Réaliser ses projets

Note : cet article est une traduction de l’article Completing Projects de Steve Pavlina. C’est donc lui qui s’exprime dans le “je” de cet article !

EchecsMême quand vous prenez le temps de fixer des objectifs clairs, de visualiser le succès, et de diviser de gros objectifs en projets et actions par étapes, il peut être difficile de vous pousser à passer à l’action de façon continue jusqu’à avoir accompli votre objectif à 100%.  Franchir la ligne de départ est bien plus facile que de franchir la ligne d’arrivée.

Vos résultats généraux dans la vie dépendent globalement de votre capacité à donner suite à vos projets jusqu’à ce que vous les meniez à leur terme. Bien des projets ne produisent quasiment aucun résultat s’ils ne sont terminés qu’à 90%. Les résultats-clés n’apparaissent que quand vous atteignez 100% de complétion.

Par exemple, si j’écris 90% d’un article et que je ne le publie pas, il ne produira pas de valeur autre qu’un exercice privé de tenue d’un journal. La valeur ne peut pas être fournie tant que l’article n’est pas à 100% complété et publié.

Les inachevés

Les inachevés peuvent produire un sentiment d’insatisfaction, d’inconfort, de stress, d’inquiétude, de honte et de regrets. Nous nous inquiétons d’avoir peut-être consacré trop de temps et d’énergie à ces projets en n’ayant que peu de choses à montrer comme résultat pour nos efforts.

Une façon d’éviter d’accumuler trop d’inachevés est de réfléchir avec soin aux projets spécifiques que vous voulez accepter de prime abord. Avoir trop de projets actifs en même temps complique le fait de tous les réaliser. C’est comme essayer de jongler avec trop de balles à la fois. Vous finissez par faire tomber toutes les balles.

Une raison pour laquelle nous nous attaquons à trop de projets est une envie de variété. Travailler sur le même projet jour après jour peut être ennuyeux. Une autre raison est que les projets ont tendance à être plus simples et plus motivants au début. Lancer un nouveau projet est souvent amusant. C’est bien plus difficile de progresser dans le train-train du milieu du projet et de voir à ce qu’il franchisse toutes les étapes.

Apprenez vos leçons

Pour progresser jusqu’à un meilleur niveau de réalisation, nous devons d’abord absorber les leçons de nos inachevés. Si vous transportez avec vous le fardeau psychologique de vos anciens inachevés, alors prenez un moment pour vous pardonner pour ces erreurs. Vous vous êtes planté. Ce n’est pas grave. Vous êtes humain.

En même temps, il est sage de garder une petite sensation de piqûre vis-à-vis de vos anciens inachevés. Ce sentiment de regret est là pour une bonne raison. Il sert d’avertissement perpétuel pour nous rappeler que nous ne voulons pas nous mettre à nouveau dans une telle situation. Le sentiment de regret a un message positif, et vous encourage à éviter de lancer trop de projets simultanés si vous ne les menez pas à leur terme.

Au lieu d’essayer de droguer ce sentiment apparemment négatif en le noyant sous la bouffe ou l’alcool, tournez-vous vers lui. Accordez-lui toute votre attention pendant un moment et écoutez ce qu’il a à vous dire.

Demandez-vous : Quelles leçons puis-je apprendre de mes inachevés ? Comment est-ce que cela peut me rendre plus fort ?

Vous pourriez entendre quelque chose comme : Je suis fatigué de perdre du temps sur des projets qui ne mènent jamais nulle part. Visiblement je ne vais obtenir des résultats qu’en terminant quelque chose. Donc avant de fixer n’importe quel nouvel objectif ou m’attaquer à n’importe quel nouveau projet, je ferais mieux de m’assurer que je vais mener les autres jusqu’à leur complétion. Si les circonstances changent réellement de façon inattendue, et que le projet devient obsolète avant d’être terminé, alors ce n’est pas grave de l’abandonner et de passer à autre chose. Mais si la décision d’origine reste viable, alors je vais continuer à travailler dessus jusqu’à la fin et le terminer.

Je dois éviter de me surcharger de trop de projets à la fois. Dans l’idéal je devrais faire simple et m’occuper d’un projet à la fois, peut-être deux pour varier un peu. Quand j’aurai fini, alors je pourrai ajouter quelque chose de nouveau. Mais essayer de faire 10 choses à la fois ne fonctionne visiblement pas. Je dois arrêter de dire oui à de nouveaux projets quand j’ai encore des inachevés importants à terminer.

Abandonner les stratégies perdantes

Remarquez quelles stratégies vous avez déjà testées pour vous pousser à agir de façon durable. Si vous avez testé quelque chose plusieurs fois, et que cela n’a jamais fonctionné, arrêtez de le faire.

Assez souvent les gens entrent dans ces fonctionnements circulaires où ils continuent à tester les mêmes stratégies perdantes à intervalles réguliers, en espérant que cette fois les choses seront différentes. Cela ne fonctionne pas.

Un exemple d’une stratégie qui n’a jamais fonctionné pour moi est d’essayer de lier plus de douleur à l’inachèvement et plus de plaisir à la complétion d’un projet, comme en utilisant des techniques de programmation neurolinguistique. Je peux sans risque abandonner cette stratégie parce que je sais que c’est une impasse. Mon cerveau est assez malin pour voir clair dans ces pauvres tentatives de conditionnement. Cela pourrait fonctionner pour un chien, mais mon cerveau résiste à des tentatives aussi évidentes de le rendre moins conscient. Je sais toujours que j’ai le choix. Donc je n’utilise ou ne revisite pas cette stratégie parce que c’est inefficace.

Reconnaître consciemment ceci m’aide à éviter d’utiliser la mauvaise approche. Quand je me sens surchargé, au lieu d’essayer de me pousser à me sentir plus motivé et à travailler plus vite et plus dur, je dis non plus souvent, j’annule certaines choses, et je fais davantage attention à la simplification de ma vie.

Quelles sont vos stratégies perdantes ? Avez-vous la volonté de les abandonner, pour pouvoir libérer votre cerveau et lui permettre de trouver quelque chose de plus intelligent qui pourrait vraiment fonctionner ?

Se reposer dans l’espace des possibilités

Un pas positif vers l’avant est de reconnaître qu’il est au moins possible que vous terminiez des projets, même des très difficiles.

Peut-être que si vous y repensez, vous pouvez vous souvenir de projets que vous avez bel et bien terminés, et vous pouvez vous rappeler des résultats que vous en avez tirés. Peut-être que c’était quelque chose d’aussi simple que finir un projet à l’école et obtenir une bonne note.

Prenez un moment pour reconnaître que quel que soit l’objectif ou le projet auquel vous aimeriez vous attaquer ensuite, il est au moins possible que vous le terminiez dans les délais impartis. Vous ne tentez pas l’impossible. Il y a un moyen de le terminer. Les étapes d’action sont faisables. Le projet est achevable.

Accepter le travail difficile

Les projets de valeur ne se complètent généralement pas d’eux-mêmes. Un bon projet va fréquemment nécessiter un sérieux investissement de temps et d’énergie. Même si le travail est agréable, vous pourriez quand même devoir y passer de nombreuses heures pour en voir la fin.

Presque tous les projets significatifs vont inclure des tâches déplaisantes ou difficiles. Vous n’allez pas apprécier ces tâches, mais elles sont essentielles pour l’accomplissement du projet.

Vous avez l’option de ne faire que ce qui est facile, mais si vous vous limitez tout le temps à ce qui est facile, la plupart de vos projets seront assez bas sur l’échelle de valeur. Même si vous les terminez, ils ne vont pas faire de grande différence.

Si vous souhaitez mettre fin à la quantité de vos inachevés et voir plus de vos projets arriver à leur terme, vous devez accepter que certaines tâches seront difficiles et décider de les faire quand même.

C’est facile de dire que vous vous êtes engagé à compléter un projet. N’importe qui peut dire qu’il s’est engagé. Mais un véritable engagement signifie que vous avez la volonté de faire le sale boulot. Cela pourrait vous ralentir. Cela pourrait vous frustrer. Vous pourriez avoir besoin de faire plus de pauses pour terminer le travail. Mais quand vous êtes engagé, vous acceptez l’existence du travail difficile, et vous décidez de vous frayez un passage quelles que soient les difficultés. C’est une différence-clé entre le fait de lancer des projets et le fait de les terminer.

La majeure partie de la difficulté que l’on perçoit n’a rien à voir avec la véritable nature de la tâche de toute façon. C’est simplement la façon dont vous interprétez la tâche qui crée de la résistance. Donc s’engager à compléter une tâche difficile c’est en réalité s’engager à affronter et à surmonter votre propre résistance. C’est s’engager à surmonter les croyances limitatives qui vous influencent négativement vis-à-vis de certains types de tâches.

Pour terminer un projet, vous devez finir par faire les étapes nécessaires à la complétion du projet. Si vous ne vous sentez pas de faire une étape en particulier, et que vous utilisez vos sentiments pour justifier l’évitement de cette étape, alors votre projet restera coincé à une étape inachevée. Une meilleure approche est de reconnaître qu’une tâche n’est qu’une tâche, et que le fait qu’elle paraisse agréable ou désagréable est sujet à beaucoup d’interprétations différentes, donc au lieu de le voir du point de vue « création de plaisir », vous pouvez choisir de voir la tâche comme une simple étape de plus en lien avec toutes les autres.

Faites valoir ce que vous voulez vraiment

Il y a d’innombrables techniques que vous pouvez utiliser pour surmonter votre résistance intérieure quand les choses se corsent. J’en ai partagé beaucoup dans des articles précédents, comme Lancez-vous et 33 règles pour booster votre productivité.

C’est bien d’avoir une boîte à outils de techniques, mais cela ne suffit pas en soi. Beaucoup de gens connaissent tout un tas de techniques anti-procrastination, mais ils n’arrivent pas à les appliquer durablement. Le problème est que si vous tombez une fois dans le piège de la procrastination, vous pouvez tout aussi facilement procrastiner sur la procrastination à venir. Les techniques anti-procrastination ne s’activent pas toutes seules. La nature de ce problème est qu’il vous encourage à éviter de le résoudre.

Une stratégie qui fonctionne bien mieux pour moi est plus un état d’esprit qu’une technique. C’est l’état d’esprit qui dit Peu importe ce qui arrive, au final c’est ma volonté consciente qui est aux commandes, et elle a toujours la capacité d’intervenir et de prendre immédiatement les commandes.

Quand vous vous attaquez à un objectif ambitieux, il va vous arriver de vous retrouver dans le noir de temps en temps. À un moment votre volonté consciente va intervenir et dire Hé, vous procrastinez. C’est une perte de temps. Cette petite voix à peine perceptible est votre alarme intérieure. Au lieu de frapper sur le bouton de l’alarme, mettez cette pensée au centre de votre conscience et amplifiez-la. Accordez-lui votre pleine attention.

Quand vous accordez toute votre attention à vos pensées et que vous laissez cette voix être entendue, elle devient plus forte : Qu’est-ce que tu fous, sale feignasse ! Tu n’as pas besoin de regarder les nouvelles maintenant. Tu as des trucs bien plus importants à faire. Retourne poser ton cul devant ton travail !

Ici, l’aspect de l’état d’esprit est lié à votre relation avec cette voix.

Quand vous succombez à la procrastination pendant de longues périodes, et que cette voix apparaît, vous aurez tendance à la repousser. Vous définissez en tant que « moi » la partie de vous qui procrastine et en tant que « pas moi » la partie de vous qui veut faire du super travail, comme si la partie la plus forte (pas vous) essayait de pousser à l’action la partie la plus faible (vous). Tant que vous garderez ce genre de relation intérieure, la procrastination sera un compagnon constant.

Pour surmonter la procrastination, faites le contraire. Quand cette voix d’alarme se fait entendre, réalisez que cette voix forte est le vrai vous. Et le procrastinateur fainéant n’est pas vous. Quand vous procrastinez, vous vous perdez dans le noir et devenez moins que la personne que vous êtes vraiment. Quand vous vous réveillez et vous réengagez vers vos objectifs et vos projets, c’est cette personne-là que vous êtes vraiment.

La domination de soi vs l’abus de soi

Quand vous enveloppez votre identité dans la part de vous qui veut procrastiner, vous aurez tendance à vous en vouloir. Quand vous regardez en arrière et réalisez que vous avez perdu beaucoup de temps, vous vous identifiez à la part de vous qui procrastine. Donc quand vous êtes frustré par vous-même, et quand vous en voulez à cette part de vous-même pour ses mauvaises habitudes, vous abusez de vous-même.

Cela n’aidera pas. Cela va simplement perpétuer le cycle et vous laisser coincé.

Le problème est que quand vous vous identifiez à cette part de vous qui procrastine, et que vous en voulez à cette partie de vous-même, vous diminuez votre estime personnelle. Vous vous dites : Je suis vraiment un looser. Je crains. Je n’arrive à rien.

C’est de l’abus de vous-même, des mauvais traitements que vous vous auto-infligez. Ne faites pas cela.

Évitez de vous identifier à cette part de vous qui procrastine. Imaginez que la part de vous qui procrastine est la part animale qu’il y a en vous. C’est un legs préhistorique. Il a de nombreux aspects positifs qui vous maintiennent en vie, mais vous ne pouvez pas laisser cette part de vous perdre tout contrôle. Votre esprit conscient a besoin de lui serrer la bride.

Le véritable vous est la part de vous qui est consciente et attentive. C’est la part de vous qui est capable de prendre des décisions de haut-niveau. C’est la part de vous qui fixe des objectifs et entreprend des projets qui ne sont pas essentiels pour votre survie.

Vos bras font partie de vous, mais vous ne diriez probablement pas que votre identité correspond à celle de votre bras. Ce que vous voulez consciemment domine vos bras. Vous pouvez les agiter, vous en servir pour attraper des objets, les utiliser pour devenir plus fort – tout ce que vous désirez. Vous êtes le patron de vos bras.

De la même manière, vous êtes le patron de la part paresseuse de vous qui veut procrastiner. Reconnaissez que c’est là. Reconnaissez que cela fait partie de vous, mais que cela ne peut pas vous définir totalement, tout comme votre bras ne peut définir votre corps. Appréciez le bien que cela fait pour vous, comme contrôler le cours de votre combat ou de votre vol pour vous garder en vie dans les situations d’urgence. Mais quoique vous fassiez, ne cédez pas votre pouvoir à cette part de vous. Elle est à votre service. Elle n’est pas faite pour être votre Maître.

Pour parvenir à un stade de complétion, vous devez récupérer votre rôle de Maître sur la part de vous qui veut être paresseuse et opportune. Vous avez le pouvoir d’être dominateur sur cette part de vous. Votre volonté consciente est tellement plus forte.

Renforcer votre volonté

Tout comme un muscle, votre volonté consciente se renforce quand vous l’exercez régulièrement, et elle s’atrophie quand vous n’arrivez pas à l’entraîner.

Heureusement, peu importe à quel point vous vous êtes permis d’être faible dans ce domaine, vous pouvez toujours vous entraîner pour redevenir fort.

Pratiquer la domination sur vous-même peut en fait être amusant. Une bonne façon de l’entraîner est d’oraliser les ordres que vous vous donnez personnellement. Dites-vous quoi faire, comme si vous ordonniez à la part paresseuse en vous de se remettre en ligne.

Par exemple, si vous avez tendance à vouloir traîner au lit quand votre réveil sonne, dites-vous Allez, debout ! Habille-toi et lave-toi les dents. Imaginez que cette voix de commandement est votre véritable personnalité qui commande les aspects de votre moi inférieur. Votre moi totalement conscient commande les aspects de vous-même qui sont moins conscients. Voyez la vérité ; le vrai vous veut bel et bien sortir du lit. Vous voulez avoir cette expérience aujourd’hui. Choisir de faire le contraire n’est pas vraiment vous.

Peu importe à quel point vous luttez avec ceci, ce n’est pas grave. C’est le défi d’une vie entière, et la perfection n’est pas une norme réaliste. Parfois vous allez errez dans le noir. Mais quand vous finissez par vous élever de nouveau à un nouveau niveau de conscience, efforcez-vous de le maintenir aussi longtemps que vous pouvez.

N’érigez pas votre moi supérieur comme étant extérieur à vous. Acceptez l’existence de votre moi supérieur à chaque instant. Votre moi supérieur est qui vous êtes vraiment.

Crédits photo : © Rob Hyrons – Fotolia

Un commentaire

  • Cheikh GAYE dit :

    Depuis plus de cinq ans je travaille sur un seul projet : trouver un partenaire pour changer le monde ; cela demande certes beaucoup d argent et d énergie ; mais le problème majeur est de trouver un partenaire sincère

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