La joie de la résolution de problèmes

Note : cet article est une traduction de l’article The Joy of Solving Problems de Steve Pavlina. C’est donc lui qui s’exprime dans le “je” de cet article !

Entraînement progressifLes problèmes dans la vie ne sont pas là pour vous mettre à terre. Ils sont là pour vous aider à évoluer.

Êtes-vous déjà allé à la salle de sport, regardé toutes les haltères alignées le long du mur, et vous êtes exclamé : « Bon sang ! Pourquoi il y a tant de poids ici ? Je ne peux clairement pas tous les soulever ! Regardez à quel point ils ont l’air lourd ! Pourquoi est-ce qu’il n’y a pas quelques poids faciles, cela suffirait non ? »

Bien sûr que ça a l’air idiot, mais c’est précisément la façon dont les gens réagissent face aux divers problèmes qui font surface dans leur vie.

« Bon sang ! Pourquoi est-ce que je suis en surpoids ? Pourquoi est-ce que je ne peux pas être mince et en forme ? Pourquoi il y a tant de trucs délicieux qui me font grossir ? Pourquoi est-ce que c’est si dur de faire du sport ? J’en ai marre d’être gros ! »

« Bon sang ! Pourquoi est-ce que c’est si dur de gagner de l’argent ? Comment est-ce que je suis supposé me désendetter alors que je peux à peine payer mes factures ? Pourquoi est-ce qu’à chaque fois que je commence à relever la tête, ma voiture tombe encore en panne ? J’en ai marre d’être fauché ! »

« Bon sang ! Pourquoi est-ce que je n’arrive pas à me trouver un(e) petit(e) ami(e) ? Je suis quelqu’un de bien, non ? J’en ai marre des rendez-vous pourris avec de parfait(e)s idiot(e)s ! Peut-être que je devrais simplement rester célibataire. Pourquoi est-ce qu’il faut que ce soit si difficile ? J’en ai marre d’être tout seul ! »

« Bon sang ! Pourquoi est-ce que je n’arrive pas à trouver un travail qui me plaît ? Pourquoi est-ce que je dois faire ce boulot débile que je déteste juste pour gagner de l’argent ? Quel genre de vie c’est ? Comment je suis censé faire ce que j’aime alors que je ne sais même pas ce que c’est ? J’en ai marre de mon boulot ! »

Un de ces trucs vous parle ?

Les problèmes, ces obstacles

Les attitudes dépeintes ci-dessus voient les problèmes comme des obstacles. Ce sont des barrières, des ennuis, des irritations. Ils se mettent en travers de notre chemin de vie. Ils interfèrent avec votre appréciation paisible de la vie.

Avec cet état d’esprit, vous devez faire de votre mieux pour empêcher les problèmes d’arriver autant que possible. Si un problème arrive, cela signifie que quelque chose s’est mal passé. Cela aurait dû être anticipé et évité. Un problème inévitable représente une malchance ou un tour cruel du destin. Ou peut-être que cela vous suggère que vous n’aviez pas les bonnes pensées et que vous avez attiré cela d’une façon ou d’une autre par la Loi de l’attraction.

Si vous avez actuellement ce genre de problèmes, alors vous devriez essayer de les éliminer autant que possible. Visez le délicieux nirvana d’une existence sans problème ; tout à la bonne place et rien dont on doive se soucier.

C’est un état d’esprit merveilleux. Plus longtemps vous pensez de cette façon, plus vous devenez faible. Cet état d’esprit vous met sur un chemin à deux voies principales.

La première voie vous mène vers la surcharge. Au final, votre vie est remplie de problèmes que vous ne pouvez pas résoudre facilement. Vous allez probablement recourir à une forme de fuite pour gérer cela (par exemple via la télévision, le surf sur internet, les jeux vidéo, la lecture excessive, l’alcool et la drogue, etc.). Vous aurez cette désagréable sensation que votre vie vous échappe lentement. Quand de nouveaux problèmes émergent, vous êtes stressé, inquiet, ou anxieux.

La seconde voie mène au retrait. Vous vous éloignez lentement du monde pour réduire le nombre de problèmes auxquels vous faites face. Vous pourriez justifier cela avec des termes comme simplification et minimalisme. Si un aspect de votre vie vous pose trop de problèmes, vous essayer de le supprimer chirurgicalement. Vous vivez probablement seul et avez peu d’amis. Vous faites de préférence un travail facile, sans défi, et sans récompense. La simple pensée d’aller vivre dans une grotte quelque part ou de méditer pendant plusieurs jours d’affilée commence à vous paraître une bonne idée. Tout ce que vous voulez c’est la paix, la paix, la paix, mais vous n’arrivez pas vraiment à la faire durer. Il y a toujours une perturbation qui pointe le bout de son nez.

Il y a d’autres voies ainsi que des variantes des deux ci-dessus, mais pour la plupart, vous vous dirigez soit vers un surentraînement stressant, soit vers une atrophie à long terme. Dans tous les cas, plus vous suivez ces schémas longtemps, plus vous devenez faible. Finalement les problèmes qui ne semblaient pas si gros il y a cinq ans sont maintenant de terribles fardeaux. « Bon sang ! Pourquoi est-ce que cette ampoule a grillé ? Oh crotte, j’ai plus d’ampoules. Maintenant je vais devoir aller au magasin. Pffff… je le ferai plus tard. Je n’ai pas l’énergie de gérer ça maintenant. »

Les problèmes, ces opportunités

Permettez-moi de vous proposer une autre façon de voir vos problèmes, source de beaucoup plus de pouvoir et de beaucoup moins de gémissements.

Les problèmes ne sont pas là pour vous terrasser. Ils sont là pour vous aider à évoluer. Les problèmes sont comme les haltères de la salle de sport. Si vous essayez de les soulever, vous pourriez vous sentir fatigué à court terme, mais vous vous sentirez plus fort à long terme.

Quand vous pensez aux divers problèmes et défis auxquels vous faites face dans la vie, vous pourriez être tenté de vous dire que l’objectif est d’atteindre la phase de solution ; de dépasser les problèmes. Mais c’est une perspective très étroite et largement incapacitante. Cela revient à dire qu’on va à la salle de sport dans le but de parvenir à la fin de la séance d’entraînement.

Une perspective plus productive est de considérer que c’est l’activité de résolution de problèmes elle-même qui compte réellement. C’est l’activité, pas la phase de solution finale, qui vous aide à évoluer.

Supposez qu’un de vos problèmes est que vous soyez fauché et endetté. Si c’est le cas, j’imagine que c’est un problème que vous aimeriez vraiment résoudre. Vous pourriez avoir incroyablement envie d’arriver à une solution aussi rapidement que possible. Mais la plus grande valeur est trouvée dans l’activité permettant de résoudre ce problème, pas dans le résultat final.

Une des raisons pour lesquelles je m’en sors bien financièrement aujourd’hui est que j’ai résolu mon problème d’endettement à long terme. Ce n’était clairement pas un problème facile à résoudre. J’ai dû traverser beaucoup d’étapes intermédiaires difficiles pour devenir assez fort pour le résoudre. J’ai fait de nombreux ajustements dans mon attitude. En soulevant ces poids, je suis devenu plus fort mentalement, et mes finances ont rapidement suivi.

Par conséquent, je sais que si je fais faillite à l’avenir, je pourrai résoudre à nouveau ce problème, probablement bien plus rapidement que je l’ai fait la première fois. Même si j’ai plus à perdre aujourd’hui d’un point de vue financier, je n’ai pas peur de le perdre. Je sais que j’ai la force de rebondir. Mon gain réel n’était pas l’argent. Mes gains reels étaient la force, les connaissances et les compétences intérieures.

À quoi ressemblerait ma vie si je sautais instantanément à la phase de solution sans vraiment résoudre le problème seul ? Supposez que je gagne au loto. Au début je pourrais avoir l’impression que tous mes problèmes financiers sont résolus. Mais je serais en fait dans une position bien pire qu’avant.

Pendant que je traversais cette période de manque financier, j’ai prié pour ne pas avoir une rentrée d’argent miraculeuse. Je savais que je devais résoudre ce problème par moi-même. Je ne voulais pas recevoir accidentellement un gros héritage et me priver de leçons et d’entraînement financiers cruciaux. Quand quelqu’un m’a offert des tickets de loto, cela m’a rendu nerveux parce que j’étais inquiet de pouvoir gagner.

C’était difficile de gérer certains de ces défis, mais je pouvais voir que mes problèmes servaient un but plus grand. Ils m’aidaient à évoluer.

Un autre bienfait est qu’en résolvant ces problèmes tout seul, j’ai pu écrire beaucoup d’articles pour partager ce que j’avais appris. Je n’aurais pas pu faire cela si j’avais sauté toutes ces leçons difficiles.

Les problèmes physiques développent la force physique. Les problèmes mentaux développent la force mentale. Les problèmes sociaux développent la force sociale. Et tous les problèmes vont à un certain niveau développer la force spirituelle (ou la force de caractère).

Cet état d’esprit a une perspective positive à long terme. Plus vous le gardez longtemps, plus vous devenez fort.

L’ajustement d’attitude face à la résolution de problèmes

Je suis quasiment sûr que j’ai appris la valeur des résolutions de problèmes par ma mère. Pendant quasiment toute ma vie, elle a été professeur de maths à l’université (et elle l’est toujours). Elle m’achetait souvent des livres remplis de problèmes à résoudre ; des problèmes de maths, des problèmes visuels, des problèmes avec des mots, des problèmes logiques, etc. Vous pouvez trouver ces livres dans n’importe quelle librairie ou bibliothèque. C’était sa façon de m’occuper pendant les vacances d’été. 🙂

J’ai appris à aimer ces livres, donc j’ai été exposé à beaucoup de problèmes différents étant enfant. Au début j’étais dérouté par la plupart des problèmes de ces livres, et je ne pouvais en résoudre que très peu. Mais je suis petit à petit devenu meilleur.

Quand j’étais en CM2, j’ai commencé à apprendre la programmation informatique en BASIC, donc cela m’a exposé à encore plus de problèmes. J’ai commencé à voir la résolution de problèmes comme une chose amusante et une façon de devenir plus intelligent au fil du temps.

À l’époque où j’étais au lycée, j’aimais vraiment résoudre des problèmes intéressants. Si un professeur assignait des problèmes supplémentaires bonus, je les faisais toujours, juste pour m’amuser. C’était presque une addiction. Quand je voyais un problème, cela me rendait très curieux et je me sentais obligé de le résoudre.

Les autres étudiants venaient parfois me voir le matin avant les cours pour me demander de les aider avec leur devoir de maths ou de sciences. Et je les aidais. Souvent nous n’étions même pas dans la même classe, mais j’avais une réputation de bon résolveur de problèmes dans toute l’école. Avec les encouragements d’un de mes professeurs, j’ai également fait du tutorat en mathématiques. C’était encore mieux parce que j’étais payé pour enseigner les techniques de résolution de problèmes aux autres.

Un matin mon prof de sciences est venu me voir à mon casier avant les cours et m’a demandé d’entrer dans sa salle de classe. Il m’a montré un problème de physique qu’il n’arrivait pas à résoudre. Je l’ai facilement résolu, non pas parce que j’étais meilleur que lui en physique mais parce que j’avais été exposé à une telle variété de problèmes que mon esprit voyait simplement la solution. Ce problème de physique correspondait à un type de problèmes que je savais déjà comment résoudre. Ma solution était inhabituelle pour un problème de physique, mais ce n’était pas inhabituel pour un problème de maths.

Pendant les vacances de Noël en terminale, je m’ennuyais pendant ces deux semaines sans cours… en partie parce que je n’avais pas de problème sérieux à résoudre. Donc j’ai ouvert mon livre de calcul et j’ai commencé à lire les cours en avance et à faire les exercices. Je l’ai fait simplement parce que ce défi me plaisait.

Après les vacances (au début de mon dernier semestre au lycée), je suis allé voir mon professeur de calcul et je lui ai tendu une pile de feuilles. Je lui ai dit que pendant les vacances j’avais terminé les devoirs qu’il m’aurait donnés jusqu’à la fin de l’année.

Il a dit « Mais comment savais-tu quels exercices j’allais donner ». J’ai répondu « Je ne le savais pas, alors je les ai tous faits. »

Il donnait habituellement entre 12 et 15 exercices à la maison pour chaque chapitre. J’en avais probablement fait quatre fois plus.

Évidemment, mon professeur s’est alors demandé « Mais qu’est-ce que je suis censé faire avec Steve pendant les cinq derniers mois maintenant ? Il va rester assis en classe à se tourner les pouces tout le temps. » Il a en fait trouvé des façons créatives de me pousser, en me donnant des devoirs spéciaux et des devoirs à la maison particuliers. Pendant les cours, je n’écoutais généralement pas le cours et je créais un jeu de blackjack sur ma calculatrice programmable. Davantage de résolution de problèmes.

Ce n’est que plus tard dans ma vie que j’ai réalisé à quel point il était utile de généraliser cette attitude au-delà des problèmes de maths, de sciences et de logique pour l’appliquer à toute l’existence quotidienne.

Par exemple, ce n’est pas un secret que je déteste le travail de comptabilité. Je trouve que c’est la partie la plus ennuyeuse de la gestion d’une entreprise. J’en sous-traite la plupart à un comptable, mais vous ne pouvez jamais totalement vous sortir des nombres et des obligations financières quand vous gérez une entreprise… à moins que vous soyez en position de demander un renflouement gouvernemental parce que vous êtes « trop gros pour couler ». 😉

Au lieu de résister au travail de comptabilité, j’ai décidé de le voir comme un exercice d’entraînement. Le truc n’est pas d’arriver à la fin et d’en être débarrassé. Le truc est de me servir de ce travail pour devenir plus fort. Garder la partie financière de mon entreprise en bon ordre m’aide à être plus organisé et efficace. Je sais que si je peux devenir vraiment bon dans la gestion du côté financier de mon entreprise, cet entraînement va bien me servir dans les années à venir.

Je pourrais sous-traiter une plus grande partie de ce travail, mais pour le moment je n’en ai pas envie. Ce ne serait pas une bonne idée de le faire maintenant. Ce travail m’enseigne des leçons importantes que je dois personnellement intégrer à ce stade de ma vie professionnelle. Autrement je risque de me planter quand j’aurai plus d’argent et une entreprise plus complexe à gérer. Je peux en sous-traiter davantage plus tard, mais pour le moment je peux dire que cet entraînement m’aide encore à être plus fort. Je dois maîtriser les poids de 10 kilos avant de passer à ceux de 15.

Surmonter la surcharge

Si vous vous êtes relâché par envie de fuir, au moment où vous sortirez votre tête du sable, vous pourriez vous retrouver entouré de problèmes qui semblent trop lourds à soulever : gros endettement, impasse professionnelle, situation de couple foireuse, gros ventre, aucun but réel, etc. Ce n’est pas grave. Commencez simplement par les poids les plus légers, et entraînez-vous en partant de là. En dégageant certains de ces problèmes mineurs, vous commencerez à vous sentir plus fort et plein d’espoir. Vous finirez par être prêt à vous attaquer à des problèmes de taille moyenne, puis aux vrais gros problèmes.

Le rangement, l’organisation et les réparations mineures sont de supers endroits où commencer. Dégagez votre bureau. Nettoyez les toilettes. Rangez une étagère. Videz votre boîte de réception mail. Accrochez un tableau. Enlevez la nourriture périmée du frigo.

Vous pouvez aussi utiliser les blocs de temps pour ça. Planifiez un laps de temps défini, disons entre 30 et 90 minutes, et attaquez-vous à un de vos problèmes. Quand le laps de temps prévu est fini, vous pouvez arrêter, quels que soient les progrès que vous ayez faits. J’utilise souvent les blocs de temps pour les tâches pénibles, comme nettoyer un disque dur qui a besoin d’une restructuration de ses dossiers. Je vais y consacrer 30 minutes tous les jours ou presque jusqu’à ce que ce soit terminé. De cette façon la tâche ne paraît jamais trop écrasante. Le bienfait à long terme qu’il y a à gérer ces problèmes est que vous devenez bon pour les gérer rapidement. Mes parents sont des maîtres dans cet art. Chaque week-end ils s’attaquaient à un groupe de petits problèmes, donc la maison était rangée, propre et ordonnée tout le temps.

Voyez la séance de résolution de problèmes comme une petite séance de sport pour votre discipline mentale, un peu comme si vous alliez à la salle de sport. Si vous faites ces entraînements de résolution de problèmes régulièrement, vous deviendrez petit à petit plus fort, et les petits problèmes ne paraîtront plus aussi problématiques.

Devenir plus fort

La résolution de problèmes augmente votre débrouillardise. Plus vous résolvez de problèmes, meilleur vous devenez pour résoudre des problèmes.

Cet ajustement d’attitude peut être très efficace. Si vous commencez à voir vos problèmes comme des exercices d’entraînement dans le but de vous rendre plus fort, vous serez capable d’affronter vos problèmes avec une attitude positive. Vous saurez que cela va être dur, mais vous acceptez que c’est censé être dur. Le poids est censé être lourd, et l’exercice est censé être fatigant. Si c’était trop facile, cela ne vous aiderait pas à évoluer.

Vous pourriez être stressé et tendu quand vous êtes en plein cœur d’un problème difficile, mais vous vous sentiriez pareil si vous faisiez une séance d’exercice difficile à la salle de sport.

Ne déplorez pas les problèmes que vous avez. Soyez-en reconnaissant. Ils vous entraînent à devenir plus intelligent et plus fort. Apprenez à apprécier l’entraînement que vous recevez. Dans plusieurs années vous serez reconnaissant d’avoir géré ces problèmes car vous serez devenu plus fort.

Ne résistez pas à l’entraînement de résistance. 😉

Crédits photo : © blobbotronic – Fotolia

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