Comment tomber amoureux de la procrastination

Note : cet article est une traduction de l’article How to Fall in Love with Procrastination de Steve Pavlina. C’est donc lui qui s’exprime dans le “je” de cet article !

ProcrastinationBeaucoup d’experts en gestion du temps définissent la procrastination avec des termes strictement négatifs comme « la voleuse de temps ». Mais est-ce que la procrastination est toujours une expérience aussi négative ? Y a-t-il un côté positif à la procrastination, qui pourrait même vous encourager à procrastiner plus souvent ?

Et si vous pouviez voir la procrastination avec un point de vue plus habilitant ? Et si vous pouviez même tomber amoureux de la procrastination ?

La brigade anti-procrastination

Une des raisons pour lesquelles la procrastination a si mauvaise presse est parce que c’est généralement perçu comme contraire aux emplois du temps du monde des affaires, qui est fortement lié à une exécution en mode « le temps presse » dirigée par une autorité de commandes et de contrôle pour atteindre des objectifs financiers. Quand les employés procrastinent sur des projets et des tâches-clés, cela peut causer des retards qui grèvent le résultat final de l’entreprise.

Les managers sont fondamentalement tenus pour responsables de ces retards. La paye des managers est souvent liée à l’agenda de l’entreprise, donc les problèmes de procrastination des membres de l’équipe peuvent personnellement impacter le salaire du manager. Cela incite les managers à transformer la procrastination en ennemi et à faire tout ce qu’ils peuvent pour la réduire à néant.

Par conséquent, vous allez communément trouver des livres anti-procrastination qui sont écrits par des managers d’entreprise encore en activité ou non. J’ai lu beaucoup de livres sur le sujet, et j’ai du mal à me souvenir d’un de ces livres qui n’a pas été écrit pas quelqu’un ayant une expérience managériale.

Comme j’ai également géré une équipe par le passé, j’ai moi aussi été témoin des effets de la procrastination sur les résultats de l’équipe, donc je devrais sans surprise être moi aussi un membre de la brigade anti-procrastination. Un de mes premiers articles à succès était intitulé “surmonter la procrastination”. J’ai écrit la version originale de cet article en 2001 quand je gérais Dexterity Software, trois ans avant de commencer à bloguer, et au cours des années qui ont suivi, il a été classé en top position des moteurs de recherche.

L’anti-procrastination, cependant, est simplement un point de vue – un filtre par lequel nous pouvons voir la réalité. Dans cet article, j’aimerais vous offrir un point de vue différent à envisager. Au lieu de favoriser ce qui est le mieux pour le manager, ou pour l’entreprise, envisageons ce qui est en fait mieux pour l’individu.

Que faites-vous quand vous procrastinez ?

Quand vous êtes proche de l’expiration du délai qui vous a été imparti, et que vous semblez laisser de côté ce qui « doit » être fait, que faites-vous à la place ?

Certaines personnes ont tendance à se figer dans cette situation, et à ne quasiment rien faire. Ils ont envie de faire autre chose à la place, mais alors ils se sentent coupables de le faire.

Cependant, si vous laissiez cette culpabilité de côté et suiviez ces envies, que finiriez-vous par faire à la place ? Et quelles seraient les conséquences à long terme ?

Peut-être que les conséquences de la procrastination ne sont pas aussi négatives qu’elles en ont l’air à première vue. La pression du moment déforme un peu votre perspective, tout comme la pression physique peut déformer une lentille en verre.

Quand j’étais au lycée, je procrastinais fortement sur certains devoirs, et j’attendais presque toujours la veille au soir pour commencer à travailler dessus. La plupart du temps je procrastinais sur les rédactions et divers devoirs de lecture. Je les trouvais généralement ennuyeux et pénibles. Rétrospectivement, je ne trouve pas que cela m’ait desservi sur le long terme. Cela ne m’intéresse toujours pas d’analyser les œuvres de Chaucer, et depuis cette époque mon cerveau a trouvé utile de réattribuer ailleurs les neurones qui étaient assignées à ces tâches.

Qu’est-ce que je faisais quand je procrastinais sur mes devoirs scolaires ? Je passais de longues heures à jouer aux jeux vidéo. Je lisais également des livres de programmation et écrivais de petits programmes sur mon Atari 800 puis sur mon PC.

Et cela m’a en fait énormément bénéficié. Des années plus tard j’ai lancé une entreprise de développement et d’édition de jeux et je l’ai gérée pendant plus de dix ans. Grâce en partie à ma précédente expérience de jeu, certains de mes jeux ont remporté des prix. Donc même s’il pouvait sembler que je procrastinais vis-à-vis des devoirs scolaires importants, en réalité je laissais de côté ce qui était moins important pour moi pour pouvoir passer plus de temps à faire ce qui m’importait vraiment. Il se trouve que je n’ai jamais écrit de jeu informatique basé sur la vie de Chaucer.

Des années plus tard, j’ai également procrastiné sur mes projets de programmation pour lire des livres de développement personnel, écouter des programmes audio, et écrire des articles. Mes premières écritures d’articles étaient en fait une forme de procrastination. Je devais toujours laisser de côté quelque chose qui paraissait plus important pour me libérer du temps pour produire un nouvel article.

J’ai également coaché d’autres développeurs de jeux pendant ces procrastinations, et aidé certaines personnes à acquérir les connaissances et les compétences dont elles avaient besoin pour quitter leur emploi en entreprise et lancer leur propre entreprise de développement de jeux indépendants. Mais ce qui est amusant est que par la suite, je finissais par avoir des accords de licence et de production de jeux auprès de ces développeurs que j’avais aidés.

Rétrospectivement, ce schéma de procrastination m’a incroyablement bénéficié à long terme, même si à l’époque cela ressemblait souvent à une mauvaise habitude à laquelle je devais résister, et qui me faisais me sentir coupable. Cela a provoqué chez moi beaucoup de stress et de nombreuses nuits blanches. Je devais également gérer les frais ou pénalités de retard qui arrivaient de temps en temps. Mais globalement je dois dire que toute cette procrastination n’était en fait pas tellement un problème. Je peux assurer que cela m’a fait plus de bien que de mal.

Quelles priorités suivez-vous ?

De qui viennent les dates limites que devez-vous actuellement respecter ? Est-ce qu’elles vous ont été fixées par vous-même ou par quelqu’un d’autre ? Si ces dates limites ne sont pas vraiment les vôtres, alors pourquoi vous en préoccupez-vous autant ?

Très souvent, vous verrez que vous procrastinez sur les priorités de quelqu’un d’autre pour pouvoir passer plus de temps à travailler sur les vôtres. La plupart du temps, cependant, les gens ne sont pas en lien avec leurs propres priorités. Ils passent plus de temps à se tracasser pour ce qu’ils pensent qu’ils devraient faire qu’à faire ce qu’ils veulent vraiment faire.

Vous êtes en retard, et alors ? Vous souciez-vous tant que ça de ce que votre professeur pense de vous ? Ou votre patron ? Ou le gouvernement ?

Les priorités des autres ne sont que cela : les priorités des autres. Elles ne correspondront pas toujours à vos désirs.

Même si vous choisissez de vous attaquer à un projet en particulier, et que vous êtes la personne qui définit les étapes à suivre, vous pourriez trouver qu’à un moment dans le futur vous aurez tendance à résister à vos précédentes décisions. Vous pourriez avoir du mal à vous pousser à passer à l’action alors même que vous savez que vous le « devriez ».

D’où pensez-vous que vient cette résistance ? Et si ce n’était pas du tout un tort ? Et si votre procrastination était en fait un signe que vos priorités vont de travers ? Et si la procrastination était un signe qu’une plus grande intelligence essayait de vous pousser dans une toute nouvelle direction ?

À quel point la procrastination vous fait-elle réellement du mal ?

Quand vous sentez que vous procrastinez, analysez plus en détail ce qui se passe. Avant tout, est-ce que votre procrastination vous fait réellement tant de mal ? Ou faites-vous des montagnes d’un rien ?

Dans le grand ordre des choses, devoir payer de frais de retard n’est vraiment pas la fin du monde. Il en va de même pour une nuit blanche de temps en temps. L’argent peut être récupéré. Vous aurez une chance de rattraper votre sommeil plus tard. Vous vous en remettrez assez facilement. Les conséquences sont inférieures à une piqûre de moustique.

Même quand quelque chose semble très mauvais à un moment, des années plus tard vous pourriez y repenser et réaliser qu’après tout ce n’était pas grand-chose. Et peut-être que cela vous a en fait aidé à emprunter une meilleure voie.

Par exemple, si votre procrastination est si « mauvaise » que vous finissez par manquer les cours et à vous faire virer de l’université, cela pourrait être un sacré choc au début. Vous pourriez être enclin à vous en vouloir énormément, et les gens autour de vous pourraient vous faire sentir toute l’étendue de leur déception. Mais plus tard dans la vie, quand le dard émotionnel disparaît, vous pourriez réaliser que c’était une étape puissante dans votre chemin de développement. Vous allez commencer à voir le bon dans ces moments difficiles.

Peut-être que votre procrastination vous a aidé à échapper à la mauvaise voie universitaire. Après tout, comment pouvez-vous prétendre avoir un diplôme dans une chose qui est en adéquation avec votre passion et vos talents si vous vous faites renvoyer parce que, quand les choses se corsaient, vous avez chaque fois choisi de faire autre chose que de vous occuper de vos études ? Peut-être que votre véritable erreur était plus en amont, et que la procrastination vous a aidé à vous sortir d’une impasse.

Une autre possibilité est que le timing n’était simplement pas bon. Peut-être que votre procrastination vous dit que ce n’est pas le bon moment d’entrer à l’université. Peut-être que vous devriez voyager pendant un temps. Peut-être que vous n’avez simplement pas besoin d’un diplôme universitaire. Peut-être que vous devriez vous lancer et aller travailler dans ce que vous aimez. Et si la décision d’avoir un diplôme était simplement une tactique de retardement basée sur la peur ?

Les bienfaits du recul

Même quand il semble que votre habitude de procrastination est purement destructrice, il pourrait y avoir des bienfaits difficiles à voir sur le moment.

Quand je me suis fait virer de l’université de Berkeley au bout de 3 semestres – je pense qu’à mon dernier semestre, ma moyenne commençait par la virgule – c’était un énorme choc pour moi sur le moment. Pire encore, je venais juste de sortir de prison après avoir été accusé de vol aggravé, et j’attendais la date de mon procès. C’était vraiment le moment de ma vie où j’étais au plus bas. Je n’avais que 19 ans à l’époque, et je m’en voulais constamment pour les erreurs stupides que je faisais. Je pensais être un type plutôt intelligent, mais apparemment mes choix avaient été incroyablement stupides. Je procrastinais sans fin dans mes études, pour pouvoir faire des choses comme boire de l’alcool, aller en soirée, jouer au poker, et voler à l’étalage.

Mon plan d’origine était d’avoir un diplôme en sciences informatiques, puis peut-être d’avoir un doctorat. Après je pouvais avoir un emploi sympa comme programmeur informatique quelque part. C’était ma voie possible et prévue.

Mais avec les bienfaits du recul, la voie apparemment dingue que j’ai fini par suivre s’est avérée d’une immense valeur. C’était super stressant à l’époque, mais aujourd’hui je suis incroyablement reconnaissant de ne pas avoir suivi mon plan d’origine avec ce diplôme à Berkeley. Si j’avais suivi cette voie, aujourd’hui je pourrais être en train de travailler comme programmeur informatique pour le gouvernement ou une quelconque entreprise. Cela ne serait pas nécessairement un résultat horrible, mais je préfère largement être là où j’en suis aujourd’hui que là où je pense que cette voie m’aurait mené. Je pense que mon plan d’origine aurait été une voie sans cœur sur le long terme pour moi.

À la place, ma procrastination m’a mis dans une position où je devais apprendre des leçons entièrement différentes. En volant à l’étalage je me suis poussé à affronter ma peur encore et encore et à contrôler ma montée d’adrénaline, ce qui fait que je pouvais garder mon calme même quand je prenais de grands risques. Cela m’a été incroyablement bénéfique depuis, en particulier professionnellement. J’aime vraiment le fait d’être capable de regarder en face quelque chose qui m’effraie et me motiver à avancer tête baissée sans trembler. Il y a très peu de chances que je sois devenu conférencier si je n’avais jamais appris ces leçons de courage via le vol à l’étalage.

Deuxièmement, j’ai appris comment gérer la pression sociale négative. Quand j’ai atteint ce point noir de ma vie, toutes les personnes qui me connaissaient à l’époque étaient profondément déçues de moi. Beaucoup de critiques m’étaient adressées, et je ne peux pas dire que c’était immérité. Mais pour progresser et renverser les choses, j’ai dû apprendre à me déconnecter des gens qui n’étaient pas une aide pour moi, décider de ce qui était le mieux pour moi, et passer à l’action sans les bienfaits du soutien des autres. Autrement je serais resté coincé dans l’apitoiement sur moi-même et sur la défensive. Je mets encore cette capacité en pratique aujourd’hui. Par exemple, je me sens plutôt à l’aise pour lancer des sujets dont je m’attends à ce qu’ils génèrent beaucoup de commentaires négatifs. Il est difficile pour moi de me prendre la tête pour des critiques anonymes sur internet après tout ce que j’ai déjà traversé.

Troisièmement, j’ai dû apprendre à m’aimer inconditionnellement. La rancœur que j’avais envers moi-même à l’époque était pire que ce que n’importe qui pourrait ressentir me concernant. J’étais terriblement déçu par moi-même, et je me sentais coupable d’avoir foutu en l’air tout ce qui semblait important. En me remettant de ces expériences, ce qui m’a pris beaucoup de temps, j’ai graduellement appris à m’accepter malgré mes failles apparentes. J’ai dû apprendre que j’étais digne d’être aimé. Comme nous tous. En m’aimant personnellement, je me sens plus enclin à prendre soin des autres. Il y a quelques jours, j’ai remarqué qu’une amie semblait se sentir un peu mal, donc je lui ai écrit un mot pour lui proposer de l’aide et lui rappeler qu’elle était aimée et appréciée. Et évidemment j’ai dû procrastiner vis-à-vis de quelque chose « d’important » pour ce faire. Peut-être que nos listes de choses à faire devraient inclure plus d’éléments comme celui-ci dès le début.

Quatrièmement, j’ai été plus motivé que jamais à faire quelque chose de bon dans ma vie. J’étais tellement dégoûté par la façon dont je vivais que je me suis poussé à atteindre l’exact opposé sur l’éventail des possibilités. J’ai commencé à passer beaucoup de temps à travailler sur le développement de mon caractère. Les changements ont été lents et graduels, mais finalement je suis devenu un homme qui se sentait bien à propos de lui-même et de sa contribution au monde.

Cinquièmement, j’ai commencé à bien moins juger les autres. Étant donné mon passé sordide, qui suis-je pour juger quelqu’un d’autre sur ses choix ? J’ai appris qu’accepter les autres et m’accepter sont les deux faces d’une même pièce ; vous ne pouvez pas vous aimer et vous accepter sans faire de même pour les autres. Dans mon écriture je vais parfois adopter temporairement une position aux opinions très marquées pour stimuler les gens à penser à ces idées, mais c’est simplement un outil littéraire que j’emploie pour que mes articles aient plus d’impact et soient plus mémorables. Les gens qui me fréquentent en personne savent que j’accepte pleinement les autres, quel que soit leur style de vie. Par conséquent, il semble que j’aie comme habitude d’attirer des amis qui sont souvent sujets à être jugés durement par la société, c’est-à-dire notamment des psychiques, des strip-teaseurs/seuses, des stars du porno, des fumeurs d’herbe, des gens aux croyances spirituelles non traditionnelles, et bien sûr ces « dingues » qui n’ont pas d’emploi. Cela a ajouté une infinie richesse à ma vie, dont beaucoup d’expériences amusantes et éducatives à côté desquelles je serais autrement passé. M’associer à de telles personnes m’a également aidé à me sentir bien mieux dans ma peau.

Et enfin, j’ai beaucoup gagné en liberté. Comme j’avais échoué dans les grandes largeurs, les attentes de tout le monde me concernant étaient réduites à néant. Personne n’attendait rien de moi après cela. Cela m’a fourni la liberté sociale et émotionnelle nécessaire pour commencer à reprendre le contrôle de ma vie sans avoir la sensation que je devais vivre selon les attentes de qui que ce soit. Même si j’étais en mauvaise posture, j’avais la sensation que j’avais finalement les moyens de diriger ma vie comme je l’entendais sans me soucier de ce que les autres pourraient penser. J’aurais difficilement pu faire empirer les choses, donc il était facile de prendre des risques.

À ce jour, je suis immensément reconnaissant pour ces leçons (et bien d’autres) qui sont arrivées parce que j’avais procrastiné dans mes études pour suivre d’autres envies. Je ne peux pas être sûr de ce à quoi m’auraient mené ces envies, mais depuis j’ai appris à ne pas rejeter ces envies d’emblée.

Arrêtez de vous en vouloir

Si vous avez tendance à vous en vouloir parce que vous procrastinez, peut-être que vous devriez arrêter de faire ça. Cela ne vous aide pas de toute façon, si ?

Peut-être que la procrastination n’est pas une si mauvaise chose après tout. Et si vous pouviez trouver d’importantes leçons de développement dans cette procrastination ?

Les éléments de votre liste de choses à faire sont-ils vraiment si importants ? Sont-ils importants pour vous personnellement ? Pourquoi y sacrifiez-vous tant d’énergie ?

Même les trucs qui semblent réellement importants sur le moment pourraient paraître totalement différents avec les bienfaits du recul.

Vous pourriez vous en vouloir parce que votre procrastination semble vous détourner du droit chemin. Et si vous risquiez même de perdre votre maison ? Est-il possible que cela s’avère une bonne chose sur le long terme ? Qui peut dire que perdre vos possessions est mauvais ?

Peut-être que vous retrouverez votre liberté dans une vie plus minimaliste. Peut-être que vous finirez par vivre dans un endroit bien plus agréable après. Peut-être que l’expérience va vous aider à développer plus de courage et d’acceptation personnelle. Peut-être que vous profiterez d’une histoire cool sur laquelle vous pourrez bloguer un jour, et qu’ainsi vous serez en position d’aider les autres à apprendre des leçons de valeur.

Réalisez qu’un jour, tout ceci disparaîtra. Finalement, vous mourrez et laisserez ce monde derrière vous. Qu’est-ce qui sera le plus important pour vous quand vous serez sur votre lit de mort ? Est-ce que vous souhaiterez avoir respecté plus de délais, ou même devancé certains ? Ou est-ce que vous souhaiterez avoir passé plus de temps à suivre votre cœur ? Regretterez-vous ces devoirs rendus en retard ? Ou regretterez-vous ces incroyables expériences de vie à côté desquelles vous êtes passé parce que vous étiez trop occupé à travailler pour respecter les délais et répondre aux priorités de quelqu’un d’autre ?

Procrastinez plus fort

Et si… au lieu de résister à votre envie de procrastiner, vous vous y investissiez davantage ? Et si vous plongiez tête en avant dans vos plus grandes envies de procrastination ? Où cela pourrait-il vous mener ?

Peut-être que la procrastination ne semblera pas être une telle malédiction si vous suivez ces envies sans culpabilité ni résistance.

Vous allez probablement procrastiner de toute façon, alors pourquoi ne pas le faire avec style ?

Quand vous ressentez l’envie de procrastiner, qu’est-ce qui vous attire ?

Avez-vous envie de regarder des films ? Peut-être que vous pourriez devenir un grand critique de cinéma.

Vous préférez jouer aux jeux vidéo ? Peut-être qu’un jour vous allez lancer un site d’évaluation de jeux vidéo ou devenir designer de jeux. Peut-être que jouer à des jeux va évoluer pour devenir un loisir amusant dont vous pourrez profiter avec vos amis et votre famille. Vous pourriez même trouver un(e) petit(e)-ami(e) via un jeu en ligne.

Aimez-vous vous échapper dans les livres ? Si vous lisez assez de livres dans un certain domaine, vous pouvez finir par devenir un expert international. J’ai énormément appris sur le développement personnel en lisant des centaines de livres, même si à l’époque je donnais souvent l’impression de procrastiner vis-à-vis de quelque chose de plus important.

Investissez-vous beaucoup de temps et d’énergie dans la socialisation en ligne ? Peut-être que vous pouvez trouver la personne de votre vie de cette façon. Ou peut-être que vous deviendrez un consultant réseaux sociaux très bien payé. Les entreprises dépensent des milliers de dollars pour ce genre de consultants, simplement pour apprendre comment utiliser Twitter et Facebook comme le ferait n’importe quel ado. Vous pourriez ne même pas réaliser la valeur que peuvent avoir vos connaissances auprès des bonnes personnes.

Peut-être que vous pourriez faire ce que font fréquemment les pires procrastinateurs au monde. Lancer votre propre blog de productivité. 😉

Avoir une vie

Que préfèreriez-vous faire au lieu de travailler pour répondre aux priorités de quelqu’un d’autre ?

Très souvent, quand vous procrastinez, vous vous retrouverez à faire ce qu’il faut pour avoir une vie.

Si vous arrêtiez de résister à l’envie de procrastiner et que vous la suiviez simplement, quelles nouvelles expériences inviteriez-vous dans votre vie ?

Quelles autres émotions sont cachées sous ces sentiments superficiels de stress et de résistance ? Voyez-vous aussi une excitation potentielle vous regarder en face ? Et qu’en est-il de ce sentiment selon lequel vous pourriez peut-être finir votre travail soi-disant « important » en moitié moins de temps que vous l’estimiez à l’origine, tout en laissant de la place pour faire ce que vous aimez ? Peut-être que ce n’est pas une si mauvaise idée de laisser les choses en plan aujourd’hui et d’aller vous amuser un peu.

N’est-ce pas une tendance plus naturelle de faire d’abord ce que vous aimez, puis de faire ce que vous êtes censé faire selon ce que dicte l’urgence ? Peut-être que vous devriez laisser ces obligations atteindre un certain niveau de pression basée sur l’urgence avant de vous en occuper. Ce genre de pression a ses bienfaits, non ? Une fois que cela atteint un certain niveau, vous pourriez être capable d’abattre une quantité phénoménale de travail avec une rapidité et une concentration implacables, en puisant dans des ressources internes que vous n’auriez jamais pu rassembler quand vous nagiez dans le temps disponible.

Peut-être que vous réfléchissez trop au problème, et que vous le transformez en grand épouvantail. Et si vous vous détendiez simplement et acceptiez l’idée de suivre votre cœur ? Laissez la procrastination arriver. Laissez la pression monter. S’il y a quelque chose qui doit vraiment être fait, vous trouverez un moyen de le faire. Vous le faites toujours quand cela compte vraiment, non ? Ce n’est pas comme si vous aviez procrastiné au point de mourir de faim. Malgré tous vos pires épisodes de procrastination, vous respirez encore, non ?

Vous pourriez penser que la procrastination vous fait du mal, mais ce mal est-il vraiment réel ? Ou est-ce seulement un mal imaginaire ? Êtes-vous toujours entier et intact ?

Peut-être qu’il y a une intelligence supérieure qui vous pousse à repousser les tâches et les activités qui paraissent simplement importantes sans l’être vraiment.

« Avoir une vie » pourrait simplement être ce qui arrive quand vous procrastinez sur autre chose. Quand vous repoussez jusqu’à la limite ces tâches qui ne vous inspirent pas, vous créez plus de place dans votre vie pour l’inspiration et la joie.

* * *

J’espère que vous avez apprécié cet article parce que j’ai procrastiné vis-à-vis de beaucoup de travail de comptabilité pour l’écrire. Je suis sûr que je vais me sentir incroyablement coupable de ça plus tard. 😉

En attendant, je vous invite à réfléchir à ces citations de Geoffrey Chaucer :

  • L’amour est aveugle.
  • Interdisez-nous quelque chose, et nous désirerons cette chose.
  • La vie est si courte, le métier si long à apprendre.
  • Les plus grands érudits ne sont généralement pas les gens les plus sages.
  • Le coupable pense que tout ce qui se dit le concerne.
  • Le temps et la marée n’attendent nul homme.
  • Les femmes désirent six choses : elles veulent que leur mari soit courageux, sage, riche, généreux, qu’il obéisse à sa femme, et qu’il soit actif au lit.

Vous avez bien dû procrastiner vis-à-vis de quelque chose pour lire cet article, non ? 😉

Crédits photo : © maxicam – Fotolia

Un commentaire

  • danielle dit :

    merci pour votre article ça m’a permis de procrastiner sans me culpabiliser et j’ai continué mes lectures sur internet avec soulagement
    j’en profite pour vous remercier de tous vos partages et même quand ils sont un peu longs…

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *