Choisir des projets de façon judicieuse

Choisir des projetsParfois, les gens se lancent dans de nouveaux projets parce qu’ils veulent vraiment se faire de l’argent ou parce qu’ils souhaitent « faire quelque chose ». Ils se mettent la pression pour démarrer un projet principalement parce qu’ils veulent essayer de créer une dynamique de progrès.

Bien que cet élan puisse être une belle chose, je ne recommanderais pas vraiment cette approche. En règle générale, lorsque des gens essaient de se motiver de cette façon, leurs projets tombent à l’eau au bout de quelques mois, et cela uniquement lorsqu’ils parviennent à les mettre en place. Quelques années plus tard, ils n’ont que peu voire aucune réalisation à présenter comme résultats de leurs efforts. L’approche du « je dois faire quelque chose » est celle des amateurs. Cela relève trop de l’amateurisme pour fonctionner.

Le principal problème, c’est que ces genres de projets sont généralement sélectionnés de façon aléatoire. Ils ne s’inscrivent pas dans une stratégie plus grande. Ce sont simplement des idées pas très inspirées. En conséquence, un petit obstacle peut les détruire.

Je vous conseillerais plutôt de penser à une aventure sur le long terme, une aventure pour laquelle vous pensez pouvoir vous engager pour au moins 5 ans — une combinaison qui inclut un style de vie, des sources de revenus et un travail épanouissant pour former un sacré ensemble. Pensez ensuite à des projets qui s’accordent avec votre vision. De cette manière, vous aurez plus de chances d’aller au bout de ces projets, vous aurez plus de raisons importantes de les voir réussir.

En 2004, j’ai commencé à construire une entreprise de développement personnel, et j’ai démarré avec deux différentes compétences : le blogging et les allocutions. En ce qui concerne mon style de vie, je voulais mieux explorer la croissance personnelle, mener mes propres expériences de croissance et partager ce que j’ai appris chemin faisant. C’est le style de vie en général qui m’attirait le plus. J’adorais l’idée de centrer ma vie autour de la croissance personnelle pendant de nombreuses années. C’était une idée inspirée pour laquelle je pouvais vraiment m’engager.

Pour rendre cela réel, j’avais besoin d’un modèle d’affaires flexible. C’est pourquoi j’ai choisi le blogging et les allocutions comme sources de revenus. Il s’agit de deux activités qui sont non seulement flexibles, mais qui permettent également de beaucoup voyager, et j’ai du plaisir à les exécuter. Cependant, au-delà de tout, ces sources de revenus correspondent vraiment à mon style de vie.

Je savais que ces deux compétences pouvaient également servir à créer toute une variété de sources de revenus. Je pouvais écrire des livres, créer des produits d’information, faire des conférences rémunérées, organiser des ateliers publics, etc. J’aime la variété, cela m’a semblé donc être une bonne stratégie globale. Si je m’en tenais à ces compétences, je savais que je pouvais finir par monétiser mon travail d’une façon ou d’une autre et le rendre financièrement viable. Ce n’était qu’une question de temps. Toutefois, ma véritable motivation était de pouvoir assumer le style de vie qui consiste à pouvoir travailler sur le développement personnel et à partager ce que j’ai appris avec les gens.

Au fur et à mesure que j’avançais sur cette voie, j’essayais de choisir des projets qui allaient de pair avec elle. Quels projets m’aideraient à réaliser mes grands désirs relatifs à mon style de vie ?

Certains de ces projets ont échoué. D’autres ont réussi. J’ai essayé beaucoup d’activités différentes pour déterminer celle que j’aimais le plus, celle qui générait un revenu certain, et celle qui apportait un plus à la vie des gens. Ces projets ont été choisis parce qu’ils s’inscrivent dans une plus grande vision — mon engagement à long terme à vivre selon un certain style de vie centré sur l’exploration et l’apprentissage de la croissance personnelle. Vous pourriez dire que ces projets étaient des tremplins, mais je n’ai pas toujours su sur quelles pierres marcher et dans quel ordre. Avec le recul, je crois que certains parmi ces projets peuvent ressembler à des tremplins, mais lorsque je les ai choisis à l’origine, c’était parce qu’ils semblaient des idées raisonnables qui pouvaient cadrer avec mon parcours de vie. Je ne savais pas toujours à l’avance comment je pouvais m’en servir.

Voici une déclaration de Steve Jobs qui cadre parfaitement avec ce que je dis :

Vous ne pouvez pas relier les points en regardant vers l’avant ; vous pouvez seulement les relier en regardant vers l’arrière. Vous devez donc croire que les points se connecteront d’une manière ou d’une autre dans votre avenir. Vous devez avoir confiance en quelque chose — votre instinct, le destin, la vie, le karma, n’importe quoi. Cette approche m’a toujours guidé, et elle a fait toute la différence dans ma vie.

Je pense que vous pouvez aussi croire en certains renseignements de base. Si vous prenez le temps de bien comprendre l’élément central de votre mode de vie rêvé, et que vous choisissez ensuite des compétences qui vont de pair avec cela, je pense que vous aurez plus de facilité à choisir de bons projets et à ne pas les voir régulièrement tomber à l’eau. Autrement, vous courez le risque de choisir des projets incohérents et incompatibles.

Si l’argent est la principale motivation qui vous amène à choisir des projets, mais que vous n’êtes pas encore fixé sur le mode de vie que cet argent est censé soutenir, alors votre motivation sera probablement instable et incohérente. De petites distractions vous feront dévier de votre trajectoire.

Vous essayez aussi peut-être de faire avancer votre projet par force, en vous mettant la pression pour des raisons financières, mais cette approche ne permettra probablement pas d’avoir le travail le plus inspiré. Ainsi, même si vous terminez votre projet, vous aurez peut-être beaucoup du mal à le vendre. À votre grand chagrin, vous découvrirez peut-être que personne ne se sent inspiré d’acheter votre projet dont la finalisation a été précipitée juste pour que vous puissiez en tirer un profit pécuniaire.

Lorsque j’ai commencé à étudier l’art de parler en public en 2004, cela faisait partie de la vision globale du mode de vie que je me faisais. Je savais que si je m’exprimais bien, je pourrais me servir de cette compétence pour partager des idées de croissance personnelle, rencontrer des gens merveilleux et générer des revenus. Ainsi pendant les premières années, j’ai donc choisi des projets d’expression orale pour améliorer mes compétences, essayer différents styles, découvrir mes styles d’expression les plus authentiques et me sentir vraiment à l’aise en face d’un public. Je n’ai pas juste commencé à faire des allocutions parce que je voulais gagner de l’argent ou « faire quelque chose ». J’ai fait ce choix parce qu’il incluait un bon ensemble de compétences nécessaires à mon mode de vie rêvé. Cela m’a encore plus motivé à m’en tenir à mon choix.

Plusieurs des projets de conférences que j’ai choisis au cours de ces premières années, comme un atelier d’une journée sur le blogging ou les nombreuses allocutions à la conférence Hay House I Can Do It!, ont été choisis parce qu’ils correspondaient à ma vision globale de mode de vie. Chemin faisant, j’ai décliné plusieurs autres projets potentiels parce qu’ils ne correspondaient pas à mon mode de vie. J’aurais pu me lancer dans le discours d’entreprise, mais je n’ai pas choisi cette voie parce que parler lors d’évènements d’entreprise ne correspond pas assez bien à mon style de vie. Les ateliers publics, cependant, s’intègrent parfaitement à mon style de vie étant donné qu’ils me donnent l’occasion d’entrer en contact avec des gens qui sont très enthousiastes au sujet de la croissance personnelle. De plus, l’organisation d’un atelier est une excellente façon d’étudier encore plus un sujet qui m’intéresse.

Je pense que vous découvrirez que si vous avez une vision claire de votre style de vie rêvé — assez claire pour que vous puissiez vous y engager pendant au moins 5 ans — vous choisirez plus judicieusement des projets à court terme qui correspondent à votre mode de vie et à vos compétences. Vous serez ainsi en mesure d’échapper au sort de l’amateur qui se lance dans des projets aléatoires qui échouent toujours.

Je comprends qu’il peut être difficile de prendre du recul et de penser à votre vision globale de mode de vie, surtout lorsque vous ressentez beaucoup la pression. Toutefois, l’approche du « faire quelque chose » ne fait généralement que repousser le problème de quelques mois. Même si vous terminez votre projet ou y renoncez parce qu’il a échoué, vous serez de nouveau confronté à ce même type de pression. Vous continuerez de vous dire que vous avez besoin de faire quelque chose.

En y repensant, n’avez-vous pas déjà pris l’habitude de faire cela depuis quelques années ? Si c’est le cas, n’est-il pas assez prévisible que vous continuerez de le faire dans un an… dans cinq ans… dans dix ans ? Bien sûr que oui, à moins que vous ne choisissiez un autre chemin dès maintenant.

Les gens les plus heureux que je connais accordent presque toujours la priorité à leur mode de vie. Oui, ils font aussi le travail qu’ils aiment, mais l’une des principales raisons pour lesquelles ils ont choisi ce travail est qu’il va de pair avec leur style de vie rêvé.

Je prends vraiment du plaisir à écrire et à parler, mais j’aime particulièrement le fait que ces compétences correspondent à mon mode de vie. Il est plus juste de dire que j’adore écrire et parler de croissance personnelle. Si ces compétences ne correspondaient pas avec mon style de vie, mon intérêt pour l’écriture et l’expression orale s’éteindrait — je n’ai pas autant envie d’écrire et de parler d’autres sujets. Il en va de même pour les autres projets créatifs. C’est l’aspect « à propos de la croissance personnelle » de ces projets qui les rend complets et qui me motive à les mener à terme.

Quelle est la version du terme « à propos de la croissance personnelle » qui convient à votre style de vie souhaité ? Je pense qu’une fois que vous l’aurez identifié, il vous sera plus facile de savoir quels projets vous correspondent (et correspondent à votre style de vie) et lesquels ne méritent pas que vous y consacriez votre temps.

Note : cet article est une traduction de l’article Selecting Projects Wisely de Steve Pavlina. C’est donc lui qui s’exprime dans le « je » de cet article !

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le problème des projets amateurs

Un commentaire

  • Loric dit :

    J’ai longtemps eu pour ma part tendance à démarrer des projets sans me poser de réelles questions sur ce qu’ils me permettraient d’accomplir sur le long terme… ou en trouvant des justifications qui ne tenaient pas sur la distance.
    Depuis quelques années maintenant, avant de me fixer un objectif, par exemple le démarrage d’un projet, je me pose quelques questions simples :
    – Est-ce que l’objectif de ce projet est clair ? Pour commencer à répondre à cette question, je vérifie tout simplement que je peux écrire mon objectif de manière positive en quelques mots
    – Dans quel délai est-ce que je veux réaliser ce projet, et selon quelles modalités ?
    – Est-ce qu’il est atteignable ? Est-ce que je peux de manière réaliste – mais ambitieuse – concrétiser mon projet
    – Est-ce que j’ai les ressources nécessaires ou est-ce que je peux les acquérir (me libérer le temps nécessaire pour mon projet, avoir suffisamment de ressources financières…)
    – Quelles sont les impacts de la mises en oeuvre de ce projet pour moi, mais également pour mes proches. Car s’il y a des impacts positifs, il peut également y avoir des conséquences sinon négatives, du moins importantes à prendre en compte, comme une modification du niveau de vie ou de l’équilibre vie privée – vie professionnelle
    Enfin, je prends le temps de répondre à une question particulièrement importante : en quoi ce projet contribue-t-il à mon projet de vie ? Qu’est-ce qu’il me permet d’atteindre de plus important pour moi ? Est-il bien aligné avec mes valeurs, et ce que je veux réaliser.
    Si c’est le cas, banco ! Sinon, cela signifie soit que je dois modifier, voire abandonner mon projet, soit que je dois refaire le point à l’inverse sur mon projet de vie pour le mettre en cohérence avec ce projet structurant.
    Depuis que j’applique cette démarche, je mène moins de projet, mais ils durent 🙂

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