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Le développement personnel pour les gens intelligents

Devenir meilleur rapidement

Note : cet article est une traduction de l’article Rapid Improvement de Steve Pavlina. C’est donc lui qui s’exprime dans le “je” de cet article !

Dégager la voieQuand nous voulons développer une nouvelle compétence ou simplement étendre notre zone de confort dans une nouvelle activité, la fréquence de l’activité est le facteur-clé à prendre en compte. Concentrer les mêmes expériences sur une période de temps plus courte peut grandement augmenter l’amélioration de vos performances.

Un exemple personnel

Pendant mes premières années de blogging, je donnais généralement une ou deux interviews par mois. Parfois plusieurs mois passaient sans que je donne la moindre interview. Avec cette fréquence-là, j’ai atteint un certain niveau de confort et de compétence et j’ai pu globalement y rester.

Mais après la sortie de mon livre, j’ai commencé à donner des interviews de 30 à 60 minutes plusieurs fois par semaine, parfois même jusqu’à trois par jour. J’ai remarqué des améliorations chaque semaine, et mes compétences ont rapidement évolué.

Je suis devenu tellement à l’aise pour les interviews radio et en podcast que j’avais la sensation que ce serait facile de passer à la télé. Si Oprah m’appelait, je n’aurais pas eu l’impression d’être face à un grand défi à ce stade. Cela aurait été globalement la même chose.

Il devrait être évident qu’en faisant plus d’interviews, j’améliore mon calibrage dans ce domaine de compétences. Il y a beaucoup d’ajustements subtils à faire, comme pouvoir sentir la différence de rythme entre une interview de 30 minutes et une de 60 minutes, savoir que les podcasteurs sont différents des présentateurs radio expérimentés, déterminer quand il est mieux de répondre brièvement ou dans le détail, adapter les réponses et les exemples au public-cible (étudiants, ados, personnes en quête spirituelle, etc.), entre autres.

Maintenant, si j’avais fait exactement les mêmes interviews mais que je les avais réparties sur des années au lieu de les faire toutes en quelques semaines, est-ce que j’aurais atteint le même niveau de performance et de confort, mais simplement en plus de temps ? Non, certainement pas.

Je peux également m’attendre à ce que, si je ne donne pas d’interviews pendant un an, j’aie des chances de me remettre très rapidement à niveau parce que j’aurai gardé la plupart des acquis de mon calibrage actuel.

À fond c’est mieux qu’à moitié

Si vous voulez apprendre une nouvelle compétence, cela peut vous prendre bien plus de temps de devenir bon si vous l’apprenez trop lentement et graduellement.

Vous pourriez également atteindre un meilleur niveau de compétence global en condensant votre apprentissage sur une courte période de temps, même si vous investissez finalement la même quantité de temps que vous l’auriez fait en répartissant davantage votre apprentissage.

Évidemment, vous pouvez faire l’erreur de trop condenser les choses, mais pour la plupart des gens c’est le manque de fréquence qui pose le plus souvent problème.

Un de mes amis voulait améliorer ses compétences oratoires. Il a rejoint six clubs Toastmasters – c’est énorme ! – et a participé à des réunions quasiment tous les jours. Il a eu l’opportunité de faire énormément de discours. Toastmasters est évidemment un aspect important de sa vie – il m’a même dit en plaisantant que c’était devenu sa vie. Eh bien laissez-moi vous dire… Il est devenu très bon pour s’adresser à un public en très peu de temps, dépassant largement des gens qui faisaient partie de Toastmasters depuis des dizaines d’années mais qui s’étaient limités à un ou deux clubs et n’étaient jamais allés plus loin.

En faisant un sacrifice à court-terme, ce type a fait passer ses compétences oratoires à un tout nouveau niveau. Ce calibrage lui servira pour le reste de sa vie. Même s’il ne fait pas de discours ou de conférences pendant un moment, il sera capable d’y revenir assez rapidement. Il aura simplement besoin de rafraîchir les anciens schémas qu’il a intégrés.

Quand je terminais l’université en trois semestres, j’ai appris à quel point il était plus efficace d’y aller à fond que d’y aller à moitié. La plupart des étudiants répartissaient leurs unités d’apprentissage sur quatre ans ou plus. C’est peut-être normal, mais c’est également très inefficace. Normal et inefficace sont quasiment synonymes.

En condensant mes années d’université en seulement trois semestres, je n’ai pas seulement été diplômé plus vite, j’ai également passé beaucoup moins de temps dans mes études par rapport aux autres étudiants. Au cours des premières semaines de cours, je me suis calibré à un nouveau niveau de performance et d’apprentissage, et j’ai été capable de me maintenir à ce niveau après cela. La plupart des étudiants ne se sont jamais calibrés pour être hautement performants, donc cela leur a pris beaucoup plus de temps d’apprendre toutes les données et de faire tous les exercices.

Ce qui est marrant est que ce n’était pas ma première expérience universitaire. La première fois que j’ai tenté l’université, j’ai surtout passé mon temps à faire la fête, à faire n’importe quoi, à être saoul, à voler des tas de trucs dans les magasins, et à faire sauter les cours. Étrangement, j’ai fini par être renvoyé.

En début de semaine, j’étais interviewé par une station de radio universitaire. Quand j’ai raconté cette histoire, l’intervieweur a fait remarquer que j’avais séparé l’expérience universitaire typique en deux parts égales. D’abord, j’ai fait tous les trucs de fêtes et de socialisation. Puis j’ai fait la portion académique. J’ai ri parce que je n’avais jamais entendu personne décrire les choses comme ça. Mais c’est un point de vue assez exact.

Malgré mes expériences universitaires inhabituelles, cela a vraiment été un super compromis. J’ai énormément amélioré mes compétences sociales et mon courage pendant ma période de fêtes et de vol. Et j’ai énormément amélioré mon autodiscipline et mes compétences de gestion du temps pendant la période académique. Je pense que le résultat global aurait été bien pire si j’avais essayé de trouver un équilibre entre les cours et la vie sociale.

L’équilibre

L’équilibre est une bonne chose à avoir sur l’ensemble de sa vie. Mais sur une période plus courte, même sur un an ou deux, trop équilibrer votre vie va seulement diminuer votre efficacité parce que cela diluera votre concentration.

J’aime voir la vie de façon épisodique. Je n’essaye pas de tout empiler dans chacune de mes journées. Je ne peux même pas faire tout ce qui m’intéresse en l’espace d’un seul mois.

Si vous regardiez une semaine normale de ma vie, il vous apparaîtrait qu’elle est totalement déséquilibrée. Par exemple, vous pourriez me voir travailler comme un fou sur un projet ou un hobby intéressant et ignorer totalement tout le reste. Mes enfants me verront à peine. Je serai en mode « ermite de bureau ».

Mais une autre semaine je peux totalement changer d’allure. J’aurai peut-être envie de ne pas du tout travailler, de partir en voyage avec ma famille, et de passer tous les jours avec ma femme et mes enfants à faire des trucs amusants.

Cette semaine j’ai fait pour mon entreprise un travail de comptabilité qu’on ferait normalement en plusieurs mois. Je préfère faire ma comptabilité en quelques séances chaque année au lieu d’en faire un peu chaque semaine ou chaque mois. Si j’en fais un petit peu à chaque fois, cela m’empêche simplement de me concentrer sur autre chose. Je fais du meilleur boulot avec des sessions marathon. Certaines personnes diraient que c’est de la procrastination. Pour moi c’est de la compartimentation intelligente.

Sur le court terme, j’ignore largement l’équilibre. C’est sans importance.

Mais sur le long terme, je regarde comment équilibrer mon attention entre toute une variété de centres d’intérêt différents. Un mois par ici. Une année par là.

De cette façon je profite quand même d’une sensation d’équilibre au niveau du tableau d’ensemble. Je prends soin de tous les aspects importants de ma vie. J’arrive à m’occuper de tout.

Mais sur une période d’une semaine, ma concentration est généralement très resserrée. La plupart des semaines, j’ai un thème ou un objectif majeur auquel je veux me consacrer. Tout le reste est laissé de côté pour plus tard… ou pour jamais.

Même si on regarde sur un an, j’ai tendance à choisir simplement un ou deux domaines de ma vie sur lesquels concentrer le gros de mes efforts de développement.

Cette année mon objectif principal était d’améliorer mon alimentation et ma santé. Je savais que si je pouvais devenir crudivore cette année, même si cela me demandait beaucoup d’efforts de dépasser le stade de l’apprentissage et de la résistance initiale, cela en vaudrait la peine. C’était l’objectif le plus important que j’aie accompli cette année, plus important encore pour moi que la sortie de mon livre. Je suis vraiment heureux de l’avoir fait. Je doute que j’aurais pu atteindre ce résultat si je n’avais pas autant concentré mon attention là-dessus sur une période relativement courte.

J’aurai un objectif principal différent l’an prochain. Il y a des chances que je doive m’occuper de dynamiques sociales et de relations. C’est un domaine qui me fascine ces derniers temps. D’autres aspects de ma vie, comme mon alimentation, vont simplement rester en mode maintenance l’an prochain.

La concentration

C’est une erreur d’essayer de créer un équilibre chaque jour avec toutes les petites choses qui comptent pour vous. Cela divise trop votre concentration. Cela dilue votre processus d’apprentissage. Cela favorise la stagnation.

Il est mieux de choisir une chose sur laquelle vous concentrer fortement pendant un temps donné, de définir un objectif majeur dans ce domaine, puis de vous y atteler jusqu’à atteindre un calibrage de haut niveau.

Stephen Covey a écrit qu’il était mieux de se concentrer sur le rythme d’une semaine que sur le rythme d’une journée. En d’autres mots, occupez-vous de vos différents rôles et objectifs sur une période d’une semaine, mais ne vous souciez pas de tout faire tenir dans chaque journée.

C’est un pas dans la bonne direction, mais cela manque encore de concentration. Bon, c’est bien pour de tout petits objectifs, mais ce n’est pas bon pour s’attaquer à un gros truc. Cela va vous ralentir en ajoutant un poids inutile.

Si vous voulez progresser plus rapidement, vous devez alléger votre charge en laissant certaines choses de côté pendant un temps. Tous les aspects de votre vie n’ont pas besoin de votre attention chaque semaine.

Pour travailler sur des objectifs significatifs, le rythme d’un mois, d’un trimestre, ou même d’une année est mieux pour faire des progrès significatifs.

Quand je veux apprendre quelque chose de nouveau, j’essaye de m’immerger dedans autant que possible. Je vais acheter 5 à 10 livres sut le sujet et les lire les uns après les autres. Je vais contacter plusieurs experts et apprendre de leurs conseils. Je vais passer directement à l’action et faire une sorte d’essai de 30 jours.

C’est une super façon d’apprendre. Cela vous permet de garder un fort enthousiasme parce que vous pouvez profiter de progrès rapides pendant la phase du débutant. Vous arrivez rapidement au niveau intermédiaire, où vous pouvez enfin commencer à appliquer ce que vous avez appris.

Les grands objectifs requièrent énormément d’apprentissage. Un bon exemple serait de lancer une nouvelle entreprise. Si vous essayez de progresser vers cet objectif quelques heures par semaine, vous pourriez ne jamais y arriver. Il est mieux de mettre le reste de votre vie en suspens et simplement de foncer comme un dingue pendant un temps.

Vous n’êtes pas obligé de foncer de la ligne de départ à la ligne d’arrivée en une seule fois. Vous pouvez progresser par phases de concentration ponctuelles. Par exemple, si vous voulez lancer une entreprise en ligne, votre première phase pourrait être de vous éduquer sur le sujet. Puis vous pouvez prendre quelques semaines pour vous concentrer sur d’autres aspects de votre vie, ou pour simplement vous détendre. Votre phase suivante pourrait être de faire votre propre site web et de le lancer.

Gérer votre attention

Soyez tout le temps conscient de votre objectif principal. Accordez à cet aspect de votre vie le maximum de votre attention. Laissez les autres domaines prendre un peu de retard – pas trop pour qu’ils ne s’écroulent pas, mais suffisamment pour pouvoir avoir du temps en plus à accorder à votre objectif principal.

Si vous divisez votre attention entre trop de choses en même temps, votre productivité et votre plaisir en souffriront. Mais si vous pouvez concentrer votre attention sur une seule chose à la fois et y aller à fond, temporairement, vous pouvez faire d’énormes progrès. Vous trouverez un super équilibre sur le long-terme, même si les choses pourraient sembler incroyablement déséquilibrées au jour le jour.

Ne pas avoir de travail rend évidemment cette approche plus facile à mettre en œuvre. J’aime avoir la liberté de travailler 60 heures par semaine sur un projet professionnel, et la semaine suivante vouer toutes ces heures à l’étude d’un nouveau sujet qui m’intéresse, comme quand j’ai appris à jouer aux échecs plus tôt cette année. Un travail avec des heures fixes détruirait mon efficacité. J’aurais la sensation que cela vient constamment interrompre ce sur quoi je veux me concentrer.

Si vous avez un travail, avez-vous déjà eu la sensation que vous pourriez faire deux semaines de travail en une seule en faisant l’effort nécessaire ? Pourriez-vous être deux fois plus productif que vous l’êtes, simplement pendant une semaine ? Et si vous pouviez travailler une semaine sur deux et toucher le même salaire ? Une semaine vous travailleriez d’arrache-pied – pas de distractions, pas de socialisation, pas d’oisiveté, de longues heures de travail, une vie de famille réduite au minimum. Et la semaine suivante vous pourriez profiter de votre vie personnelle. Faire des trucs amusants, socialisez, être avec votre famille – mais en accordant du coup toute votre attention à votre vie personnelle.

Et si vous aimez jouer aux jeux vidéo ? Au lieu qu’ils soient une distraction constante dans votre journée, définissez une période de quelques jours ou semaines pour vous mettre à fond dans ce hobby. Après cela vous pouvez arrêter totalement de jouer et passer à autre chose.

J’ai fait cela de nombreuses fois (pas récemment), et c’est très amusant. Un été (1991 si je me rappelle bien), j’ai pris deux mois pour jouer à Ultima, du 1 au 6, tous d’affilée. C’était super amusant. En faisant tous ces jeux les uns après les autres, cela allait plus vite, c’était moins ennuyeux, et pas aussi frustrant que si j’y avais joué sur une période plus longue. Je ne me sentais pas coupable de jouer autant aux jeux vidéo parce que je savais que c’était une expérience temporaire, comme des vacances. Après cela ma concentration pourrait revenir sur un véritable travail à faire, et c’est évidemment ce que j’ai fait.

Si vous voulez travailler, alors travaillez. Si vous voulez jouer, alors jouez. Mais quoi que vous décidiez de faire, engagez-vous à le faire sans vous retenir. Soyez conscient que votre engagement est temporaire. Cela ne durera pas. Vous aurez l’opportunité de changer votre centre d’attention ensuite pour passer à autre chose.

Pensez-vous que cette approche rendrait votre vie plus équilibrée ou moins équilibrée ?

La seule façon de savoir si cela fonctionne pour vous est de le tester pendant un moment et de voir. Si vous vivez de telle façon que chaque journée est quasiment identique, vous ne savez pas ce que vous manquez. Essayez de travailler à fond pendant 12 heures ou plus pendant une journée. Puis reposez-vous totalement le lendemain pour faire une chose que vous aimez – sans culpabilité. C’est une façon très amusante (et productive) de vivre. 🙂

Crédits photo : © freshidea – Fotolia

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