Mon expérience de la créativité

Note : cet article est une traduction de l’article My Experience of Creativity de Steve Pavlina. C’est donc lui qui s’exprime dans le “je” de cet article !

Esprit créatifL’acte de créer quelque chose, que ce soit un article, un poème, un site web, un programme informatique, ou toute autre moyen d’expression créatif, est une des activités qui me sont les plus chères.

Cela me prend généralement un moment d’entrer totalement dans un état d’esprit hautement créatif, mais une fois que j’y suis je perds conscience de tout ce qui n’est pas le moment présent et les idées me traversent. J’oublie qui je suis. Je perds toute sensation du temps qui passe. Je ne sens même pas mes doigts taper.

Quand je suis dans cet état d’esprit, je connais une immense résistance intérieure envers tout ce qui essaye de m’en faire sortir. Je verrouille la porte de mon bureau. J’ignore mon téléphone. Si quelqu’un cogne à ma porte, je crie « Du vent ! » Mes réactions défensives sont inconscientes et automatiques ; j’en suis rarement conscient. Généralement je ne me rappelle même pas ces interruptions. Erin pourrait débarquer dans mon bureau et me dire quelque chose, je ne me souviendrais même pas qu’elle est venue.

Je fais souvent référence à ces périodes créative comme le fait « d’aller dans ma grotte ». Je dis à ma famille qu’un ours garde la cave et qu’il serait malavisé d’essayer d’entrer. J’ai en fait plusieurs ours dans mon bureau (en bois, en papier, en décoration murale, etc.), donc il serait difficile d’entrer dans mon bureau sans en remarquer au moins un. J’ai même un petit ours en peluche qui grogne si j’appuie dessus – un avertissement utile pour tout intrus potentiel. Si les totems animaliers vous sont familiers, vous pourriez dire que l’ours est un de mes totems, et son but est de monter la garde chaque fois que je suis dans ma grotte créative. Si c’est trop new age pour vous, alors vous pourriez dire que cet « ours » prend la relève comme pilote automatique de mon subconscient pendant ces périodes créatives.

Une fois que je suis immergé dans la création de quelque chose, je maintiens généralement cet état jusqu’à ce que j’aie terminé une dose de travail significative comme finir cet article, que je sois à court de temps à cause d’un rendez-vous à venir, ou parce que je suis tenaillé par une sensation physique comme la faim ou l’épuisement.

Par exemple, j’ai commencé à écrire l’article Définir votre priorité de concentration à 18 heures un soir. J’ai travaillé sur cet article six heures d’affilée du concept au point final et je l’ai mis en ligne juste après minuit. Je me souviens avoir vu 19 heures sur l’horloge à un moment, mais après cela j’ai perdu toute notion du temps. Pendant les cinq dernières heures je n’ai pas quitté ma chaise, pas même pour aller aux toilettes. J’ai oublié d’aller dîner. Je n’ai pas remarqué que le reste de ma famille était allée se coucher au bout d’un moment. Je suis allé me coucher à minuit et demi et je me suis réveillé juste après 5 heures du matin, totalement reposé.

Pour une raison ou pour une autre ces périodes de concentration intense ont tendance à réduire mon besoin de sommeil, tout comme une longue séance de méditation. Plus je fais un travail créatif, moins je semble avoir besoin de sommeil.

Je ne me suis jamais drogué, mais j’imagine qu’il y a des drogues qui pourraient provoquer le même genre d’état d’esprit. De nombreuses façons j’ai l’impression que ma conscience part en voyage. Je perds conscience de mes sens physiques et j’entre dans une réalité quelque part au-delà de l’univers physique, un monde de pure pensée et idées.

Je n’ai généralement pas la sensation de faire mon travail créatif par channeling (un mode de communication entre une personne et une entité) – j’ai expérimenté le channeling à l’occasion, et c’est une sensation totalement différente. Mais la plupart du temps je n’ai pas non plus la sensation de produire un travail à la chaîne non plus. Il y a une activité mentale, mais cela vient sans effort. Si je pense à cet état vu de l’extérieur, cela ressemble à du travail. Je pense « Il est temps d’écrire un autre article. Je vais avoir besoin de quelques heures pour ça. » Et c’est comme si ça allait être un évènement sans effort. Mais quand je suis dans cet état de créativité, cela ne ressemble pas du tout à du travail. Je me fiche que cela prenne deux heures ou six ; la durée est hors-sujet quand je ne peux pas percevoir le temps.

Quand mon ego se dissout pendant un effort créatif, j’entre dans un état d’unité avec les idées que j’explore. Si j’écris un article sur la productivité, j’ai la sensation d’être la productivité. Si j’écris sur le courage, je me sens totalement intrépide. Si j’écris sur des émotions comme l’amour ou la joie, je les ressens parfois de façon tellement intense que des larmes me montent aux yeux, mais je ne suis conscient de ces larmes que parce qu’elles me troublent la vue ou me chatouillent les joues. Pendant un acte de création, je deviens temporairement ce que je crée.

Quand je fais un travail créatif, je ne me soucie pas d’aller bien ou mal. Je permets simplement aux idées de s’exprimer d’elles-mêmes. La création est une marche exploratoire à travers un espace d’idées, et le résultat créatif final est un des nombreux chemins à travers cet espace. Chaque chemin fournit une perspective unique de l’espace entier, donc tous les chemins sont valables et dignes de considération. Plus de chemins sont explorés, mieux l’espace est compris.

Parfois quand je relis un de mes vieux articles, particulièrement un article qui date de plusieurs années, je ne suis plus en adéquation avec l’état d’esprit que j’avais pendant cette création. Depuis, j’ai exploré d’autres chemins et élargi ma perspective. Par conséquent, je ne m’identifie jamais totalement avec ce que j’ai pu écrire. Les idées me traversent mais ne me définissent pas. Je ne suis qu’un conduit.

Quand je crée quelque chose, j’ai pour but d’explorer les chemins intéressants entourant une idée. En commençant à explorer un espace d’idées, je rencontre des branches sur des branches sur des branches. Produire un travail créatif, c’est explorer un sous-ensemble intéressant de ces nombreuses branches. Mais les branches d’une seule et unique idée sont infinies, donc dans les faits le potentiel créatif est infini. Ce qui étouffe la créativité est le moment où nous nous accrochons à une branche particulière et perdons conscience des autres. Plus de branches vous résistez à explorer, moins vous devenez créatif.

Quand je reviens à un état de conscience beta, je retrouve mon sens du discernement et je peux consciemment choisir quelles perspectives je trouve les plus habilitantes dans n’importe quelle situation pratique. Quand je suis face à un problème à résoudre, j’évalue quelles perspectives semblent les plus utiles selon les circonstances. Par exemple, si je veux améliorer ma forme physique, le chemin de l’autodiscipline me paraît plus utile que le chemin de la paresse.

Certaines de mes meilleures expériences de développement personnel sont venues de l’exploration créative d’idées opposées. Pour comprendre totalement une perspective, vous devez comprendre ses alternatives. Par exemple, vous ne pouvez pas connaître l’abondance tant que vous ne comprendrez pas le manque. Vous ne pouvez pas connaître le courage tant que vous ne comprenez pas la peur.

La créativité est une exploration aventureuse des idées. Certains chemins tournent en rond. Certains sont des impasses. Certains mènent à des trésors fabuleux. Aucun chemin n’a toutes les réponses cependant. C’est le voyage créatif en lui-même qui importe.

Quand vous tentez un acte créatif, ne vous inquiétez pas de produire quelque chose de bon ou de mauvais. Arpentez simplement votre propre chemin dans le monde des idées. Certains chemins pourraient paraître plus valables que d’autres, mais tous les chemins ont une beauté unique.

Crédits photo : © Gstudio Group – Fotolia

Un commentaire

  • Christophe dit :

    Merci pour cet article sur la créativité
    C’est un état d’esprit, ou l’on est pleinement consacré à l’élaboration de son travail, cet état vient le plus souvent lorsque l’on a ce feu sacré de créé. Étant artiste peintre et blogueur parfois j’ai ce flux qui vient naturellement et toutes les portes s’ouvrent, il m’est arrivé de constater que certains jour rien n’arrive et je me sens fatiguer et en panne d’inspiration, il suffit d’un petit élément pour tout inversé comme rencontré un ami, être dans un groupe où les gens vous soutiennent, voire et regarder une superbe expo et lire des articles passionnants, une simple idée une image ou une belle symphonie peu vous faires vibré à de plus hautes fréquences…
    Lorsque l’on est en pleine créativité c’est à la fois une élévation de l’énergie et une source d’inspiration qui s’autoalimente et c’est un cercle vertueux.

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