11 années de croissance

croissanceDans le cadre du projet de mise à jour de mon site web, j’avais prévu de passer une journée environ à nettoyer les deux premières années de mon blog (de 2004 à 2006). J’ai commencé à bloguer en 2004 avec WordPress version 1.x. À l’époque, le blogging était encore une nouveauté, et donc je n’avais aucune certitude quant aux véritables possibilités qu’offrait cette activité.

Durant ces années, j’utilisais le blog de la même façon que beaucoup de gens utilisent les médias sociaux aujourd’hui. C’était un canal par lequel je partageais les dernières nouvelles avec des amis. Ces premières années étaient pleines de publications avec des liens rompus, des ressources qui ne sont plus disponibles et des annonces temporaires sans valeur durable.

Avec le temps, j’ai commencé à publier des articles directement sur mon blog, et depuis je me suis consacré à la rédaction d’articles intemporels.

Dans le cadre de cette mise à jour, j’ai voulu mettre de l’ordre dans les archives en gardant les bonnes choses et en me débarrassant de ce qui est inutile.

Après avoir supprimé le contenu des deux premières années, j’ai décidé de continuer. J’ai passé plus d’une semaine à faire ce même tri sélectif avec l’ensemble des archives (plus de 11 ans d’archives). J’ai supprimé plus de 100 publications. Il s’agissait pour la plupart d’annonces assorties d’échéances telles que des rappels pour des ateliers, des promotions expirées depuis longtemps, etc. J’ai également retravaillé plusieurs de mes anciennes publications pour leur donner un style plus cohérent, et corriger de nombreuses erreurs de format. Ainsi, les nouvelles archives seront beaucoup plus nettes.

Certaines personnes pourraient estimer qu’il est plus judicieux de conserver ces anciennes publications en raison du trafic supplémentaire qu’elles pourraient générer, mais en temps normal, ce n’est pas le genre de publications que les gens voudraient consulter ou rechercher, alors je pense que leur impact sur le trafic sera très faible.

Pour cette mise à jour, ma priorité absolue a été d’améliorer la facilité d’utilisation de mon site. Il va sans dire que des archives moins encombrées rendent le site plus facile à utiliser. Au lancement du nouveau site, il y aura moins de problèmes à gérer.

Revue de la dernière décennie

J’ai certes ressenti beaucoup de plaisir à faire ce ménage, mais une fois lancé, j’ai compris que le travail était bien plus difficile que je ne le pensais. Imaginez-vous en train de passer en revue les 11 dernières années de votre vie, vous rappelant de chaque projet de travail important, de chaque expérience de croissance personnelle, de chaque expérience de voyage, etc. Cela fut émotionnellement intense.

C’était la première fois que je passais en revue l’ensemble du blog depuis que je l’ai lancé. Cela m’a donné une vision sur l’activité que je n’ai jamais eue jusque-là. J’ai vu une grande partie de ma vie en dehors du temps, avec différents fils qui s’y faufilent comme sur une tapisserie. J’ai vu comment de petites semences plantées au cours d’une année ont fini par occuper une place importante dans ma vie des années plus tard. Je me souviens qu’un jour j’ai participé à un concours organisé par l’association Toastmasters où il fallait tenir un discours de 7 minutes devant un public. Quelques jours plus tard, j’organisais mon premier atelier de 3 jours. Peu de temps après, je donnais un discours à un évènement qui se déroulait sur le plan international. À présent, j’organise beaucoup plus d’ateliers. J’ai visionné cette succession d’évènements en dehors du temps et j’ai constaté que l’intention et la réalité ne faisaient qu’un.

Pendant cette période de révision, j’ai fait des rêves intenses les nuits, car mon esprit a eu à créer de nouvelles connexions entre des évènements de ma vie comme il ne l’avait jamais fait par le passé. J’ai vu des liens entre les idées et les intentions que j’avais en 2007 se concrétiser en 2013. J’ai vu des objectifs être atteints d’un coup et d’autres échoués dans un premier temps avant d’être atteints sous différentes formes par la suite. Je me suis réveillé chaque jour, au cours de cette période, avec le sentiment d’être une nouvelle personne.

Quand j’ai terminé, je me suis posé les deux questions que voici :

  1. Quelle a été ma plus grande expérience de croissance au cours de ces 11 années ?
  2. Quelle a été ma plus grande leçon de croissance au cours de ces 11 années ?

De précieuses expériences de croissance

Pour répondre à la première question, j’ai commencé à émettre des réponses que j’ai comparées. Je me demandais sans cesse s’il m’était demandé de ne conserver qu’un seul changement de ma vie au cours des 11 dernières années pendant que tous les autres aspects de ma vie revenaient à leurs états de 2004, lequel conserverais-je ?

Ma réponse pourrait vous surprendre. En fait, j’ai moi-même été surpris.

Au départ, je me suis dit que la plus grande expérience de croissance que j’ai connue, c’était d’avoir écrit et publié un livre. Finalement, j’ai conclu que cette expérience fait sans doute partie de mon top 5, mais elle n’occupe certainement pas la première place.

J’ai aussi pensé qu’il pourrait s’agir du fait d’avoir appris à m’exprimer en public. Cela fait certes partie de mon top 5, mais ce n’est toujours pas le n° 1.

Alors si ce n’est aucun des deux éléments susmentionnés, qu’est-ce donc ? S’agit-il du fait d’avoir créé une entreprise de développement personnel à succès ? Est-ce le fait d’avoir voyagé dans le monde, expérimenté des relations libres ou renoncé aux droits d’auteur sur mes travaux ? Je suis reconnaissant pour toutes ces expériences, mais aucune ne constitue mon numéro 1.

Le seul changement de ces 11 dernières années que je considère comme étant le plus important à mes yeux, c’est mon divorce. Si je ne devais conserver qu’un seul changement de ces 11 dernières années, je choisirais sans hésiter mon divorce au détriment de tous les autres changements — oui, au détriment du blog, des livres, des conférences, des voyages et tout le reste.

Je n’aurais peut-être pas choisi cette réponse si en amont je n’avais pas passé en revue le blog. En réalité, le fait de relire mes anciennes publications de 2004 à 2009 m’a rappelé la personne que j’étais lorsque j’étais marié. Je me suis souvenu de toutes les fois où j’ai dû non seulement faire des compromis, mais aussi la moitié du chemin pour préserver mon mariage et maintenir une bonne ambiance en son sein.

Les publications de l’année 2009 ont été les plus difficiles à passer en revue. En effet, c’est cette année-là que j’ai finalement acté mon divorce ; en octobre 2009 pour être précis. Je me sentais stressé en relisant mes explorations de cette année, car j’étais encore marié.

Par contre, une fois arrivé sur les publications de 2010 et au-delà, je me suis senti beaucoup plus léger. La lourdeur avait disparu. Je me suis souvenu à quel point c’était agréable d’être de nouveau en phase avec mon intuition et de me libérer de tout ce qui m’empêchait d’aller de l’avant.

L’année qui m’a procuré le plus de plaisir fut 2013. Au cours de cette dernière, j’ai beaucoup voyagé et visité plusieurs pays pour la première fois, animant des conférences sur le mode de vie et les relations. Ce fut une année d’apprentissage et de croissance libre et passionnée, mêlée d’aventure et de plaisir. Au cours de cette année, j’ai fait plusieurs nouvelles expériences, et j’ai beaucoup élargi ma zone de confort. J’ai commencé à me sentir chez moi dans d’autres pays.

Une autre expérience de croissance qui m’est également précieuse est d’avoir passé 30 jours à apprendre la musique et à composer quelques chansons simples avec Garage Band, un logiciel d’enregistrement et de création musicale. Même si cela n’a duré qu’un mois sur un ensemble de 130 mois, il n’en demeure pas moins que je chéris particulièrement cette expérience. Je n’avais jamais été un amateur de musique avant cela, et le fait de finalement me pencher dessus pour en apprendre les rudiments fut une expérience enrichissante. J’ai réécouté quelques-unes de mes anciennes chansons et j’ai souri. J’aurais aimé consacrer quelques mois supplémentaires de ma vie à un moment donné pour m’investir dans la composition musicale.

Les leçons de croissance cachées

Qu’en est-il de la seconde question ? Je me suis demandé, si je devrais garder une seule leçon des 11 dernières années, pendant que toutes les autres leçons seraient oubliées, laquelle je conserverais ?

Il s’agit de la leçon suivante : Lorsque je ne parviens pas à créer mon propre chemin de croissance, je me ralentis moi-même et je profite moins de ma vie.

Toutes les fois que je permets aux autres de m’influencer plus que de raison, c’est que je ne parviens pas à créer consciemment mon propre chemin de croissance. Une autre façon d’échouer dans ce sens est d’utiliser l’autopilotage inconscient.

J’ai observé un contraste flagrant entre les fois où je fais des choix indépendamment de l’opinion des autres et qui me font grandir plus vite et les fois où j’ai décidé de suivre la masse et me suis retrouvé à la traine.

Lorsque j’apprenais à m’exprimer en public, c’était bénéfique pour moi de rejoindre à l’association Toastmasters afin d’acquérir des compétences et de l’expérience, et de travailler sur la confiance en moi. Cependant, j’ai grandi beaucoup plus vite lorsque j’ai arrêté de prononcer des discours qui m’avaient été assignés et que j’ai commencé à chercher des occasions de m’exprimer en public sur des sujets de mon choix. J’ai certes appris des autres intervenants chemin faisant, mais j’ai obtenu de bien meilleurs résultats lorsque j’ai brisé les règles et créé le style d’expression qui me convient.

Le domaine de ma vie où j’ai le plus violé cette leçon au cours de la dernière décennie est celui de l’exercice physique. J’ai fait beaucoup d’expérience avec le sommeil, l’alimentation et la désintoxication pendant ces années, et j’ai beaucoup appris. Par contre, je n’ai pas su créer mon chemin. Je me suis régulièrement entrainé pendant ces années, mais c’était surtout des exercices d’entretien routiniers (comme courir le long de la même route encore et encore) associés de temps en temps à des programmes élaborés par d’autres personnes comme P90X et Insanity auxquels j’ai participé pendant quelques mois.

Mes meilleures années sur le plan physique sont celles où je me suis volontairement poussé à vivre de nouvelles expériences physiques. C’était entre 1996 et 1999. Pendant ces années, j’ai pratiqué la course de distance et le Tae Kwon Do. Je vivais au bord de la plage et je suis tombé amoureux de l’ambiance « fitness » qui y régnait. Je courais dans le vent et sous la pluie. Je courais même quand j’étais malade. J’ai continué d’établir de nouveaux records personnels. J’aimais particulièrement m’entrainer au Tae Kwon Do.

Cependant, au cours des 11 dernières années, mes habitudes d’entrainement ont surtout été caractérisées par la routine. Les matins, je vais souvent courir pour commencer ma journée. Lorsque je fais régulièrement des exercices j’ai les idées beaucoup plus claires et je suis plus heureux. S’entrainer fait du bien. Je remarque toujours une baisse de mes facultés mentales chaque fois que je me relâche.

C’est un domaine de ma vie où je me suis laissé aller. Cela me fait penser à ces gens qui rejoignent Toastmasters, et qui, dix ans plus tard continuent d’avoir les mêmes discours de 7 minutes. Ils progressent beaucoup pendant la première année, mais ensuite ils font du surplace. Ils ont laissé les limites de Toastmasters devenir les leurs. Ils disent vouloir devenir des professionnels, et cinq ans plus tard, ils en sont toujours à ce point, mais ils se sont fait une belle collection de trophées remportés au cours de concours de discours organisés au sein de ladite association. C’est en gros ce que j’ai moi-même fait en ce qui concerne l’exercice physique. Je me suis mis la pression pendant quelques années pour finir par faire du surplace.

J’aime bien le parcours que j’ai eu en ce qui concerne les allocutions publiques, car je n’arrêtais pas de me lancer de nouveaux défis chaque année. Je constate que je grandis sur ce plan, chaque année. Et cette progression m’amène à avoir plus de plaisir dans ce domaine.

J’étais plus heureux de ma condition physique à l’époque où j’ai connu une progression similaire, comme lorsque je courais chaque fois de plus longues distances ou lorsque je passais une ceinture en arts martiaux. Je me souviens combien j’étais heureux quand j’ai couru plus de 10 kilomètres en deux heures… ou quand j’ai fait un saut latéral à travers deux planches.

À la fin des années 90, l’exercice et le conditionnement physique étaient des activités importantes de ma vie. C’était une expérience de premier plan dans ma vie, au moins aussi importante que mon travail. Même si sur le plan financier, cette période n’était pas intéressante, physiquement, j’étais au top. J’ai volontairement créé mon programme d’entrainement à l’époque. Je ne me suis plus contenté de suivre le programme d’une autre personne, et je n’ai pas non plus fait du surplace.

Embaucher un entraineur personnel peut faire bouger les choses, mais seulement de façon temporaire. Je l’ai fait par le passé. C’était aussi bien amusant que stimulant au départ, mais après un certain temps, nous sommes tombés dans la routine. Chaque fois que je suis le programme d’une autre personne, même s’il s’agit d’un programme assez flexible, je finis toujours par être désynchronisé.

La croissance personnelle sous forme de connaissance de soi

Bruce Lee a déclaré que l’un des avantages de la croissance personnelle, c’est la connaissance de soi. L’entrainement est un voyage spirituel qui vous aide à découvrir qui vous êtes. J’ai ressenti cela à travers d’autres sources de croissance dans ma vie, comme le blogging, les allocutions publiques, les voyages et les relations. Cette prise de conscience que nous sommes embarqués dans un voyage vers la connaissance de soi devient une source de motivation nous incitant à vivre de nouvelles expériences.

J’ai perdu de vue comment associer mon entrainement physique à l’amélioration de la connaissance de soi. Suivre un autre programme d’entrainement ne m’apprend plus grand-chose sur moi-même. Désormais chaque programme que j’exécute me rappelle mes forces, mes faiblesses ainsi que les expériences de croissance que j’ai déjà faites. Je deviendrai plus rapide, plus fort et je serai plus en forme pendant un court laps de temps. Je vais rencontrer des difficultés et les surmonter. Cela est tout à fait prévisible. Je vais m’améliorer physiquement pendant un certain temps, mais les gains spirituels qui en découlent sont faibles, alors cette méthode n’est pas viable pour mon voyage de croissance.

Quand j’étais au lycée, je détestais la course parce que je n’étais pas doué pour cela. Je n’étais pas endurant et je pouvais à peine tenir un kilomètre. Transformer la course en une activité que j’aimais pendant ma vingtaine fut pour moi une expérience de croissance. Le but n’était pas de courir plus loin et plus vite. Je voulais plutôt pouvoir transformer une faiblesse en une force au travers de cette expérience.

M’adonner aux arts martiaux m’a permis de m’épanouir. Je me sentais plus fort et plus puissant dans mon corps. Je me sentais plus en sécurité dans le monde. Je pourrais être blessé, mais cela ne me faisait plus peur. Recevoir des coups de pied dans les côtes était une leçon. Voir du sang couler d’une lèvre fendue était une autre leçon. J’ai appris à faire confiance à mon instinct et à bouger sans réfléchir.

Ma condition physique s’est améliorée lorsqu’une leçon de croissance spirituelle a été ajoutée à l’entrainement. Cela s’est appliqué à tous les domaines de ma vie. Ce n’est que récemment que j’ai trouvé la meilleure formule pour mieux appliquer cette leçon aux autres domaines.

D’une manière ou d’une autre, nos idées cherchent à s’exprimer. Passer en revue la dernière décennie de ma vie m’a révélé que le voyage spirituel intègre tous les domaines de la vie d’une personne — mental, physique, social, financier, etc. Croitre consciemment c’est chercher délibérément à apprendre ces leçons spirituelles pour forger et élever notre être. C’est une chose que nous pouvons faire tous les jours si nous le voulons, et ce sont ces jours-là qui sont au final les meilleurs de nos vies.

Note : Cet article est une traduction de l’article 11 Years of Growth de Steve Pavlina. C’est donc lui qui s’exprime dans le « je » de cet article !

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