Dépasser la pensée positive auto-illusoire

Note : cet article est une traduction de l’article Beyond Self-Delusional Positive Thinking de Steve Pavlina. C’est donc lui qui s’exprime dans le “je” de cet article !

Persuasion positiveUne critique habituelle de la pensée positive est qu’elle auto-illusionne. On peut penser aux images du Saturday Night Live, avec les affirmations quotidiennes de Stuart Smalley : « Je suis suffisamment bon, je suis assez intelligent, et nom d’un chien, les gens m’apprécient ! »

Pour ma part je trouve cette critique parfaitement valable. Je n’utilise pas la méthode Coué et je ne la recommande pas aux autres parce que je pense que c’est une perte de temps. Trop de pensée positive peut mener à l’auto-illusion. Vous connaissez un sentiment de croissance faussé parce que vous diminuez votre conscience, vous restez aveugle à vos problèmes au lieu de les affronter réellement. Une règle générale du développement personnel est que chaque fois que vous diminuez votre conscience au lieu de l’augmenter, vous faites une erreur.

Le développement personnel est plus qu’un simple conditionnement personnel vous permettant de vous sentir mieux vis-à-vis de votre vie. Même si certaines personnes ont clairement besoin d’un ajustement d’attitude pour faire des progrès, l’attitude optimale pour le développement personnel ne résulte pas d’une pensée positive auto-illusoire. Vous n’avez pas besoin de pensée positive en développement personnel. Vous avez simplement besoin d’intelligence.

Si vous trouvez que vos efforts de développement personnel sont en conflit avec ce que vous dit votre intelligence, faites plutôt confiance à votre intelligence, quoiqu’en dise quiconque, moi y compris. J’ai lu des centaines de livres d’auto-assistance au fil des ans, et un pourcentage significatif d’entre eux inclut des exercices que je trouvais à l’époque inutiles et stupides. Mais je les faisais quand même habituellement parce que je me disais que l’auteur en savait probablement plus que moi et qu’il devait y avoir une bonne raison de les faire. Mais j’avais raison. Ces exercices n’étaient que du vent, et j’ai obtenu de bien meilleurs résultats quand j’ai commencé à faire confiance à ma propre intelligence avant le contenu de tout livre de ce genre.

Il y a trois éléments-clés de l’intelligence liés au développement personnel : la confiance en soi, la conscience, et l’absence de peur. Notez que la pensée positive n’en fait pas partie.

Confiance en soi

Sur le long-terme, il est plus important d’apprendre à faire confiance à votre propre intelligence qu’il ne l’est d’avoir raison. Au début votre confiance en vous pourrait être mal placée. Vous pourriez très bien trouver que vous prenez tout un tas de décisions idiotes en ayant confiance en vous et non en des personnes qui semblent en savoir plus. Mais via ce processus d’échec, vous développerez vos capacités intellectuelles et étendrez votre conscience, et bientôt votre confiance en vous sera justifiée, et vous commencerez à prendre des décisions réellement capacitantes qui génèreront vraiment des résultats. Suivez le conseil de Shakespeare, « Sois loyal envers toi-même », même si cela vous apporte des ennuis au début, car au final votre foi en vous-même sera bien méritée.

La raison d’avoir confiance en vous devient claire quand vous prenez en compte l’autre alternative, qui est de ne jamais avoir totalement confiance en vous. Vous ne pouvez pas réellement vous comporter intelligemment si vous ne pouvez pas avoir confiance en vos propres décisions et agir en conséquence. Imaginez ce qui arriverait si votre ordinateur avait tout le temps des doutes à propos de ses calculs, et qu’il se disait donc qu’il serait mieux de ne pas partager les résultats avec vous par peur d’avoir faux. Il serait inutile. Et il est juste de dire que l’être humain qui ne peut pas avoir confiance en lui est un peu inutile, au sens où il vit bien en-dessous de son potentiel. Mais dans ce cas, le résultat le plus probable est que cette personne finisse par servir les objectifs, quels qu’ils soient, que confère le conditionnement social. Aux États-Unis cela signifie trouver un boulot, s’endetter, et prendre du poids, entre autres choses.

C’est bien d’avoir davantage confiance en votre moniteur de plongée sous-marine si vous ne connaissez rien à la plongée sous-marine. Ce n’est pas un problème de confiance en soi. La confiance en soi entre en jeu quand vous prenez les grandes décisions de votre vie, comme celles concernant votre carrière, le choix de la personne que vous aimez, vos croyances spirituelles, et comment vous vivrez. Ce n’est pas intelligent de laisser vos parents, votre épouse, ou votre conditionnement social prendre ces décisions pour vous. Je vous garantis que si quelqu’un d’autre prend ces décisions vous concernant, vos résultats dans la vie ne seront rien de plus qu’une pâle ombre de votre véritable potentiel.

Ayez confiance en votre propre intelligence, même quand cela ne semble pas justifié. Par exemple, si vous pensez que je ne raconte que des foutaises, alors ne lisez pas un mot de plus. Recherchez des sources de connaissances qui résonneront profondément en vous. Vous n’aurez pas toujours raison, mais vous apprendrez de vos erreurs, et bientôt votre confiance en vous sera justifiée. Et c’est là que vous commencerez réellement à briller ; quand vous vous ferez vraiment confiance ET que ce sera justifié de le faire. Voyez la confiance en vous comme une capacité à développer, une capacité que vous devez pousser en avant de façon cohérente. C’est parfaitement normal de se tromper de temps en temps.

Conscience

La conscience est un élément crucial de l’intelligence. Pour prendre des décisions intelligentes, vous avez besoin de données précises. Si vous ignorez des données valides, vous diminuez votre conscience et par conséquent votre intelligence. Imaginez comment votre ordinateur fonctionnerait s’il ne tenait simplement pas compte de certains contenus de sa mémoire à l’occasion : « Je ne vais pas lire cette partie de ma mémoire parce qu’on dirait qu’il y a beaucoup de travail à faire là-dedans pour moi. » Stupide évidemment… pourtant c’est précisément ce que font les humains et ce qui nous entrave.

La pensée positive peut réduire l’intelligence car elle diminue la conscience. Au lieu de faire face à vos véritables problèmes et défis, vous essayez de les écarter par des affirmations. Ce n’est pas une façon d’évoluer. Il est mieux de faire face et d’accepter l’entière vérité, même si vous n’aimez pas ce que vous voyez. Un peu de douleur de temps en temps ne va pas vous tuer.

La conscience implique en partie de reconnaître vos faiblesses. Je n’affirme pas que mes faiblesses n’existent pas. Je me dis simplement « Ouaip. C’est une faiblesse. » Puis je peux consciemment choisir de travailler dessus ou pas. Il y a si peu de temps à consacrer au développement personnel que nous, en tant qu’humains, ne pouvons pas résoudre tous nos problèmes en une nuit. Mais nous pouvons faire des progrès sur ceux qui importent le plus – si nous reconnaissons qu’ils existent.

Certaines de mes faiblesses personnelles comprennent :

  • La mode. Ma femme essaye encore et toujours de m’inscrire à mon insu à l’émission Queer Eye for the Straight Guy (émission ayant inspiré Queer, cinq experts dans le vent en France, où des homosexuels donnent des conseils vestimentaires ou autres à des hétérosexuels, ndt). Cela veut tout dire. Être daltonien n’aide pas, pas plus que le fait que j’aie porté des uniformes pendant huit ans de ma vie (école catholique). Et puis je ne suis pas gay.
  • La musique. Mon petit frère est musicien (guitare et voix) et vit au Japon, et il est récemment passé à la télé là-bas. Et ma femme joue magnifiquement du piano. Mais mes talents musicaux semblent inexistants. Même si j’adore écouter de la musique, je ne peux pas jouer d’instruments. J’ai essayé d’apprendre le piano, mais j’ai détesté. Est-ce que ça existe les pianos pour gaucher ?
  • Les voitures. Je tape cet article sur un PC que j’ai monté moi-même, mais je n’ai jamais regardé sous le capot de ma voiture. Je ne sais même pas comment mettre de l’huile. Mon père est très doué en mécanique, mais je n’ai jamais partagé sa passion. Je suis exclusivement informaticien. Malheureusement, je vais bientôt avoir besoin d’une nouvelle voiture, parce que ma Pontiac de 94 affiche 250 000 km et qu’elle est au bout du rouleau. Mais c’est un domaine dans lequel je n’ai aucune idée de ce que je fais. Ce qui m’ennuie surtout est que nous n’ayons pas encore de transporteurs.

Je suis conscient de ces faiblesses et de beaucoup d’autres, mais j’ai choisi de ne pas travailler dessus parce qu’il y a d’autres choses qui sont beaucoup plus importantes pour moi. Je n’utilise pas la méthode Coué pour ensuite pouvoir m’occuper de ma voiture. Un mécanicien fait le travail. J’aime écouter de la musique presque tous les jours (la trance est mon genre préféré), mais mes moyens de création sont l’écriture et les discours. Et en ce qui concerne la façon dont je m’habille, j’ai beaucoup d’autodérision à ce propos, ce qui rend plus facile pour moi de me connecter vraiment avec les gens.

Saviez-vous qu’il était possible de reconnaître vos faiblesses sans perte d’estime de soi ? Si vous avez un mauvais mariage, un job que vous détestez, ou trop de ventre, il est mieux de le reconnaître et de garder une conscience élevée que d’essayer de vous convaincre que le problème n’existe pas et diminuer votre conscience. Vous ne pouvez pas résoudre un problème si vous ne reconnaissez pas son existence. Ne vous laissez pas diminuer votre conscience même quand vous faites face à des problèmes qui semblent insolubles.

Absence de peur

L’absence de peur signifie vivre sans peur. Mouais. Je ne parle pas de la réponse biologique type combattre-ou-fuir, mais plutôt des peurs irrationnelles comme la peur de l’échec, la peur du rejet, et la peur du succès. C’est intelligent d’éviter un face à face avec un lion. Ce n’est pas intelligent d’avoir peur de parler en public.

Pensez à cela. Les gens sont censés avoir plus peur de parler en public qu’ils n’ont peur de la mort. N’est-ce pas un peu… comment dire… débile ? Je dis cela non pour proclamer ma propre absence de peur mais parce que j’ai vécu avec cette peur pendant une grande partie de ma vie et que j’ai trouvé cela très gênant. Pourquoi devais-je être nerveux avant de passer devant un public ? Quel est le souci ? Il n’y a aucun danger réel, non ? Alors pourquoi mon corps débite autant de cortisol et d’adrénaline ? Pourquoi est-ce que j’ai la réaction physiologique correspondant à la peur si je n’ai aucune raison d’avoir peur ?

Il peut arriver que vous ayez de bonnes raisons de décliner une situation de discours en public, mais c’est le genre de décision qui devrait être prise intelligemment en fonction des débouchés et des risques. La peur ne devrait pas faire partie de l’équation.

La peur est devenue une partie tellement intégrante de notre société que nous sommes censés avoir peur. Nous voyons les discours en public comme s’ils étaient censés être terrifiants et que c’était « tout naturel » d’être nerveux. Parler aux membres du sexe opposé est terrifiant. Lancer une nouvelle entreprise est trop risqué. Certaines personnes trouvent qu’il n’est pas sûr de sortir de chez eux. Pourtant le danger est en réalité négligeable dans ces situations… à moins que vous ne viviez à New York cela dit – ces gens sont vraiment cinglés. 🙂

L’absence de peur n’est pas pareille que le courage. Avec le courage vous faites face à vos peurs, et c’est une capacité puissante en soi. Mais avec l’absence de peur vous ne connaissez jamais cette réaction émotionnelle de peur. Imaginez parler en public et ne pas être du tout nerveux. Est-ce possible ? Bien sûr que ça l’est. Je l’ai fait de nombreuses fois.

La nuit dernière j’ai participé à mon premier atelier d’improvisation comique. Après avoir vu la performance live de la semaine dernière, j’étais abasourdi. Les capacités des participants semblaient quasi inhumaines, en particulier le fait d’être capable de créer des chansons originales de tête en quelques secondes. Mais j’étais intrigué, donc je me suis inscrit pour huit semaines de cours. Avant que le cours commence, un des autres étudiants m’a dit « Il y a deux façons de s’y prendre : 1) vas-y doucement et habitue-toi graduellement, ou 2) jette-toi juste dans le bain et vois ce que ça donne. » J’ai dit « Je suis clairement un casse-cou. » L’immersion totale est une excellente façon d’apprendre, donc je me suis lancé sans peur et j’ai fait tous les exercices et jeux que tout le monde faisait, au lieu de rester assis sur le bord et de simplement regarder. Pendant le cours j’ai créé des histoires et des chansons, joué à des jeux comme des charades et des devinettes, je me suis mis à quatre pattes pour aboyer comme un chien, j’ai joué un personnage nommé Rufus, j’ai fait un simulacre de coupe de cheveux, et toutes sortes de choses folles. Pour faire simple je me suis rendu complètement ridicule. Mais j’ai passé un super moment et j’ai hâte d’assister à la prochaine séance. La raison de ce si bon moment est que, même si j’étais hors de mon élément, je suis allé à ce cours avec comme attitude qu’il était parfaitement acceptable pour moi d’échouer. Et bien sûr c’est l’attitude intelligente à avoir parce que je ne courais véritablement aucun danger – peu importe à quel point ma prestation était mauvaise, cela ne pourrait pas me blesser. Mais la plupart des gens ne sont pas comme ça – ils sont nerveux dans de telles situations à cause de la peur de l’embarras, de l’humiliation, ou de l’échec. Mais sans la peur on est capables de se concentrer sur l’apprentissage et de s’amuser au lieu de s’inquiéter et de se tourmenter.

Être effrayé ou nerveux dans des situations où il n’y a aucun vrai danger n’est simplement pas intelligent. Pourtant la plupart des gens traversent leur vie en évitant ce genre de situations à cause d’une peur irrationnelle. Nous sommes socialement conditionnés pour croire qu’il est normal et naturel d’être effrayé. Les enfants ont tendance à être bien plus intrépides que les adultes – nous apprenons à avoir peur en grandissant. Pourquoi ? Parce qu’on nous a enseigné un modèle d’univers qui, si nous y croyons, induira automatiquement de la peur. Débarrassez-vous de ce modèle et vous vous débarrasserez de la peur irrationnelle dans le même temps. C’est très bien d’apprendre que nous devrions regarder des deux côtés de la route avant de traverser. Mais c’est simplement idiot d’être conditionné à avoir peur de parler en public, d’inviter quelqu’un en rendez-vous, ou de lancer une nouvelle entreprise. Nous pourrions ne pas avoir eu notre mot à dire quand ce conditionnement nous a été transmis de prime abord, mais maintenant nous avons notre mot à dire.

La solution à la peur irrationnelle n’est pas d’adopter la pensée positiviste et d’essayer de surmonter la peur avec des affirmations. C’est tout bonnement idiot. La vraie solution est de mettre en marche nos magnifiques neurones et de plonger un peu plus profondément dans nos peurs afin de réellement les comprendre. Les peurs irrationnelles sous-jacentes sont des présomptions irrationnelles vis-à-vis de la réalité. Une fois que nous pouvons voir ceci clairement, il est naturel et normal de simplement se débarrasser de ces présomptions irrationnelles dans leur ensemble. Le gros problème avec la peur est donc qu’elle est basée sur un modèle de réalité erroné. Si nous pouvions percevoir la réalité de façon précise, nous aurions beaucoup moins peur. Je dis donc que si le fait de parler en public vous rend nerveux, c’est parce que vous ne percevez pas la réalité de façon suffisamment précise pour comprendre réellement à un niveau assez profond qu’il n’y a absolument rien dont il faut avoir peur.

Je pense que l’absence de peur est un élément-clé de l’illumination (dans le sens bouddhiste du terme). Si vous trouvez que vous avez des peurs irrationnelles qui vous retiennent, pouvez-vous accepter que ces peurs puissent être causées par une compréhension erronée de la réalité ? J’ai réfléchi à cette possibilité, et en suivant diligemment cette voie, j’ai fini par revoir entièrement ma conception de la réalité au point que j’ai cessé de créer de la peur quand ce n’était pas justifié. Donc j’ai trouvé que c’était en fait la solution à la peur irrationnelle. Pour surmonter la peur nous avons simplement besoin d’augmenter notre compréhension de la réalité – jusqu’au niveau de nos croyances spirituelles.

La mauvaise nouvelle est que s’il se trouve que vous êtes attaché à des croyances spirituelles qui sont irrationnelles et basées sur la peur, alors vous ne serez jamais capable de vous débarrasser de la peur, aussi dur que vous vous y efforciez. Vous pouvez toujours développer votre courage ou vous tourner vers les médicaments pour vous rendre insensible émotionnellement, mais autrement la perception de peur irrationnelle sera toujours avec vous. C’est simplement une conséquence naturelle d’une perception irrationnelle de la réalité.

Si quelqu’un pointe un pistolet sur moi dans une allée sombre, j’aurais une peur bleue à cause de la réponse biologique « combattre ou fuir » qui prendra le dessus, et je ne vais probablement pas avoir immédiatement accès à mon esprit rationnel. Mais si je me retrouve dans une situation où je dois prendre un risque social qui n’implique aucun danger réel (comme passer pour un idiot en public), cela ne me perturbera pas plus que ça. Et la raison n’est pas que je suis un héros hyper-courageux. C’est simplement parce qu’il se trouve que je vois la réalité de façon telle que je ne perçois véritablement aucun crainte dans de telles situations. Parler devant un public n’est pas un plus grand défi émotionnellement que de parler à ma femme. En fait, elle est probablement le plus grand défi des deux. 🙂

Comment développe-t-on la qualité de son absence de peur ? La vraie clé est que vous devez augmenter votre compréhension de la réalité d’un stade irrationnel qui génère une peur irrationnelle à un stade plus rationnel qui ne génère aucune peur. Je ne pense cependant pas qu’il n’y ait qu’un seul modèle rationnel de réalité qui rende possible de transcender la peur – je suis sûr qu’il y en a d’autres, mais j’imagine qu’ils doivent partager des qualités similaires.

Si votre corps commence à produire des hormones de stress dans des situations qui ne présentent aucun danger réel, alors vous ne vous comportez pas intelligemment, si ? Mais votre corps n’est pas un idiot. Votre esprit le nourrit simplement de mauvaises informations.

Vous n’avez pas besoin d’affirmations positives pour gérer ce problème – les affirmations ne feront que traiter les symptômes. Ce dont vous avez besoin est d’une réelle cure contre la peur, qui vous apprend à cesser de produire les symptômes de peur dans leur ensemble. C’est une approche intelligente parce que vous ne devriez vraiment pas avoir peur quand vous ne courez aucun danger réel.

Au-delà de la pensée positive

Quand vous développez les qualités de confiance en soi, de conscience, et d’absence de peur, la conséquence naturelle sera l’optimisme. Mais ce n’est pas l’optimisme bidon que provoque la pensée auto-illusoire. Vous aurez de bonnes raisons d’être optimiste parce que vous aurez l’atout qu’est l’intelligence travaillant pour vous au maximum, et l’intelligence est un acquis humain incroyable puissant. Vous serez capable de gérer des défis qui vous auraient précédemment paralysé parce que la peur ne fera plus partie du tableau. La peur est une barrière majeure à l’intelligence.

Nous, humains, sommes des créatures émotives. Si nous craignons la peur, cela va influencer nos actions, peut-être même au point de les contrôler. Développer du courage est un bon début, mais au final nous avons besoin d’arrêter de produire de la peur tout court. La peur n’est simplement pas nécessaire pour notre survie. Et quand la peur dégage du chemin, alors un état émotionnel positif devient la norme. Pas neutre – positif. C’est un état de joie, dans lequel vous traversez vos journées en vous sentant incroyablement heureux, hautement motivé, et passionnément poussé par le désir de servir les autres… et sans raison apparente. Mais la raison est simple. Étant donné qu’il est bon d’être joyeux et que la vie serait bien meilleure sur cette planète si tous les humains se sentaient comme ça au lieu d’avoir peur les uns des autres, ce qui est intelligent pour votre corps est de produire des hormones qui génèrent de la joie et du bonheur tout au long de la journée. Évidemment vous pouvez être propulsé hors de cet état de temps en temps, et vous aurez encore des émotions négatives de temps en temps, mais imaginez ce à quoi cela ressemblerait si l’état de joie était votre norme quotidienne. L’état de joie est de loin supérieur à l’état que la plupart des gens considèrent comme normal ou neutre. Quand la joie deviendra votre état par défaut, vous réaliserez que l’état que vous aviez précédemment étiqueté comme neutre était en fait une peur mitigée.

Surmonter la peur et atteindre le point de la joie perpétuelle n’est cependant pas facile . Et c’est peu dire, parce que la plupart des gens n’atteignent jamais cet état de toute leur existence. Un des problèmes les plus difficiles est que la peur est devenue un élément intégrant de la vie sur terre de nos jours. Quand les gens ont peur, ils sont plus faciles à manipuler. Ils peuvent être contrôlés en tirant ces simples ficelles de peur. Attiser la peur est un moyen efficace de provoquer une action parce que tout au fond, nous désirons tous ne pas être effrayés, donc la suppression de la peur est un incitatif puissant à la dépense. Il y a également des raisons positives de dépenser de l’argent, mais trop de sociétés sont aujourd’hui en adéquation avec ce modèle de peur. C’est particulièrement vrai aux USA, car les médias sont largement consacrés à attiser la peur puis à l’utiliser pour façonner l’opinion publique de façon à ce que cela génère des ventes pour les compagnies ayant une forte influence.

La raison pour laquelle les gens utilisent la peur pour manipuler les autres est en partie qu’ils croient par erreur que cela les aidera à apaiser leurs propres peurs. Un moyen habituel de gérer la peur est d’essayer de contrôler ce dont vous avez peur. Mais cela ne fait que perpétrer et renforcer la peur sur le long terme, et donc de plus en plus de peur est nécessaire. Cela arrive au niveau individuel tout autant qu’au niveau collectif. Par exemple, la peur est une des forces directrices dans les relations des États-Unis avec le reste de la planète. Cette stratégie nationale est basée sur le fait d’obtenir de plus en plus en contrôle afin d’apaiser les peurs de ses citoyens. Pour les non-américains c’est plus facile à voir que pour les américains, mais il y en a quand même dans ce pays qui reconnaissent le gravité de ce problème et qui travaillent sur le fait de changer ça. Sur le long terme, je crois que cette stratégie de contrôle finira par échouer. Ce n’est simplement pas nécessaire pour les êtres humains d’être liés les uns aux autres de cette manière. Nous allons devoir nous débarrasser de ça.

Ne soyez pas naïf au point de penser qu’il n’y a pas de forces qui travaillent contre vous. Il y en a. Mais heureusement, ces peurs ne sont pas assez fortes pour vous stopper si vous continuez à poursuivre intelligemment le développement de votre propre conscience. Il est mieux d’avoir peur et d’être conscient de votre peur, comme ça vous percevez finalement son irrationalité et apprenez à faire sans. Votre comportement deviendra alors bien plus intelligent, et vous serez abasourdi de la façon dont tout le monde a l’air effrayé en comparaison. Puis vous pourrez les aider à surmonter eux-aussi la peur, et au cours de nos existences nous aurons petit à petit changé cette planète pour l’éloigner de la peur et la faire passer du côté de l’amour inconditionnel, dans lequel notre vrai potentiel en tant qu’êtres humains pourra enfin se manifester.

Oui, je suis un optimiste, mais j’ai de bonnes raisons de l’être.

Crédits photo : © ra2 studio – Fotolia.com

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3 commentaires

  • Stéphanie dit :

    Bonjour Olivier,

    Je te remercie pour ton article. Comme toujours, tu apportes énormément d’ingrédients dans tes articles pour s’améliorer chaque jour. Cette article en est encore une belle preuve !

    J’aimerais juste apporter une petite remarque concernant les articles sur ce blog, contrairement à tes deux autres blogs (Habitudes Zen et Des livres pour changer de vie), j’ai du mal à cibler l’essentiel de l’article. Ne serait il pas plus intéressant de surligner les phrases-chocs ou les mots accrocheurs ?
    En toute honnêteté, contrairement aux deux autres blogs précités auxquels j’apporte un grand intérêt, ce blog-ci me semble rempli de très bons articles mais ceux-ci sont longs à lire sans termes accrocheurs mis en reliefs.

    Voilà pour ma petite remarque, pour le reste, bonne continuation et merci pour tes articles !
    A bientôt
    Stéphanie

  • Pascal dit :

    Bonjour Olivier,

    bel article. Je me reconnais dans la pensée positive auto illusoire. C’était mon cas il y a quelques années. Concernant la confiance en soi, la conscience et la peur: on développe les deux premiers points et on diminue le troisième en passant à l’action. Par exemple en développant chaque jour son entreprise. Cela nous permet de dépasser notre peur de l’échec, de développer notre conscience (il faut bien savoir ou on est et quelle direction on prend) et notre confiance en soi (en ayant surmonté les échecs et en ayant vécu le succès).

    bonne continuation!

    Pascal

  • jean elien dit :

    oui!!! je suis un optimiste, comme vous j’ai de bonnes raisons de l’etre

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