Reconception de StevePavlina.com – Partie 1

reconception de son site StevePavlina.comLe présent article est le premier d’une série de 9 articles portant sur le processus que j’ai utilisé pour reconcevoir et relancer mon site StevePavlina.com. Ce projet a pris environ sept mois en tout. Voyez cela comme une profonde autopsie. Je pense que cette série d’articles sera utile à toute personne qui gère une entreprise Web ou un site WordPress ou qui désire créer son propre site. Je fournirai beaucoup de détails sur la façon dont j’ai pris les décisions clés, résolu les problèmes et acquis les compétences nécessaires pour mener le projet du début à la fin. Vous verrez aussi comment j’ai utilisé les principes universels de la croissance personnelle pour guider mes décisions et mes actions, surtout lorsque mes compétences préexistantes étaient inadéquates. Ce sera donc comme un mini-livre gratuit pour vous donner un aperçu d’un projet d’envergure. J’espère aussi qu’en partageant cela, vous serez inspiré de vous attaquer avec succès à l’un de vos grands projets.

Veuillez noter que si vous lisez cette série longtemps après sa date de publication initiale, certains détails que je souligne concernant la conception de StevePavlina.com peuvent être désynchronisés de ce que vous voyez sur le site actuellement. Le site continuera d’être amélioré après la publication de cette série, ainsi certains éléments sont appelés à changer.

Mentalité et motivation

Quand je me lance un nouveau défi, j’aime bien commencer par le principe de la vérité. Cela signifie que je fais de mon mieux pour m’assurer que mes pensées, mes croyances et mes attitudes par rapport à la situation sont ancrées dans la réalité. Parfois, cela signifie faire attention de ne pas inclure mon égo dans le succès d’un projet parce que cela peut mener à la procrastination par le biais de l’évitement de l’échec. Ce principe peut aussi consister à m’assurer que je ne projette pas une peur, des inquiétudes ou une hésitation inutiles sur un défi. Quand je remplis bien cette étape, je parviens à adopter une attitude très réaliste. Je provoque une motivation positive au lieu d’un stress négatif.

Cela me prend peut-être 20 minutes pour évaluer et accepter les vérités intérieures et extérieures au sujet du défi que je me lance. Je le fais d’habitude en tenant un journal à ce sujet.

Commençons par la vérité extérieure. Quand j’ai entamé ce projet, il était assez évident pour d’autres personnes et pour moi-même que mon site Web avait l’air très désuet et avait grand besoin d’une rénovation. Je recevais occasionnellement des commentaires de gens qui me demandaient si mon site Web datait des années 1990. Il a été lancé le 1er octobre 2004 ; ces gens n’étaient donc pas trop loin du compte. Le site n’avait pas un design adapté étant donné qu’il était basé sur un thème daté de 2004, bien avant l’apparition des smartphones et des tablettes.

Le back-end du site était aussi assez désordonné. Il s’agissait d’un mélimélo d’une dizaine de pages HTML codées à la main et de scripts PHP personnalisés combinés à un blog WordPress. Plusieurs pages du site n’étaient pas intégrées à WordPress. J’utilisais un programme Mac appelé Coda pour les éditer et je les transférais par FTP sur le site lorsque je voulais les mettre à jour. Je savais qu’il serait beaucoup mieux d’intégrer tout dans WordPress. Je savais aussi qu’il y aurait beaucoup de travail à faire. Et il ne s’agissait là que d’une infime partie.

Bien que désuet, le site attirait encore un trafic important. StevePavlina.com a eu plus de 100 millions de visiteurs depuis ses débuts, dépassant souvent les 10 millions de pages consultées en un mois. Certains articles en particulier continuaient d’attirer des milliers de visiteurs chaque jour. Les gens venaient sur le site non pas parce qu’il était beau, mais pour le contenu.

Malgré tout, le site était encore très utilisable. Il n’était pas endommagé et il n’y avait aucun bug. Toutefois, tant le front-end que le back-end avaient besoin d’être revus. Parmi les choix que j’ai faits en 2004 en ce qui concerne la conception du site, il y en avait de bons. D’autres choix par contre n’ont pas résisté à l’épreuve du temps.

Le site enregistrait un revenu intéressant depuis le début. Depuis 2006, il rapporte chaque année un revenu de six chiffres, et ce, sans héberger aucune publicité. Bien que l’amélioration de la monétisation du site n’ait pas été un facteur majeur ayant motivé sa reconception, j’ai pensé qu’un site plus moderne attirerait probablement plus de visiteurs réguliers et génèrerait plus de revenus à long terme.

Quant à la vérité intérieure, je me sentais émotionnellement désynchronisé avec l’ancien design. Il a bien servi tout le monde pendant de nombreuses années, et je l’améliorais progressivement de temps en temps, mais je me sentais prêt à aller de l’avant et à le remplacer par quelque chose de plus agréable. Cependant, je me sentais également intimidé par l’ampleur du projet. J’ai donc retardé son exécution pendant des années. Pendant la majeure partie de ces années, j’étais très occupé par plusieurs autres choses, comme organiser des ateliers, traverser un divorce et m’occuper des autres aspects de ma vie et de mes affaires. Par conséquent, j’ai toujours relégué ce projet au second plan, car j’estimais que le site pouvait rester tel quel pendant encore quelques mois. Je n’avais aucune pression directe à améliorer le site.

J’ai également accepté le fait que je n’avais pas les compétences nécessaires pour mener à bien le projet par moi-même. La conception n’était pas mon domaine de prédilection. Je suis aussi daltonien, ce qui complique encore plus la possibilité d’être un bon designer. J’étais convaincu que je pouvais apprendre ce qu’il me fallait apprendre, et j’adore développer de nouvelles compétences, mais je me suis aussi rendu compte que cela exigerait beaucoup de temps et de patience. Je devais améliorer certaines de mes faiblesses.

Je ne pensais pas qu’il serait sage de s’attaquer à un tel projet de façon décousue en essayant de faire de petites améliorations au fur et à mesure. Le site avait vraiment besoin d’être restructuré à partir de zéro, et non d’être amélioré progressivement. Je me suis dit que la meilleure approche serait d’aborder ce projet en m’y immergeant complètement, c’est-à-dire que je vivrais et respirerais le développement Web jusqu’à ce qu’il soit terminé. Je pense aujourd’hui que c’était une bonne décision. Il y avait une interconnexion entre les différentes parties de ce projet. J’aurais perdu de vue cette vision d’ensemble (la façon dont les différentes parties correspondent et s’intègrent à l’ensemble du projet) si je l’avais abordé par étapes distinctes réparties sur une trop longue période. D’ailleurs, cela aurait probablement conduit à des décisions de conception incohérentes.

Accepter les vérités sur l’ancien site, le projet et mes sentiments n’était pas difficile. J’avais accepté ces vérités plusieurs années auparavant. Le principal défi était donc de créer suffisamment d’espace à consacrer à ce projet. Finalement, j’en suis arrivé à un point où mon emploi du temps était suffisamment dégagé pour que je me sente prêt à commencer.

En tant que développeur de jeux expérimenté et auteur publié, je sais qu’il peut être difficile de mettre en place et d’exécuter un projet créatif. Il est facile de se perdre dans des réglages inutiles en cours de route. Il est facile d’être distrait. Il est facile de se sentir débordé par le travail détaillé. Dans le même temps, je voulais prendre mon temps et ne pas avoir l’impression de me précipiter dans le démarrage de ce projet. Même si ce n’était pas une norme très spécifique, j’ai décidé de ne lancer le nouveau site que lorsque je sentirais qu’il était prêt à être lancé. Je m’attendais à ce qu’après le lancement, de nouvelles idées pour l’amélioration du site surgissent. J’étais aussi convaincu que les visiteurs du site feraient des suggestions. Le lancement ne marquerait donc pas la fin de l’amélioration du site, mais ce serait un grand pas en avant.

Dans la pratique, cet assez vague objectif de lancement a été bien mis en place.

J’ai prolongé l’étape du développement sur une période plus longue que nécessaire. En effet, j’aurais pu lancer le site plus tôt et y apporter beaucoup d’améliorations après cela, mais je ne regrette pas de l’avoir lancé quand je l’ai fait.

Comme la suite des évènements l’a démontré, la nécessité de gérer deux sites (l’ancien et le nouveau) pendant un certain temps a été l’une des meilleures sources de motivation qui m’a incité à continuer de progresser en vue du lancement du nouveau site. Une fois que j’ai obtenu un prototype fonctionnel et satisfaisant du nouveau site, j’ai dû encore travailler sur l’ancien pendant des mois, ce qui m’a motivé à continuer de travailler en vue du lancement du nouveau, afin que je puisse enfin remplacer l’ancien site. La grande différence qu’il y avait entre l’ancien et le nouveau site constituait une excellente source de motivation pour continuer de travailler.

Ma motivation et mon éthique de travail sont restées fortes tout au long du projet. J’ai pris des pauses quand j’en avais besoin. J’ai même pris de courtes vacances et fait un voyage de deux semaines et demie au Mexique. Je crois que j’ai gardé un bon rythme.

Je n’ai pas fixé de date limite à l’avance parce que je ne disposais d’aucun moyen fiable de prédire combien de temps le projet prendrait. J’avais certes une certaine connaissance du travail à faire, mais c’était une tâche créative, et ce genre de travail peut être imprévisible. La qualité du résultat était plus importante pour moi que la vitesse de la mise en œuvre. Je voulais bien faire le travail et non le réaliser dans la précipitation. Lorsque les gens me demandaient quand le nouveau site Web serait lancé, je leur répondais généralement « quand il sera prêt » ou « bientôt ». Je ne voulais pas m’imposer une pression artificielle et je ne voulais pas non plus que la pression sociale s’exerce contre moi.

Avec du recul, je constate que j’ai pris les bonnes décisions au début du projet et que cela a permis au projet de se dérouler de la meilleure des façons. Cela impliquait en partie de choisir les bons outils et d’obtenir l’aide et le soutien des autres. Étant donné que j’étais très motivé, je consacrais souvent 12 heures par jour à ce projet, et je profitais beaucoup du travail abattu.

En ce qui concerne mon état d’esprit, j’ai décidé d’aborder ce projet en tant qu’explorateur. Je ne voulais pas me stresser ou me mettre la pression pour atteindre une certaine norme. J’ai décidé de faire de ce projet une expérience de croissance. J’avais pour objectif d’explorer et de m’immerger dans la conception Web. Je voulais découvrir comment créer une meilleure version de mon site Web. Je voulais explorer quelques faiblesses personnelles ainsi que la façon dont je pourrais transformer ces dernières en atouts. En tant qu’explorateur, le seul moyen d’échouer est de ne pas explorer. Tout ce que j’avais donc à faire, c’était de continuer d’explorer. Je ne voyais pas le nouveau site Web comme une chose que je me devais de concevoir ou de créer. Je voyais plutôt cela comme une chose qui allait évoluer grâce à l’exploration et la découverte.

Le soutien social

J’ai déjà expliqué dans l’un de mes précédents articles pourquoi je n’ai pas engagé de concepteur Web. Il m’a semblé évident que je devais engager un concepteur pour ce projet, et j’en ai cherché un pendant un certain temps, mais je n’ai jamais trouvé personne dont la production me convenait. J’ai reçu beaucoup d’offres de designers qui voulaient m’aider, mais je n’ai vu aucun portfolio qui m’ait inspiré. J’ai fait confiance à mon intuition et je leur ai tous dit non. Avec du recul, je suis heureux que les choses se soient passées de cette façon, car le fait de me lancer dans ce projet a été un parcours de croissance personnelle profondément enrichissant. Si j’avais engagé un designer, il y a beaucoup de compétences que je n’aurais pas pu développer.

Au début d’un nouveau projet, j’aime souvent solliciter un soutien social. Je ne le fais pas par obligation de rendre compte en soi, mais plutôt pour augmenter le facteur d’immersion. En ayant dans ma vie des gens qui ont déjà des compétences dans les choses que j’essaie de faire, j’apprends d’eux, je gagne en motivation et je me sens inspiré d’élever mes normes. Un bon soutien social peut inspirer beaucoup d’action, et cela m’aide à surmonter l’inertie et à aller de l’avant.

Dans ce cas, il n’était pas difficile de trouver une bonne source de soutien social. J’ai visité le groupe de rencontre WordPress de Las Vegas pour la première fois le 19 aout 2015, une semaine avant de commencer à travailler sur ce projet. Il se réunit une fois par mois pendant deux heures à l’Innevation Center (ce n’est pas une faute de frappe — le nev est mis pour Nevada), et j’ai presque toujours assisté à leurs rencontres pendant que je réalisais ce projet. C’était une décision formidable. Presque à toutes les rencontres, j’ai découvert de nouvelles idées et ressources que j’ai appliquées à ce projet. Parmi celles-ci, il y a notamment de bons outils de développement et des plug-ins à utiliser. Je vous en parlerai plus tard dans cette série. J’ai également pu recueillir l’avis de quelques développeurs sur mon travail en cours.

Grâce à ce groupe de rencontre, j’ai entendu parler de WordCamp qui est une conférence WordPress de deux jours. Des WordCamps annuels sont organisés dans plusieurs villes. Je me souviens que le WordCamp de Las Vegas tombait à pic, car il se déroulait seulement quelques semaines après le début de mon projet, les 19 et 20 septembre 2015. Pour seulement 40 $, c’était une excellente affaire. J’ai retenu quelques bons conseils et idées des séances auxquelles j’ai assisté. Je remarque souvent que chaque fois que je me lance dans un projet, l’univers m’envoie des pistes et des ressources formidables. Toutefois, je n’y aurai jamais accès si je ne bouge pas. Par exemple, je n’aurais jamais entendu parler de WordCamp si je n’avais pas rejoint le groupe de rencontre, et il est évident que je n’aurais pas pensé à faire une telle recherche par moi-même. Ce n’est qu’une fois que j’ai commencé à passer à l’action que j’ai pris conscience de cette réalité.

J’adore comme la loi de l’attraction fonctionne bien parfois. Quand je forme une intention et que je commence à y concentrer de l’énergie, même si mes actions sont indirectes et désordonnées au début, j’ai l’impression que l’univers me rencontre à mi-chemin et commence à m’apporter une aide et un soutien abondants. Par contre, si je ne fais rien et que je pense à me lancer et à tourner en rond avec une planification préalable, rien ne se passe et aucun soutien supplémentaire ne se révèle. C’est pourquoi je recherche directement un soutien social dès le début d’un projet. C’est un bon moyen de faire circuler l’énergie.

Une autre clé consiste à dire aux gens (par exemple les autres membres du groupe de rencontre) que je travaille à la mise à jour de mon site Web. M’entendre dire de telles choses rend mon travail plus réel à mes yeux. Je n’ai pas juste l’impression que j’envisage de le faire. En disant : « je fais ceci », je me sens passer en mode action, même si je n’ai pas encore écrit une seule ligne de code.

Impliquer d’autres personnes, même dans une infime mesure, peut rendre un projet plus amusant, social et motivant. J’apportais mon ordinateur portable avec moi à chaque réunion du groupe de rencontre WordPress ainsi qu’au WordCamp, et parfois je présentais mon travail et je demandais aux gens de me donner leur avis. Il m’arrivait aussi d’exposer un problème que je rencontrais et je demandais conseil. J’ai reçu d’excellents commentaires et conseils de développeurs Web expérimentés, ce qui m’a permis d’économiser beaucoup de temps et d’efforts. J’ai également reçu de l’aide proactive sur les pièges à éviter et les fonctionnalités à inclure que je n’aurais peut-être même pas envisagée autrement.

Pour en revenir à la croissance personnelle, il est probable que vous ayez compris qu’il s’agit d’une application délibérée du principe de l’amour de mon livre. Nous pouvons progresser plus rapidement lorsque nous nous connectons plus profondément à un objectif ou à un projet, et l’une des meilleures façons d’approfondir cette connexion est de nous entourer de gens qui augmenteront le facteur d’immersion. J’ai du mal à m’en tenir à un projet jusqu’à son achèvement tant que je ne suis pas prêt à m’y plonger complètement. Ces dernières années, j’ai donc essayé d’améliorer autant que possible la gestion individuelle des grands projets, afin de pouvoir les aborder un à un de manière immersive. Cette approche a été très productive jusqu’à présent, mais elle demande beaucoup de patience, car de nombreuses autres obligations potentielles doivent être reléguées au second plan. Je dois continuer de dire à mes amis : « Demande-moi cela à nouveau dans quelques mois, et je pourrais peut-être dire oui, mais pour l’instant il faut que ce soit non. »

La philosophie de conception

Je savais que je voulais faire une restructuration complète du site. Quand j’ai commencé, je n’avais pas une vision claire de ce à quoi le nouveau site devrait ressembler. Je savais seulement dans un sens abstrait ce que je voulais faire.

Ma priorité était la facilité d’utilisation du site. Le but de ce site Web est d’aider les gens à grandir, et je voulais que l’apparence et la convivialité du site s’harmonisent avec ce but. Cela signifiait qu’il fallait éliminer les fioritures et rendre le site plus facile à utiliser. Je voulais que les gens puissent lire les articles et écouter les éléments audio sans être distraits. La plupart des gens visitent principalement mon site pour lire les articles, alors je voulais surtout qu’ils aient une expérience de lecture agréable. Je ne savais pas comment procéder quand j’ai commencé. Il ne s’agissait que d’idées abstraites et non de décisions concrètes en matière de conception.

Une autre amélioration majeure qu’il fallait apporter était de rendre le site indépendant. Je voulais qu’il soit accessible et attrayant sur tous les types d’appareils — grands écrans, ordinateurs portables, tablettes, smartphones, etc. En règle générale, environ 40% des visiteurs accèdent aujourd’hui à ce site au moyen d’un téléphone portable (surtout des iPhone), environ 5% utilisent des tablettes (surtout des iPad) et les 55% restant, des ordinateurs de bureau ou portables. Il s’agit là d’un changement énorme depuis 2004, année pendant laquelle j’ai commencé ; trois ans avant la sortie du premier iPhone. J’avais précédemment utilisé un plug-in appelé WP-Touch pour ajouter une version mobile du site, mais c’était une béquille, et cela ne fonctionnait que sur une partie du site. Ce dont j’avais besoin, c’était d’un thème réactif. Étant donné que la conception réactive est une pratique courante aujourd’hui, je me devais nécessairement de faire cette mise à niveau.

En ce qui concerne le back-end, je voulais aussi que le site soit facile à gérer et à maintenir. Étant donné que mon ancien site était un mélange de fichiers WordPress, HTML et PHP, il était parfois compliqué à gérer. Une grande partie de cette restructuration consistait donc à tout incorporer dans WordPress et à remplacer mes scripts PHP personnalisés par des solutions compatibles avec WordPress telles que des plug-ins. Cela aurait également l’avantage de rendre le site plus sûr.

Les personnes qui visitent mon site Web sont de vrais êtres humains pour moi, pas des chiffres dans une base de données. J’en ai rencontré des centaines en personne et j’ai même partagé des étreintes avec des centaines d’entre elles. Même ma petite amie Rachelle était une de mes clientes. Lors de la restructuration, je me suis efforcé de manifester beaucoup d’empathie à travers le design. J’ai essayé de rendre l’interface claire et de réduire autant que possible les potentielles confusions. Je n’ai pas procédé à cette reconception principalement à cause du trafic ou de la question monétaire, bien que j’aie pris en considération ces aspects. Je me suis dit que si je rendais le site respectueux des personnes qui le visitent, le trafic en sera boosté, de même que les revenus.

Je visais la clarté et la simplicité, mais pas le minimalisme en soi. Je ne suis pas minimaliste. Personnellement, je n’aime pas trop les sites minimalistes. J’ai l’impression qu’en supprimant trop de choses, un site devient terne et sans vie. J’ai senti qu’un peu de fantaisie ici et là, comme l’utilisation parcimonieuse d’animations simples, animerait le site et le rendrait plus vivant. Après le lancement du nouveau site, j’ai reçu un courriel d’un designer qui était clairement un fan du minimalisme. Dans son courriel, il a supposé à tort que je visais un design minimaliste et que dans une certaine mesure, j’avais manqué mon but. Son courriel comprenait une liste de corrections que je devais apporter pour rectifier ces omissions apparentes. Cependant, j’avais en fait testé toutes ses suggestions pendant le développement du site, et je les ai rejetées parce qu’elles ne m’avaient pas convaincu.

Une chose que j’ai apprise en explorant la mode il y a plusieurs années, c’est que mon choix de vêtements peut refléter des aspects de ma personnalité. J’ai pensé qu’il était logique d’appliquer cette idée à la conception Web aussi. Je voulais un nouveau site qui reflète ma personnalité et mon caractère dans une certaine mesure — un site qui me ressemblait. L’ancien site ne me ressemblait plus, même si c’était le cas depuis 2004. J’ai réfléchi à la façon dont je pouvais laisser mes valeurs personnelles influencer la conception ; des valeurs comme l’intelligence, l’élégance, l’honnêteté, la gaité et ainsi de suite. Quand je repense à la version lancée, je pense que je suis parvenu à refléter une grande partie de ces valeurs, mais il y a certains aspects de ma personnalité qui ne se reflètent pas dans la conception, tels que mon irrévérence ou mon sens de l’humour. Je ne suis pas sûr de pouvoir les incorporer sans dégrader la facilité d’utilisation de mon site. Certaines qualités sont beaucoup plus faciles à exprimer à travers d’autres parties de mon travail, comme les conférences et les ateliers, alors pour l’instant je suis satisfait de ce que j’ai.

Ce site enregistre un trafic abondant depuis plus d’une décennie. Par conséquent, attirer plus de trafic n’était pas la priorité qui a motivé la reconception. Actuellement, je m’intéresse plus à comment mieux servir mes lecteurs et à comment continuer d’attirer des gens qui s’engagent à s’améliorer tout au long de leur vie et à grandir consciemment. À mes yeux, la qualité du trafic est plus importante que la quantité, surtout compte tenu de la façon dont je monétise actuellement le site. Depuis 2010 que mon travail n’est plus protégé par le droit d’auteur, une grande partie de mes écrits est rééditée, traduite et utilisée sur d’autres sites. Cela a fait de mon trafic direct une donnée moins importante à considérer.

Lorsque de nouveaux visiteurs viennent sur le site pour la première fois, je veux surtout les inviter à s’engager en leur proposant un contenu gratuit. Je ne m’attends pas à ce qu’ils s’inscrivent à la newsletter dès leur première visite ou qu’ils achètent un produit ou s’inscrivent immédiatement à un atelier. Je veux juste que les gens gagnent quelque chose du site en lisant au moins un article, en écoutant un élément audio ou en regardant une vidéo. Ensuite, ils peuvent décider s’ils veulent rester un moment et explorer d’autres parties du site.

Je ne voulais pas restructurer ce site pour l’utilisateur moyen ou pour les visiteurs occasionnels. Je voulais le concevoir pour mes lecteurs les plus engagés. Ces personnes passent parfois des heures à lire des articles. Elles voient le potentiel d’une croissance consciente et prennent cela au sérieux. Elles font un travail sur elles-mêmes. Elles sont toujours à la recherche de bonnes idées qu’elles peuvent appliquer. Elles ont bon espoir en l’avenir et veulent continuer d’améliorer leur vie. Elles lisent des livres et participent à des ateliers et à des séminaires. Elles passent à l’action. Je voulais améliorer le site d’abord et avant tout pour ces gens, pas pour les visiteurs occasionnels qui ne sont qu’à la recherche de leur prochaine dose d’info-crack.

En m’engageant dans ce processus de conception, je me suis rendu compte que je pouvais utiliser un puissant raccourci pour prendre des décisions de conception raisonnablement bonnes. Les gens pour qui je reconcevais le site sont des gens qui me ressemblent beaucoup. J’ai donc réalisé que si je concevais un site que j’aimais vraiment, il plairait sans doute aussi à la plupart de mes lecteurs. Chaque fois que j’avais une décision délicate à prendre, je m’arrêtais et je me demandais, si c’était le site d’une autre personne que je visitais régulièrement, qu’est-ce que j’aimerais y voir ? Cela a simplifié de nombreuses décisions. Par exemple, je déteste les pop-ups que je vois sur d’autres sites. Je considère que je ne suis pas le seul et qu’il y a fort à parier que la plupart de mes lecteurs ne les aimeront pas non plus. Par conséquent, je n’utilise pas de pop-ups sur ce site.

Pourquoi n’est-il pas possible de poster des commentaires ? J’avais activé la fonction de commentaires sur mon blog pour la première année seulement. Dès que le site a commencé à recevoir plus de 100 commentaires par jour, j’ai désactivé cette fonctionnalité pour de bon. C’était en 2005. J’ai donné les raisons pour lesquelles j’avais désactivé les commentaires à travers deux articles à l’époque : Les commentaires de blog et En savoir plus sur les commentaires de blog. Ce raisonnement est toujours d’actualité. Je ne pense pas que les commentaires ajoutent une valeur significative à un site comme celui-ci. Ils peuvent rendre le site plus attractif et plus addictif, mais je ne veux pas rendre les gens accros. Je veux que les gens passent à l’action et testent par eux-mêmes leurs idées. D’après mon expérience, les gens qui discutent sans cesse de la croissance personnelle cèdent souvent à la procrastination en raison de ces discussions. Cela dit, je n’ai pas l’intention d’empêcher le débat. Étant donné que tous mes articles ne sont pas protégés par le droit d’auteur, n’importe qui est libre de les republier ou d’y rediriger d’autres personnes, d’en discuter et d’en débattre à sa guise, et c’est exactement ce que font plusieurs personnes. Au cours des 11 dernières années, je n’ai pas eu à m’occuper des commentaires et des spams de commentaires, ce qui m’a aussi surement fait gagner beaucoup de temps. J’apprécie toujours les feedbacks de qualité, mais il s’agit ici d’un autre domaine où je préfère la qualité à la quantité. Je reçois en général des commentaires de grande qualité à travers des échanges en tête à tête et de courriels réfléchis ; et ceux-ci sont déjà abondants.

Qu’en est-il de la marque ? Comme je l’ai dit dans l’article intitulé : L’image de marque est basée sur la peur du risque, je ne pense pas beaucoup à la marque, car je suis une personne et non une marque. Je préfère penser en termes de relations. J’aime interagir avec mes lecteurs sur la base de l’amitié, de la camaraderie, du soutien mutuel, de l’enjouement et du plaisir. Nous faisons tous partie de la même équipe. Essayer de me présenter en tant qu’une marque à ces gens serait semblable à essayer de me présenter en tant qu’une marque à ma petite amie. Ce serait stupide, et elle se moquerait de moi. Étant donné que je suis toujours en train d’apprendre, de grandir et aussi de changer, je ne veux pas m’obliger à être à la hauteur d’une image publique artificielle. J’ai d’autres amis qui l’ont fait, et je vois à quel point cela les dérange à long terme. Adopter une image de marque pousse à vouloir essayer de contrôler ce que les autres pensent, et je n’ai aucun intérêt de le faire. Je préfère encourager les gens à penser par eux-mêmes. C’est peut-être plus dangereux, mais c’est aussi plus amusant.

Et une fois de plus, étant donné que mon travail n’est pas protégé par le droit d’auteur, d’autres personnes ont déjà publié au moins 150 livres sous mon nom et d’autres ouvrages sont publiés chaque mois. De nombreux sites Web ont été créés pour partager mon travail de différentes façons, et je n’ai aucun contrôle sur eux. Je ne pourrais donc pas contrôler ma soi-disant identité de marque même si je le voulais. Je ne suis pas non plus intéressé par l’idée de passer des années de ma vie à m’inquiéter d’une réputation qui n’existe que dans l’esprit des autres. Ce serait un énorme égarement qui m’empêcherait de faire ce que j’aime. Je trouve beaucoup plus facile d’accepter que certaines personnes me traitent de saint, d’autres d’ogre, et je suis d’accord avec tout cela. Une petite amie compatissante rend tout cela sans importance.

Je sais qu’il est courant de créer un logo pour un site Web, mais j’ai choisi de ne pas en faire. Encore une fois, je suis une personne, pas un symbole, et il s’agit d’un site Web pour les êtres humains. Peut-être qu’un jour je trouverai un bon moyen de me réduire à un logo, mais jusqu’à présent cela ne s’est pas encore produit, et je ne perds pas le sommeil pour cette raison. Mettre ma photo en entête semble aussi un peu idiot, et cela ne ferait qu’ajouter de l’encombrement. Utiliser mon propre nom par contre pour le lien de la page d’accueil semble correct. C’est simple et honnête.

Mon but ultime était de créer un site que j’aime vraiment. Je me suis dit que si j’y parvenais, cela plairait sans doute à mes lecteurs aussi. Les commentaires que j’ai reçus au cours des 12 jours qui se sont écoulés depuis le lancement du nouveau site ont été extrêmement positifs, si bien que je peux en déduire qu’apparemment, cette norme simple a assez bien fonctionné. Le plus dur, c’était d’être totalement honnête avec moi-même, de savoir si j’aimais une chose ou non, en étant conscient que si je n’aimais pas un élément, il fallait le reconcevoir.

Cette série continue dans la partie 2.

Note : Cet article est une traduction de l’article Redesigning StevePavlina.com – Part 1 de Steve Pavlina. C’est donc lui qui s’exprime dans le « je » de cet article !

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