130 jours de congé par an

Jours de congéPouvez-vous en toute conscience admettre que lorsque vous passez 8 heures, voire plus, dans votre bureau, vous ne réalisez qu’une ou deux heures de travail réel et significatif ? Combien de jours de ce genre vous faut-il pour accepter qu’il est grand temps que vous revoyiez sérieusement votre motivation, votre conduite et l’objet de votre concentration ?

Quelle est la solution ? Dans de nombreux cas, une bonne solution est de vous accorder plus de temps libre. Bien souvent cette approche n’est pas intuitive, mais elle fonctionne.

Une raison simple expliquant cela est que lorsque l’on semble avoir beaucoup de temps de travail, il est facile de le gaspiller. Le pseudo-travail improductif se glisse dans chacune de nos journées… jusqu’à ce que la plus grande partie de chaque jour ne soit pas focalisée sur nos activités génératrices de plus-value.

130 jours de congé par an

Dans son livre Le succès selon Jack, Jack Canfield recommande de prendre 130 à 150 jours de congé par an. Une journée libre signifie de minuit à minuit (toutes les 24 heures), vous ne travaillez pas du tout. Vous ne consultez aucun courriel relatif au travail. Vous ne consultez pas de médias sociaux. Vous ne passez pas du temps à réfléchir aux problèmes liés au travail. Vous ne touchez à aucune activité liée au travail, sauf en cas d’extrême urgence.

Lorsque vous avez trouvé un travail qui vous passionne, il est si facile de laisser les activités liées à votre travail se répandre dans votre quotidien, y compris même ces fameux jours de congé. Je suis autant coupable de cela que n’importe quel autre entrepreneur. Je trouve particulièrement difficile de ne pas travailler étant donné que je suis dans le domaine du développement personnel. Mon travail et ma vie personnelle sont déjà entremêlés, et j’ai la possibilité de travailler depuis n’importe où.

Vous vous demandez peut-être : Que feriez-vous avec 130 à 150 jours de congé chaque année ? Sans travail pour occuper le temps, qu’est-ce que vous êtes censé faire à la place ? Regarder la télé ? Jouer à des jeux vidéo ? Faire de la randonnée ?

Si vous avez du mal à imaginer comment utiliser autant de temps, vous n’êtes pas le seul. Prendre autant de jours de repos exige d’explorer et d’exprimer des parties complètement différentes de votre personnalité, des parties de vous qui ne s’expriment pas de manière frappante à travers votre carrière. Il ne s’agit pas simplement d’un arrêt de travail, c’est surtout un véritable investissement dans le but d’avoir une vie.

Afin de m’accorder plus de temps libre, j’ai dû ouvrir de tout nouveaux fils d’exploration pour moi-même. Certains de ces fils comprennent les voyages, les relations et de nouveaux passetemps.

Avec ma première entreprise, que j’ai lancée au début de la vingtaine, je pensais que travailler dur était la clé du succès. J’allais souvent à mon bureau pendant les weekends. Parfois, je travaillais jusqu’à ce que l’équipe de nettoyage arrive. Je leur disais d’ignorer mon bureau, et je continuais à travailler jusqu’à ce que je ne sois plus en mesure de me concentrer, puis je dormais quelques heures à même le sol sous un bureau, et je reprenais le travail une fois réveillé. Je pensais que c’était cela être productif, mais au fond de moi, je savais que si j’étais plus concentré, j’aurais pu faire le même travail en beaucoup moins de temps.

À l’époque, mes vacances se limitaient à de rares voyages de trois jours, peut-être quatre au mieux. Je me rendais généralement à des endroits qu’il était possible de rallier en voiture. C’étaient des pauses agréables, mais elles n’étaient pas suffisamment longues pour me permettre de prendre du recul par rapport à mon entreprise, d’avoir une vie et d’acquérir une nouvelle perspective. Ces vacances me donnaient l’impression de quitter mon travail, mais je ne comblais pas ce vide avec quelque chose de valable… J’appuyais juste sur pause. Si j’avais pris plus de temps libre, par exemple quelques semaines de suite, j’aurais probablement évité de nombreux revers que j’ai eu à endurer.

Je ne suis pas encore au niveau de la recommandation de Jack en ce qui concerne les 130 à 150 jours de congé, mais je m’en rapproche progressivement. Je perçois la pertinence de sa recommandation. Je vois à quel point je suis plus productif quand j’arrête d’essayer de travailler tout le temps. Je vois combien il est important d’abandonner complètement le travail pendant un certain temps.

Cette année, j’ai moins écrit et j’ai également donné moins d’allocutions que d’habitude. J’ai fait moins d’affaires. Au lieu de cela, j’ai investi des centaines d’heures dans mes projets personnels. J’ai acquis de nouvelles compétences. Je lis plus de livres que d’habitude. Toutefois, sur le plan financier, mon entreprise n’a pas eu à en souffrir. En fait, c’est même l’année où j’ai réalisé le plus de bénéfices bruts sur les quatre dernières années. J’ai certes pris part à moins de projets, mais ceux que j’ai réalisés ont eu plus de succès. J’ai gagné plus en travaillant moins.

Investir dans votre vie

J’ai récemment passé en revue le bilan financier de plusieurs années pour évaluer combien j’ai dépensé en voyages. J’ai remarqué que je dépense généralement entre 1% et 3% de mes revenus en frais de voyage chaque année, sans compter la nourriture. J’ai le souvenir que l’année pendant laquelle j’ai dépensé 3% de mon revenu dans les voyages était beaucoup plus amusante et motivante que l’année où je n’ai dépensé que 1,1%.

Mes propres données me prouvent que je suis toujours avare quant à mon budget consacré aux voyages. Je voyage certes beaucoup plus qu’avant, mais je n’y ai pas investi autant que possible. C’est en partie parce que beaucoup de mes frais de voyage sont payés par d’autres personnes, comme lorsque je prends la parole lors d’évènements organisés par d’autres gens. Pourtant, je pourrais certainement y investir davantage, d’autant plus qu’il s’agit pour moi d’une activité à forte valeur ajoutée et génératrice de croissance.

Je vous encourage à jeter un coup d’œil à vos bilans financiers et à voir sur quoi vous investissez votre argent. Combien investissez-vous réellement pour avoir une vie ?

Évidemment, l’argent n’est pas la seule forme d’investissement, mais il y a beaucoup de données à examiner lorsqu’il s’agit des dépenses.

J’ai constaté que je dépense une grande partie de mes revenus pour des choses qui ne me semblent pas particulièrement excitantes. Si je tire plus de joie et d’expériences de croissance en étant sur la route qu’à la maison, pourquoi est-ce que j’effectue plus de dépenses relatives à la maison ? J’ai hérité de ce genre de priorisation de mes parents et je l’ai maintenu pour de nombreuses années, mais lorsque je me penche consciemment sur la question, je peux facilement admettre que je n’ai pas besoin d’une maison, d’une voiture ou d’autres fioritures de ce mode de vie hérité.

Que se passerait-il si vous preniez vos dépenses non inspirées et que vous les transfériez vers des activités plus inspirantes ? Et si vous remettiez en question la façon dont vous définissez les nécessités de votre vie ? Le loyer ou l’hypothèque sont-ils véritablement nécessaires ?

Et si vous appliquiez la recommandation de Jack à l’argent plutôt qu’au temps ? Cela équivaudrait à dire : Dépensez au moins 35% de votre revenu pour avoir une vie.

Essayez de calculer 35% de votre revenu brut et obtenez un chiffre. Imaginez maintenant qu’il vous est imposé de dépenser au moins autant d’argent chaque année sur des articles et des activités qui apportent une réelle valeur et un sens à votre vie. Imaginez devoir dépenser autant pour le plaisir, l’aventure et les expériences de croissance — pas pour les besoins de survie, de sécurité, de travail, etc.

Comment dépenseriez-vous autant d’argent ? Où l’investiriez-vous ?

Remettre en question vos priorités en matière de dépenses

Une question peut-être encore plus intéressante à vous poser est la suivante : Pourquoi n’investissez-vous pas déjà plus d’argent pour améliorer votre qualité de vie et vivre des expériences de croissance ?

Une réponse fréquente est : je ne peux pas me permettre ce luxe. Je suis trop fauché (ou trop endetté). J’aimerais bien dépenser plus pour avoir une vie, mais je n’ai simplement pas les moyens de le faire maintenant. Pauvre de moi !

Cela fait beaucoup penser à l’entrepreneur qui se plaint de l’incapacité de prendre congé un temps de son travail. C’est peut-être ce raisonnement qui pose problème. Une fois que vous vous accordez la permission d’avoir une vie quoi qu’il arrive — et d’accompagner votre décision avec un investissement significatif de votre temps et de votre argent — alors vous pourriez constater (comme les gens le font souvent) que votre élan et votre motivation augmentent de façon significative. Cette meilleure concentration permet de gagner facilement plus d’argent et d’économiser du temps d’une manière qui compense largement votre investissement.

Si vous dépensez tout votre argent pour couvrir vos besoins de base, cela ne va-t-il pas être financièrement démotivant à long terme ? Si votre argent sert principalement à payer vos dépenses courantes, comment vous sentiriez-vous inspiré à en gagner plus ? Il semble plus probable que vous adopterez le point de vue selon lequel l’argent serait un mal nécessaire ou une obligation plutôt qu’une source potentielle de plaisir et de croissance. Pourquoi voudriez-vous gagner plus si vous n’associez l’argent qu’à la survie et aux nécessités ?

Jetez un coup d’œil à vos données. Où va réellement votre argent ? Dépensez-vous vraiment TOUT, rien que pour les nécessités de survie ? En dépensez-vous une partie d’une manière qui ne vous inspire pas ? Et si vous supprimiez certaines dépenses ? Je parie que la plupart du temps, si vous regardez d’assez près, vous constaterez que même lorsque vous arrivez à peine à joindre les deux bouts, bon nombre de vos dépenses ont une utilité douteuse pour vous.

Posez-vous la question de savoir quelles dépenses une personne qui gagne 2 $ par jour considèrerait-elle comme essentielles. Le loyer ? Le carburant ? Dépensez-vous uniquement de l’argent pour acheter l’essentiel pour la nutrition ? Tout comme une personne débordée par le travail qui perd du temps à cause d’un manque de concentration, est-il possible que vous gaspilliez de l’argent par manque de concentration ? Dépensez-vous de l’argent parce que vous pensez que vous devez le faire ? Quelqu’un sur cette planète considèrerait-il vos nécessités comme du luxe ?

Je me pose ces mêmes questions depuis un certain temps, me demandant quel effet cela aurait sur mon mode de vie d’apporter de sérieux changements à la façon dont je dépense régulièrement mon argent. Et si je prenais tout l’argent que je dépense dans l’entretien de ma maison, et que je l’investissais dans des voyages continus, par exemple ?

Et si je définissais une maison comme un gaspillage extravagant ? Et si je définissais le voyage continu comme étant un besoin de mode de vie ?

Entrer dans l’inconfort

Imaginez que vous êtes contraint d’investir 35% de vos journées et 35% de votre revenu dans des activités et des expériences qui améliorent votre qualité de vie. Votre temps libre ne peut pas être juste caractérisé par un simple arrêt de travail. Vos dépenses personnelles ne peuvent pas être uniquement liées aux distractions.

Où investiriez-vous ce temps et cet argent ?

Peut-être que si vous n’avez aucune idée à ce niveau, cela pourrait expliquer le fait que le temps et l’argent semblent vous glisser entre les doigts. Peut-être que l’abondance vous évite jusque-là parce que vous n’avez pas trouvé une raison impérieuse de la rechercher. Comme l’écrivait Anais Nin, « La vie se contracte ou s’étend en fonction du courage de chacun ».

Sachez qu’attendre d’avoir plus de temps et plus d’argent pour entamer les démarches est une approche stupide. Cet état d’esprit de temporisation est un piège sans fin parce que chaque jour devient un report, à l’infini. Vous continuerez donc simplement de reporter les choses jusqu’à ce que vous mouriez. Le seul moment viable pour commencer à investir, c’est maintenant. Le seul moment où vous pouvez faire un vrai changement, c’est maintenant. Si votre réponse n’est pas maintenant, alors sachez que vous dites jamais.

Donnez à l’abondance une raison de venir à vous. Montrez-lui que vous gérez intelligemment le temps et l’argent que vous avez déjà, en investissant dans des expériences de vie qui ont du sens pour vous. Réalisez que l’absence de cette dévotion est très dommageable parce qu’elle tue votre motivation et réduit votre efficacité.

Ma vie a pris une toute nouvelle tournure lorsque j’ai pris l’engagement d’en profiter et d’apprécier tout ce qu’elle m’offrait, même lorsque j’étais fauché. Au moment où j’ai pris cet engagement, je ne savais pas que cela améliorerait aussi mes finances. Je me suis engagé principalement par désespoir, car lutter pour gagner de l’argent n’a jamais fonctionné avec moi. Une fois que j’ai réalisé qu’il était possible de créer une vie amusante, pleine de sens et orientée vers la croissance, peu importe les revenus ou les dettes, j’ai cessé de relier l’argent à tant de besoins. Gagner de l’argent est donc devenu une forme de jeu plutôt qu’une source de stress. Aujourd’hui encore, je considère les affaires comme une forme de jeu, et je sais que beaucoup d’autres entrepreneurs ressentent la même chose.

Être sur ce chemin, c’est un peu comme éplucher un oignon. Il y a toujours une autre couche à explorer. Au début, j’aimais avoir la liberté de choisir mes propres projets ; avoir un contrôle créatif était très important pour moi. Dans une autre phase, j’ai vraiment commencé à faire du réseautage ainsi que des affaires gagnant-gagnant avec d’autres personnes. Ces jours-ci, je me sens déterminé à simplifier ma vie, afin de pouvoir passer plus de temps à vivre de nouvelles expériences.

Que signifient investir son temps et son argent judicieusement ? Quels sont vos véritables besoins ?

Vos investissements ont-ils été choisis en toute connaissance de cause ? Sont-ils en phase avec vos valeurs actuelles ? Ou plutôt vous a-t-on imposé des priorités héritées qui ne vous inspirent pas ?

Vous pouvez investir votre temps et votre argent comme bon vous semble. Vous n’avez pas besoin de suivre le même modèle que celui de vos parents, surtout si vous pouvez créer quelque chose de meilleur. Les alternatives peuvent sembler un peu effrayantes à première vue, mais c’est cela la nature de l’exploration au-delà de votre zone de confort.

Si vous vous rendez compte que vous n’êtes pas sur la bonne voie, il est peut-être temps de rééquilibrer vos investissements en temps et en argent. Je pense que vous constaterez, comme moi, que même s’il vous faut de nombreux mois pour faire la transition, le simple fait de commencer peut libérer en vous une nouvelle énergie et une motivation puissante.

N’attendez pas un jour. Un jour n’arrivera jamais.

Note : Cet article est une traduction de l’article 130 Days Off Per Year de Steve Pavlina. C’est donc lui qui s’exprime dans le « je » de cet article !

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