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Le développement personnel pour les gens intelligents

Bénévolat

Note : cet article est une traduction de l’article Volunteering de Steve Pavlina. C’est donc lui qui s’exprime dans le “je” de cet article !

Argent et conscienceBeaucoup de gens disent que faire du bénévolat est une super façon d’ouvrir votre cœur à de nouvelles expériences. Je suis totalement d’accord.

Quand j’étais au lycée, j’ai fait du bénévolat dans deux endroits différents, apportant mon aide environ 50 heures à chaque fois.

Travailler avec des personnes âgées

Le premier endroit était une maison de repos près de l’aéroport de Los Angeles. Je devais avoir 16 ans, parce que c’était peu après à cette époque que j’ai appris à conduite. J’ai servi d’assistant à une femme qui gérait l’endroit. Cette femme était une vraie pile électrique.

J’ai aide à faciliter diverses activités avec les personnes âgées du lieu, dont les jeux et les évènements sociaux. Parfois je parlais avec les gens en face-à-face dans leur chambre. D’autres fois je promenais les gens en fauteuil roulant pour leur « exercice » quotidien.

Je me souviens avoir parlé à un type qui avait une carte du monde sur le mur de sa chambre. Il a dit « Pointe n’importe quel endroit sur la carte, et je t’en parlerai. » J’ai indiqué différents pays, et il m’a raconté ses voyages, certains pendant la seconde guerre mondiale. J’ai adoré ça. Il m’a un peu rappelé mon grand-père, qui était stationné en Allemagne pendant la guerre.

Globalement, j’ai beaucoup appris de cette expérience, mais honnêtement je n’ai pas aimé ça. La plupart des personnes âgées à cet endroit semblaient seules et déprimées. Certaines étaient inamicales, renfermées et amères, et elles ne voulaient clairement pas être là. Quelques-unes semblaient mentalement instables. On m’a dit de faire attention de garder mes distances avec au moins une personne là-bas.

Les employés semblaient surchargés et démotivés. Je n’ai pas non plus compris pourquoi ils voulaient être là. J’imagine que ce n’était qu’un emploi pour eux. Autant que je puisse en juger, il ne semblait y avoir aucun sentiment de but supérieur dans le fait qu’ils soient là.

Souvent le staff traitait les personnes âgées comme des gosses. C’était triste à voir, mais à l’époque, je ne pouvais que me dire qu’ils savaient ce qu’ils faisaient.

Pendant la période que j’y ai passé (les vendredi après-midi pendant plusieurs mois), je ne me souviens pas avoir vu la moindre visite de membres de leur famille, mais je pourrais ne pas l’avoir remarqué parce que je n’étais généralement pas du côté de l’accueil. Mais on peut dire sans risque que les gens dans cette maison de repos n’avaient pas beaucoup d’interaction sociale avec des gens autres que ceux du staff et les autres résidents. Et certains d’entre eux n’aimaient pas d’autres résidents ou des membres du staff.

La plupart des personnes âgées là-bas étaient passives. Elles suivaient simplement le programme et ne résistaient pas. Pour moi, ce manque de volonté indépendante était une des choses les plus difficiles à voir. Je pouvais mieux comprendre les gens dont les émotions étaient exacerbées par moments.

Peut-être que la plus grande leçon pour moi a été que je ne voulais pas finir ma vie de cette manière. Cela me paraissait tellement triste que des êtres humains passent leurs dernières années de vie de cette façon. Quasiment aucun des résidents ne faisait quoi que ce soit de sa vie. Ils passaient beaucoup de temps à regarder de vieux films à la télé. J’ai eu le sentiment que tout le monde attendait fondamentalement de mourir. La maison de repos était en fait une cellule de confinement avant de plier les bottes. Une fois que vous y êtes inscrit, vous savez que vous aller en partir les pieds devant.

C’était une expérience très formatrice pour moi parce que cela m’a fait prendre conscience de ma responsabilité personnelle quant à ma santé à long terme – jusqu’à la tombe. Certaines choses pourraient être hors de contrôle, mais la plupart de ces personnes âgées n’avaient pas vraiment besoin de finir là. Si elles avaient assumé 100% de la responsabilité de leur santé depuis leur jeune âge, la plupart auraient pu être physiquement et mentalement indépendantes pendant encore des années.

Vous pouvez en vouloir aux familles d’avoir abandonné leurs aînés, mais je ne vois pas les choses comme ça. Je suis d’accord sur le fait que beaucoup d’américains ont beaucoup à apprendre sur la façon de traiter leurs aînés si on compare avec le respect qu’on leur monter dans certaines cultures, mais je pense aussi que le respect doit être gagné. Si vous permettez à votre corps et à votre esprit de s’atrophier à tel point que votre famille préfèrerait payer des milliers de dollars pour que vous deveniez le problème de quelqu’un d’autre, qui est responsable ? La responsabilité finale vous revient. Pensez simplement pendant une minute ou deux à l’endroit où vous mènent vos décisions actuelles vis-à-vis de votre santé. Où en sera votre corps à 70, 80, 90 ans ?

Il se trouve que cette maison de repos a par la suite été épinglée dans la journal local pour des accusation de violations du code de la santé. Je ne connaissais rien aux codes de la santé à l’époque, mais aucun des détails rapportés par le journal ne m’a surpris.

Travailler avec des enfants handicaps

Quand j’avais 17 ans, je me suis engagé comme bénévole dans l’école James McBride de Los Angeles. C’était un centre d’éducation spécialisé pour les enfants avec divers handicaps. Je me suis dit que j’avais déjà travaillé avec des personnes âgées, et que donc je pourrais aussi tenter l’autre extrémité du spectre des âges. Cette fois j’étais assistant de salle de classe pour des enfants en préscolarisation. Les enfants avaient entre 3 et 4 ans environ.

La plupart des ces enfants portaient des casques spéciaux parce qu’ils trébuchaient et tombaient beaucoup. Un enfant avait une paralysie cérébrale et passait la majeure partie de ses journées de cours dans un engin spécial qui soutenait sa tête et son corps. Sans cela, il était incapable de se tenir debout. Il avait l’air un peu émacié parce que ses muscles étaient fortement sous-développés. Il bavait également beaucoup. J’aimais vraiment son esprit – son sourire pouvait totalement éclairer la pièce. Le simple fait de le regarder me forçait à ouvrir mon cœur.

J’ai absolument adoré travailler avec ces enfants. Ils étaient tellement vivants et joyeux ; la façon dont les gens agissent naturellement avant que le conditionnement social ne prenne racine. J’ai aimé les aider à apprendre à tracer des ronds, des carrés, et des triangles. Et ils connaissaient déjà les couleurs mieux que moi. 🙂

Après que les enfants en préscolarisation soient rentrés chez eux, je prenais mon repas, puis je supervisais les activités des récréations avec les enfants de l’école primaire. Cela consistait principalement à les aider à mettre des paniers et à s’assurer qu’ils ne s’attiraient pas d’ennuis. Certains des enfants avaient du mal à gérer leurs émotions, donc il ne leur en fallait pas beaucoup pour les faire exploser et déclencher une bagarre. Je me souviens qu’un enfant trisomique avait du mal à s’entendre avec les autres enfants ; nous devions juste nous assurer que son énergie démesurée était canalisée de façon positive.

Je me souviens encore des noms de certains enfants préscolarisés ; Steven, Candice, Joey et Ricky.

Steven était un garçon brun qui m’a instantané apprécié une fois qu’il a découvert que nous avions le même prénom. Dans ses yeux cela faisait instantanément de nous de grands amis.

Candice était une petite métisse impertinente. Le seul problème était que pendant qu’elle s’en prenait à vous elle perdait souvent l’équilibre et s’affalait. Pour un adulte cela aurait été très embarrassant. Mais Candice se relevait simplement, redressait son casque, et elle continuait à vous harceler sans en être affectée.

C’est marrant de réaliser que ces enfants ont maintenant plus de 20 ans. Je me demande si l’un d’entre eux lit mon blog aujourd’hui. 🙂

Plusieurs années plus tard, Erin a été professeur remplaçant à l’école James McBride. Cette expérience a été un vrai défi pour elle. Mais elle travaillait avec des enfants plus vieux, pas avec les préscolarisés.

Travailler avec ces enfants m’a donné davantage envie d’avoir moi-même des enfants. Avant cela, j’étais clairement une personne qui ne voulait pas d’enfants. Cette expérience ne m’a pas totalement fait changer d’avis, mais cela m’a nettement tempéré sur le sujet.

Regarder mes enfants apprendre les formes et les couleurs m’a rappelé mon expérience à James McBride. Au niveau préscolarisation, la façon « normale » d’apprendre et de jouer ensemble pour les enfants n’est pas si différente du comportement des enfants souffrant de diverses infirmités. Les enfants sont des enfants, et l’acceptation de soi nous vient naturellement. Pour un jeune enfant, gérer une incapacité est simplement la vie. Ce n’est qu’après que la société apprend à ces merveilleux enfants que du simple fait qu’ils sont différents, ils sont cassés d’une certaine façon.

Être normal est surcoté de toute façon. Si vous vivez une vie « normale », votre récompense pourrait être un passage en maison de repos.

Les travaux d’intérêt général

Plus tard, quand j’ai eu des problèmes judiciaires, j’ai fini par faire des travaux d’intérêt général, de façon involontaire et imposée par la cour. C’était totalement différent parce que je ne voulais pas vraiment être là. La plupart du temps, je ramassais les déchets à la marina d’Emeryville.

En janvier, Erin et moi avons passé quelques jours à Emeryville (juste à l’est de San Francisco en passant le Bay Bridge), et j’ai fait une promenade matinale à la marina. La parc où j’avais fait mes travaux d’intérêt général était toujours là, et j’ai vu des gens aux habits orange ramasser les déchets tout comme je l’avais fait, quand j’étais deux fois moins âgé. Aucun d’eux n’avait l’air de vouloir être là non plus. J’aurais dû aller voir l’un deux et demander « Tu dois sûrement avoir des histoires intéressantes à raconter. As-tu déjà pensé à faire une carrière de blogueur ? » 🙂

Quand vous rendez service avec le cœur et l’esprit fermés, l’expérience est totalement différente comparé à ce que vous faites quand vous le voulez vraiment.

Les bienfaits du bénévolat

Je recommande fortement de faire du bénévolat, en particulier si vous n’en avez jamais fait. C’est une super façon d’ouvrir votre cœur et de vous sentir plus connecté aux gens. Si vous vous sentez isolé, déconnecté, incompris, ou seul, alors le bénévolat peut clairement aider. Vos plus grands problèmes dans la vie paraîtront tous assez mineurs quand vous serez face au sourire à faire fondre le cœur d’un enfant atteint de paralysie cérébrale.

Beaucoup de gens ont découvert de nouvelles opportunités de carrière en devenant bénévoles. Si vous voulez travailler dans un certain domaine, quelle meilleure façon de commencer que d’y investir quelques heures par semaine gratuitement ? Et si vous n’avez aucune idée de ce que vous voulez faire dans la vie, soyez bénévole dans différents endroits pour voir ce qui vous plait le plus. Vous apprendrez énormément, vivrez des expériences de valeur, et vous vous ferez de nouveaux amis et contacts.

Servez-vous du bénévolat pour affronter certaines de vos peurs. Poussez-vous à évoluer. Êtes-vous à l’aise avec des enfants ou des gens sans-abri ? Que ressentez-vous vis-à-vis de la violence conjugale ? Évitez-vous les gens qui sont en train de mourir ? Vous pouvez utiliser le bénévolat pour affronter vos peurs de front, et les remplacer petit à petit par de plus grandes vérités.

Ce qu’il y a de bien avec la plupart des travaux de bénévolat, c’est que vous pouvez arrêter quand vous voulez, donc vous n’êtes pas obligé de vous engager à long terme.

Le bénévolat est une activité, mais c’est aussi une attitude. Vous êtes là uniquement pour donner. Évidemment vous tirerez quelque chose de cette expérience, mais c’est bien de simplement vivre le fait d’aider les gens sans avoir besoin ou sans attendre quoi que ce soit en retour.

Le bénévolat tout au long de votre carrière

Faites de votre mieux pour avoir la même attitude dans votre carrière. Travaillez parce que vous le voulez, pas parce que vous le devez. Travaillez comme une personne libre qui choisit de travailler, pas comme un esclave qu’on force à travailler. Et quand vous êtes au travail, mettez-y tout votre cœur. Ne laissez jamais votre âme à la maison quand vous allez au travail.

J’ai écrit cet article parce que c’était une chose que je voulais partager avec vous, pas parce que j’avais besoin ou que j’attendais quelque chose de votre part. Ma motivation pour écrire est venue du désir, pas de l’obligation. Vous êtes libre de lire cet article, d’y réfléchir, et de ne pas me payer un centime pour ça. C’est un cadeau.

Je déteste penser à ce que deviendrait mon travail si je sentais que j’étais obligé de le faire, comme des travaux d’intérêt général. Si vous travaillez parce que vous sentez que vous devez travailler pour gagner de l’argent, vous empoisonnez ce que vous créez. Vous n’obtenez pas des chefs d’œuvre en fouettant un esclave et en lui disant « Tu vas être plus créatif oui ?! »

Se lancer

Je vous recommande de faire une chose qui vous pousse à travailler avec des gens en face à face et non en restant assis dans une pièce tout seul à trier des dossiers. Si vous êtes bénévole dans un foyer de sans-abri par exemple, demandez à travailler directement avec les personnes, même si vous ne faites que leur servir de la nourriture. Mettez tout votre cœur dans l’expérience.

Si votre vie est une lutte, si vous vivez une série de coups durs, s’il vous semble que le monde ne se soucie plus tellement de vous, alors c’est le moment d’agir. Le monde attend que vous disiez « Je t’aime » en premier.

Quelques heures dans un après-midi est tout ce qu’il faut à votre vie pour lui donner une toute nouvelle direction.

Crédits photo : © okolaa – Fotolia

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