la plupart, c’est très démotivant. Pourquoi se donner la peine de jouer à ce jeu de la vie si la vie elle-même ne s’en soucie pas ? L’utilisation de ce modèle garantit virtuellement beaucoup de problèmes qui vous empêcheront de vivre et d’accéder aux récompenses de la vie.

une simulation

Un monde de jeu affreux

Imaginez que vous jouez à un jeu vidéo immersif où aucun des autres personnages du jeu ne se soucie vraiment de savoir si vous faites quelque chose. Supposons que personne ne vous demande de le sauver de Ganon, Voldemort ou Zuul. La princesse se fiche que vous la sauviez ; elle est d’accord pour être dans une relation D/s avec le méchant. Certains personnages peuvent se plaindre de leur vie, mais personne ne vous invite ou ne s’attend à ce que vous fassiez quoi que ce soit à ce sujet. Même si vous essayez d’aider à sauver leur monde, personne ne s’en soucie vraiment, et il n’y a aucune récompense à le faire.

Lorsque vous complétez une mini quête, personne ne vous offre quoi que ce soit par la suite parce que personne n’apprécie vos efforts. Certains personnages peuvent vous traiter d’abruti pour avoir essayé. Certains diraient : « Tu vas te faire tuer, et tu ne feras qu’empirer les choses pour nous tous. D’ailleurs, la grange a besoin d’être nettoyée, alors peut-être que tu devrais te rendre utile».

Quel genre de jeu serait-ce ? Aimeriez-vous y jouer ? Probablement pas, mais c’est exactement de cette façon que beaucoup de gens tentent de jouer au jeu de la vie. Et les choses se passent aussi bien qu’on pourrait s’y attendre.

Toutefois, quand on pense qu’on pourrait vivre dans une simulation, cela amène à se poser des questions : Quelles sont les règles ? Où sont les quêtes ? Où est le trésor ? Que dois-je faire pour débloquer l’accès à des parties du monde plus intéressantes ? Et cela conduit à une toute nouvelle façon d’entrer en relation avec la vie.

Bien souvent, la première chose que les gens font, c’est de se poser des questions : Qu’est-ce que je fais encore dans cette grange ?

Utilisez-vous principalement la lentille objective pour prendre des décisions dans votre vie ? Comment cela se passe-t-il jusqu’ici ? Avez-vous compris ce que la vie récompense et ce qu’elle ne récompense pas ? Vivez-vous en alignement avec ces modèles ? Avez-vous l’impression de prendre suffisamment de risques ? Investissez-vous suffisamment dans la croissance de votre personnage ? Créez-vous une histoire intéressante ? Et pensez-vous que la réalité se soucie de tout cela ?

Lorsque vous utilisez la lentille de la simulation, vous comprenez que la simulation a des règles à respecter, mais vous voyez aussi le bienfondé de votre présence dans cette réalité. Il y a une certaine souplesse dans la façon dont vous vous alignez sur cet objectif. Ce que je préfère actuellement, c’est la possibilité de me concentrer sur la façon de vivre de manière à créer une histoire intéressante. Quand ma vie commence à stagner, je sens que la simulation me donne des coups de fouet afin de faire avancer l’histoire dans une direction plus intéressante. Toutefois, tant que j’agis de manière à favoriser le développement de l’histoire, la vie a tendance à récompenser cela. Je me sens aussi beaucoup plus engagé dans la vie quand je procède ainsi.

En comparaison, un univers objectif ne se soucie pas de l’histoire. Quand je me concentre beaucoup trop sur la lentille objective, je perds généralement le contact avec la progression de l’histoire de ma vie. Je succombe au piège de créer des histoires ennuyeuses ou redondantes. Cependant, je le remarque rarement tout de suite. Au lieu de cela, ce que je remarque, c’est ce sentiment que les récompenses qui coulaient dans ma vie commencent à s’arrêter. Je remarque que de plus en plus d’ennuis (punitions) commencent à apparaitre. J’éprouve plus de frustration et je commence à combattre la réalité. Et puis je réalise : « Oh purée… si c’était une simulation, je ferais les choses différemment ». Et presque immédiatement, une fois que je commence à agir en accord avec cet esprit co-créatif dans le but de créer une histoire intéressante, le sentiment de flux revient.

J’utilise beaucoup le modèle de simulation pour prendre des décisions pour une raison simple : cela fonctionne. C’est un moyen efficace d’obtenir des résultats souhaitables.

J’ai été particulièrement heureux de voir que tant d’autres ont aussi obtenu de bons résultats avec ce modèle. Personnellement, j’ai aussi enregistré une progression intéressante. En invitant d’autres personnes à participer à cette exploration, j’ai compris qu’il est possible de faire encore plus — si nous cultivons des relations de co-créativité et de coopération avec la réalité et entre nous.

Nous pouvons modéliser cette réalité de nombreuses façons différentes, sans qu’aucun modèle ne présente la complète vérité. La vraie nature de la réalité est inconnaissable pour la simple raison que nous pouvons concevoir de multiples façons possibles d’interpréter les évènements, et aucune ne peut être prouvée vraie ou fausse. Toutefois, certaines interprétations sont plus habilitantes et utiles que d’autres. Certaines interprétations facilitent l’obtention de résultats souhaitables. Il est donc logique de se pencher dans la direction de l’exploration, de la pratique et de l’expérimentation.

L’objectivité a sa place, mais puisqu’elle présente les évènements d’une manière qui n’a généralement aucun sens sur le plan personnel, elle n’est pas aussi utile que d’autres modèles pour prendre des décisions importantes. Nous gagnons plus d’influence en utilisant des approches qui tournent autour du but, du sens et de la motivation.

Article original écrit par Steve Pavlina.

Avant de prendre congé de vous, je vous invite à suivre la vidéo ci-dessous. Vous y découvrirez comment vivre (vous-même) dans une réalité parallèle.

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