Simplification, réduction, vie de nomade et de voyage

voyageJ’ai décidé récemment d’apporter un grand changement à mon style de vie. Pour l’année prochaine, j’ai l’intention de devenir complètement nomade et de partir en voyage.

Pas de domicile fixe. Très peu de biens. Vivre et travailler sur la route.

Depuis plusieurs semaines, je prends des mesures pour me préparer à ce changement, mais il me reste encore beaucoup de choses à faire parce que je dois vendre ma maison et réfléchir à ce que je ferai de tout ce qu’elle contient.

En ce qui concerne le temps, je ne sais pas exactement combien de temps il me faudra pour prendre la route. Je ne suis pas pressé, mais je vais probablement mettre ma maison en vente au printemps et j’espère la vendre en été. Le principal obstacle qui se présente à moi est la durée qu’il faudra pour vendre la maison. Je suis heureux de pouvoir progresser chaque mois, mais je suis flexible sur le timing.

Rachelle et moi faisons tout cela ensemble. Elle a passé les dernières semaines à réduire ses affaires.

C’est une chose sur laquelle nous nous penchons tous les deux depuis un bon moment déjà, et nous avons finalement décidé de nous lancer.

Combien de temps vivrons-nous en tant que nomades ? Pour être honnête, je n’en ai aucune idée, étant donné que nous n’avons jamais fait cela auparavant. Nous allons essayer ce mode de vie et voir comment les choses se passent. Il est possible que nous soyons épuisés au bout de quelques mois. Il est aussi possible que nous tombions amoureux de ce mode de vie et que nous l’adoptions pour plusieurs années. Je pense que la dernière option est la plus probable.

Notre souhait actuel, c’est d’aller pas à pas, car le fait de se déplacer très souvent et de régulièrement changer d’endroit semble mener à l’épuisement. Nous allons probablement choisir une ville ou un pays que nous voulons visiter pour un certain temps, louer un appartement ou un local sur AirBnB, y demeurer pendant 2 ou 3 mois, et passer à une ville différente lorsque nous serons prêts à passer à autre chose. Les visas de touristes ont généralement une validité de 90 jours dans plusieurs pays, ce qui devrait nous donner beaucoup d’options.

J’ai quelques amis qui ont déjà expérimenté ce mode de vie. Certains ont arrêté après quelques années. D’autres l’ont adopté depuis plus de 10 ans et aiment toujours cela. Cela dit, tout le monde semble heureux d’avoir fait cette expérience.

Dans un premier temps, je pense que nous allons passer beaucoup de temps à parcourir l’Europe parce que tous les deux, nous aimons ce continent.

J’aimerais être minimaliste et voyager avec le moins de biens possible. En guise de test l’année passée, j’ai voyagé à travers l’Europe pendant 5 semaines avec seulement un bagage à main et un sac pour ordinateur portable — pas de grande valise. J’avais l’impression que j’aurais pu voyager encore plus léger.

Faire en sorte que cela fonctionne financièrement

Travailler sur la route devrait être faisable étant donné que je peux facilement gérer mon entreprise à partir d’un ordinateur portatif et d’un téléphone portable. Je pourrais également participer à des projets co-créatifs avec d’autres personnes. Et bien sûr, je peux continuer de bloguer, de donner des allocutions et d’organiser des ateliers.

Financièrement, je m’attends à ce qu’il soit moins couteux de voyager continuellement que de rester chez moi à la maison, et ce, même si nous séjournons dans des hôtels partout où nous allons. Je me débarrasserai d’une énorme déduction fiscale en n’ayant plus d’hypothèques, mais je supprimerai également des tonnes de dépenses, y compris l’hypothèque en question, l’assurance habitation, les taxes immobilières, les frais d’association communautaire, les frais liés à l’aménagement paysager, les installations, les réparations et l’entretien, et plus encore.

Sans la voiture, je supprimerai des dépenses comme les frais de carburant, l’assurance et l’entretien de la voiture.

Mon travail est déjà bien adapté au nomadisme, mais j’ai encore besoin de savoir comment gérer le fait de ne pas avoir un emplacement physique stable pour mon entreprise, par exemple pour recevoir des chèques de royalties. J’ai encore d’autres recherches à faire dans ce sens. Je suis certain qu’il y a des solutions pour chaque situation du moment où beaucoup de gens vivent déjà de cette façon. J’aimerais juste conserver une certaine simplicité en ce qui concerne mon entreprise et ma situation juridique.

Pour ce qui est du courrier physique, je pense personnellement qu’il est obsolète. Je préfèrerais ne pas du tout avoir de boite aux lettres physique si j’en ai l’occasion étant donné que 95% du courrier que je reçois par ce canal est indésirable, et les 5% restant sont inutiles de toute façon. Tout ce qui est basé sur l’information peut être envoyé par voie électronique. Les services fiscaux de mon État ont récemment cessé d’envoyer des formulaires fiscaux sur papier. Ils doivent donc être téléchargés de toute façon ou remplis en ligne.

Bien que certaines personnes aiment vraiment les avantages de nidification liés au fait de posséder une maison, je ne suis pas très à l’aise avec ce mode de vie. J’ai soif de variété et de stimulation. Il y a des moments où c’est agréable d’avoir une maison stable, mais je n’ai pas l’impression d’avoir besoin ou d’en vouloir une maintenant. Je vis dans ma maison actuelle depuis plus de 7 ans et je me sens prêt à m’en séparer.

J’ai conscience que les voyages continus apporteront leur lot de défis et de problèmes, mais pour l’instant, je préfère m’occuper de ceux-là plutôt que des défis plus ordinaires associés au fait de posséder une maison. Je ne déteste pas la maison, c’est un endroit agréable pour vivre. Je préfère la route, c’est tout.

La maison est plus confortable. La route me fait plus peur ; ce chemin est beaucoup moins prévisible. Je sais que j’apprendrai plus en étant sur la route.

Rapide ou lent ?

Une fois que cette décision a été prise, j’ai réalisé qu’il y avait une manière rapide et une autre plus lente de faire la transition.

La manière rapide serait de brader toutes mes possessions physiques et de prendre la route le plus vite possible. Pour que cela fonctionne, vous devez supprimer ou surmonter votre attachement émotionnel à vos affaires et vous en débarrassez rapidement. Cela signifie que vous ne pouvez pas prendre le temps de réfléchir à ce qu’il faut faire de chaque objet. Vous devez brader, vendre ou donner tout en masse.

Je connais au moins une personne qui a utilisé cette approche. Elle fonctionne si vous pouvez gérer tout ce qu’elle implique, mais je n’ai pas l’intention de procéder ainsi.

Une transition plus lente me plait mieux. Passer en revue et réfléchir à propos de mes biens au fur et à mesure que je m’en sépare pourraient constituer une puissante expérience de croissance. Je me demande comment et pourquoi j’ai acquis chaque objet en premier lieu. Je ressens de l’appréciation et de la gratitude pour la valeur ajoutée de chaque objet dans ma vie. J’obtiens une paix en disant consciemment au revoir et en lâchant prise.

Il y a plusieurs semaines que j’ai commencé à réduire mes possessions et à mettre de l’ordre dans le bazar de ma maison. J’ai fait de bons progrès jusqu’à présent, mettant de côté plusieurs mètres cubes d’objets à vendre ou à donner. Je me suis déjà débarrassé de beaucoup d’objets, mais dans l’ensemble, je dirais que je ne suis qu’à 10 ou 15% du chemin. J’ai encore beaucoup de chemin à faire.

Je ne me suis jamais considéré comme étant une personne qui collectionne des objets inutiles, mais une fois que j’ai commencé à passer en revue les objets qu’il y avait dans mon garage et à fouiller dans mes placards, mes armoires et mes tiroirs, j’ai réalisé que j’avais vraiment beaucoup de choses.

Pourquoi ai-je gardé tout cela si longtemps ?

Une grande partie des objets que j’ai passés en revue était clairement composée de choses inutiles. Je me demandais pourquoi j’avais pris la peine de les conserver. Les jeter ou en faire cadeau était une évidence.

J’avais conservé quelques objets obsolètes parce qu’il fallait un certain effort pour les passer en revue, et à l’époque il était plus facile de les balancer dans un tiroir, de les oublier et de laisser le futur s’occuper d’eux plus tard.

Je suis tombé sur deux vieux téléphones portables qui étaient encore fonctionnels (une fois rechargés). Je les gardais seulement parce que je devais encore effacer les données et les réinitialiser avant de pouvoir les offrir à quelqu’un. Un téléphone contenait plus de 900 photos numériques que je n’avais jamais transférées sur mon ordinateur, principalement de 2009 à 2011. Elles comprenaient des photos de mon voyage à Paris avec Rachelle. J’ai importé les photos, formaté et réinitialisé les téléphones, et je les ai offerts à un organisme de bienfaisance.

Dans un autre tiroir, j’ai trouvé un vieux Kindle 2. Il était complètement foutu et hors d’usage ; il ne pouvait pas redémarrer ou être rechargé, même après avoir essayé différents chargeurs. En fait, le revêtement en plastique du câble d’alimentation du chargeur Kindle était devenu complètement fragile et a commencé à se fissurer dès que je l’ai ramassé, exposant les fils métalliques dénudés à l’intérieur. Le simple fait de le déplacer a fait tomber environ la moitié de l’enveloppe du fil. Beau travail, Amazon !

Cette expérience qui consistait à passer en revue mes anciens gadgets m’a rappelé qu’il vaudrait mieux recycler mes anciens gadgets le plus tôt possible plutôt que de les placer dans un tiroir ou de les mettre dans le garage et de les laisser vieillir jusqu’à ce qu’ils soient si obsolètes ou hors d’usage qu’il serait insultant de les offrir à quelqu’un.

Pourquoi ai-je encore quatre moniteurs CRT ? Pourquoi ai-je encore trois PC qui ont tous plus de 10 ans ? Pourquoi ai-je encore un Palm IIIxe ? Oui, vraiment !

Gérer les émotions liées aux possessions

D’autres objets déclenchent des souvenirs dès que je les vois ou que je les touche. C’est si facile de se perdre dans des sentiments nostalgiques et des souvenirs pendant que l’on fait une telle activité.

L’une des premières choses que j’ai passées en revue a été toute ma bibliothèque de développement personnel sur support physique, y compris des centaines de livres, des programmes audio sur CD et cassettes, des DVD, des cours par correspondance, etc. Plusieurs des articles que j’ai passés en revue ont déclenché de puissants souvenirs, comme un programme audio que j’écoutais à l’université ou un livre précieux qui m’a aidé à traverser une période difficile.

Beaucoup de ces livres étaient des copies signées, des cadeaux des auteurs qui comportaient des notes personnelles, me remerciant parfois de les avoir inspirés à écrire. J’ai même trouvé des notes manuscrites d’auteurs datant de 2005, dont plusieurs que je n’avais jamais lues auparavant. Il y a plusieurs années de cela, j’avais dû retirer mon adresse postale de mon site Web parce que les auteurs, les éditeurs et les publicistes m’envoyaient du courrier presque toutes les semaines, espérant obtenir une critique sur mon blogue. J’aurais probablement des milliers d’autres courriers empilés dans mon garage maintenant si je n’avais pas étouffé cette habitude dans l’œuf.

Il y a un grand bazar dans mon garage parce que les gens n’arrêtaient pas de me donner des cadeaux. Lorsque je donne un discours, j’organise un atelier ou une rencontre, les gens m’offrent souvent de petits cadeaux pour me montrer qu’ils ont apprécié mon travail. Ces cadeaux sont surtout des produits qu’ils ont créés eux-mêmes comme des CD de musique, des livres ou de petits bijoux. Toutefois, si je voyage continuellement, je ne peux pas accumuler de petits cadeaux pendant le voyage. Par conséquent, l’année prochaine je devrai trouver une façon polie de refuser de tels cadeaux, ou de les accepter gracieusement et de les offrir à quelqu’un d’autre. J’apprécie le sentiment, mais je n’ai pas besoin des biens offerts.

L’un des livres que j’ai trouvés m’a fait sourire, car j’ai réfléchi à l’endroit où le chemin de mon cœur m’avait conduit. J’étais un grand fan de l’auteur de ce livre il y a environ 20 ans quand je l’ai lu pour la première fois, à peu près à l’époque où je démarrais à peine mon entreprise de jeux vidéo. Il s’avère que ce même auteur est aujourd’hui un fan de mon travail. Je n’aurais jamais pu prédire cela. Ce genre de choses s’est produit plus d’une fois.

Au fur et à mesure que je passais en revue les vieux livres et jeux informatiques datant de l’époque où j’étais concepteur de jeux et programmeur, j’ai pensé à mon ancien bureau à El Segundo, en Californie, où j’ai beaucoup travaillé sur la programmation des jeux. Plus tard, j’ai trouvé quelques photos de ce bureau. C’était une période très stressante, car mon entreprise n’allait pas du tout bien sur le plan financier. Toutefois, 16 ou 18 ans passent vite, et maintenant j’ai tendance à me souvenir de ces années avec tendresse et nostalgie.

Que puis-je faire de toutes ces vieilles possessions qui sont liées à tant de souvenirs ? Est-ce que je m’en sépare ? Est-ce que j’en garde une partie pour les stocker à long terme ? Quelles sont celles que je conserve ? Comment puis-je prioriser mes propres souvenirs ?

L’objet le plus ancien que j’ai trouvé était mon trophée du concours d’orthographe de deuxième année qui date de 1979. J’avais terminé premier. Je me souviens même du mot grâce auquel j’avais gagné — crayon — que mon dernier adversaire avait mal épelé. Il avait en effet cité les lettres dans l’ordre suivant : C-A-R-Y- O-N. Je me revois debout en plein air en face de l’assemblée de l’école, timide et nerveux, tandis que le directeur me remettait le trophée. J’ai toujours gardé ce trophée depuis. C’était le premier prix académique que j’avais gagné. Est-ce que je le garde toujours ? Ou je m’en sépare ?

Que dois-je faire de mes trophées de concours d’expression ? Mes ceintures de couleur d’arts martiaux ? Ma médaille de finissant du marathon de L.A. ? Mes diplômes d’études secondaires et universitaires ?

Combien de ces objets me sont vraiment nécessaires ? Devrais-je considérablement réduire le nombre de ces objets, ou devrais-je en conserver quelques-uns pendant une longue période, juste au cas où ?

Lorsque Rachelle diminuait ses possessions, elle a même trouvé le corsage de sa soirée dansante de fin d’études secondaires.

De telles décisions peuvent être plus difficiles à prendre que l’on ne croit, surtout lorsqu’il faut décider de se séparer de plusieurs choses d’affilée. Après avoir passé 3 à 4 heures à passer en revue mes affaires, je me sentais complètement épuisé, pas physiquement, mais plutôt émotionnellement.

L’exercice physique est en fait assez facile. Tout ce que je fais, c’est de prendre des objets et de les déplacer, mais pour chaque objet, il faut prendre une décision. Et tant d’objets sont rattachés à des souvenirs. C’est probablement pour cela que je les ai gardés en premier lieu.

Un bon moyen de se débarrasser d’un objet physique qui suscite beaucoup d’émotions, c’est de le photographier. Conservez les photos numériques pour parvenir à facilement garder les souvenirs, puis séparez-vous des objets. Cela fonctionne bien pour certains articles, mais pour d’autres, les photos semblent inadéquates. Regarder la photo d’un trophée ou d’une médaille ne procure pas le même effet que de le tenir dans sa main. Que faire lorsqu’il y a une odeur associée à l’objet ?

J’ai même trouvé ma première carte de visite de 1994. Elle comporte un logo avec un arc et une flèche que j’ai dessinés il y a 20 ans, en m’inspirant d’un véritable arc et d’une flèche. J’ai scanné mon dessin, je l’ai numérisé et je l’ai utilisé comme logo de mon entreprise pendant plusieurs années, y compris sur les écrans de démarrage de quelques-uns de nos premiers jeux. Cette carte, dois-je m’en séparer ou pas ? Une carte de visite ne prend presque pas d’espace, mais je pourrais aussi la remplacer par une photo numérique.

Qu’en est-il de mes notes manuscrites comptant pour les dizaines de discours que j’ai prononcés ? Elles devraient être faciles à numériser si je veux les conserver, mais je sais que je serai tenté de me souvenir de chaque discours en les regardant.

Le moment de lâcher prise

Au cours de ce processus de réduction, j’ai remarqué que chaque objet physique a également une représentation mentale dans mon cerveau. En conservant l’objet, il est plus probable que je conserve le souvenir qui y est associé.

Lorsque divers objets que j’ai possédés pendant des années ont finalement quitté ma maison pour de bon, j’ai senti que les souvenirs que j’avais de ces objets ont commencé à s’estomper. Dans un an, je ne me souviendrai probablement même plus que j’ai possédé de tels articles. C’est en partie parce que ces objets ne sont plus là pour rafraichir les souvenirs. Toutefois, je sentais aussi que je donnais à mon cerveau la permission de finalement oublier, afin que les neurones associés à ces souvenirs puissent être réutilisés pour autre chose.

C’était une sensation étrange — celle de croire que j’allais oublier définitivement ces petites parties de mon passé. Une partie de moi ressentait de la tristesse, comme si j’effaçais définitivement une petite partie de moi-même. Une autre partie a ressenti un soulagement. Et encore une autre partie a ressenti une plus grande capacité et le désir de sortir et de créer de nouveaux souvenirs incroyables.

Donner la permission à mon cerveau d’oublier a été une partie incroyablement libératrice au cours de ce processus. Chaque fois que je me débarrasse d’un article, je me sens plus léger. Cependant, je ne pense pas que cette sensation de souplesse soit due à la suppression de l’objet physique, mais plutôt à la relaxation mentale supplémentaire qui se produit lorsque l’on n’a plus besoin de se souvenir.

J’ai l’impression de devenir une personne différente à mesure que je passe en revue et libère de plus en plus de biens. Je me sens moins ancré dans le passé. J’ai l’impression d’avoir plus de liberté pour créer et diriger mon futur chemin. C’est un sentiment doux-amer.

À ce niveau, j’aime y aller doucement. Je pense que si je me précipitais dans ce processus, cela pourrait être stressant et déstabilisant. Lorsque je passe en revue un lot d’objets et que je fais une pause d’une semaine ou deux, cela me donne le temps de profiter de chaque niveau de libération avant d’aborder le suivant. C’est comme descendre les escaliers, marche après marche… au lieu de sauter par la fenêtre.

J’ai aussi l’impression de libérer davantage de capacités mentales et émotionnelles pour me consacrer à d’autres aspects de ma vie, comme les projets créatifs, mes relations et ma vie sociale. Travailler à la réalisation de cet objectif commun a été une expérience formidable pour nous. Nos cœurs et nos esprits étaient en parfaite harmonie pour faire en sorte que cela se produise. C’est vraiment agréable de travailler ensemble sur cet objectif et de se soutenir mutuellement à chaque étape du chemin.

Au cours de ce processus, je me suis senti très introverti, la plupart du temps en restant seul, ou en restant uniquement en contact avec Rachelle et en n’acceptant pas d’autres interactions sociales. C’est comme traverser un tunnel. Je sais que je finirai par sortir de l’autre côté, plus léger et plus sociable, mais pour l’instant, je veux rester concentré sur le voyage dans le tunnel. Je ferai une pause en janvier, lorsque Rachelle et moi nous nous rendrons en Suisse pour la Convention Lifestyle Design.

Qu’en est-il des enfants ?

J’aurais pu me lancer dans cette aventure depuis des années, mais une chose qui m’a toujours empêché de le faire, c’est que j’ai deux enfants (qui ont actuellement 11 et 14 ans). Ils vivent avec leur mère, mais si je voyage continuellement, cela aura des conséquences évidentes quant à la fréquence à laquelle je pourrais les voir.

Comme le désir devenait de plus en plus fort, j’ai commencé à me demander si c’était une raison vraiment intelligente pour retarder l’objectif… ou une excuse pratique, crédible et socialement acceptable. Je suppose que c’est une question de perspective. Cela dépend fortement des valeurs sur lesquelles vous vous basez pour prendre la décision. Il y a différents compromis dans les deux cas. Par exemple, je peux penser au temps que je ne passerai pas avec les enfants, ou je peux penser au temps que je ne passerai pas avec tous les gens que je rencontrerai en voyageant. Dois-je accorder une plus grande priorité aux enfants parce qu’ils sont mes enfants ? Ou dois-je accorder une plus grande priorité à d’autres personnes dans le monde qui sont préoccupées par la croissance pour différentes raisons ?

J’ai commencé à partager ce désir avec différents amis, juste pour savoir ce qu’ils en pensaient. À maintes reprises, j’ai eu la même réaction. Les gens m’ont encouragé à le faire. Certains se sont exprimés en des termes comme : « je sais que tu vas le faire » ou « il est évident que tu as besoin de le faire ». Cela m’a surpris parce qu’à l’époque, je ne voyais pas encore cette expérience comme quelque chose de réel et de possible. C’était un beau rêve, mais je ne m’attendais pas à m’engager pour sa réalisation avant que les enfants soient plus âgés. J’ai longtemps pensé que je finirais par prendre quelques années pour parcourir le monde…, mais pas avant de nombreuses années. Peut-être dans ma cinquantaine.

Même lorsque les gens m’encourageaient, je leur disais toujours que je ne pouvais pas le faire parce que j’avais des enfants, et que les enfants étaient assez bien enraciner à Las Vegas. Cependant, la plupart du temps, les réactions que j’enregistrais me montraient que les gens ne me croyaient pas vraiment. Certains m’ont même dit qu’ils ne me croyaient pas. Voyons…, il ne s’agit pas juste d’une piètre excuse comme celles auxquelles je conseille aux gens de ne pas succomber, n’est-ce pas ?

J’ai donc décidé de rester tranquille jusqu’à ce que les enfants soient plus âgés. Cela semblait être l’unique décision intelligente et responsable à prendre, mais après avoir fait ce choix et exploré cette voie, il est devenu de plus en plus clair pour moi que c’était le mauvais choix. Je n’ai pas pu faire en sorte que cela marche pour moi.

Chaque fois que j’ai essayé d’être un père ordinaire et de jouer le rôle que la société attend de moi, cela me retournait vraiment l’estomac. Lorsque je passais du temps avec les enfants dans l’effort de remplir ce rôle, j’avais parfois la nausée. Tout mon corps me disait que c’était le mauvais chemin, mais je me suis obstiné à continuer, aussi longtemps que je pouvais. Chaque année, je me sentais de plus en plus éloigné de l’idée. Plus j’essayais de tourner dans cette direction, plus j’avais l’impression de trahir une autre partie de moi-même — la partie qui voulait beaucoup plus d’apprentissage, de croissance et d’exploration que je n’en ai jamais trouvé dans un rôle parental traditionnel. Je savais que quelque chose devait changer.

Je peux prendre des décisions pour lesquelles tout le monde me collera l’étiquette du méchant, à condition que je sente vraiment que je fais la bonne chose, que je reste fidèle à mes valeurs et que je suive le chemin de mon cœur. Toutefois, c’est beaucoup plus difficile lorsque je ne sais pas avec certitude quel chemin est vraiment le bon.

J’ai partagé l’idée avec mon ex-femme et les enfants, en leur disant à quel point j’ai envie de quitter Las Vegas et voyager continuellement, tout en sachant qu’ils rejetteraient complètement cette idée. Alors je n’aurais pas à m’inquiéter à ce sujet. Ils auraient haï l’idée de mon départ et n’auraient rien voulu savoir de tout cela, et il serait plus facile de mettre cette idée au second plan pendant encore plusieurs années et de l’empêcher d’empiéter sur les dispositions actuelles.

Malheureusement et curieusement (du moins pour moi), ils étaient en fait favorables à l’idée. Hein ? Ma fille m’a même dit qu’elle voulait voyager avec moi à un moment donné. Je n’ai pas pu tirer une quelconque opposition significative venant d’eux. Je ne m’attendais pas à une telle réaction. Je n’arrêtais pas de vérifier auprès d’eux pour trouver une opposition honnête, mais soit il n’y en avait pas, soit ils étaient vraiment bons pour la cacher.

Cela m’a amené à m’interroger et à réfléchir davantage sur l’idée. J’ai commencé à y penser plus sérieusement, à réfléchir à la façon dont cela pourrait devenir réel au lieu d’y penser comme s’il s’agissait d’un fantasme.

Je me suis rendu compte que les relations sociales servaient en fait à aider à réaliser les objectifs. J’apprendrai surement beaucoup de choses, j’aurai des relations avec beaucoup plus de gens et je ferai probablement beaucoup plus chemin faisant. Par-dessus tout, mon cœur était vraiment en harmonie avec ce but, et je ne pouvais plus le nier. Je ne voyais pas l’intérêt de continuer à forcer un mode de vie qui ne fonctionnait pas. J’ai remarqué que faire de cet objectif une réalité était maintenant le choix le plus intelligent pour toutes les personnes impliquées. J’avais déjà essayé de rester tranquille, et cela ne marchait pas. Je n’ai donc pas vu l’intérêt de continuer.

Je suis sûr que d’autres parents ne seront pas du tout d’accord avec moi. Cela ne me gêne pas. Dans le cas d’espèces, j’ai tellement réfléchi à cette décision que je suis en mesure de me sentir en accord avec elle maintenant. Si je n’en étais pas arrivé là, je ne pourrais jamais dire oui. Néanmoins, cette décision a pris beaucoup de confiance dans l’univers.

L’une des questions que je me suis posées est la suivante : que voudrais-je que mes enfants fassent s’ils étaient à ma place ? J’aurais souhaité qu’ils suivent le chemin de leur cœur, même si c’est vraiment difficile de le faire. J’aurais souhaité qu’ils se penchent sur ce qu’ils craignent de faire. Je ne pourrais pas leur conseiller de faire ce que la société attend d’eux si cela n’est pas en harmonie avec leur cœur.

Curieusement, lorsque j’ai finalement dit oui à cette voie, j’ai ressenti une étrange haltérophilie dans ma relation avec mes enfants. Beaucoup d’énergie bloquée dans notre relation a été débloquée. J’ai passé un très bon moment avec eux le weekend dernier. Cela semblait plus facile et plus léger que d’habitude. Plus de nœuds dans mon estomac. Je ne m’en servais plus comme excuse. Je me sentais heureux de les avoir dans ma vie.

Au fond, je sens que tout se passera bien pour tout le monde à long terme. Il faut un certain temps pour que mon esprit logique se retrouve, mais il faut aussi voir que progressivement tout va s’arranger.

Pluralité de synchronicités

Lorsque j’ai suivi le chemin de mon cœur, comme c’est souvent le cas, j’ai enregistré une importante vague de synchronicités positives quand j’ai commencé à me pencher vers ce but. Des parties de ma vie qui donnaient auparavant l’impression d’être bloquées ont été libérées. Les choses qui n’étaient pas achevées ont en fait commencé à l’être.

En regardant en arrière, c’était comme si ma vie était en grande partie en pause, attendant que je finisse enfin par accepter cette décision. C’est vraiment ce que j’ai ressenti — j’avais l’impression de ne pas avoir pris la décision. J’avais l’impression que la décision avait été prise pour moi et que l’univers n’attendait que moi pour l’accepter.

La vie n’a jamais été un blocage pour moi par rapport à ce but. Je me bloquais moi-même. Je ne me sentais pas encore prêt à faire l’expérience. Et ainsi, tout dans ma réalité reflétait cet état de blocage. Je pensais qu’il y avait une résistance sociale (et j’en ai probablement créé une) là où il n’y en avait pas. J’ai mis en place de fausses barrières et des obstacles à la transition. Il ne servait donc à rien d’y penser.

Lorsque j’ai finalement dit : « d’accord, je vais le faire », les barrières et les blocages ont fondu, et certaines ressources positives ont afflué dans ma vie pour rendre la transition plus proche et plus réaliste que je ne l’imaginais.

Pourquoi des voyages continus ?

J’aimerais simplifier mon style de vie.

Une chose que j’aime bien par rapport aux voyages, c’est que je ne peux pas emporter trop d’effets avec moi. Plus je voyage, mieux je remarque à quel point je suis heureux d’être sur la route. J’ai l’impression d’être inondé de synchronicités lorsque je suis loin de chez moi ; c’est si facile de rester sur le chemin de mon cœur lorsque je ne suis plus retenu par les possessions et les souvenirs.

Il n’y a pas d’endroit précis où je veux aller, autre que n’importe où et partout. Je veux voir plus de monde et entrer en contact avec des gens de cultures différentes. En règle générale, je veux juste plus de liberté pour suivre le chemin de mon cœur dans un sens plus littéral, donc si je ressens l’envie d’aller quelque part et que je vois des synchronicités pointant dans cette direction, je peux juste y aller — pas besoin de faire des histoires sur une maison et un tas d’autres choses.

Je ne pense pas qu’il y ait quelque chose d’autre dans la vie que j’ai besoin d’acquérir maintenant. J’ai tout ce dont j’ai besoin pour être heureux.

Je veux me débarrasser des parties inutiles de ma vie, afin de pouvoir concentrer plus d’énergie et d’attention sur l’exploration, l’expérience, la création, la connexion et la contribution. Je n’ai pas besoin d’un domicile fixe ou d’une voiture pour faire ces choses, j’ai juste besoin de la volonté nécessaire pour suivre le chemin de mon cœur.

Après le voyage

Qu’en sera-t-il après le voyage ?

Supposons que je voyage quelques années. Ensuite quoi ? Vais-je retourner à Las Vegas après ? J’en doute. J’aime toujours la ville, mais une fois que je pars, je ne pense pas que je reviendrai. Si je m’installe à nouveau quelque part, je pense qu’il est plus probable que ce soit ailleurs, peut-être même en dehors des États-Unis. Il y a même une partie de moi qui se demande si j’aurais encore l’envie de me réinstaller à un endroit pour une durée aussi longue que celle que j’ai passée ici (11 ans).

Je ne peux pas prévoir si, quand et où je voudrais me réinstaller après le voyage parce que je sais que cette expérience me transformera. Je ne serai plus la même personne que je suis maintenant. Je ne serai plus celui qui prend cette décision.

S’appuyer sur cette décision, c’est comme sauter dans le vide. Je ne sais vraiment pas où cela mènera. Je sais juste que je dois le faire et qu’y résister n’a aucun sens.

L’explorateur qui sommeille en moi aime l’incertitude et le mystère. J’aime le fait de ne pas savoir où cela mènera. J’aime le fait de ne pas savoir par quelle ville je vais commencer. J’aime l’idée de vivre en grande harmonie avec mon cœur et de suivre le flux des invitations et des synchronicités au fur et à mesure qu’elles se présentent.

Par-dessus tout, j’adore faire cela avec Rachelle. Je me sens très chanceux de partager ma vie avec une femme qui peut recevoir et amplifier toutes les folies que je peux réaliser. <3

Mise à jour en novembre de l’année suivante : A la moitié de l’année suivante, mes priorités et mes désirs se sont éloignés de cet objectif. J’ai décidé de travailler sur d’autres projets tels que la reconception et la mise à jour de mon site web. Faire un voyage d’essai de quelques semaines m’a également convaincu de mettre cet objectif en attente et de travailler d’abord sur des objectifs plus clairs dans mon esprit. J’y reviendrai peut-être, mais ce n’est plus une priorité pour moi. Le temps nous le dira.

Note : Cet article est une traduction de l’article Simplifying, Downsizing, and Going Nomadic de Steve Pavlina. C’est donc lui qui s’exprime dans le « je » de cet article !

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