Reconception de StevePavlina.com – Partie 9

site WebLe présent article est le 9e de la série de 9 articles portant sur la reconception de StevePavlina.com.

La convergence

Il m’a fallu faire preuve de beaucoup de patience du début du projet jusqu’au lancement du site Web. De fin octobre 2015 jusqu’au lancement final le 1er avril 2016, j’ai souvent eu l’impression que je pouvais terminer le travail et lancer le site en une semaine si je le voulais. Et c’était probablement vrai, mais plus je travaillais sur le site, plus j’élevais mes normes quant à ce que je voulais réaliser avant le lancement.

Une leçon clé que j’ai tirée de mes années en tant que développeur de logiciels, c’est qu’il est important de clôturer un projet le plus tôt possible, puis de garder le produit obtenu et de continuer de l’améliorer. Cela renforce la confiance et la motivation et permet de mieux voir les progrès que l’on fait en travaillant. Certains éditeurs de logiciels ont un processus de construction quotidien, selon lequel le logiciel en développement doit être entièrement compilé au moins une fois par jour, et personne n’est autorisé à faire des changements qui brisent ce processus de compilation (et si une personne le fait, elle doit travailler tard pour le corriger).

En appliquant cette approche au développement de site Web, j’ai travaillé rapidement pour compiler une première ébauche où chaque page semblait assez décente pour être mise en ligne telle quelle. J’avais effectué les étapes importantes comme la recherche d’un thème et l’ajout du contenu, j’avais donc un support visuel avec lequel travailler pour le reste du projet. Une fois que j’avais un résultat plutôt décent sur lequel m’appuyer, je pouvais le montrer aux gens pour obtenir les premières impressions, et je pouvais itérer à travers des séries d’améliorations avec un constant retour d’information visuel. Je n’aimais jamais aller au lit lorsqu’un aspect du site était défectueux, alors j’ai très souvent travaillé en me disant que le site devrait être en état d’être lancé à la fin de chaque journée.

S’il s’agissait d’un tout nouveau site, je pense qu’il aurait été plus logique de le lancer beaucoup plus tôt, de manière à ce que je puisse commencer à attirer du trafic. Par contre, étant donné qu’il s’agissait de la reconception d’un site existant qui avait déjà un important trafic, je n’avais pas besoin de m’empresser de lancer la nouvelle version tout de suite.

Quand j’avais créé le site original en 2004, je m’étais empressé de le mettre en ligne. Cette fois-ci, j’ai préféré prendre mon temps en privilégiant la qualité à la vitesse. J’ai quand même travaillé dur et j’ai souvent travaillé rapidement, mais ma priorité était de bien faire mon travail, peu importe le temps que cela prendrait.

Parfois, j’ai dû prendre quelques jours de congé afin de pouvoir revenir avec un regard nouveau sur le projet. J’ai fait de courts voyages de 4 à 5 jours en décembre, janvier et février, ainsi qu’un voyage plus long de 2 semaines et demie en février. Quand je suis revenu du dernier voyage, le 1er mars, je savais qu’il était temps d’attaquer la dernière ligne droite pour lancer le site.

Il est difficile de déterminer quand un projet comme celui-ci peut être lancé, car on peut toujours continuer de l’améliorer après son lancement. Il y a des idées apparemment infinies parmi lesquelles faire un tri, des plug-ins à prendre en compte, et des fonctionnalités à ajouter. J’avais l’impression de tracer un chemin à travers un champ de possibilités infinies. Il n’y avait pas de point de lancement évident, alors je me suis fié à mes propres sentiments pour décider quand le site était prêt à être lancé ; je n’ai tenu compte d’aucune norme objective sur ce point. Cela a bien marché.

Bien que j’ai indéniablement bénéficié de l’aide et du soutien d’autres personnes en cours de route, dont Rachelle, quelques amis, le groupe de rencontre WordPress de Las Vegas et divers développeurs, il s’agissait principalement d’un projet « solo ». Je pense que cette approche avait plus d’avantages que d’inconvénients. En travaillant seul, je pouvais prendre des décisions et les mettre en œuvre rapidement, sans discussion ni débat. Je pouvais itérer rapidement à travers des expériences, évaluer les résultats immédiatement, et refaire la même chose à tout moment de la journée. Je n’ai jamais eu besoin de planifier des réunions ou des séances d’évaluation. C’était une façon efficace de gérer un projet de cette envergure.

Dans son livre autobiographique iWoz, Steve Wozniak recommande que les ingénieurs travaillent seuls s’ils veulent faire quelque chose de nouveau et de créatif. Vous pouvez sans l’ombre d’un doute voir les avantages de cet état d’esprit si vous êtes motivé et si vous pouvez apprendre rapidement. C’est vraiment agréable de pouvoir travailler à fond et de ne pas être ralenti par d’autres personnes qui se mettent en travers de votre chemin.

Même après le lancement du nouveau site Web, je n’avais pas l’impression que le projet était vraiment terminé. Une étape importante avait été franchie, mais il restait encore du travail à faire, comme l’optimisation de la vitesse que j’ai réalisée plus tard.

Mon attitude

Au début de ce projet, j’étais submergé par tous les détails à prendre en compte. Il était clair dès le départ que le projet allait prendre des mois et qu’il faudrait que je développe de nouvelles compétences pour le mener à bien. Mon attitude s’est améliorée lorsque j’ai recadré le projet et que je l’ai considéré comme une expérience de croissance personnelle plutôt qu’une montagne de travail fastidieux. J’ai réfléchi à la façon dont les défis à venir m’aideraient à grandir en tant que personne. J’adore apprendre et grandir ; par conséquent relier le projet à une chose que j’aimais déjà m’a rendu plus optimiste. J’avais commencé à me sentir excité par les nouvelles compétences que j’allais acquérir en cours de route.

Cet état d’esprit de croissance m’a fait passer de la réflexion à l’action. Mes premières actions ont été d’apprendre, d’étudier, de comprendre, et non de commencer tout de suite à travailler sur des aspects du projet. Bien sûr, une fois que j’en avais assez appris, il était tout naturel de commencer à faire des essais avec ce que j’avais appris. Très vite, je suis passé de l’expérimentation à la mise en œuvre.

J’étais également persuadé que je ne pouvais pas me tromper en reconcevant un site qui datait de 2004. Il y avait tellement d’améliorations évidentes à apporter, comme l’ajout de la réactivité mobile. Même si j’ai fait quelques erreurs en cours de route, et même si certaines personnes n’ont pas aimé le résultat, il était certain que cela rendrait le nouveau site beaucoup plus convivial que l’ancien. Malgré tout, je pensais qu’il valait mieux aborder le projet avec l’esprit d’un débutant et ne pas y impliquer mon égo. Ce n’était pas difficile, car je n’avais pas une idée claire de ce que j’essayais de construire quand j’ai commencé.

L’attitude de l’explorateur m’a bien servi tout au long du projet. En considérant chaque partie du projet comme une exploration, et surtout en n’ayant pas de date limite pour ces explorations, j’ai maintenu le stress et la pression à un niveau modéré et je suis resté au point idéal de la motivation positive. J’ai travaillé de longues heures pendant plusieurs journées parce que je le voulais, pas parce qu’on m’y obligeait. Je pense que cela a été très important.

En grande partie, le travail que j’ai fait ne m’était pas familier et je ne savais pas combien de temps cela allait prendre. Certaines tâches dont je pensais qu’elles ne prendraient qu’une journée ont pris une semaine. D’autres tâches qui donnaient l’impression qu’elles prendraient une journée ont été accomplies en une heure ou deux. Je suis vraiment content que je n’eusse aucun patron qui me demandait continuellement des estimations de temps, car cela n’aurait fait que me ralentir et m’ennuyer à mort.

Une chose que je détestais vraiment quand je travaillais avec des éditeurs lorsque je dirigeais mon entreprise de jeux, c’était les harcèlements constants que je subissais pour donner des estimations de temps et le besoin que ces éditeurs avaient de respecter des dates de lancement spécifiques pour des raisons commerciales. Tous les développeurs savent que cela est ridicule pour un travail créatif qui est de nature imprévisible. Je peux comprendre qu’il est important de suivre les progrès quand on finance un projet, mais j’aime pouvoir travailler à mon propre rythme sans être dérangé. Je suis si heureux de connaitre maintenant le sentiment que cela procure d’avoir la liberté de gérer mon emploi du temps à ma convenance.

Voyage de croissance personnelle

Pour moi, ce projet a été un beau voyage avec de nombreux avantages en termes de croissance personnelle.

Tout d’abord, j’ai finalement fait face à une faiblesse personnelle : mon manque de compétences en conception Web. Maintenant, je me sens raisonnablement compétent dans ce domaine. J’ai suffisamment de connaissances et de compétences fonctionnelles pour prendre de bonnes décisions de conception et les mettre en œuvre. Rien que cela m’a donné une énorme impression de faire des progrès.

J’ai acquis une variété d’autres compétences utiles en cours de route, comme la mise en place d’une bonne typographie, l’écriture de mes propres plug-ins WordPress, la création de types de messages personnalisés et l’optimisation de la vitesse d’un site Web. Il m’a également fallu mettre à jour certaines compétences existantes, telles que mes connaissances en langage CSS et SQL, l’acquisition de bons plug-ins WordPress et le diagnostic ainsi que la correction des bugs. J’ai même soumis un rapport de bug officiel pour un bug mineur que j’ai trouvé dans WordPress en cours de route.

C’est gratifiant de regarder en arrière et de contempler ce projet tout en réfléchissant à ce que cela m’a rapporté. Il est certes formidable de mettre le nouveau site Web en ligne, mais cela ressemble plus à du glaçage, le gâteau étant les nouvelles connaissances, les compétences et les changements de perspective que j’ai intégrés.

Je crois que certains des facteurs clés qui ont fait de ce projet un succès sont entre autres :

  • Embrasser le projet comme un parcours de croissance, pas comme un objectif de construire et de créer quelque chose
  • Ne pas avoir d’échéances, afin de pouvoir apprendre, expérimenter et mettre en œuvre des idées à mon propre rythme
  • Élever continuellement mes normes tout au long du projet et ne pas me contenter de ce qui était normal dans le passé
  • Recevoir des conseils de personnes plus expérimentées et tester les suggestions immédiatement
  • Mettre de côté mon égo et apprendre comme un débutant plein d’enthousiasme
  • Coder rapidement les idées et les afficher sur l’écran où mes yeux pouvaient voir et évaluer les résultats
  • Entrer dans le flux de l’action et y rester des heures d’affilée, même si cela signifiait retarder ou sauter des repas
  • Être obsédé par le projet et ne pas essayer de faire grand-chose d’autre pendant ce temps
  • Prendre des pauses et des vacances quand je commençais à me sentir moins productif et que j’avais besoin de me déconnecter
  • Subdiviser le projet en petites parties, de sorte que j’aie toujours une tâche gérable et spécifique sur laquelle je pouvais travailler
  • Faire des recherches approfondies en ligne quand je ne savais pas comment faire quelque chose
  • Améliorer mon alimentation en cours de route pour optimiser ma capacité à me concentrer, me focaliser et maximiser mon endurance mentale

Le travail acharné sur ce projet a eu un effet systémique. Je me sentais aussi obligé d’élever mes normes dans d’autres parties de ma vie.

Au début du projet, je me sentais souvent un peu confus et fatigué après seulement 6 à 8 heures de travail. Ma capacité à me concentrer diminuait au fil de la journée. Si j’essayais de continuer à travailler au-delà de ce point, je remarquais que j’étais ailleurs et je fixais l’écran avec des yeux vides, ou je succombais à des distractions.

Ma motivation était très grande et je voulais aller plus vite, alors j’ai commencé à apporter des améliorations à mon alimentation, comme éviter les aliments transformés et consommer uniquement des aliments entiers ; laisser tomber les stimulants comme le café, le thé et le chocolat ; et faire plusieurs séries de détoxification en utilisant le glutathion liposomé, la vitamine C liposomale, la zéolite, l’iode naissant et plusieurs autres substances qui évacuent les toxines du corps. J’ai aussi fait des nettoyages du foie, des reins et du côlon.

Ces améliorations en matière de santé ont fait une différence absolument stupéfiante. À la fin du projet, je n’avais plus consommé de caféine depuis des mois et je consommais des aliments entiers et 100% crus. Pendant deux semaines, j’ai consommé essentiellement des noix de coco et des avocats, ce qui m’a permis de travailler de nombreuses heures d’affilée sans me sentir affamé ou fatigué. Certains jours, j’avais l’impression d’avoir une endurance mentale, une concentration et une clarté presque illimitées. Je pouvais travailler plusieurs journées de 14 heures avec aisance quand je le voulais, et la baisse de concentration était généralement négligeable. J’étais vif et alerte aussi bien à 21 h qu’à 6 h du matin. Je m’endormais parce que j’avais sommeil, pas parce que mon esprit devenait confus. Une alimentation saine fait toute la différence !

J’avais déjà adopté un régime uniquement composé d’aliments crus à de nombreuses reprises. Il m’est même déjà arrivé de le faire pendant six mois d’affilée, mais cette fois-ci, je l’ai fait différemment. J’ai évité au maximum les fruits sucrés et je tirais la plupart de mes calories d’aliments riches en matières grasses comme la noix de coco, les avocats, les huiles pressées à froid et les noix crues (pas les amandes « crues » de Californie qui sont pasteurisées et faussement étiquetées). Quand je mange plus de fruits, j’ai beaucoup d’énergie physique, mais je peux à peine tenir 2 à 3 heures avant de ressentir la faim et de devoir manger à nouveau.

Avec une alimentation crue riche en matières grasses, cependant, je peux travailler pendant 5 à 7 heures d’affilée sans être distrait par la faim, et plusieurs fois j’ai travaillé pendant plus de 10 heures sans manger. Lorsque la faim s’installe, le signal est léger et progressif, alors si je veux l’ignorer et travailler quelques heures de plus, je peux facilement le faire.

Une leçon contre-intuitive, mais puissante, c’est qu’il est plus facile de conserver une solide éthique de travail. Lorsque votre éthique de travail est faible, vous pouvez avoir l’impression que votre vie est plus facile parce qu’il vous faut déployer moins d’efforts pour satisfaire vos normes. Toutefois, travailler avec des normes faibles tue votre motivation à long terme. Cela vous entraine vers le bas, car vous savez que vous auriez pu faire mieux, mais vous ne l’avez pas fait. Vous tergiverserez beaucoup parce que vous vous demanderez, à quoi bon faire ce travail de toute façon ?

Lorsque vos normes vous semblent déraisonnablement élevées, vous faites face à un véritable défi de croissance. Si vous arrivez à surmonter la phase puérile des pleurnichements par rapport au fait de ne pas être assez bon, vous pouvez accepter le défi et commencer à acquérir d’extraordinaires connaissances, et enregistrer une véritable croissance. C’est un sentiment formidable de regarder en arrière et de contempler la montagne de travail accompli, sachant que vous avez donné le meilleur de vous, peu importe si vous êtes à la hauteur des normes d’une autre personne ou pas. Ce qui compte, c’est d’élever vos propres normes et de rester dans la bonne voie de la croissance.

Ce projet a été caractérisé par l’amour tout au long de sa réalisation. Cela m’a surtout rappelé à quel point j’aime encore programmer et travailler de façon créative en utilisant la technologie ; un ensemble de compétences que je n’avais pas beaucoup utilisées depuis l’époque où j’étais développeur de jeux. J’aime être tellement engagé dans mon travail que les heures passent si vite que rien ne semble exister à part le problème actuel à résoudre.

J’espère que vous avez appris quelque chose d’utile grâce à cette série et qu’elle vous encouragera à vous attaquer à votre propre plus grand projet, en particulier pour les leçons de croissance que ce projet vous apprendra.

Note : Cet article est une traduction de l’article Redesigning StevePavlina.com – Part 9 de Steve Pavlina. C’est donc lui qui s’exprime dans le « je » de cet article !

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