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Le développement personnel pour les gens intelligents

Tenir un journal : le meilleur outil pour résoudre ses problèmes

Note : cet article est une traduction de l’article Journaling as a Problem-Solving Tool de Steve Pavlina. C’est donc lui qui s’exprime dans le “je” de cet article !

Tenir un journalUn des outils de développement personnel les plus puissants est tout simplement de tenir un journal personnel.

Je tiens des journaux personnels sur papier depuis 1996, et depuis deux ans je suis passé à la version logicielle, que je trouve plus rapide et plus pratique. Le programme que j’utilise s’appelle The Journal. Il est fourni avec une période d’essai de 45 jours et ne coûte que 30 €, mais pour moi ce logiciel a tellement de valeur qu’honnêtement je pense que le prix est encore trop bas. Je pense qu’un prix de 60 à 80 € serait beaucoup juste. Je viens juste d’acheter une seconde copie de ce programme pour ma femme, étant donné qu’elle commence également à tenir un journal. Même si vous pouvez certainement tenir un journal sur votre ordinateur avec un simple logiciel de traitement de texte, ce que j’aime dans ce logiciel dédié à la tenue d’un journal est qu’il y a un calendrier intégré qui rend plus facile la visualisation des articles par date, et vous pouvez aussi rechercher dans les anciens articles un mot-clé en particulier.

Qu’est-ce que je fais avec mon journal ?

Bien que beaucoup de gens utilisent les journaux personnels ou intimes pour garder une trace des évènements de leur vie, je ne m’embête généralement pas avec de tels articles, et je retourne même rarement lire mes anciens articles. Pour moi c’est principalement un outil de résolution de problèmes, une façon de réfléchir à des décisions complexes jusqu’à atteindre une certaine clarté. J’entre en moyenne 5 à 10 articles dans mon journal chaque mois, et je commence généralement chaque article en tapant une question ou un problème que je veux résoudre. Puis je commence à explorer les solutions possibles pour ce problème. Parfois les problèmes sont très simples, comme « Quel sujet devrais-je sélectionner pour mon prochain discours (ou article) ? » Mais d’autres fois j’explore des sujets plus vastes, comme « Où voudrais-je être en 2020, et qu’ai-je besoin de commencer/arrêter aujourd’hui pour y parvenir ? » Certaines fois ce ne sont que des brainstormings de solutions possibles, tandis que d’autres fois je vais simplement aborder un problème sous différents angles pour le comprendre dans son intégralité. Par exemple, je pourrais me demander, « Comment est-ce qu’Albert Einstein résoudrait ce problème ? Léonard de Vinci ? Jim Carrey ? Monsieur Spock ? » Ou je pourrais me demander, « Quel est le bon côté de ce problème ? Comment pourrais-je même éviter d’avoir besoin de résoudre ce problème ? À quoi ressemblerait la solution optimale à ce problème ? »

Je trouve ce genre d’exercices extrêmement précieux. Quand j’essaye de résoudre un problème uniquement de tête en y réfléchissant, j’arrive souvent à un résultat avec les problèmes simples, mais mes réflexions échouent souvent à trouver une solution à des problèmes plus compliqués. Il arrive même que je ne trouve aucune solution satisfaisante, ou que je ne comprenne pas assez bien le problème pour être content des solutions que je trouve, ou encore parfois que je trouve une solution qui me paraît correcte, mais qu’après que la nuit m’ait porté conseil et que je le regarde d’un œil neuf le lendemain cela ne me semble plus aussi intelligent. Alors plutôt que de réfléchir aux choses de tête, je m’attaque à ces gros problèmes épineux en les couchant sur papier (ou sur écran). Les réflexions peuvent souvent tourner en rond, et notre cerveau a tendance à généraliser à outrance ; autrement dit nous cherchons toujours un moyen de simplifier les choses en les classant par modèles. Cependant, il est parfois important de prendre en considération les faits bruts du problème sans essayer prématurément de le classer selon un modèle, qui correspondrait à un ancien problème que l’on a déjà résolu. Par exemple, si vous gérez votre propre entreprise et que vous connaissez une chute temporaire des ventes, ce qui s’avère être un problème dont vous avez déjà fait l’expérience et que vous avez déjà surmonté, vous pourriez quand même avoir besoin de prendre en compte la possibilité que cette fois la baisse des ventes a une cause unique et ne peut pas être résolue en appliquant de nouveau la solution précédente.

En explorant les problèmes par écrit, j’évite que mes pensées ne tournent en rond, et c’est également plus simple d’identifier des failles dans l’étendue des solutions possibles que je dois envisager. Une fois que j’ai réfléchi à un problème par écrit sous un certain angle, je peux laisser cet aspect de côté et m’atteler à l’exploration de l’aspect suivant, ainsi le fait de le coucher par écrit permet d’envisager facilement le problème sous suffisamment d’angles pour que je me sente confiant dans le fait que je le cerne complètement et que je peux prendre une décision intelligente. En somme, tenir un journal me permet de surmonter certaines limites imposées par mon cerveau, en augmentant efficacement la mémoire vive mentalement disponible pour résoudre les problèmes.

Certains problèmes sont, de par leur nature même, simplement trop gros pour être totalement cernés en pensées. Nous ne pouvons que focaliser notre conscience sur une petite partie de tout problème donné. Nos neurones sont assez puissants, mais notre conscience est extrêmement limitée dans sa capacité à gérer de multiples pensées simultanées. Par exemple, vous pouvez fermer les yeux et visualiser un pommier, mais pouvez-vous visualiser ce pommier sous cent angles différents en même temps et sélectionner l’angle sous lequel vous voyez le plus de pommes ? Même une question aussi simple que « Qu’est-ce que je fais à dîner ? » suffit pour que l’on atteigne nos limites mentales. Pour réellement prendre la meilleure décision possible, nous devrions réfléchir à tous les dîners possibles et les classer par goût, texture, valeur nutritionnelle, prix, commodité, etc. Maintenant, pour une décision aussi banale que celle-ci, nous allons certainement n’envisager que trois ou quatre options puis choisir celle qui nous semble la meilleure sur le coup. Mais qu’en est-il si nous devons faire face à une décision bien plus déterminante avec des conséquences à long-terme, et pour laquelle il est bien plus important d’être sûr que notre choix est le plus proche possible de ce qui serait optimal ?

La vie est remplie de ce genre de choix. Quelle carrière choisir ? Où vivre ? Demander le divorce ou rester dans un mariage malheureux ? Ce sont toutes des décisions majeures qui changent la vie. Vous pouvez certainement choisir de les prendre au petit bonheur la chance sans y penser soigneusement, mais c’est vous qui devrez vivre avec les conséquences. Si vous n’arrivez pas faire l’effort d’impliquer l’étendue de votre intellect pour prendre la meilleure décision possible quand les enjeux sont aussi importants, cela n’en dit-il pas long sur la valeur que vous donnez à votre propre vie ?

Même si tenir un journal ne peut pas surmonter complètement les limites de notre conscience et nous permettre d’envisager systématiquement des millions de possibilités pour chaque problème, écrire les choses est au moins un pas dans la bonne direction. Nous devrons toujours déléguer une grande part de notre prise de décision à notre inconscient, à notre intuition et à nos émotions. Mais plus nous pouvons augmenter la part du conscient dans cette prise de décision (en utilisant du papier ou un écran d’ordinateur comme extension de notre conscience), plus nous gagnons en clarté et en concentration dans l’assurance que nos décisions sont les bonnes. Et sur le long terme, après des années à exercer notre discipline mentale à prendre des décisions plus conscientes, nous récolterons de bien meilleurs résultats.

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