Déplacer une compétence vers une autre partie de votre cerveau

déplacer une compétence du cerveauIl y a quelques jours, je dinais avec mon ami J.D., et il a parlé d’un homme qui avait la capacité de faire de complexes calculs mathématiques mentalement. J.D. a dit que lorsqu’on a demandé à cet homme comment il pouvait faire des calculs aussi incroyables si rapidement, il a répondu qu’il utilisait une autre partie de son cerveau pour les mathématiques contrairement à la plupart des gens.

J’ai fait des recherches. L’homme qui est capable de faire cela s’appelle Scott Flansburg, alias « la calculatrice humaine », et il est inscrit dans le Livre Guinness des records. Il peut mentalement faire des additions, des soustractions, des multiplications, des divisions, des opérations qui impliquent des racines carrées et des racines cubiques aussi rapidement qu’une calculatrice. Une analyse IRMf a montré qu’en effectuant des calculs complexes, le cerveau de Flansburg restait silencieux dans la zone que la plupart des gens utilisent pour les mathématiques. L’activité se déroule dans une partie proche, mais différente de son cerveau.

Cette idée a éveillé ma curiosité. Pouvons-nous faire cela consciemment ? Pouvons-nous délibérément déplacer une compétence d’une partie de notre cerveau vers une autre, où cette compétence pourrait être considérablement améliorée ? Est-ce possible ?

Nous savons que les différentes régions du cerveau sont reliées différemment. Une partie de cette spécialisation est codée dans nos gènes, et le reste est formé par les informations sensorielles et l’expérience. Ces différentes régions ont des forces et des faiblesses distinctes.

Le cortex visuel gère le traitement des images. Le cortex auditif traite le son. Le cortex moteur coordonne le mouvement. Ces régions du cerveau ont eu des millions d’années pour se développer et s’auto-optimiser parce que l’imagerie visuelle, les sons et le mouvement sont disponibles depuis toujours. Le cerveau est capable de faire face à de nouvelles situations, mais il n’a pas eu assez de temps pour développer les structures cérébrales optimales pour s’adapter à de nombreux types d’entrées modernes.

Comment le cerveau sait-il où stocker vos compétences en termes d’utilisation des médias sociaux ? Où affecte-t-il les neurones pour vous permettre de traiter les messages ? Qu’en est-il des jeux vidéo ? La gestion d’une entreprise en ligne ? La conception d’un logiciel ?

Plusieurs des compétences modernes dont nous dépendons aujourd’hui n’ont pas eu le temps de se développer dans les régions cérébrales spécialisées. C’est en partie pour cette raison qu’elles exigent plus d’efforts. Voir, entendre et se déplacer sont essentiellement faciles une fois que nous avons suivi une formation de base. Nous n’avons pas besoin de penser consciemment à la détection du nord, à l’identification de fréquence ou à tout autre aspect de ces compétences. Pouvez-vous imaginer l’effort mental qu’il faudrait pour prendre en compte consciemment tous les détails du traitement de l’image et du son ? À quel point serait-il compliqué de se déplacer si nous devions consciemment exécuter les contractions spécifiques de chaque muscle ?

Quelques-unes de nos compétences modernes s’alignent relativement bien avec nos points forts. Conduire une voiture est un exemple, qui consiste à coordonner les mouvements du cortex moteur avec les données du cortex visuel et du cortex auditif. L’activité de conduite doit également être reliée aux régions du cerveau qui lui donnent un sens, comme le fait de savoir qu’il est dangereux de heurter un piéton ou un autre véhicule. Avec assez de pratique, nous pouvons travailler cette compétence de manière à ce qu’elle devienne en grande partie inconsciente.

Chaque fois que nous acquérons une nouvelle compétence, notre cerveau doit décider où stocker cette compétence. Beaucoup de compétences couvrent plusieurs régions du cerveau, mais à l’intérieur de ces régions, elles sont toujours affectées à des zones spécifiques. Le cerveau fera bien entendu les répartitions tout seul, mais pouvez-vous toujours être sûr qu’il a fait le bon choix ? Et s’il choisit une région sous-optimale pour stocker une compétence ? Alors, vous auriez constamment du mal à appliquer cette compétence, en utilisant une partie du cerveau qui n’y est pas appropriée.

Lorsque nous affirmons que quelqu’un est doué pour une compétence, c’est peut-être parce que le cerveau de cette personne a choisi une meilleure zone que d’habitude pour loger cette compétence.

Où le cerveau stocke-t-il les compétences en affaires ?

Qu’en est-il des compétences nécessaires à la gestion d’une entreprise ? Comment le cerveau sait-il où stocker ces compétences ? Est-ce qu’il les stocke dans les mêmes régions pour tout le monde ? Certainement pas. Pour avoir rencontré d’autres chefs d’entreprise, il me semble évident que les gens utilisent leurs compétences en affaires de manière très différente.

En pensant à ma propre histoire, je me rends compte qu’il y a eu des points d’inflexion importants où j’ai (sans le savoir) déplacé mon entreprise vers une autre partie de mon cerveau, et mes résultats changeaient de façon spectaculaire chaque fois que je le faisais.

Lorsque je me suis lancé dans les affaires en 1994, je pensais essentiellement aux affaires en termes d’algorithmes et de calculs. J’ai traité mes problèmes dans ce domaine comme on traite un problème de programmation informatique. Pour moi, les affaires étaient une autre forme de codage. Je me suis fixé des objectifs et j’ai créé des plans pour les atteindre. J’ai transformé les plans en étapes d’actions et je les ai réalisés. Pour certaines entreprises, ceci pourrait très bien convenir. En revanche, pour moi, ce fut un désastre parce que j’étais pris au dépourvu par l’aspect social des affaires. J’ai conclu des partenariats avec des gens qui étaient malhonnêtes ou incompétents. J’ai supporté beaucoup de stress ce qui m’a tiré vers le bas. Aborder les affaires du point de vue d’un programmeur informatique s’est plutôt mal passé pour moi. Cinq ans après mes débuts, j’ai fait faillite.

Cela m’a conduit au premier grand point d’inflexion. En 1999, j’ai cessé de considérer les affaires comme une procédure. J’ai commencé par y penser comme une forme de jeu. J’ai commencé à considérer mon travail comme de l’exploration et de l’art plutôt que des mathématiques et des sciences. Je me considérais plus comme un créateur que comme un solutionneur de problèmes. Cette nouvelle façon de voir les choses m’a fait réfléchir dans plusieurs sens et m’a amené à créer différents produits. En moins d’un an, les affaires marchaient bien et depuis lors, gagner de l’argent n’a plus jamais été difficile pour moi.

En transférant ma conception du monde des affaires vers les parties de mon cerveau associées au divertissement, au jeu et à la créativité, ma manière de travailler a radicalement changé. J’ai cessé de voir l’argent comme étant indispensable. Pour moi, c’était comme de l’argent du Monopoly ; juste un autre jouet, mais rien que je devrais prendre trop au sérieux. J’ai commencé à faire des choses que je n’avais jamais essayées auparavant, comme faire du bénévolat pour une association professionnelle à but non lucratif et écrire des articles pour aider des concurrents potentiels. Si les affaires sont un jeu, alors les concurrents ne sont que des compagnons de jeu. Par conséquent, même si techniquement nous sommes en compétition dans certains domaines, le but est de s’amuser ensemble.

Quelques années plus tard, j’ai atteint un autre point d’inflexion. J’ai gardé l’aspect ludique, mais j’ai déplacé une grande partie de ma conception sur les affaires vers une partie plus sociale de mon cerveau. J’ai cessé de considérer les gens avec qui je travaillais comme des clients. J’ai commencé à les considérer plutôt comme des amis. Ce changement s’est réalisé progressivement et s’est produit approximativement entre 2007 et 2010. J’étais actif sur les médias sociaux pendant ces années-là, notamment en dirigeant des forums de discussion populaires. J’ai également commencé à organiser des rencontres en tête à tête, des conférences professionnelles ainsi que des ateliers publics au cours de cette période. Je ne travaillais plus seulement à partir de mon ordinateur. Les personnes que je servais n’étaient plus de simples statistiques dans mon trafic Web ou des emails dans ma boite de réception. Elles sont devenues de vrais êtres humains avec qui j’ai partagé des conversations, des éclats de rire, des étreintes, etc.

Ce changement de mentalité m’a amené à prendre différentes décisions d’affaires. En 2008, j’ai supprimé toute publicité étrangère sur mon site Web, même si je gagnais 12 à 13 000 dollars par mois sous forme de revenus passifs par ce biais. En 2010, j’ai supprimé les droits d’auteur de tout le contenu de mon blog (articles, podcasts et vidéos), et j’en ai fait don au domaine public, y compris tout le nouveau contenu en ligne que j’ai publié depuis lors. Beaucoup de personnes pensaient que j’étais fou, mais c’était une conséquence naturelle du traitement des décisions d’affaires par une autre partie de mon cerveau. Pourquoi supprimer les publicités ? Tout simplement parce que les gens ne les aiment pas. Je ne montrerais pas de publicités à mes amis, n’est-ce pas ? Pourquoi supprimer les droits d’auteur ? Pour faciliter le partage avec mes amis et parce que cela attire encore plus d’amis.

Jusqu’à ce jour, je continue de voir mes affaires à travers les lentilles de l’amitié et du jeu. Cela m’amène à prendre des décisions différentes et à obtenir des résultats différents de ceux d’autres entrepreneurs.

Je ne me soucie pas beaucoup de l’argent ou des bénéfices, sauf dans la mesure où je considère les affaires comme un jeu. L’argent n’est toujours qu’un jouet. Je suis aussi très sensible à la façon dont je le gagne. Ce n’est pas bien d’essayer de soutirer de l’argent supplémentaire à des amis. Ce n’est pas bien non plus de me faire de l’argent grâce à de la publicité qui serait montrée à mes amis. Par contre, c’est bien de prendre soin de mes amis, d’être généreux envers eux, de les traiter comme de vrais êtres humains et de demander de l’aide et du soutien lorsque j’en ai besoin.

Si vous avez une fois assisté à l’un de mes ateliers, alors vous avez déjà vu cet état d’esprit en action. Le matin du premier jour, je salue les gens à la table d’inscription. Le personnel et moi embrassons tous ceux que nous pouvons. Les participants s’embrassent entre eux. Il y a des sourires chaleureux partout. Pourquoi ? Pour la simple raison que nous sommes tous amis. L’atelier est une occasion où nous pouvons nous réunir, nous amuser et nous aider mutuellement à grandir. Lorsque je prends la parole, c’est souvent dans un style informel et conversationnel. On plaisante beaucoup. Les séances sont caractérisées par beaucoup de spontanéité et d’humour. Parfois, il faut une journée aux gens pour s’habituer à cet environnement s’ils n’y sont pas encore habitués (ou s’ils ont participé à trop d’évènements de marketing en ligne sans vie où tout le monde reste seul), mais la majorité des gens apprécient l’ambiance une fois qu’ils s’y sont habitués et qu’ils réalisent que tout est authentique. Par la suite, il n’est pas rare de voir des gens changer de réservation pour continuer de passer du temps avec nous à l’atelier parce qu’ils ne veulent pas nous quitter.

C’est peut-être une drôle de façon d’encadrer mes décisions d’affaires, mais j’aime bien cela. Je pense que la principale raison pour laquelle cette approche marche tellement bien, c’est qu’elle maintient ma motivation à un niveau élevé. Mon monde des affaires est rempli d’amis, d’étreintes, d’attention, d’encouragements, de curiosité, d’apprentissage, de croissance, de voyages, d’aventures, d’éclats de rire, de bêtises, de stimulation et un peu de cochonneries. C’est sympa, léger et chaleureux. En raison de ces facteurs, ma motivation intrinsèque à travailler est très élevée. D’habitude, je n’ai pas besoin de me mettre la pression ou de me discipliner pour travailler, tant que je continue de traiter mes affaires via les parties de mon cerveau réservées au divertissement et aux interactions sociales.

Au fil du temps, cela a également modifié les types de partenaires d’affaires avec lesquels je travaille. Ces temps-ci, il m’est difficile de collaborer avec des gens qui traitent les affaires d’une manière froide et calculatrice. Il m’est difficile d’avoir des relations avec des entrepreneurs qui n’ont pas de sentiments chaleureux envers leurs clients et qui ne voient en eux que des moyens de parvenir à leurs fins. Ce type d’approche a été un désastre pour moi, et je n’ai aucune envie de refaire l’expérience.

Sur le plan financier, ce que je recherche principalement est la viabilité. Je ne ressens pas le désir ardent de faire croitre mon entreprise de plus en plus. Je n’ai pas besoin de gagner plus d’argent que ce que je gagne déjà ; je pourrais même en gagner moins sans aucun problème. Je suis très satisfait de la situation, et le but que je veux atteindre en poursuivant mes activités, c’est de continuer d’améliorer l’aspect social de l’entreprise, qu’elle génère de l’argent ou non. J’aime vraiment rencontrer des gens intéressants.

J’ai partagé cet exemple parce que j’ai la conviction que nous pouvons consciemment transférer certaines compétences d’une partie du cerveau à une autre, créant ainsi un changement radical dans nos résultats. Je ne sais pas comment déplacer mon coprocesseur mathématique dans la région qu’utilise Scott Flansburg, mais j’ai constaté que je peux le faire avec d’autres compétences en pensant délibérément à elles sous un angle différent que d’habitude.

Changer de cadre pour éliminer la peur

Nous pouvons aussi modifier nos compétences de manière à réduire la peur et l’anxiété. Ainsi, nous pouvons nous sentir détendus au lieu d’être nerveux lorsque nous utilisons ces compétences.

Beaucoup de gens ont très peur de parler en public. Je ressentais aussi une telle peur il y a quelques années, et je l’ai éliminé en changeant ma façon d’y penser, un peu comme je l’ai fait pour mon entreprise.

J’avais l’habitude de voir la prise de parole en public comme une prestation. Lorsque vous faites une prestation, vous êtes censé tout faire comme il faut. Les erreurs sont nuisibles. Les gens vous jugent. Commettre une boulette laissera une mauvaise image de vous. Lorsque vous prestez de la meilleure façon possible, cela donne une bonne image de vous. Lorsque vous descendez de la scène, vous vous sentirez ravi ou déçu en fonction du niveau de votre performance.

J’ai découvert que même les champions du monde de l’art oratoire seraient toujours nerveux avant de prendre la parole s’ils considéraient cette activité comme une performance. L’un de mes amis m’a dit qu’il ne pouvait même pas manger avant un évènement, sinon il vomirait, et qu’il devait avoir au moins 100 fois le temps de scène que j’ai.

Au lieu de la considérer comme une performance, je conçois la prise de parole en public comme une conversation avec des amis. Même si je ne connais pas beaucoup de gens dans la salle, j’imagine que nous sommes tous de bons amis. La salle est remplie de gens qui m’aiment bien, et que j’aime bien. Parce que ce sont mes amis, ils veulent que je m’en sorte. Parce que ce sont mes amis, je tiens à eux et ils tiennent à moi. Parce que ce sont mes amis, je peux compter sur eux pour me soutenir toutes les fois où j’en ai besoin. Les erreurs ne signifient pas grand-chose parce qu’on est juste en train de discuter et mes amis sont indulgents. On va passer un bon moment ensemble parce que nous sommes amis.

Lorsque je prends la parole en public, mon influence ne vient pas de mes compétences orales, de mes connaissances, de mon expérience ou de mes capacités de persuasion. Mon influence vient de l’attention que je porte aux autres. Il est plus facile de s’occuper des personnes présentes dans la salle que de faire une prestation parfaite. Je suis donc un peu plus détendu, car je sais que je peux offrir de l’attention, surtout si j’ai préalablement pris plusieurs personnes dans mes bras. Étant donné que je suis plus détendu, je me sens plus à l’aise et je peux facilement avoir accès à mes ressources intérieures, y compris mes connaissances et mes compétences. Ce qui est paradoxal, c’est qu’en me concentrant sur l’attention plutôt que sur la présentation, je m’en sors beaucoup mieux et ma prestation est beaucoup plus spontanée et amusante.

Les gens savent lorsqu’un orateur est coincé dans sa tête. Vous pouvez sentir la déconnexion dans la salle lorsqu’un orateur agit comme un robot de scène qui se contente de faire une présentation trop répétée où le public ne semble pas avoir de l’importance. Lorsque l’orateur est enthousiaste et connecté, vous pouvez également le sentir. C’est dans cette catégorie d’orateurs que j’ai voulu être. Quand j’ai discuté avec quelques orateurs, j’ai pu constater qu’ils ne considéraient pas le fait de prendre la parole en public comme une prestation. Ils voient plutôt cela comme une expression d’amour et d’attention ; une occasion de communiquer avec des amis ; ou même une expérience spirituelle. C’est tout sauf une prestation.

Cependant, chaque fois que vous effectuez un recadrage comme celui-ci, vous risquez de perdre certains avantages de l’ancien mode. Les orateurs qui conçoivent la prise de parole comme une prestation sont généralement plus éloquents. Ils choisissent leurs mots en conséquence. Leurs histoires sont impeccables parce qu’ils les ont répétés des dizaines de fois. Ils sont très doués pour s’exprimer de cette façon, même lorsqu’ils transpirent sur toute la scène. C’est une présentation tendue et certains d’entre eux doivent utiliser des techniques pour décompresser avant de monter sur scène.

Lorsque l’on passe à un modèle basé sur la conversation et l’amitié, il est difficile d’être aussi éloquent, car cela est sans importance. Votre éloquence constitue-t-elle un souci pour vous lorsque vous prenez un café avec un ami ? Je suppose que cela peut être le cas, mais vous êtes probablement plus concentré sur la connexion. Pour avoir utilisé les deux modèles, je préfère le modèle de l’amitié. Si je devais participer à un concours de discours de cette façon, je perdrais, mais lorsque je fais mes propres ateliers, les gens me donnent par la suite des commentaires extrêmement positifs, comme ce fut notamment le cas lors de mon dernier atelier dont le contenu n’avait pas été préparé. Nous avons simplement suivi le flux d’inspiration et de spontanéité pendant trois jours d’affilée. Je vais continuer d’utiliser cette partie de mon cerveau pour m’exprimer en public, au lieu de la partie axée sur la performance parce que je suis satisfait des résultats que cela crée pour moi-même et les autres.

Utiliser le recadrage pour relier les régions du cerveau

La manière dont vous utilisez vos compétences peut changer les régions du cerveau qui sont impliquées. Et l’utilisation de différentes régions pour traiter une compétence peut changer radicalement votre capacité à utiliser cette compétence, votre courbe d’apprentissage, votre motivation, votre plaisir, etc.

Maintenant, vous vous demandez peut-être… pouvons-nous obtenir le meilleur des deux mondes ici ? Peut-on utiliser la partie performance et la partie sociale en même temps ? Je ne pense pas, mais je crois qu’avec un peu d’effort cela pourrait se faire. Pour moi, c’est vraiment comme si j’utilisais deux circuits différents, mais avec le temps, il sera possible de les relier.

En prenant l’exemple de l’art oratoire, comment pouvons-nous associer la performance et l’amitié ? Je suppose que nous pourrions dire que si vous tenez vraiment à vos amis, vous devriez chercher à vous améliorer pour les aider, les soutenir et les encourager. Cependant, cela ne peut pas véritablement être qualifié de compétence. Il s’agit de faire de votre mieux. Si vous pouvez travailler pour témoigner plus d’attention aux gens, cela pourrait constituer un moyen d’améliorer vos compétences.

Une autre voie serait d’assimiler la performance à un jeu. Certaines prestations peuvent aussi être considérées comme un jeu. C’est un peu le cas du sport. De plus, l’amitié peut aussi impliquer le jeu. Nous pouvons relier la performance et l’amitié avec la camaraderie et le travail d’équipe. Nous pouvons les encadrer comme un lien à travers le sport. Ainsi, au lieu d’essayer simplement de bien prester sur le plan individuel, l’accent est mis sur l’amélioration de la performance de l’équipe dans son ensemble. Lorsque j’y pense, cela correspond bien à la façon dont j’ai réalisé ce changement de mode dans la prise de parole en public, mais au lieu de le faire avec le public, je l’ai fait avec d’autres orateurs. Les autres conférenciers que je connaissais étaient mes collègues, et nous essayions tous de nous aider à mieux prester. Cela rendait les allocutions publiques plus amusantes, mais il y avait quand même un aspect compétitif. Toutefois, que se passerait-il si nous voyions le public et l’orateur comme faisant partie de la même équipe ? Dans ce cas, nous avons un modèle de l’orateur qui devient comme un coach. Un bon coach est non seulement un bon stratège, mais également quelqu’un qui se préoccupe des autres. Lorsque vous voulez vous détendre et vous connecter davantage, penchez-vous vers le côté attentionné du coaching. Lorsque vous souhaitez améliorer vos performances, penchez-vous vers l’aspect stratégique du coaching.

J’aime utiliser le cadre de l’explorateur. Un bon explorateur sort et explore beaucoup. Un bon explorateur partage aussi ses explorations au profit des autres. C’est de cette façon que j’associe l’apprentissage, la rédaction et la prise de parole pour ne pas rester bloqué indéfiniment dans l’un ou l’autre mode.

Je suis sûr qu’il y a aussi d’autres façons de créer des liens. Vous pouvez certainement faire beaucoup d’expériences à ce niveau pour trouver des modèles qui vous conviennent parfaitement. Si vous pouvez trouver un recadrage particulier qui relie plusieurs styles de pensée (comme les exemples du coach et de l’explorateur), cela simplifiera vos réflexions et facilitera l’accès à vos meilleures ressources intérieures.

Recadrer les relations

Où stockons-nous les informations relatives à nos relations ? Notre cerveau a évolué sur une période de temps suffisamment longue pour que nous ayons des circuits sociaux qui nous aident à gérer nos relations sociales. Par exemple, nous sommes des génies en matière de reconnaissance faciale. Malgré cela, nous avons encore une certaine liberté d’action en ce qui concerne la façon dont nous concevons et traitons les connexions individuelles. La façon dont nous traitons un ami est différente de celle dont nous traitons un étranger ou un ennemi. Des expériences ont montré que même de simples recadrages peuvent changer radicalement la façon dont nous interagissons socialement avec les autres. L’Expérience de Stanford illustre parfaitement cela.

En écrivant cet article, je me suis arrêté pour faire un FaceTime avec Rachelle (elle est actuellement au Costa Rica) pour discuter de la façon dont nous pourrions définir notre relation de manière inhabituelle en l’associant à des régions du cerveau qui ne sont pas nécessairement consacrées à la socialisation. Elle m’a dit qu’elle a l’impression que je suis connecté avec la partie de son cerveau associée à son vieil ours en peluche, et ces sentiments s’activent lorsque nous nous câlinons. J’ai souri.

J’ai dit à Rachelle que lorsque je la regarde, j’ai souvent l’impression d’être devant un dessert décadent. Je me suis rendu compte qu’une grande partie du plaisir sensuel que j’éprouve à partager mon affection avec elle est semblable à ce que je ressentirais en prenant un repas tout à fait délicieux. Elle a souligné que cela s’harmonise bien avec l’aspect longue-distance de notre relation, car il ne serait pas sain de prendre des desserts décadents pendant trop longtemps sans faire de pause. Intéressant…

J’ai remarqué que les personnes qui ont des difficultés à développer leurs compétences sociales semblent aborder l’ensemble des compétences de façon très analytique. Elles abordent les relations comme s’il s’agissait d’un problème mathématique ou scientifique, un peu comme j’ai essayé d’aborder les affaires au début. Quelles sont les règles ? Quelles sont les vérités sur le comportement humain que je dois connaitre ? Quelles mesures dois-je prendre ? Quel est l’algorithme pour surmonter l’approche de l’anxiété ? Quelles conduites devrais-je adopter ? Quelles sont les caractéristiques des hommes et des femmes que je dois connaitre ?

Cette approche ne fonctionne généralement pas bien. Au mieux, elle transforme les gens en des robots sociaux qui apprennent à manipuler les autres. Quoi qu’il en soit, ces personnes ne parviennent pas à acquérir une véritable intimité. Elles sont souvent décrites par d’autres comme étant socialement effrayantes.

L’approche analytique fondée sur des règles peut permettre d’obtenir beaucoup de numéros de téléphone, des rencards et du sexe, mais il est difficile d’avoir une relation qui dure plus de deux semaines lorsque les gens adoptent ce style relationnel.

J’ai grandi avec des compétences sociales plutôt faibles et j’ai consacré beaucoup de temps et d’énergie à les améliorer pendant plusieurs années. L’un des changements les plus importants s’est produit lorsque je suis entré dans la réalité subjective, un puissant recadrage dans lequel vous voyez toute la réalité comme si c’était un rêve. Les autres êtres humains sont devenus des personnages de rêve, et étant donné que nous sommes tous des personnages dans le même rêve, nous sommes déjà connectés. Il est inutile de briser la glace avec autrui étant donné qu’il n’y a pas d’étrangers, et notre individualité est en grande partie une illusion. Cette approche m’a beaucoup aidé, surtout en termes de prise de risques sociaux. Cependant, il faut beaucoup de pratique, et il peut être difficile de s’accrocher à cette approche en plein milieu d’une conversation. C’est un excellent cadre pour se connecter rapidement et profondément avec les gens.

Un recadrage plus simple que j’ai également trouvé efficace consistait à aborder la socialisation comme un jeu. Je trouve que les bonnes relations naissent assez facilement lorsque je suis d’humeur enjouée. Cela permet d’éviter la plupart des problèmes qui surviennent lorsque les gens sont trop analytiques, par exemple lorsqu’ils harcèlent l’autre de questions comme s’il s’agissait d’un entretien, qu’ils ne savent pas quoi dire ensuite ou qu’ils attendent de parler au lieu d’écouter. Le but du jeu, s’il y a un but, c’est de créer de la stimulation et de s’amuser. Cela donne lieu à des conversations qui peuvent s’articuler autour de nombreux sujets, sans jamais traiter un sujet jusqu’au bout. Au début, je pensais que ce serait une mauvaise chose, mais l’avantage de laisser beaucoup de boucles ouvertes, c’est que les deux personnes ont le sentiment qu’elles aimeraient se reconnecter à une date ultérieure pour continuer l’intéressante discussion. Cela crée aussi des liens émotionnels plus forts qui donnent envie aux gens de se retrouver. Si vous terminez une conversation en prenant le soin de boucler chaque sujet abordé, vous constaterez souvent qu’il n’y a pas beaucoup de désir de vous connecter à nouveau.

Beaucoup de gens évitent de prendre des risques sociaux parce qu’ils ont peur d’être rejetés, alors il est également important d’avoir une façon positive de concevoir le rejet. Pour que les gens profitent d’une plus grande richesse sociale, ils doivent généralement trouver un moyen de concevoir le rejet de sorte qu’ils cessent de le voir comme un coup porté à leur estime de soi. La plupart des gens socialement avertis que je connais semblent le faire en définissant le rejet comme quelque chose d’impersonnel, ou ils supposent simplement que l’autre personne a eu une mauvaise journée. Certains parmi eux passent par une période de formation sur le rejet. Par exemple, ils peuvent décider délibérément de se lancer dans des connexions et d’essuyer des centaines de rejets jusqu’à ce qu’ils cessent de voir cela comme un problème. Essentiellement, cela déplace le traitement du rejet dans une autre partie du cerveau. Le cerveau cesse de classer le rejet comme un évènement rare et effrayant à éviter, et il commence à considérer le rejet comme quelque chose d’inoffensif et d’ordinaire — un puissant recadrage. Certaines personnes vont même jusqu’à considérer le fait d’être rejeté comme une forme de divertissement ridicule.

Recadrer pour s’adapter à nos forces naturelles

Nous pouvons aussi reconnaitre lorsque nous nous éloignons trop de nos forces naturelles, et nous pouvons recalibrer la façon dont nous gérons certains aspects de nos vies pour mieux nous aligner sur ces forces.

L’une des raisons pour lesquelles je me suis retiré des médias sociaux est que la quantité massive d’interactions en ligne a beaucoup déséquilibré ma vie. Je sentais que certaines parties de mon cerveau manquaient cruellement d’activité pendant les années où je consacrais beaucoup de temps à la socialisation en ligne. Je ne profitais pas de beaucoup de contacts physiques. Je n’entendais pas beaucoup de personnes rire autour de moi. Je voyais trop de smileys et trop peu de sourires. Je passais trop de temps à lire des ouvrages sur un écran et à appuyer sur les touches d’un clavier.

L’un des changements qui m’a aidé à m’éloigner de la socialisation excessive en ligne, c’est que j’ai cessé de considérer cette activité comme une véritable forme de socialisation. J’ai commencé à la voir comme une dépendance circulaire — un tapis roulant sans fin. Bien entendu, c’est une généralisation excessive, mais elle m’a permis de dire adieu à ces plateformes sur lesquelles j’avais des milliers d’abonnés en ligne, et auxquelles je me connectais sans me soucier des conséquences potentielles sur mon entreprise. Cela fait plusieurs années que j’ai supprimé mes comptes Facebook et Twitter, et mon entreprise va très bien. Je me sens également moins stressé et plus détendu étant donné que mes autres canaux de communication sont faciles à gérer.

Notre cerveau s’est beaucoup développé pour gérer les interactions en tête à tête. Nous n’avons pas eu le temps de développer des circuits dédiés aux conversations téléphoniques, aux vidéoconférences et aux médias sociaux. Nous pouvons bien sûr développer ces compétences, mais si vous vous appuyez trop sur elles, vous constaterez peut-être, comme moi, que vous avez l’impression que certaines parties de votre cerveau ont besoin d’être plus actives. Vous pouvez ressentir des envies sociales qui ne semblent jamais satisfaites. Nous pouvons tourner le dos à la neurologie dans une certaine mesure, mais je pense que nous pouvons en faire trop à notre détriment. Il est évident que j’ai été plus heureux d’adopter un style de vie caractérisé par plus d’interactions en tête à tête et moins de socialisation en ligne.

Acquérir de nouvelles compétences

Qu’en est-il de l’acquisition de nouvelles compétences ? Le recadrage conscient peut-il nous aider à apprendre plus rapidement ? Je crois que c’est possible.

En début de mois, je suis allé faire du ski Trikke avec des amis. Si vous ne savez pas ce qu’est le ski Trikke, voici une courte vidéo pour vous montrer à quoi cela ressemble. Vous n’avez pas besoin de tout regarder. Contentez-vous de défiler jusqu’à ce que vous ayez une idée de ce à quoi cela ressemble.

Je n’avais jamais fait cela auparavant. C’était donc une nouvelle compétence à acquérir. Je n’ai fait du ski que quelques fois (la dernière fois, c’était en 1989), et je n’ai jamais été très doué pour cela. Je pouvais à peine faire la pente intermédiaire.

Il y avait neuf personnes dans notre groupe, dont deux instructeurs qui sont mes amis. Nous sommes allés à Lee Canyon qui est environ à 45 minutes au nord-ouest de Las Vegas. C’était un beau mardi matin ; environ 35 degrés lorsque nous avons commencé à nous entrainer sur la piste pour débutants. Ils nous ont dit que dans l’après-midi, nous irions probablement sur la piste réservée aux experts. Je pouvais voir cette piste d’où nous nous tenions, et elle avait l’air assez raide. C’était difficile de croire que nous descendrions cette pente en seulement quelques heures.

Nous avons passé environ une heure sur la pente débutant, et j’ai fait une lourde chute en essayant de savoir comment tourner. J’ai attrapé le bas des skis sur la pente descendante, alors mon Trikke s’est arrêté brusquement pendant que je me dirigeais vers le bas de la pente. J’ai atterri violemment sur le côté et j’ai été assommé par le vent. Lorsque je me suis levé, j’ai eu le vertige. L’avantage de cette expérience, c’est qu’elle m’a permis d’obtenir des conseils supplémentaires pour que ne plus commettre cette erreur — et heureusement, cela ne s’est plus produit.

Nous avons passé encore une heure ou deux sur la pente intermédiaire. J’ai fait deux autres petites chutes. Une chute s’est produite lorsque j’ai fait demi-tour et que j’ai commencé à descendre le dos tourné. Une autre chute s’est produite parce que je n’ai pas ralenti assez tôt alors que j’ai heurté la neige poudreuse au bas de la pente, et je me suis retrouvé de l’autre côté. Heureusement, l’atterrissage s’est fait en douceur.

J’ai eu l’impression d’avoir eu plus de difficulté sur la pente des débutants. J’ai défini l’expérience comme étant une expérience amusante, ludique et sociale, et je n’avais pas trop peur d’être blessé. J’étais tout de même attentif et je voulais apprendre, mais je me sentais détendu et excité à l’idée de me lancer, pas aussi nerveux que quelques-uns des autres apprenants, je crois. La tension, cependant, n’était probablement pas une si mauvaise chose au début. Étant donné que, j’étais là pour m’amuser, je suis peut-être allé un peu plus vite au début que je ne l’aurais dû. J’ai essayé trop de choses à la fois. Mon enthousiasme était en avance sur mes capacités.

Afin d’acquérir l’ensemble des compétences nécessaires, j’ai dû ralentir et porter ma concentration sur des éléments précis. J’ai dû me concentrer sur l’apprentissage d’un élément de l’ensemble de compétences à la fois, et non sur les aspects amusants, ludiques et sociaux. Avec l’aide des instructeurs, qui étaient formidables, j’ai suivi le processus d’apprentissage pas à pas : comment utiliser correctement mes jambes, comment utiliser mes bras, comment me pencher, comment tourner, comment ralentir, comment s’arrêter, et comment éviter de tourner et de descendre le dos tourné. Ensuite, j’ai pu tourner vers des compétences plus complexes comme comment gérer les obstacles, corriger les mouvements en queue de poisson, préparer mentalement mes virages et éviter les autres skieurs et snowboarders en toute sécurité. Avec cet état d’esprit, il ne m’a fallu qu’une heure de plus, peut-être 90 minutes, pour acquérir toutes les compétences de base. Une fois que mon corps les a appris, je pouvais être rassuré qu’il fasse le bon mouvement automatiquement.

Une fois que j’ai acquis les compétences de base, j’ai été en mesure de redéfinir l’expérience comme une expérience amusante, ludique et sociale. Nous avons passé les dernières heures sur la piste des experts, et à ce moment-là, j’ai pu me détendre, m’amuser et apprécier l’expérience. J’ai laissé mon subconscient gérer les mouvements pendant que je descendais la pente à grande vitesse. J’adorais descendre la pente à grande vitesse ; un autre membre de notre groupe m’a même traité de démon de la vitesse. C’était excitant et exaltant, et j’ai eu beaucoup de plaisir cet après-midi. J’ai continué à monter et à descendre la pente jusqu’à ce que je puisse à peine me tenir debout.

Les autres apprenants ont vécu des expériences différentes, et je pense que leurs résultats dépendaient en grande partie de la façon dont ils concevaient le processus d’apprentissage au fur et à mesure qu’ils avançaient. Certains, comme moi, s’amusaient beaucoup finalement. D’autres se débattaient et tombaient beaucoup sur la piste des experts. D’autres encore étaient même sur le point d’abandonner, jusqu’à ce qu’on leur donne un coup de main. À ce moment, le coaching se concentrait moins sur l’habileté physique et plus sur le recadrage de l’expérience afin de créer moins de tension et d’anxiété. Même si le fait d’être prudent et un peu anxieux peut être utile sur la piste débutant pour éviter les erreurs, cela était nuisible sur la piste des experts, car à ce niveau il était plus important de se détendre, de suivre le courant, et de faire confiance à son corps pour faire les bons mouvements de façon automatique.

En repensant à cette journée, j’étais impressionné par la vitesse à laquelle nous avons tous acquis cette compétence ; passant du statut de débutant à la piste pour experts en l’espace de quelques heures seulement. Je pense qu’une grande partie de ce travail consistait à faire participer les bonnes parties du cerveau au bon moment : d’abord l’auditeur prudent, puis l’étudiant curieux, et enfin le cascadeur qui s’amuse. Généralement, je trouve que l’état d’esprit de cascadeur me va bien, même au début de l’apprentissage d’une nouvelle compétence, car il me plonge dans une humeur ludique, un mode dans lequel je n’ai pas peur de faire des erreurs. Cette fois-ci, j’ai appris qu’un cadre plus prudent peut être très utile dans certaines situations, pour par exemple éviter les blessures.

Soit dit en passant, si vous faites un tour à Vegas et que vous voulez essayer le Ski Trikke par vous-même (pendant l’hiver bien sûr) ou faire une amusante visite guidée motorisée du centre-ville de Vegas (à tout moment de l’année), rendez-vous à Trikke Las Vegas. C’est un excellent moyen d’acquérir une nouvelle compétence en quelques heures. Les gens font souvent ce genre d’expérience lorsqu’ils assistent à nos ateliers de Vegas. Le nouvel établissement qui héberge nos ateliers n’est qu’à un pâté de maisons du point de départ des circuits Trikke, et le fait de rouler à toute vitesse dans le centre-ville avec ces véhicules à trois roues est très amusant.

Recadrage conscient

Pensez à un ensemble de compétences que vous avez du mal à acquérir. Avez-vous du mal à créer une entreprise ? À vivre l’abondance financière ? À établir une relation ? À augmenter votre productivité ?

Comment définissez-vous actuellement ce domaine dans lequel vous luttez ? Comment décririez-vous votre approche actuelle ? Quels circuits utilisez-vous le plus ? Est-ce que ces circuits donnent les résultats escomptés ? Ou est-ce qu’une autre partie de votre cerveau serait mieux adaptée à la tâche ?

Pensez à toutes les différentes façons dont vous pourriez recadrer votre défi — artistiques, mathématiques, analytiques, algorithmiques, ludiques, sociales, spirituelles, physiques, visuelles, auditives, musicales, etc.

La plupart du temps, lorsque je vois des gens se retrouver coincés, c’est parce qu’ils sont trop analytiques et succombent à la paralysie de l’analyse. Ils ont de grands objectifs et des plans, mais ils ne peuvent pas entrer dans le flux de l’action et y rester. Ensuite, ils essaient de se discipliner pour se forcer à agir davantage, ce qui en général, leur nuit et les frustre encore plus.

Parfois, je vois des gens se retrouver coincé parce qu’ils essaient d’être trop spirituels et passent trop de temps sur la machine elliptique. Ils continuent de pédaler avec leurs intentions, mais ils n’arrivent à rien.

Ce sont tous des gens très intelligents, mais ils essaient de résoudre des problèmes en utilisant des parties de leur cerveau qui ne sont pas bien adaptées aux défis auxquels ils sont confrontés. Ils obtiendraient probablement de bien meilleurs résultats s’ils essayaient une approche complètement différente, une approche mieux adaptée au problème à résoudre.

J’adorerais pouvoir utiliser le même outil pour chaque problème. Ne serait-ce pas très pratique ? Cependant, notre cerveau s’est peut-être spécialisé dans des régions différentes avec des forces de traitement différentes parce que notre monde est rempli de différents types de défis. Peut-être qu’il n’y a pas d’approche unique qui fonctionne chaque fois.

La bonne nouvelle, c’est que si nous parvenons à prendre conscience, nous pouvons transférer le traitement de certains défis à d’autres parties de notre cerveau, peut-être même à des parties suffisamment intelligentes pour les traiter avec facilité. Le simple fait de recadrer un problème pour le traiter avec une autre partie de votre cerveau peut vous faire passer d’une stagnation frustrante à un flux abondant.

Je pense que l’une des pires habitudes qui m’ont ralenti dans la vie était d’être prêt à supporter trop de frustration tout en essayant de trouver une solution d’une manière qui ne fonctionnait pas. À de nombreuses reprises, j’ai essayé trop fort lorsque mon approche était mauvaise au départ. Lorsque j’ai fini par lâcher prise, j’ai ressenti un peu de soulagement et de relaxation. Ensuite, j’ai pris du recul et j’ai essayé d’aborder le défi d’une tout autre manière et c’est là que j’ai finalement vécu une percée, après quoi tout est devenu tellement plus facile.

Lorsque j’ai essayé de gérer mon entreprise de manière analytique, le monde des affaires m’a mis en pièces. Lorsque j’ai fini par considérer les affaires comme un jeu et un art, j’ai eu une entreprise amusante, créative et rentable. Gagner de l’argent est devenu presque banale ; j’étais impressionné par le niveau de facilité parce qu’auparavant cela avait toujours été une lutte acharnée. Ensuite, lorsque j’ai géré mon entreprise en me basant sur les circuits de l’amitié, mes affaires ont été caractérisées par des liens d’amour et de soutien, et j’ai reçu des tonnes d’étreintes. J’adore toutes ces étreintes !

Toutefois, notez que j’ai toujours la possibilité de m’appuyer sur ces circuits analytiques lorsque c’est préférable de le faire. Je succombe encore parfois à la paralysie analytique. Gardez donc à l’esprit que lorsque vous testez un recadrage, vous avez toujours la possibilité de revenir en arrière et d’utiliser l’ancienne approche quand cela vous convient. Et même lorsque ce n’est pas le cas, vous pouvez être tenté de vous appuyer sur ce à quoi vous êtes habitués. L’habitude est une seconde nature dit-on.

Si vous avez vécu une expérience qui correspond à ce que j’ai partagé dans cet article, j’aimerais bien que vous partagiez cela avec moi. Quel type de recadrage avez-vous expérimenté et comment cela s’est-il passé ?

Note : Cet article est une traduction de l’article Move a Skill to a Different Part of Your Brain de Steve Pavlina. C’est donc lui qui s’exprime dans le « je » de cet article !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *