Sommeil polyphasique – Réponses aux lecteurs

Note : cet article est une traduction de l’article Polyphasic Sleep – Response to Reader Feedback de Steve Pavlina. C’est donc lui qui s’exprime dans le “je” de cet article !

LettreJe vais maintenant répondre à certaines questions et certains problèmes soulevés par mon expérience de sommeil polyphasique.

Plus de détails sur les siestes : Dans mon emploi du temps polyphasique, je passe environ 15-20 minutes endormi pendant chaque sieste. Je règle mon chronomètre-alarme pour 30 minutes après le moment où je m’allonge. Cela me prend généralement 5 à 10 minutes de m’endormir, et actuellement je me réveille environ 5 minutes avant que l’alarme ne sonne (en moyenne). Mon record actuellement pour m’allonger, m’endormir, rêver, me réveiller et me souvenir de ce rêve est de 13 minutes. Je bloque 30 minutes pleines pour les siestes à cause du temps que cela prend de rentrer et sortir du lit et de m’endormir. Mais le temps de sommeil net actuel n’est que de deux heures par jour au total. C’est assez incroyable.

Le sommeil fondamental : Le sommeil fondamental est la période de sommeil la plus longue, souvent 3-4 heures, que vous pourriez inclure dans l’emploi du temps de votre schéma de sommeil polyphasique. Par exemple, vous pourriez avoir une période de sommeil fondamental de 2h à 5h du matin, puis trois ou quatre siestes plus courtes réparties en cours de journée. Certaines personnes avancent que cela vous permet d’avoir une petite partie de toutes les phases de sommeil que vous auriez dans un schéma monophasique, étant donné que vous obtenez au moins deux cycles de sommeil complets de 90 minutes environ chaque jour. D’autres gens disent que le sommeil paradoxal est la seule phase essentielle du sommeil, donc le sommeil fondamental n’est pas nécessaire. Vous avez aussi la possibilité de faire une nuit plus longue pour vous « recharger » en dormant plus de 8 heures d’un coup toutes les quelques semaines. Je pense qu’ajouter une période de sommeil fondamental pourrait être une variation intéressante à essayer à un moment, mais j’imagine que ce serait plus difficile de s’adapter au sommeil polyphasique si vous incluez du sommeil fondamental dès le début. Je pense que vous aurez plus de chances d’avoir des problèmes d’excès de sommeil, et que l’adaptation pourrait prendre plus de temps parce que vous vivrez toujours ces cycles de sommeil de 90 minutes chaque jour au lieu de les supprimer totalement. Ce n’est pas seulement mon point de vue mais aussi l’observation d’autres personnes qui ont essayé d’inclure du sommeil fondamental dès le début ─ dormir trop est très habituel, ce qui rend l’adaptation plus longue. Du polyphasique pur peut paraître plus difficile, mais je pense que c’est en fait plus facile.

Les périodes de sommeil plus longues : Serait-il plus facile d’essayer le sommeil polyphasique avec des siestes plus longues, comme 40 minutes chacune ? Pas nécessairement. En fait, que ce j’ai lu suggère ainsi que cela serait en fait plus difficile. Si vous dormez plus longtemps que 20 minutes environ, vous dépasserez le sommeil paradoxal et entrerez dans d’autres phases (plus profondes) du sommeil. Quand vous vous réveillez du sommeil paradoxal, vous vous sentez neuf et alerte. Mais si vous vous réveillez pendant une autre phase de sommeil, comme le sommeil delta, vous vous sentez groggy et somnolent. Une sieste de 40 minutes pourrait vous fournir plus de sommeil paradoxal, mais vous aurez des chances de dépasser la phase de sommeil paradoxal et de vous réveiller fatigué, ce qui peut gâcher le cycle entier. Quand votre réveil arrête de sonner, vous voulez juste retourner dormir. Donc je pense que votre risque de trop dormir serait bien plus grand. Ne pensez pas que plus de sommeil égal plus d’énergie et de vivacité. Ce n’est définitivement pas le cas, même avec le sommeil monophasique. Le sommeil tient beaucoup plus de la qualité que de la quantité.

Changer ses heures de sommeil : Quelle flexibilité avez-vous dans le changement de vos heures de siestes ? Je ne sais pas. J’ai été plutôt strict concernant mes heures de sommeil jusqu’ici, en les prenant 15 minutes avant ou après l’heure prévue, et je n’ai jamais manqué une sieste (même si j’en ai ajouté certaines non prévues tôt le matin comme je l’ai dit dans les dernières mises à jour du journal). Mais je sens souvent que je pourrais retarder une sieste d’au moins une heure. Je me demande ce qui arriverait si je gardais le total de six siestes, mais que je les concentrais davantage tôt le matin quand je connais un peu de somnolence et que je les espaçais pendant la journée quand je suis généralement en forme. Je n’ai pas encore essayé ça mais je le ferai probablement à un moment. Je pense que cette méthode de sommeil peut être rendue plus flexible avec de la pratique. Mais cela nécessiterait quelques tests, et cela pourrait certainement varier d’une personne à l’autre tout comme c’est le cas avec le sommeil  monophasique. Cela pourrait demander des mois d’essais et d’erreurs. Je vois toujours des changements chaque jour, donc je crois que je suis au bout de la phase d’adaptation. Je veux avoir la sensation de ma nouvelle ligne de conduite avant de faire d’autres expériences.

Praticité : C’est peut-être la préoccupation numéro 1 des gens qui envisagent sérieusement le sommeil polyphasique. Certaines personnes n’ont simplement pas le style de vie qui convient. Vos options dans ce cas devraient être évidentes : 1) Vous tenir à votre routine actuelle, et oublier le sommeil polyphasique ; 2) Modifier votre routine pour vous adapter au sommeil polyphasique ; 3) Faire un compromis (tenter des variations sur le sommeil polyphasique, comme ajouter du sommeil fondamental pour réduire le nombre de siestes, et faire quelques ajustements dans votre routine). J’ai choisi l’option 2. Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise réponse. Par définition le sommeil polyphasique signifie que vous ferez de multiples siestes pendant une période de 24 heures et que vous passerez plus de temps éveillé la nuit. Mais vous gagnerez aussi plusieurs heures productives supplémentaires par jour. Donc vous devez décider si cet échange a un sens pour vous. Je ne me suis pas encore décidé personnellement sur le long terme, car je m’engage actuellement seulement pour en faire l’expérience (au moins jusqu’à la fin du mois). Mais jusqu’ici je suis bien plus pour le fait de continuer. Je ne vais pas prendre de décisions à long terme avant de voir les choses se stabiliser. Cependant en termes de praticité, réalisez que vous pouvez toujours revenir à des schémas monophasiques pendant un moment si nécessaire. J’ai entendu que vous réadapter au sommeil polyphasique est plus facile la deuxième fois.

Ajustements familiaux : Je trouve plus facile de travailler là-dessus avec ma famille en raison de ma situation particulière. Ma femme et moi travaillons tous les deux à la maison tous les jours, donc ce n’était pas difficile de procéder à des ajustements pour avoir un emploi du temps qui convienne. Pendant la journée je fais un saut dans la chambre quand j’ai besoin de faire des siestes, et la nuit je fais mes siestes sur le canapé. Il y a pourtant un peu d’ajustement relationnel. La partie la plus étrange est que maintenant il y a cette période plus longue pendant laquelle je suis éveillé mais que ma femme et mes enfants dorment. C’est comme si toute la famille était en hibernation. J’ai l’habitude de passer chaque jour à la maison, donc au travail, avec ma femme, donc c’est bizarre de passer autant de temps sans la voir. Nous passons le même nombre de temps ensemble, mais maintenant c’est un petit pourcentage de mon nombre total d’heures éveillées. C’est aussi étrange de ne pas dormir dans le lit avec me femme la nuit. Je trouve que c’est un inconvénient, mais étant donné la quantité de temps que nous passons normalement ensemble (énormément), ce n’est pas aussi terrible que cela le serait pour certaines personnes. Je pense que le plus grand ajustement pour moi est que maintenant j’ai une longue période de temps seul la nuit. Personnellement j’aime plutôt ça, et je commence tout juste à penser à toutes les choses que je peux faire avec ce temps supplémentaire. C’est pratiquement comme avoir un autre travail à plein temps.

Trop étrange : Oui, c’est vraiment étrange. Aucun doute là-dessus. Comme je l’ai dit précédemment, c’est encore plus étrange de le vivre. Certaines personnes s’inquiètent du fait de s’éloigner du reste de l’humanité en adoptant un sommeil polyphasique. Je pense que cela dépend de la valeur que vous accordez à la force du nombre, et à une approche de la vie moutonnière. Si c’est la façon dont vous vous engagez à vivre, alors le sommeil polyphasique n’est pas pour vous. Je préfère la façon de vivre « Va là où il n’y a pas de chemin et laisse ta marque », donc faire des trucs bizarres comme ça me semble parfaitement normal. Dans ce cas il y avait au moins un petit chemin faiblement éclairé à suivre jusqu’à un certain point. L’étrangeté est relative. Si je continue à faire ça pendant un an, cela me semblera parfaitement normal. En fait, cela commence déjà à me paraître plus naturel que le sommeil monophasique. Cela me semble incroyablement plus efficace. Je commence à penser que les autres gens sont bizarres de passer autant de temps allongé dans leur lit chaque jour. 😉

Risques pour la santé : S’il y a des risques sur la santé liés au sommeil polyphasique, ils ne sont à mon sens pas encore connus ou démontrés. Gardez à l’esprit que le sommeil polyphasique n’est pas comme une privation de sommeil. Les effets sur la santé à long terme d’une privation de sommeil ont été étudiés et démontrés. Mais pas le sommeil polyphasique, en particulier avec ses nombreuses variations. Pour ce que je peux en dire, les témoignages actuels suggèrent que le sommeil polyphasique n’est pas mauvais pour la santé, et peut-être mieux que le sommeil monophasique. Gardez à l’esprit que nous sommes par nature des dormeurs polyphasiques, et que nous nous sommes adaptés au sommeil monophasique. S’il y a des risques pour la santé dus au sommeil polyphasique, ils ne sont certainement pas évidents. À tout le moins, je vais faire très attention à ce que me disent mon corps et mon cerveau. Pour l’instant ils disent « Jusqu’ici tout va bien. » Dans tous les cas il est idiot de s’inquiéter des risques inconnus sur la santé si vous remplissez votre vie de risques connus comme le sucre, l’alcool, les produits animaliers, la cigarette, les médicaments, le stress excessif, le surpoids, le manque d’exercice, la dépression, le fait d’écouter les politiciens, de lire ce blog, etc. 😀

L’ennui : Certaines personnes disent qu’elles ne voudraient pas essayer le sommeil polyphasique parce qu’ils s’ennuieraient pendant tout de temps supplémentaire. J’ai aussi vu ce commentaire de la part de quelques personnes qui en ont fait le test. Mon avis est que si vous vous ennuyez, c’est parce que vous êtes ennuyeux. Vous remplirez le temps supplémentaire avec plus de ce que vous êtes. Comme je suis très investi dans le développement personnel, pour moi ce temps supplémentaire signifie plus d’opportunités d’évoluer, ce qui est très excitant pour moi. Je ne m’ennuie absolument jamais parce que j’ai toujours quelque chose à faire ou à questionner et que je trouve profondément fascinant. Si vous sentez que votre vie n’a pas de but, alors vous aurez des chances de vous ennuyer de temps en temps. Mais vivez un but qui vous inspire, et l’ennui disparaîtra de votre vie, quelle que soit la quantité de temps dont vous disposez. L’ennui provient aussi de la peur. Si vous vivez comme un mouton et non comme un lion, vous vous ennuierez souvent. Mais si vous vivez comme un lion, vous aurez faim par moments mais vous ne vous ennuierez jamais. Les gens s’ennuient parce qu’ils ont rendu leur vie trop petite pour leur esprit. L’ennui est un signe que vous succombez à la peur au lieu d’embrasser ce que vous voulez vraiment. Lisez Le courage de vivre consciemment.

Les siestes hors de chez soi : Je peux penser à plein d’endroits où vous pouvez faire une sieste hors de chez vous si besoin : les parcs, les zones herbeuses des universités, les bibliothèques universitaires, votre voiture, la plage, votre chambre d’hôtel, dans l’avion, le canapé ou le sol de votre bureau, un ascenseur en panne, etc. Souvenez-vous que ce n’est que 20 minutes de temps de sommeil, donc vous n’avez pas besoin d’une installation 5 étoiles. Un tapis de yoga ou une couverture peuvent adoucir une surface dure pour la rendre plus confortable pour dormir. Je pense qu’avec un peu de créativité, il serait presque toujours possible de trouver un endroit où faire une sieste. Vous n’avez pas non plus besoin de cacher le fait que vous êtes un polysiesteur ─ ce n’est pas comme si vous faisiez quelque chose d’illégal. Si vous vous retrouvez dans une situation où il serait difficile de faire une sieste, faites simplement savoir aux gens qui vous entourent vos habitudes de sommeil polyphasique, et demandez des idées sur des endroits où dormir. Pas besoin d’être timide là-dessus. Adaptez-vous simplement du mieux que vous pouvez. 30 ou 40 heures de veille supplémentaires par semaine valent le coup d’avoir quelques inconvénients par ci par là. Personnellement je commence à penser que le sommeil monophasique est bien moins pratique en général ; cela prend simplement bien trop de temps. Personne n’est aussi vertueux que le nouveau converti, non ? 😉

Plus de décalage horaire : Un effet positif du sommeil polyphasique est que vous aurez peu de chances d’avoir encore des problèmes de décalage horaire. Vous pourriez toujours subir les effets secondaires physiologiques dus au fait de voir la lumière du soleil à des heures différentes quand vous voyagez, mais je n’imagine pas que cela puisse être aussi dur que ce que vous subiriez en essayant de passer à un schéma monophasique. Je pense qu’un schéma de sommeil polyphasique s’adapterait très facilement, donc vous ne devriez pas avoir besoin de changer votre schéma de sommeil habituel. Cela pourrait être un vrai avantage si vous voyagez beaucoup entre différents créneaux horaires. Et puis comme vous dormirez globalement moins, vos vacances sembleront plus longues ─ vous pouvez faire le touriste toute la journée puis profiter de la nuit. Ou vous pouvez combiner un voyage d’affaires et de l’amusement parce que vous aurez beaucoup d’heures supplémentaires chaque jour.

Énergie : Clarifions une fausse idée répandue. Vous pourriez croire que vous vous sentirez moins énergique si vous dormiez tellement moins. C’est vrai pour une privation de sommeil générale mais pas pour le sommeil polyphasique. Avec la privation de sommeil vous vous privez du sommeil paradoxal qui est crucial, mais avec le sommeil polyphasique  vous conditionnez votre corps à avoir plus de sommeil paradoxal d’une façon extrêmement efficace. L’énergie va tomber comme une pierre pendant la période d’adaptation initiale, mais après coup il est habituel de se sentir encore plus énergique et vif qu’avant. Aujourd’hui je me sens incroyablement bien, mieux que je ne me sentirais normalement avec un modèle de sommeil monophasique. Je suis totalement éveillé, frais, alerte, et plein d’énergie et d’enthousiasme. Je peux sans conteste m’habituer à ce que cet état supérieur devienne ma norme quotidienne. Maintenant je sens que ce serait un gros sacrifice de revenir au sommeil monophasique. Comme vous sentiriez-vous si vous deviez supprimer de votre vie 30 à 40 heures par semaine et laisser diminuer votre énergie et votre vivacité ? Je réalise que vous pourriez avoir été conditionné à croire que plus de sommeil = plus d’énergie. Mais ce n’est simplement pas vrai. Débarrassez-vous-en.

Se forcer : Même si c’est vrai que traverser la période initiale d’adaptation nécessite un effort discipliné pour traverser le territoire de la privation de sommeil, c’est là que l’effort se termine. Maintenant que je suis de l’autre côté de cette période d’adaptation, il n’y a plus aucun sentiment de faire un effort. Je dors simplement avec un emploi du temps différent, qui est autogéré et en fait très facile. Il n’y a aucune sensation de pression de rester éveillé ou d’échapper au sommeil. Je ne suis simplement pas fatigué. Cela me semble en fait parfaitement naturel. N’avions-nous pas tous un sommeil polyphasique quand nous étions bébés ? Est-ce que les bébés doivent se forcer à suivre ce modèle de sommeil ? Non, évidemment non. Pensez à cela, si vous dormiez de façon polyphasique, il serait bien plus facile de vous occuper d’un nouveau-né, car vous seriez éveillé la nuit de toute façon. Hmm… peut-être que je vais devoir faire un autre enfant pour tester ça. 😀 S’adapter au sommeil polyphasique est comme changer n’importe quelle habitude, comme arrêter le café. Cela peut demander un peu de force et de lutte pendant quelques jours pour briser l’ancien schéma, mais après coup votre nouvelle direction semble parfaitement normale, et aucun autre effort n’est nécessaire. Le jour 2 a été une lutte. Après ça c’est devenu de plus en plus simple.

Je ne te crois pas. Tu dois inventer tout ça : Non, ce n’est pas mon genre d’inventer des choses comme ça. C’est réel.

 

Crédits photo : evgeniya_m

Un commentaire

  • malicia dit :

    J’aimerai tester le sommeil polyphasique mais en mode dymaxion c’est à dire 4x 30 minutes toutes les 6h comme inventé par Richard Buckminster fuller.
    J’aimerai savoir si qqn parmi vous la essayé et si oui combien de temps et les effets ressentis. Merci beaucoup!

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