Avez-vous une dette envers le monde ?

dette envers le mondeLe récit économique standard tel qu’appliqué à l’histoire humaine nous dit que le troc est venu en premier, ensuite l’argent, puis le crédit et la dette. En réalité, nous savons que ces concepts se sont développés dans l’ordre opposé. La dette et le crédit sont bien antérieurs à l’utilisation de l’argent. L’argent, sous sa première forme c’est-à-dire les pièces de monnaie, était largement utilisé comme un moyen pour garder une trace des dettes. Finalement, l’homme utilisa les systèmes de troc qui sont en réalité apparus après l’argent, pas avant. Le troc est utilisé par des gens qui ont déjà une connaissance du concept de l’argent, et les systèmes de troc utilisent souvent l’équivalent de l’argent pour gérer les échanges commerciaux, tel que les cigarettes sont utilisées comme moyen d’échange dans les prisons.

Avec sa publication Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations parue en 1776, Adam Smith a contribué à populariser l’idée selon laquelle l’argent a été inventé pour remplacer le troc. Toutefois, les anthropologues et les historiens ont découvert qu’aucun peuple utilisant uniquement le troc n’a existé avant l’argent ; le troc est venu après l’argent. Avant l’argent, il y avait de simples formes d’échanges commerciaux, souvent associés à des rituels sociaux extrêmement complexes, mais limitées et normalement utilisées pour le commerce entre tribus lors d’occasions spéciales, pas au sein de groupes existants et pas sur une base quotidienne non plus.

Apparemment, les hommes ne se servaient pas du système de troc avant que l’argent n’entre en jeu. L’une des raisons soutenant cela est que sans argent, un système de troc serait beaucoup trop compliqué et peu flexible. Le troc est généralement utilisé comme un système de secours lorsque la monnaie officielle n’est pas disponible, et même dans ce cas, le troc a tendance à être effectué par rapport à une monnaie précédemment utilisée. Des siècles après la chute de l’Empire romain par exemple les gens se livraient au troc, et la valeur des échanges était convertie en monnaie romaine. Cela se faisait même dans certaines régions qui ne faisaient pas, à l’origine, partie de l’Empire romain. En réalité, c’est le concept de l’argent qui a popularisé le troc.

Par conséquent, si les gens n’effectuaient pas de troc avant que l’argent n’entre en scène, que faisaient-ils ? Comment échangeaient-ils des biens et services ? Ils partageaient gratuitement leurs biens entre eux, ou s’offraient des cadeaux, parfois sur demande et souvent en utilisant des rituels pour le faire. La notion de dette n’était que vaguement et officieusement présente dans la mentalité des gens, comme cela peut être votre cas aujourd’hui lorsque vous pensez qu’un ami vous doit un service. Ce système a très bien fonctionné, et il fonctionne encore bien de nos jours. Si vous dépendez trop de vos amis ou de vos proches, vous pouvez commencer à remarquer chez eux une certaine réticence dans leur volonté de vous rendre des services à l’avenir, ainsi qu’une pression croissante pour que vous commenciez à donner en retour de temps en temps. Si, d’autre part, vous vous montrez généreux avec les autres, vous constaterez qu’ils seront aussi assez généreux envers vous.

En réalité, il y avait beaucoup de cultures différentes avec différentes manières de faire le commerce. Certaines étaient très imaginatives dans leurs rituels d’échange. Elles adoptaient en effet des pratiques telles que l’obligation d’échange entre tribus lors d’une fête qui impliquait l’échange de biens et de fluides corporels.

Né dans la dette

On pourrait dire que nous sommes tous nés endettés. Nous dépendons des autres pour notre survie, surtout pendant nos premières années. Nous bénéficions également de toutes les connaissances et compétences qui nous ont été enseignées par d’autres personnes. Quand nous venons dans ce monde, nous bénéficions d’un plus provenant des autres. Avons-nous l’obligation de rembourser cela d’une manière ou d’une autre, peut-être plus tard dans notre vie, lorsque nous en serions capables ?

Combien cela a-t-il couté à vos parents de vous élever ? Est-ce une dette que vous devez rembourser, soit à eux, soit à la société dans son ensemble ?

Jetez un coup d’œil autour de vous et observez toutes les choses que vous pouvez utiliser aujourd’hui qui ont été créées par quelqu’un d’autre. Avez-vous une dette envers qui que ce soit pour ces cadeaux ?

Avez-vous une dette envers le monde parce que vous existez ? Si vous vivez strictement pour vous-même et choisissez de ne pas être utile à la vie des autres, cela signifie-t-il que vous fuyez vos responsabilités ?

Ce sont des questions intéressantes à explorer sur le chemin de la croissance. Je vous encourage à chercher vos propres réponses. Je partagerai quelques réflexions sur la façon dont je les ai explorées jusqu’à présent.

Devoir à Dieu

Pendant mon enfance, on m’a appris à croire en un Dieu à qui il semblait que je devais quelque chose. J’étais censé l’adorer toute ma vie. Je suis né avec des défauts, et je serais toujours un être humain avec des défauts. Mon existence même était une souillure pour le monde autrement parfait de Dieu.

J’ai appris dès mon plus jeune âge que je suis né avec une dette éternelle. Je devais mon existence même à Dieu, et donc j’avais une dette si grande que je ne pourrais jamais espérer la rembourser quoique je fasse, mais je devais quand même essayer. J’ai été créé à l’image de Dieu, mais même s’il était tout puissant, il voulait que je l’adore et que je le glorifie d’être si merveilleux, et il serait offensé si je n’obéissais pas.

À l’adolescence, j’ai commencé à abandonner une grande partie de ce qu’on m’avait enseigné en grandissant, principalement parce que cela n’avait pas beaucoup de sens. Je suis devenu athée. Sans la lourde conception du péché originel sur mon dos, j’ai commencé à penser plus objectivement et plus ouvertement à l’idée de servir les autres.

Après cette réorientation, l’expérience d’aider les gens a changé pour moi. Je l’ai vécue beaucoup plus pleinement. C’était bien de pouvoir choisir de contribuer à quelque chose plutôt que de me sentir obligé de le faire pour rembourser une dette ou pour glorifier un dieu mécontent.

On m’avait enseigné que sans Dieu, je deviendrais automatiquement une personne très égoïste, mais j’ai remarqué que j’aimais beaucoup plus donner lorsque je me sentais libre comparativement à quand j’étais obligé de le faire sous l’effet de la contrainte.

Le monde a une dette envers moi

Environ un an plus tard, j’ai voulu aller plus loin dans cette exploration. Peu de temps après mon entrée à l’université, j’ai essayé la philosophie de vivre principalement pour moi-même. Cela m’a conduit à de nombreux comportements criminels, à la consommation d’alcool, aux jeux d’argent et à plusieurs arrestations. J’ai fini par me reprendre et j’ai réalisé que ce n’était pas le genre de vie que je voulais. Avec le recul, j’apprécie toujours le fait d’avoir exploré cette voie, même si je suis content de ne pas avoir fait trop de dégâts en cours de route.

Pendant ce temps, j’ai cessé de penser que je devais ma vie à Dieu et à la société et j’ai commencé à me dire que le monde avait une dette envers moi et que je pouvais prendre tout ce que je voulais dans la mesure où j’en étais capable. Je trouvais du plaisir à déjouer des systèmes qui étaient destinés à prévenir le vol. Les capteurs antivols étaient faciles à contourner. Les caméras de surveillance pouvaient être bernées. J’aimais particulièrement utiliser des méthodes d’ingénierie sociale pour voler des choses sous le nez des commis. Mes gains étaient la perte de quelqu’un d’autre. C’était un mode de vie compétitif.

J’aurais pu continuer dans cette voie et j’ai souvent fantasmé sur la possibilité de l’améliorer de diverses façons, dont certaines que j’avais même mises en œuvre. Cependant, le monde m’a finalement appris qu’il n’était pas d’accord avec ma façon de voir les choses. J’ai réalisé que si je continuais à mener cette vie, je serais dans un état perpétuel de conflit avec le monde, me demandant toujours si et quand je me ferais prendre à nouveau. Une arrestation pour vol à main armée m’a finalement convaincu d’explorer d’autres manières de vivre.

S’affranchir de la dette

La phase suivante de ma vie consistait à évoluer en me disant que je n’avais plus aucune dette. Ma philosophie à cette époque était de vivre et de laisser vivre.

Je n’avais aucune dette envers le monde. Le monde ne me devait rien non plus. Tu ne me cherches pas, et je me tiens tranquille à mon tour. Entretenons les meilleures relations possible. C’était à cela que se limitait mon niveau de réflexion quand j’avais 20 ans.

C’était un cran au-dessus de la vie de conflit constant que je menais, mais j’ai aussi connu beaucoup de difficultés durant cette période, surtout pendant les premières années où je gérais ma propre entreprise. Mes objectifs étaient en grande partie centrés sur moi, et non sur le monde entier. Il était très difficile pour moi d’assurer le succès de ma première entreprise. J’avais l’impression que tout ce que je faisais se retournerait contre moi.

C’était très frustrant parce que je m’en sortais mieux financièrement quand j’étais un criminel. Pendant ces années, je n’avais pas de dettes, j’avais beaucoup d’argent liquide à la banque (généralement entre 10 000 $ et 20 000 $, ce qui était une belle fortune pour un jeune de 19 ans), et je réglais facilement mes factures en vendant des biens volés au besoin.

Quand j’ai essayé de faire ce que j’estimais être un travail honnête, je me suis endetté et j’ai fait faillite. Il m’a fallu six ans pour atteindre ce niveau.

Pendant ce temps, j’ai lu des livres sur comment gagner de l’argent, comme Pensez et devenez riche. J’aurais aussi bien pu lire Pensez et devenez pauvre. L’idée semblait assez bonne — fixer des objectifs clairs, s’imaginer riche et dans l’opulence, établir un plan, peaufiner le plan chaque jour —, mais dans la pratique, mes résultats à ce niveau de pensée étaient lamentables.

Comment se fait-il que lorsque j’essayais simplement de maintenir une relation neutre avec le monde, j’eusse l’impression que le monde était constamment dur envers moi et rendait ma vie beaucoup plus difficile qu’elle n’aurait dû l’être ? Je sentais qu’il devait y avoir une façon plus facile de vivre.

Faire le contraire

Il y a un épisode de Seinfeld où George Costanza a conclu que sa façon de penser par défaut ne menait jamais à de bons résultats, alors il décida d’essayer de faire le contraire pendant un certain temps. Peu importe ce que son instinct naturel le poussait à faire, il s’engageait à faire exactement le contraire. Pendant qu’il essayait cette façon de vivre, tout fonctionnait à merveille pour lui. Soudain, il commença à obtenir d’excellents résultats dans tous les domaines.

Après avoir eu ma dose d’années de frustration, j’ai décidé d’essayer quelque chose de similaire, mais avec ma propre version de la philosophie qui consiste à faire le contraire. J’explorerais de nouvelles options que je n’avais jamais essayées auparavant, même si je ne voyais pas comment elles pourraient aider. Je ne pouvais pas tomber plus bas étant donné que ma précédente meilleure pensée m’avait mené à la faillite. Comme j’étais déjà fauché, je n’avais pas grand-chose à perdre en faisant de nouvelles expériences.

Quelques-unes de ces idées consistant à faire le contraire n’ont pas fonctionné. Toutefois, certaines ont excellemment fonctionné. L’une des choses que j’ai essayées pendant cette période, c’était de me porter volontaire pour servir dans une association professionnelle de l’industrie du logiciel. Je n’avais aucune idée d’où cela mènerait, mais au moins ce serait quelque chose de différent de ce que j’avais fait dans le passé. Cela s’est avéré l’une des meilleures décisions que je n’avais jamais prises. Au bout d’un mois ou deux de travail, je devins vice-président de l’organisation, puis président l’année d’après. Mon revenu provenant de la vente de mes jeux vidéo est passé de 300 dollars par mois à 20 000 dollars par mois en quelques années.

Grâce au bénévolat, j’ai pu passer beaucoup de temps à interagir avec d’autres développeurs de logiciels indépendants, dont la plupart ont réussi. J’ai également établi des contacts dans la presse industrielle. J’ai appris comment améliorer mes ventes, et j’ai aussi appris comment obtenir une couverture de presse gratuite pour mes jeux. Cependant, lorsque je faisais du bénévolat, j’ai fait de mon mieux pour me focaliser sur ma contribution à l’association et à ses membres. Les avantages qui en ont découlé sont en quelque sorte des effets secondaires du bénévolat.

C’est ce qui m’a aussi poussé à commencer par écrire des articles. J’ai écrit mon premier article en 1999 pour le bulletin de cette association professionnelle. Pendant les cinq années suivantes, j’écrivais en moyenne cinq articles par an. Quand j’ai commencé à bloguer en 2004, c’était une façon d’étendre l’activité de rédaction occasionnelle d’articles que je faisais depuis 1999. Tout a commencé par une décision d’essayer de faire le contraire de ce que je faisais précédemment.

Je ne crois pas que ce soit vraiment la philosophie consistant à faire le contraire qui a fait la différence par elle-même. Parfois, le simple fait de faire la même chose fonctionnait très bien. Je pense que ce qui comptait le plus, c’est que cette signature énergique que j’ai apportée à mon travail après 1999 était totalement différente. J’ai renoncé à essayer de réussir juste pour moi seul. Je suis devenu plus social au sein de mon industrie et j’ai passé beaucoup de temps à aider les autres à atteindre leurs objectifs. J’ai commencé à penser que mon propre succès faisait partie d’un paysage social plus large.

J’ai commencé à prendre la parole lors des conférences de l’industrie à cette époque. J’ai organisé une table ronde pour les développeurs de jeux indépendants lors de la conférence annuelle des développeurs de jeux. J’ai lancé un forum de discussion en ligne pour les développeurs de jeux indépendants, je l’ai gardé exempt de publicités et je me suis assuré qu’il était intelligemment animé, afin d’offrir un service précieux à la communauté. Je consacrais des centaines d’heures par an à ce genre de projets de service pour les autres. Tout cela n’était pas rémunéré.

Au cours des années qui ont précédé 1999, mon attention était principalement focalisée sur mes propres objectifs. Je voulais réussir, développer mon entreprise, créer des jeux vidéo à succès et gagner beaucoup d’argent. Je voulais aussi en finir avec cette dette. Je pensais vraiment que c’étaient des objectifs dignes et sensés.

Je me disais aussi qu’une fois que je serais devenu riche, je pourrais me concentrer sur ce que je pourrais faire pour redistribuer ma richesse au monde si je le voulais bien, et je serais dans une meilleure position pour le faire. De toute façon, que pouvais-je donner au monde alors que j’étais fauché et endetté ? Je devrais sans doute me concentrer sur mes propres objectifs et faire d’abord quelque chose dans ce sens, n’est-ce pas ? Ne devrais-je pas créer ma propre victoire avant de penser à comment apporter un plus au monde ?

Cette stratégie consistant à travailler uniquement sur mes propres objectifs n’a pas fonctionné lorsque je l’ai appliquée aux affaires et à la création de revenus. Cela avait tout de même bien fonctionné dans d’autres domaines de ma vie, comme l’école, et c’est probablement la raison pour laquelle je m’y suis obstinément accroché si longtemps après.

Payer la dette

J’ai découvert que j’aimais vraiment rendre des services à la communauté autour de moi, surtout en écrivant des articles. Les commentaires que j’ai reçus étaient encourageants parce qu’ils m’ont appris que ce que je partageais faisait réellement changer des choses dans la vie des gens. Mes premiers articles pour l’association professionnelle, qui ont été imprimés dans des bulletins papier et envoyés par la poste à environ 1000 membres, comprenaient une signature avec mon adresse électronique afin que les lecteurs puissent m’envoyer leurs commentaires. Je recevais habituellement quelques courriels pour chaque article, y compris des suggestions pour de nouveaux articles et des demandes de republication.

Je me souviens quand un concepteur de logiciel m’a contacté après que j’ai écrit pendant plusieurs années, me remerciant et me confiant que mes idées l’ont aidé à bâtir une entreprise avec plus d’un million de dollars de ventes annuelles. Cela m’a vraiment fait réfléchir. Ma propre entreprise n’avait jamais atteint ce niveau, pourtant j’étais en mesure d’aider quelqu’un à obtenir des résultats financiers encore meilleurs.

Certaines personnes pourraient être jalouses de recevoir ce genre de commentaires, mais je me suis senti inspiré et encouragé par cela. Je me suis dit… c’est vraiment cool. Si je n’avais pas écrit ces articles, l’entreprise de ce lecteur n’aurait peut-être pas si bien marché. J’étais fier de ses réalisations, sachant que j’ai joué un rôle important dans l’atteinte de ses objectifs. J’aimais l’idée que mes leçons pourraient en fait être plus utiles pour les autres que pour moi.

Pendant des années, j’avais rencontré frustration après frustration et échec après échec tout en essayant d’atteindre mes objectifs pour moi-même. Pourtant, j’ai réussi à inspirer les autres à faire des choses que je n’avais jamais faites. J’ai des piles de CD que j’ai reçus par la poste et qui m’avaient été envoyés par des musiciens qui m’ont fait comprendre que je les ai inspirés à sortir un nouvel album ou écrire une nouvelle chanson, dont certains ont des paroles inspirées de mes articles, mais je n’ai jamais composé un album moi-même. Cela m’a encouragé à continuer à découvrir de nouvelles connaissances que je pourrais partager. Même si une leçon n’a aidé qu’une seule personne, j’ai senti qu’il était justifié de prendre le temps de la partager.

Comme les gens continuaient de laisser des commentaires expliquant comment je les aidais de diverses façons, j’ai commencé à repenser à l’idée de la dette sociale. À un moment donné, j’ai réalisé que si j’avais une dette à payer au monde pour mon existence, alors je l’avais surement remboursée depuis longtemps maintenant. Même en tenant compte des actes criminels que j’ai commis à la fin de l’adolescence, je dois être bien au-delà de toute norme raisonnable de dédommagement qui pourrait être due à la société pour mon insouciance et mon existence combinées.

Par conséquent, je vis chaque jour avec le sentiment d’être officiellement relaxé de la dette existentielle. Je peux constater que mon existence est un net positif pour le monde avec les différentes ondulations que j’ai créées, non pas par ma propre comptabilisation, mais par la somme de toutes les comptabilisations qui m’ont été rapportées par d’autres. Cela comprend les livres que les gens ont écrits, la musique qui a été composée, les relations qui se sont formées, les entreprises et les organismes à but non lucratif qui ont été créés et que les gens m’ont remercié de les avoir aidés à réaliser.

Par ailleurs, étant donné que j’ai écrit la plupart de mes articles pour être intemporels et que ces derniers sont libres de tout droit d’auteur, et étant donné qu’ils ont été traduits en plusieurs langues et republiés sous diverses formes, je peux raisonnablement m’attendre à ce que les idées que j’ai partagées continuent de créer des ondes positives pendant les années à venir. Cela me donne le sentiment que non seulement j’ai payé ma dette existentielle jusqu’à présent, mais je pense aussi avoir payé plus qu’assez pour toutes les années qu’il me reste à vivre sur terre.

Alors maintenant, j’ai bouclé la boucle dans un sens. J’ai de nouveau le sentiment que je ne dois rien au monde pour mon existence, mais cette fois, ce n’est pas parce que je ne reconnais pas l’existence de la dette, c’est plutôt parce que je sens que s’il y avait eu une telle dette, je l’ai surement plus que remboursée.

Surpayer la dette

Le sentiment d’avoir surpayé ma dette me donne la sensation de mériter le soutien de la vie. Ce n’est pas un droit, mais plutôt une récompense naturelle que j’ai gagnée. J’ai l’impression d’avoir offert plus qu’il n’en fallait à ce monde pour couvrir le coût de mon existence.

Parfois, je me disais : « Allez, tu as déjà tant fait. Pourquoi ne pas prendre quelques jours de repos ? Les gens peuvent toujours lire tes anciens articles. Pourquoi continuer à autant écrire ? Tu n’y es pas obligé. Tu as beaucoup d’argent. Voyage pendant quelque temps. Prends des vacances. Si quelqu’un mérite un peu de repos, c’est bien toi. »

Cependant, quand j’essaie de vivre de cette manière, j’ai l’impression que quelque chose ne va pas. Je ne me sens pas heureux. J’ai l’impression d’avoir perdu le flux. Les revenus passifs continuent d’être générés, et mes factures sont toujours réglées, mais je ne me sens pas en harmonie avec le chemin de mon cœur. Au lieu de profiter plus de mes congés, j’ai l’impression que ma vie est remplie de choses sans importance et de petites difficultés.

Prendre des congés quand j’ai besoin de repos me parait une bonne idée, mais quand je cesse d’apporter une contribution ou que j’essaie de travailler uniquement sur mes objectifs personnels pendant un certain temps, je peux dire que je ne suis pas dans le flux.

De simples actes de réalignement

Quand j’ai l’impression de ne pas être en harmonie avec le chemin de mon cœur, je me rappelle souvent de poser un simple acte de réalignement. Il s’agit d’une tâche que je peux accomplir et avoir la certitude qu’elle m’aidera à retrouver l’effet du flux que j’aime tant.

Mon acte de réalignement préféré consiste à écrire et à publier un nouvel article. Mieux, je dois écrire cet article avec la plus pure des intentions. Je ne peux pas le faire pour des raisons égoïstes ou en pensant aux réactions des gens ou aux conséquences sur le trafic Internet ou à autre chose du genre. Mon intention doit être d’écrire par inspiration et d’aider les gens à grandir.

Chaque fois que je fais cela, je me synchronise facilement avec le chemin de mon cœur.

C’est une pratique très responsabilisante pour moi, car je sais que, peu importe à quel point je suis confus, à quel point je m’égare ou à quel point je me trompe, je peux toujours refaire ce simple acte de réalignement. Je peux toujours avoir une intention pure pour écrire et publier un nouvel article. C’est beau de savoir que pour le reste de ma vie, je pourrai toujours revenir à cette simple pratique, encore et encore, pour me remettre au même diapason avec mon flux.

Chaque fois que j’écris beaucoup, ce qui est ma principale forme de contribution, ma vie semble se dérouler avec une grande aisance.

Réalignement vs. Dette

Je pense que le concept d’une dette existentielle est quelque peu erroné. C’est un moyen pour comprendre comment s’harmoniser avec le chemin de son cœur et se plonger dans cette agréable sensation de flux, mais la notion a été corrompue et transformée en quelque chose qui est plus susceptible de vous faire sortir de l’alignement.

La lutte pour savoir si j’ai oui ou non une dette envers le monde pour mon existence était un point très important sur mon chemin de croissance. Toutefois, aujourd’hui je vois ma contribution comme une invitation et non comme une obligation.

Je ne me sens pas obligé de rembourser quoi que ce soit au monde, et j’ai de très bonnes raisons de ne pas me sentir obligé, tout simplement parce que j’ai l’impression d’avoir déjà payé plus que ma part. Cela dit, si j’utilisais ce raisonnement pour désormais justifier une non-contribution, je serais toujours en train de manquer le flux.

Le chemin de mon cœur n’est pas de rembourser une dette issue d’un devoir ou d’une obligation. Le chemin de mon cœur est d’accepter l’invitation à créer, à contribuer et à partager. Je ne fais pas cela parce que je dois quelque chose à qui que ce soit. Je ne fais pas cela parce que j’ai besoin d’argent. Je le fais parce que j’aime être dans le flux de l’inspiration. L’écriture, les prises de parole et les autres formes de partage me rendent heureux. Quand j’écris, je suis en paix.

Éliminer la nécessité

Chaque semaine, je reçois des courriels avec des messages comme : « J’ai besoin d’argent. Dites-moi juste comment je peux gagner beaucoup d’argent rapidement. » Que puis-je dire à quelqu’un qui lutte avec le même état d’esprit auquel j’ai succombé au début de la vingtaine ?

Je peux leur dire comment j’ai résolu des problèmes d’argent similaires (en finir avec le besoin), mais ils n’aiment pas du tout cette réponse. Ils veulent que je leur dise comment résoudre ces problèmes à partir de leur niveau de pensée actuel. Ce n’est pas quelque chose que je peux leur dire parce que je n’ai connu que l’échec en utilisant cette approche. Je n’ai jamais été capable de le faire.

Comment dire à quelqu’un que la solution est d’arrêter d’être nécessiteux alors qu’il est tellement dépendant des sentiments de nécessité, d’endettement et d’obligation ?

De toute façon, comment cesse-t-on d’être nécessiteux ? Le besoin est ce que vous ressentez lorsque vous n’êtes pas en harmonie avec le chemin de votre cœur. Par conséquent, pour cesser d’être nécessiteux, commencez à faire une chose incompatible avec le fait de se sentir nécessiteux. Commencez à donner. Commencez à contribuer. Faites du bénévolat. Ayez une intention pure, écoutez votre inspiration, et agissez immédiatement à partir de votre inspiration.

Faites le contraire de ce que font les gens nécessiteux. Faites ce que vous feriez si vous étiez déjà dans une situation de grande abondance.

Pureté de l’intention

Si vous deviez créer votre propre acte de réalignement, que serait-ce ? Lorsque vous sortez du chemin de votre cœur, quel est le moyen le plus rapide pour y retourner ?

Commencez par avoir une intention pure. Ayez l’intention d’accomplir un acte désintéressé de contribution et de don. Invitez l’inspiration à venir vers vous et à couler à travers vous, comme si vous syntonisiez le signal d’une station radio. Décidez d’agir sur votre inspiration sans hésitation. Faites de votre mieux pour libérer tout sentiment de nécessité ou d’attente. Mettez quelques heures de côté pour cette action. Pendant ces heures, vous vous engagez à vous élever au-dessus de la mesquinerie, de l’égoïsme, du besoin et de la peur. Que ce soit un temps d’élévation pour vous. Vous pouvez toujours retourner au sentiment de besoin plus tard.

Laissez votre esprit déambuler pendant un certain temps. Ne vous forcez pas, ne vous précipitez pas non plus. Quand vous vous sentirez prêt, laissez le flux de l’inspiration vous alimenter et vous illuminer. Permettez-lui de parler à travers vous, d’écrire à travers vous, de se déplacer à travers vous.

Remarquez à quel point il est bon d’agir à partir d’une telle pureté d’intention. Il n’y a pas de nécessité ici, pas de dette, pas d’obligation, pas d’inquiétude. Remarquez que vous pouvez toujours revenir à cet acte pur de réalignement autant que vous le souhaitez. Quelle que soit la forme qu’il prend, c’est à vous de lui faire appel quand vous le désirez. Peu importe à quel point vous vous éloignez du chemin de votre cœur, vous pouvez toujours y revenir.

L’alignement est la solution

Vous n’avez aucune dette existentielle à payer, mais vous avez une existence à expérimenter. Vous pouvez vivre cette expérience en végétant dans la nécessité, la peur et l’inquiétude, ou vous pouvez améliorer cette expérience grâce au flux et à l’alignement.

Je pense que vous découvrirez tout comme moi, que cette expérience de l’alignement est aussi un beau chemin pour en finir avec la dette, l’obligation et le manque.

Vous n’avez pas à payer votre dette existentielle ou votre dette financière avant de pouvoir commencer à contribuer à quelque chose. Le chemin de votre cœur n’est pas quelque chose à remettre à une date ultérieure lorsque vous êtes enfin au bon endroit pour le faire. Le chemin de votre cœur est la solution idéale à vos problèmes actuels. C’est même ce chemin qui vous amènera à sortir de l’endettement et à commencer à apporter votre contribution au monde.

Il n’y a rien que vous devez faire avant de pouvoir apporter votre contribution. Vous pouvez impacter positivement la vie des gens là où vous êtes maintenant. J’ai écrit mon premier article quand j’étais en faillite. Vivre dans le manque semble être un souvenir lointain maintenant, et mon chemin pour sortir du manque a commencé avec une pure intention, combinée à une décision apparemment absurde de faire le contraire, d’éviter de végéter dans la pauvreté.

Le fait de végéter dans la pauvreté vous avantage-t-il ? Est-ce que cela vous apporte les résultats que vous désirez ? Cela vous a-t-il accordé une vie remplie de joie et d’abondance ? Si ce n’est pas le cas, il est peut-être temps d’essayer de faire le contraire pendant un moment.

Si cette réponse ne vous convient pas, ma deuxième meilleure réponse, c’est de devenir un criminel. Toutefois après avoir moi-même essayé les deux solutions, je pense que le chemin de votre cœur est la solution la plus facile.

Note : cet article est une traduction de l’article Do You Owe The World Anything? de Steve Pavlina. C’est donc lui qui s’exprime dans le « je » de cet article !

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