La vie – Le jeu ultime

Note : cet article est une traduction de l’article Life – The Ultimate Game de Steve Pavlina. C’est donc lui qui s’exprime dans le “je” de cet article !

Jeu de la vieQuand il crée un jeu, un bon concepteur de jeu va présenter au joueur un grand nombre de choix enthousiasmants. Tant que les choix restent enthousiasmants, le jeu a une chance d’être amusant. Mais si les choix sont ennuyeux, incompréhensibles, illogiques, ou inadaptés, il y a peu de chances qu’un jeu amusant voit le jour… même si vous pourriez finir avec un super lecteur MP3. 😉

Pensez aux jeux classiques comme le poker, les échecs, et le go. Les choix enthousiasmants sont légion. Maintenant pensez au morpion. Quand vous êtes enfant, les choix peuvent paraître très enthousiasmants, et le jeu peut même être amusant. Mais en grandissant, les choix peuvent devenir ennuyeux et évidents, et le jeu perd rapidement de son intérêt.

Même des jeux basés sur les compétences comme le golf ou Quake impliquent des choix enthousiasmants. Il y a des choix tactiques tout autant que des choix de formation. Quelles formations chercherez-vous à développer, et quand ? Combien de temps voudrez-vous investir ? Comment allez-vous démultiplier vos forces et compenser vos faiblesses ?

Dans un jeu, vous pourriez aussi avoir des ressources, une monnaie à dépenser. Peut-être que c’est de l’or, de la mana, ou de l’énergie. Les ressources ajoutent de nouveaux choix : Comment allez-vous générer des revenus ? Combien allez-vous en générer ? Comment allez-vous dépenser vos revenus ? Comment allez-vous équilibrer votre temps entre production et capacité de production (autrement dit, entre génération de revenus et augmentation de votre potentiel de génération de revenus) ?

Ayant été moi-même concepteur de jeux, j’ai trouvé facile de commencer à voir la vie comme un jeu rempli de choix enthousiasmants. Tout d’abord, la vraie vie inclut toutes les propriétés précédemment mentionnées. On nous présente une grande variété de choix pour gagner en compétences, pour acquérir des ressources, créer des relations, et plus encore. En prenant de l’âge, nos décisions ont tendance à devenir plus complexes, car les priorités de l’enfance n’ont plus le même attrait.

Quel est le but d’un jeu ? Le but d’un jeu est d’apprécier l’expérience ; de s’amuser. Une autre raison de jouer à des jeux est d’évoluer, étant donné que les jeux peuvent être d’excellents professeurs. S’amuser et progresser semble être une bonne façon de vivre sa vie, non ?

Qu’est-ce qui fait d’un joueur un bon joueur ? Pour répondre à cette question, vous allez probablement imaginer quelqu’un qui est beau joueur, qui fait des efforts pour faire de son mieux tout en respectant le fait que tous les joueurs ont besoin d’une opportunité d’apprécier cette expérience, y compris les concurrents en devenir. Un bon joueur prend le temps de développer ses compétences. Il ou elle prend le fait de jouer au sérieux, mais pas au point de devenir démesurément attaché aux résultats. Une personne qui est trop attachée aux résultats est ce que l’on appelle un mauvais perdant ou un mauvais gagnant.

Si la vie est un jeu, quel est votre niveau en tant que joueur ?

Est-ce que vous sortez le grand jeu pour le plaisir de l’expérience ? Est-ce que vous vous souciez de votre performance et prenez le temps d’aiguiser vos compétences ? Êtes-vous beau joueur ? Acceptez-vous le jeu dans son ensemble, ou résistez-vous à une partie de ce jeu ?

N’est-il pas idiot que tant d’entre nous restent coincés dans les « mini-jeux » de la vie et perdent totalement de vue le jeu dans son ensemble ? Avez-vous déjà créé un personnage niveau 50 dans un monde virtuel, débordant de richesses et de super-pouvoirs, alors que votre personnage dans la vraie vie se vautre au niveau 5, apathique, hors de forme, et à peine capable de payer ses factures ? Beaucoup d’entre nous sommes tombés dans ce piège à un moment ou un autre.

Quels autres mini-jeux avez-vous confondu avec le jeu complet de la vie ? Le jeu de l’éducation ? Le jeu de la carrière ? Le jeu de la sécurité financière ? Le jeu de la famille ? Le jeu de la forme physique ? Le jeu de la spiritualité ? Il y a une infinité de mini-jeux qui peuvent détourner notre attention des progrès à faire dans le jeu, bien plus étendu, de la vie elle-même. Ces mini-jeux sont intéressants et précieux en soi, mais ce ne sont que les pièces d’un puzzle plus grand.

Que pensez-vous d’un acteur de classe mondiale qui tombe dans la drogue et l’alcool ? Et d’un dirigeant mondial méprisé par sa propre femme ? Ou d’un masseur kinésithérapeute qui n’apprend jamais à gérer ses propres finances ?

Aucune réalité virtuelle ne peut rivaliser avec les décisions enthousiasmantes qu’offre la vraie vie chaque jour. Nous avons un nombre infini de choix face à nous, et les conséquences sont assez intéressantes pour nous motiver à choisir précautionneusement. Le jeu de la vie a été super bien conçu.

Malgré qu’on nous présente le jeu le plus merveilleux qui soit, la plupart d’entre nous refusent d’y jouer. Nous restons sur la touche, à nous soucier de la complexité du monde au lieu de l’accepter. Nous n’effleurons que certains aspects du jeu. Très peu d’entre nous nous sommes déjà investis à maîtriser le jeu dans son ensemble.

Pourquoi ?

Votre niveau actuel d’engagement dans la vie dépend de la façon dont vous vous évaluez par rapport au jeu de la vie. Êtes-vous plus grand que le jeu, ou est-ce que le jeu est plus grand que vous ?

Quand vous jouez à un jeu qui est plus grand que vous, vous vous sentez dépassé. Cela fait trop à gérer, et vous abandonnez rapidement. Je me souviens du moment où j’ai essayé de jouer aux échecs alors que je n’avais que 7 ans. Cela m’a frustré parce que je n’arrivais pas à comprendre. Le jeu semblait plus grand que moi. Donc je n’ai jamais voulu y jouer. Les échecs étaient le jeu de quelqu’un d’autre. Si vous pensez que la vie est plus grande que vous, vous ne voulez certainement pas jouer non plus. Le jeu devient un énorme inconvénient.

D’un autre côté, quand vous jouez à un jeu qui est plus petit que vous, vous restez au contrôle. Si le jeu est bien trop petit, cependant, c’est ennuyeux, comme le jeu du morpion. Les jeux qui sont trop petits ont peu d’attrait parce qu’il n’y a pas de défi. Il n’y a simplement pas assez de choix enthousiasmants. Certaines personnes sont tombées dans ce schéma, ils maîtrisent le jeu au niveau débutant et ne réalisent jamais qu’il y a d’autres niveaux de difficulté auxquels jouer, dont les niveaux intermédiaire, avancé, et maître.

Le juste équilibre est celui où le jeu est quasiment égal à vous. C’est la combinaison parfaite pour qui vous êtes. Vous apprenez les règles, vous prenez le temps de comprendre le gameplay, mais vous savez que pour le maîtriser cela vous prendra toute une vie. Les jeux de rôles en ligne tentent de maintenir ce juste équilibre, pour que leurs joueurs ne cessent de se renouveler mois après mois. Ils doivent rendre le jeu suffisamment simple pour les débutants tout en continuant à mettre au défi les joueurs experts. L’attachement social joue également un rôle clé.

Quand vous sentez que vous et la vie réelle êtes en adéquation, vous connaîtrez le juste équilibre de la vie humaine. C’est là que le jeu est le plus amusant et le plus gratifiant. Vous êtes alors totalement investi, et les évènements de la vie sont appréciés pour la force de l’expérience. Vous pourriez décrire cet état comme le fait d’être dans le flux, dans son élément, comme un état d’émerveillement, ou de fascination.

Qu’arrive-t-il dans un jeu quand vous subissez un revers ? Si vous êtes beau joueur, vous verrez cela comme un défi de plus. Les bons joueurs ne pleurnichent pas quand les jeux sont faits. Quand le jeu se corse, les bons joueurs s’élèvent au niveau du défi.

Je suis au top de mes performances quand je garde en perspective que la vie est le jeu ultime, rempli de choix, de défis et de conséquences intéressantes. Au lieu de résister à des évènements qui paraissent négatifs, je les traite comme des défis supplémentaires. Par exemple, si je connais un revers financier, ce n’est pas très grave parce que l’argent n’est rien d’autre que la ressource du monde du jeu. C’est juste l’or de ce jeu, une chose qui peut toujours être réapprovisionnée avec du dur labeur et de la créativité. Et trouver comment gagner plus d’argent est un défi amusant, plein de choix enthousiasmants.

Les bons joueurs ne se reposent pas non plus sur leurs lauriers quand tout va dans leur sens. Qu’arrive-t-il quand le jeu devient trop facile, quand les choix commencent à paraître ennuyeux et inintéressants ? Alors il est temps de relever un peu plus le niveau de défi en s’aventurant sur un nouveau territoire. Par exemple, l’aspect financier est devenu relativement facile pour moi, et je gagne bien plus d’or que je n’en ai besoin pour ma famille. Bien sûr, c’est sympa d’avoir des réserves, mais passer le reste de ma vie à empiler de l’or serait incroyablement ennuyeux, sans parler du gâchis de cette ressource intéressante dont on pourrait faire bon usage. Le truc intéressant dans le fait d’avoir de l’or est que vous pouvez acheter des versions améliorées de ce que vous avez déjà et ainsi vous attaquer à des défis plus grands. Et c’est exactement ce qu’Erin et moi prévoyons de faire ; utiliser nos ressources pour développer une plus grande équipe et nous attaquer à de plus grands défis. Trouver des moyens de fournir encore plus de valeur. Faire passer le jeu à un niveau supérieur.

Il est malheureux que les gens oublient si facilement que la vie est supposée être intéressante, motivante, et amusante. Si votre vie est remplie de choix enthousiasmants, considérez que vous êtes béni. Prenez quelques décisions, faites l’expérience des conséquences, et évoluez à partir de là. C’est que du bon.

La seule façon de perdre le jeu de la vie est de ne pas jouer. Quand vous jouez activement le jeu, vous gagnez en compétence et en expérience (et en or aussi, il faut l’espérer). Continuez à jouer, et vous finirez par développer un personnage niveau 10, 20, 30. Assurez-vous simplement que quand vous atteignez le niveau 30, vous ne vous battiez pas encore avec des monstres de niveau 10.

Que dirait un joueur expérimenté à un personnage qui reste assis sur la touche, et qui se plaint sans cesse que c’est difficile de gagner de l’or, que les monstres sont méchants, que les points d’expérience sont inéquitablement distribués, que personne n’est un bon coéquipier, etc. ? J’imagine que la réponse serait quelque chose « Débutaaaaaaaaant ! Arrête de te plaindre et va jouer ! »

Si vous êtes dans un corps humain, vous êtes venu ici pour jouer le jeu de la vie humaine. Ne restez pas assis sur la touche à vous plaindre comme un débutant. La vérité est que si vous perdez tout votre or, si vous coéquipiers vous jettent, ou si votre personnage est infecté par la peste, tout cela fait partie du jeu. Chaque revers initie un autre round de choix enthousiasmants. Le jeu n’est pas censé être juste ; il est censé être amusant et intéressant. Le fait que vous viviez ou non une expérience amusante et intéressante dépend largement du genre de joueur que vous êtes.

Pensiez-vous que vous étiez censé réussir à chaque fois que vous essayez de vaincre des monstres, de sécuriser votre argent, ou de trouver de bons coéquipiers ? Bien sûr que non. Ce n’est pas comme ça que le jeu fonctionne. En de nombreuses occasions, vous entrerez sur le champ de bataille plein de motivation et d’intentions positives, et vous vous ferez gifler. C’est censé arriver. Cela fait partie du jeu. Le jeu est censé être un défi.

Comme la vie serait ennuyeuse si toutes vos tentatives réussissaient au premier essai… et ce instantanément ! Un jeu qui inclut des revers, des retards, et d’aléas est bien plus amusant. Cela vous fait jouer plus longtemps et avec une plus grande motivation. Fort heureusement nos désirs ne se manifestent pas immédiatement, ou nous nous ennuierions à mourir. C’est l’effort et l’incertitude qui font que la vie est aussi gratifiante parce que la récompense ultime est l’expérience du jeu, pas l’or que nous collectons.

Le jeu de la vie humaine pourrait prendre fin à votre mort, mais en même temps profitez de vous-même tant que vous êtes là. La vie est censée être amusante. Sortez et allez jouer ! Attaquez-vous à certains des choix enthousiasmants que vous avez évités jusque là, acceptez les conséquences, et évoluez à partir de là.

Crédits photo : © valdis torms – Fotolia

Un commentaire

  • Joelle dit :

    Ouah ! Merci, Olivier !
    C’est exactement ma vision de la vie (même s’il m’arrive parfois encore de l’oublier ;-), mais je n’avais aucune idée comment l’expliquer clairement à mes enfants. J’ai 50 ans, mes enfants, 22, 21 et 15 ans. Je suis certaine que cet article leur parlera 🙂

    Le développement personnel et moi, c’est une très longue histoire, un peu compliquée, tout comme ma vie d’ailleurs… Je ne vais donc pas m’étaler ici, je le fais dans un blog que je commence grâce à vous.

    Mille mercis pour tout ce que vous faites et à très bientôt !

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