7 règles pour maximiser votre production créative

Note : cet article est une traduction de l’article 7 Rules for Maximizing Your Creative Output de Steve Pavlina. C’est donc lui qui s’exprime dans le “je” de cet article !

Etat créatifAprès mon dernier article sur la créativité, il y a eu une question dans le forum de discussion à propos de la façon dont on peut entrer dans cet état hautement créatif, un état où vous perdez toute notion du temps, où votre ego disparaît, et où vous devenez une de ces tâches qui est en face de vous. Est-ce que cet état de pic créatif est un moment de chance rare, ou peut-on l’atteindre de façon systématique ?

Pour moi l’état de transe créative est un moment habituel. J’entre généralement dans cet état plusieurs fois par semaine, et j’y reste pendant des heures d’affilée. Je suis capable de profiter de cet état de transe de façon routinière aussi longtemps que je m’assure les conditions adéquates, ce que je vais partager avec vous dans un instant.

Mes premiers souvenirs d’entrée dans cet état de transe créative de façon habituelle remontent au début des années 80, quand j’apprenais la programmation en BASIC. Après les cours j’avais expédié mes devoirs pour passer des heures devant mon Atari 800 à écrire, tester, et régler des programmes simplement pour voir ce que la machine pouvait faire. Parfois, aux alentours de 20 heures, je remarquais que j’avais faim, je réalisais que ma famille avait déjà dîné, et je demandais à ma mère « Pourquoi tu ne m’as pas appelé quand le dîner était prêt ? Je meurs de faim ! » Elle prétendait invariablement qu’elle m’avait appelé 3 ou 4 fois, et qu’en général j’en avais verbalement accusé réception avec un « Je descends dans une minute. » Soit je n’avais aucun souvenir que c’était arrivé, soit c’était comme se rappeler un rêve vraiment flou. M’avait-elle vraiment appelé, ou est-ce que je l’avais imaginé ? J’étais tellement absorbé par mon hobby créatif que je perdais totalement de vue ce qui se passait autour de moi. Si j’en crois ma mère, cela a dû être une réaction inconsciente.

Pendant les 25 dernières années, je me suis énormément appuyé sur ces périodes de déconnexion créative pour tout un tas de tâches qui recoupent de nombreuses disciplines : programmation informatique, création de jeux, art et artisanat, développement web, articles, discours, travail sur Photoshop, enregistrement d’effets sonores, travaux pour l’école, et bien plus encore. Aujourd’hui ces périodes sont essentielles pour mon travail de blogging.

Pendant la majeure partie de ma vie j’ai pris ces sursauts créatifs pour acquis. Adolescent, je l’attribuais au fait que j’étais gaucher. Mais plus tard j’ai réalisé que j’avais développé un processus pour initialiser et faire durer ces périodes créatives. Je ne peux pas garantir que ces règles seront aussi efficaces pour vous qu’elles le sont pour moi, mais je pense qu’avec un peu de pratique vous les trouverez plutôt efficaces.

Voici mes 7 règles pour optimiser cet état de transe hautement créatif :

  1. Définissez un objectif clair.

Pour entrer dans cet état de transe, vous avez besoin d’un objectif. Décidez de ce que vous voulez créer et pourquoi. Les intentions vagues ne déclenchent pas l’état de transe.

Si je m’assois avec la pensée que je vais sortir à tour de bras un nouvel article ou une nouvelle tâche générique pour mon site web, j’entre rarement dans cet état créatif. J’ai besoin d’une intention plus concentrée comme « Je vais écrire un article à propos de mes règles de créativité. » Les enfants font cela automatiquement. Un objectif simple et direct comme « Construisons un château avec ces pierres » est tout ce dont vous avez besoin.

Si vous travaillez sur un grand projet comportant de nombreuses séances, comme un livre, fixez un objectif pour cette unique séance créative. Que voulez-vous accomplir sur le moment ? Créer un aperçu ? Esquisser un personnage ? Écrire une scène ?

Ne surchargez pas votre but. Vous avez besoin de suffisamment de clarté pour vous donner une direction mais pas trop pour ne pas vous enfermer. Votre objectif devrait être une flèche, pas une boîte. Ajouter trop de contraintes peut étouffer votre créativité en limitant vos options.

  1. Identifiez une chose qui vous motive.

En plus d’un objectif pour votre séance créative, vous avez besoin d’une raison d’être créatif. Pourquoi est-ce que cette tâche compte pour vous personnellement ? Quelle différence cela fera si vous pouvez être créatif ? Pourquoi vous en souciez-vous ?

Si je ne me préoccupe pas d’une tâche ou d’un projet, je ne peux pas rassembler cet état créatif. À l’école je pouvais déclencher cet état assez facilement quand je faisais des devoirs que j’aimais bien, mais si je pensais à un devoir qui était inutile ou stupide, je le faisais juste pour la forme sans produire quoi que ce soit d’original.

Il est bien plus simple d’être créatif en faisant ce que vous voulez faire qu’en faisant ce que vous devez faire. Une chose qui arrive souvent quand les gens quittent leur emploi et commencent à travailler à leur compte est que leur production créative grimpe en flèche. Même parmi les gens étranges qui ont encore un travail, être capable de choisir votre prochain projet parmi quelques options est souvent utilisé comme récompense, en particulier dans les domaines techniques.

Plus la motivation est grande, plus vous aurez de chances de rassembler de hauts niveaux de créativité. Imaginez que vos ressources créatives intérieures sont paresseuses, et elles auront besoin d’une foutue bonne raison de sortir du lit et d’aller travailler pour vous.

Ma production la plus créative arrive quand je travaille sur une chose qui va bénéficier simultanément à moi et aux autres. Être dans les extrêmes, l’égoïsme ou l’abnégation, n’est pas efficace. J’écris mes meilleurs articles quand je suis passionné par le sujet et que je m’attends à ce que cet article aide véritablement des gens. Cet impact anticipé n’a pas besoin d’être énorme ; écrire une comédie pour faire rire les gens est une motivation tout à fait efficace.

  1. Mettez en place un défi qui en vaille la peine.

Pour éveiller votre potentiel créatif complet, la difficulté de votre effort créatif doit tomber au sein d’un certain éventail de défis. Sur une échelle de 1 à 10, où 1 est incroyablement simple et 10 impossible, je dirais que la fourchette créative optimale est 5 à 9, 7 ou 8 étant l’idéal.

Si une tâche est trop simple, vous n’aurez pas besoin d’être particulièrement créatif, donc votre moi créatif dira simplement « Tu peux t’occuper de ça sans moi. Reviens quand tu auras quelque chose qui mérite mon attention. »

Si vous envisagez de vous attaquer à une tâche trop difficile ou compliquée, vos croyances se dresseront sur la route de votre créativité, et vous finirez avec une prophétie d’échec autoréalisée. Même si vous vous arrangez pour atteindre la zone créative, cela ne sera pas durable car vous ne reconnaîtrez pas la validité des idées qui arrivent. Quand vous avez la sensation qu’une tâche est quasi impossible, c’est généralement parce que la solution, si elle existe, est bien en-dehors de votre zone de confort. C’est le genre de problèmes pour lesquels votre moi créatif va trouver des solutions comme « quitte ton travail » ou « divorce ». Les solutions pourraient être parfaitement valables, peut-être même brillamment correctes d’après les circonstances, mais vous serez très réticent à les accepter.

Et si vous voulez faire un travail créatif qui ne fait pas partie de l’éventail de défis optimaux ? Heureusement il y a de nombreuses façons dont vous pouvez modifier une tâche pour ajuster le niveau de défi. Si une tâche est trop facile, vous pouvez ajouter plus de contraintes, tout comme vous ajouteriez des poids sur un haltère. Si une tâche est trop difficile, vous pouvez la diviser en morceaux plus petits, comme vous attaquer à une seule page ou à un seul chapitre au lieu du livre tout entier.

Parfois quand je travaille sur une tâche facile, je vais booster la difficulté pour me pousser dans un niveau créatif optimal. Si j’écris un article qui semble trop simple pour moi, je peux augmenter le défi en injectant de l’humour, écrire dans un style inhabituel, ou ajouter quelques autres renversements. Il y a peu de temps, j’ai écrit un article populaire sur le sens de la vie, qui était un témoignage personnel de ce que je considère comme la période la plus difficile de ma vie (me faire arrêter pour vol aggravé et être renvoyé de l’école). Écrire un article n’a pas nécessité beaucoup de créativité parce que se souvenir de ces expériences était une tâche linéaire, en ligne droite. Pour introduire plus de créativité dans ce papier, j’ai décidé d’utiliser les titres des albums et des chansons de Depeche Mode pour tous les sous-titres. Le défi était de les faire correspondre au texte sans que cela fasse bizarre. Cette contrainte supplémentaire a rendu la conception de cet article de 6400 mots bien plus amusante. Chaque fois que vous lisez un de mes articles où le style paraît un peu inhabituel, vous pouvez parier que je booste le défi pour être plus créatif.

Vous pourriez vous dire qu’une tâche très facile est une bonne chose, mais être dans cette douce zone de défi est bien meilleur. S’attaquer à quelque chose de trop facile est comme faire de la musculation avec des poids trop légers. C’est ennuyeux à s’en engourdir l’esprit et cela ne produira pas de résultats. Être confronté à un bon défi est plus amusant, vous aide à progresser, et procure une satisfaction significative du devoir accompli.

  1. Mettre en place un environnement propice.

Vous trouverez que certaines conditions environnementales vous facilitent le fait d’entrer dans cet état créatif, tandis que d’autres conditions rendent cela quasiment impossible. L’environnement optimal varie d’une personne à l’autre, donc vous n’aurez pas besoin de trouver ce qui fonctionne le mieux pour vous.

Certaines personnes semblent mieux travailler dans des environnements stimulants, actifs. L’auteur Malcolm Gladwell prétend avoir entièrement écrit au moins un de ses livres dans un endroit public, comme un café.

Personnellement, je travaille mieux dans un environnement privé et calme. Je fais quasiment tout mon travail créatif seul dans mon bureau avec la porte fermée. J’ai déjà écrit un article sur la création d’un espace de travail productif, donc je ne répèterai pas ces conseils ici. Mais l’idée de base est que différents arrangements d’espace de travail peuvent avoir un effet notable sur votre production créative. J’ai trouvé que certains principes de feng shui m’ont été très utiles, comme le positionnement de mon bureau en « position de commandement », dos au mur et face à la porte.

Quand je fais un travail créatif qui me met au défi, je ne mets généralement pas du tout de musique en fond sonore, même si parfois je peux mettre de la musique classique ou de la new age sans paroles. Cependant, je vais écouter de la trance (avec ou sans voix) quand je me débarrasse de tâches routinières. Je vous suggère de tester différents types de musique pour voir quel effet cela a sur votre capacité à atteindre et à maintenir cet état créatif.

  1. Allouez un laps de temps précis.

Imaginez que votre esprit est comme un ordinateur. Plus vous pouvez tirer avantage des ressources de l’ordinateur, plus vous exploitez votre créativité. Pour libérer le plus de ressources possibles pour votre tâche créative, vous avez tout d’abord besoin de désamorcer tous les processus obsolètes. Cela signifie que vous devez fermer les programmes comme Ego 1.0, Sensations Physiques 1.3, et Pensées Distractives 2.0. Si vous voulez maximiser votre créativité, vous avez besoin de monopoliser autant de puissance de processeur que vous le pouvez.

Cela me prend normalement 15 minutes environ pour commencer à entrer dans cet état créatif, et je suis solidement investi au bout de 45 à 60 minutes. Ce n’est qu’à la fin de la première heure que j’entre vraiment dans la tâche. Ma production est réellement créative aux heures 2, 3, 4, et plus.

Ce n’est qu’après la première heure que la tâche créative est totalement chargée dans ma mémoire vive mentale, et que mon processeur alloue enfin sa pleine capacité à la tâche en cours. C’est un état de concentration intense. Dans cet état, les pensées distractives qui m’auraient normalement sorti de cet état n’interfèrent plus. Je suis totalement ancré, et je vais m’occuper de mon travail créatif jusqu’à ce que je sois arrêté de force, par la fatigue ou la faim par exemple.

Quand je commence un article, je ne sais pas combien de mots il fera ou le temps que cela me prendra de le terminer. Parfois j’ai fini au bout de 90 minutes ; d’autres fois j’y travaille encore 5 heures après. Quand j’écris des articles avec un objectif de longueur (1000 mots) ou de temps (2 heures), je sors généralement le genre de banalités insipides que vous pouvez trouver dans les magazines de l’été. Avec une limite de temps serrée je peux arriver à finir quelque chose, mais cela sera loin de ce que je crée avec les mains libres.

Je recommande un minimum de 3 heures d’affilée pour une tâche créative sérieuse, en se rapprochant de préférences des 6 heures. Cela pourrait sembler beaucoup, mais une fois que vous lancez la machine et entrez dans ce glorieux état créatif, vous verrez à peine le temps passer. Il est mieux d’allouer trop de temps que trop peu. C’est réellement déprimant d’atteindre cet état créatif et de devoir arrêter au bout de 30 minutes parce que vous devez vous occuper d’un autre engagement. Libre à vous de planifier vos tâches routinières par blocs de 30 à 60 minutes, mais accordez-vous autant de temps que possible pour un travail hautement créatif.

  1. Empêchez les interruptions et les distractions.

Si vous ne pouvez pas empêcher le fait d’être dérangé par des appels urgents, des mails, ou des visiteurs impromptus, vous n’atteindrez et ne maintiendrez pas durablement cet état créatif. Vous devez faire tout ce qui est nécessaire pour empêcher les interruptions inutiles pendant vos périodes créatives. Faites des arrangements pour vous assurer de ne pas être dérangé si ce n’est pas une urgence absolue.

Une fois que je suis dans cet état créatif, je peux m’accommoder d’une interruption mineure comme une pause-toilettes ou un en-cas sans sortir pour autant de mon état d’esprit. Mon esprit va continuer à mouliner sur la tâche en cours, et je peux facilement reprendre là où je m’étais arrêté. Mais si je fais quelque chose qui nécessite un changement de contexte, comme passer un appel ou vérifier mes mails, je vais commencer à sortir de mon état d’esprit.

Quand je commence une tâche créative, je dit à Erin que je « vais dans ma grotte », comme ça elle sait qu’elle ne doit pas m’interrompre. Je débarrasse mon bureau des éléments inutiles, j’ignore le téléphone, je désactive ma messagerie instantanée, et je ferme tous les programmes qui ne sont pas nécessaires pour ma tâche en cours. Je fais ce que je peux pour prévenir les interruptions, mais même si certaines interruptions surviennent je les ignore simplement en général.

Si vous travaillez pour quelqu’un qui attend que vous produisiez un travail créatif mais qui vous ôte dans le même temps toute possibilité de prévenir les interruptions, virez votre patron. Si vous ne pouvez pas maximiser votre production créative, vous avez perdu votre plus grande source de valeur productive. Cela va nuire à votre potentiel de revenus, étant donné que votre revenu dépend de votre capacité à produire de la valeur.

Respectez la valeur de vos périodes créatives, et ne permettez pas d’être interrompu.

  1. Maîtrisez vos outils.

Créer un morceau tangible de travail créatif nécessite des outils comme un ordinateur, une guitare, ou un pinceau. Même si cela pourrait prendre des années, vous devez atteindre un niveau de compétences de base avec les outils de votre domaine avant d’entrer durablement dans cet état d’esprit.

Investissez du temps pour prendre ces leçons de piano, allez dans ces cours de programmation, ou dévorez ces tutoriels Photoshop. Bien sûr, il y a des degrés de maîtrise, mais plus vous développez de compétences inconscientes avec vos outils, plus il vous sera facile d’entrer et de rester dans cet état d’esprit.  Quand vous êtes dans cet état créatif, vous ne vous soucierez pas du placement de vos doigts, des boutons sur lesquels vous devez appuyez, ou des mots que vous devrez taper. Votre subconscient gèrera ces détails pour vous pendant que vous restez concentré sur une création de haut niveau.

La raison pour laquelle je peux garder cet état d’esprit créatif quand j’écris des articles est que j’ai passé du temps à développer mes compétences d’écriture et à maîtriser le logiciel que j’utilise pour transformer mes idées en travaux publiés. Je ne prétends pas être un génie de la littérature, mais je suis doué pour changer mes pensées en mots, en phrases, et en paragraphes sans trop de difficultés. Dans ma première rédaction au lycée, j’ai fait du mieux que j’ai pu et j’ai reçu un C+ (environ 12/20). Je ne comprenais pas les concepts de base de la rédaction, comme l’unité et la cohérence. Mais j’ai eu un professeur fantastique pendant mes première et deuxième années de fac. C’était un défi, et c’était même un peu masochiste de ma part, mais j’ai fait les efforts nécessaires pour apprendre la grammaire et la rédaction et obtenir un A dans ce cours. À ma sortie du lycée,  je pouvais écrire des articles, des rédactions, et des rapports avec une relative aisance.

D’un autre côté, quand je ne suis pas assez compétent avec mes outils, je ne peux pas entrer dans cet état créatif. Malgré l’utilisation de Photoshop pendant des années, je n’ai jamais passé de temps à maîtriser cette interface complexe parce que je ne m’en suis servi que par intermittence. Par conséquent, j’atteins rarement cet état créatif quand j’utilise Photoshop parce que je passe trop de temps à penser consciemment aux petites étapes d’action. Cela ralentit ma créativité parce que je reste coincé dans mon cerveau gauche au lieu de me connecter à mon cerveau droit.

Après que votre élan créatif a donné naissance à votre premier jet, vous êtes toujours libre d’y revenir et de le modifier plus tard. Occupez-vous d’abord de la partie créative gérée par votre cerveau droit. Puis revenez-y et faites un passage logique géré par le cerveau gauche pour procéder à des retouches et corriger tous les problèmes. Pour mes articles cela implique de vérifier l’orthographe, de resserrer le texte, de procéder à des coupures, etc.

Entrer et rester dans cet état d’esprit hautement créatif est une compétence, pas une bénédiction, un accident, ou un coup de chance. En faisant des règles ci-dessus des habitudes et en les adaptant à votre situation, vous pouvez expérimenter cet état créatif de façon régulière, peut-être même quotidiennement. Et une fois que vous apprenez à exploiter le pouvoir de cet état, votre production créative va monter en flèche.

Crédits photo : © Sergey Nivens – Fotolia

Un commentaire

  • Cheikh Gaye dit :

    A quoi sert d’être créatif à nos jours ,où rien n’est beau à cause des guerres, de la faim et de la paresse de dire vrai ?
    Ouvrez votre email , des milliers de personnes vous invitent à un commerce alors qu’elles ne sont que des truands , même des banquiers .
    GARDONS NOS CRÉATION POUR UN JOUR MEILLEUR

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