L’autodiscipline : Travail

Note : cet article est une traduction de l’article Self-Discipline: Hard Work de Steve Pavlina. C’est donc lui qui s’exprime dans le “je” de cet article !

Travailler dur

Le grand secret de la vie est qu’il n’y a pas de grand secret. Quel que soit votre objectif, vous pouvez l’atteindre si vous avez l’envie de travailler.
– Oprah Winfrey

Travailler dur ─ encore un gros mot.

Définition du fait de travailler dur

Pour moi travailler dur c’est faire quelque chose qui est vous met au défi.

Et pourquoi est-ce important d’avoir un défi ? Pourquoi ne pas faire simplement ce qui est le plus simple ?

La plupart des gens feront ce qui est le plus simple et éviteront de travailler dur ─ et c’est précisément la raison pour laquelle vous devriez faire exactement le contraire. Les opportunités superficielles de la vie seront attaquées par des hordes de gens qui recherchent la facilité. Les défis plus compliqués verront moins de candidats et plus d’opportunités.

Il existe une mine d’or africaine gisant à trois kilomètres de profondeur. Cela a coûté des dizaines de millions de dollars à construire, mais c’est une des mines les plus lucratives qui ait existé. Ces mineurs se sont attaqués à un énorme défi et travaillèrent beaucoup, et cela a fini par payer.

Je me souviens que quand je développais le jeu PC Dweep en 1999, j’ai passé quatre mois à plein temps à travailler sur la création du document définissant le concept, qui ne faisait que cinq pages de long. C’était un jeu de puzzles logiques, et je trouvais extrêmement important et stimulant de créer un modèle qui convenait. Une fois la création du concept finie, tout le reste n’a pris que deux mois supplémentaires ─ programmation, artworks, musique, effets sonores, écriture de l’exécutif, et lancement du jeu.

J’ai passé tout ce temps à travailler intentionnellement sur le concept parce qu’à ce moment-là, je pensais que cela pouvait me donner l’avantage concurrentiel dont j’avais besoin. Je savais que je ne pouvais pas lutter en termes d’attributs techniques du jeu. Avant de commencer sur ce jeu, je me suis renseigné sur la concurrence et j’ai trouvé beaucoup de jeux que je trouvais un peu simplistes. La majeure partie du marché était inondée de clones d’anciens jeux, le genre de trucs faciles à faire. Et mes jeux précédents étaient également un peu faibles niveau concept, des jeux de shoot d’arcade pour la plupart.

Cela a été beaucoup, beaucoup plus dur de créer le concept d’un jeu original avec un gameplay unique. Mais ça a magnifiquement payé. Dweep a gagné le Shareware Industry Award en 2000, et une version améliorée du jeu (Dweep Gold) a gagné le même prix l’année suivante. Suite au succès du jeu, j’ai été interviewé par un journaliste du New York Times, et mon interview accompagnée d’une jolie photo est parue dans l’édition du 13 juin 2011 (section affaires). Sorti le 1er juin 1999, Dweep était toujours en vente 7 ans après. Il ne pouvait pas concurrencer les technologies du moment. Il ne le pouvait déjà pas au moment de sa sortie. Mais il se défendait encore plutôt bien face à ses concurrents en matière de concept. J’ai découvert qu’il y avait beaucoup de joueurs qui préféraient un jeu au concept sympa avec des graphismes un peu dépassés qu’un jeu de lumières superficielles de dernière technologie. Le succès à long terme de ce jeu m’a appris que travailler dur payait.

Dweep n’aurait jamais réussi à tenir aussi longtemps si j’avais choisi l’option de facilité pendant la phase de conception. J’ai creusé trois kilomètres de profondeur pour trouver de l’or, donc il a été beaucoup plus difficile pour les autres de déloger le jeu de sa position sur le marché. Pour ce faire, ils auraient du creuser plus profond que moi, et très peu de gens veulent faire ça parce que créer un concept de jeu créatif est affreusement difficile. Tout le monde dit avoir une idée de jeu cool, mais pour le transformer ensuite en quelque chose de réalisable, de fun, et d’innovant est un travail très dur. Quand je regarde les autres jeux qui ont eu du succès sur une période dépassant 5 ans, je remarque constamment une volonté de travailler dur qui n’est pas présente chez les autres. Et pourtant aujourd’hui le marché est encore plus surchargé d’idioties clonées que quand j’ai commencé.

Un grand défi est généralement lié à de grands résultats. Évidemment vous pouvez avoir de la chance de temps en temps et trouver un chemin facile vers le succès. Mais serez-vous capable de conserver ce succès, ou n’est-ce qu’un coup de veine ? Serez-vous capable de le répéter ? Une fois que les autres gens apprendront comment vous avez fait, vous retrouverez-vous submergé par la concurrence ?

Quand vous vous disciplinez à faire ce qui est difficile, vous avez alors accès à un royaume de résultats qui est refusé à tous les autres. La volonté de faire ce qui est difficile est comme avoir la clé d’une salle au trésor privée.

Le truc bien avec le fait de travailler dur, c’est que c’est universel. Peu importe dans quelle branche vous êtes ─ travailler dur peut vous permettre d’obtenir des résultats positifs à long terme quels que soient les spécificités.

J’utilise la même philosophie pour développer cette affaire de développement personnel. Je fais beaucoup de choses qui sont difficiles. J’essaye de traiter de sujets que d’autres ne traitent pas et de ne pas tomber dans la facilité. Je m’efforce de trouver des sujets profonds et de chercher de l’or. Je fais beaucoup de lectures et de recherches. J’écris de longs articles et donne mes meilleures idées, le tout gratuitement, donc je m’efforce constamment de faire de mon mieux. J’ai lancé cette affaire il y a peu de temps et j’y ai travaillé à plein temps sans fondamentalement de salaire.

Pendant ce temps je travaille dur auprès de Toastmasters pour développer mes compétences oratoires (cela fait tout juste un an que j’en fais partie). Je suis inscrit dans deux clubs différents et assiste à 6-7 meetings par mois. Je suis devenu responsable de club environ un an après m’y être inscrit, et je viens d’être élu pour un autre poste de responsable. J’ai fait beaucoup de discours, tous gratuitement. J’ai participé à tous les concours de discours depuis que je me suis inscrit. Si j’avais investi tout ce temps dans mon entreprise de jeux, je serais beaucoup plus riche aujourd’hui. C’est beaucoup de travail, et je vais certainement avoir besoin d’une autre année d’entraînement avant d’être prêt à devenir un pro. Mais j’ai envie de payer le prix, quoi qu’il en coûte. Je ne vais pas prendre le chemin le plus simple vers un poste superficiel dans lequel je vais de nouveau m’effondrer. Je ne vais pas monter sur scène et sortir une litanie de phrases duveteuses de développement personnel toutes faites qui recueillent toujours des applaudissements et un joli chèque, mais qui au final n’aideront personne. Si cela doit prendre des années, alors ça prendra des années.

J’ai la même approche en ce qui concerne l’écriture de mon livre. Cela représente beaucoup de travail. Mais je veux que ce soit le genre de livre que les gens liront toujours dans 10 ans. Écrire un livre comme ça est au moins 10 fois plus difficile que les genres de livres que je peux voir remplir la section psychologie des librairies aujourd’hui. Mais la plupart de ces livres ne seront plus sur les étagères dans un an, et peu de gens s’en souviendront.

Travailler dur, ça paye. Quand quelqu’un vous dit le contraire, méfiez-vous des arguments de vente du genre « rapidement et facilement » qui vont forcément suivre. Plus grande sera votre capacité à travailler dur, plus nombreux seront les résultats que vous obtiendrez. Plus profond vous pouvez creuser, plus de trésors vous risquez de trouvez .

Être en bonne santé est un travail difficile. Trouver et faire durer une relation est un travail difficile. Élever des enfants est un travail difficile. Être organisé est un travail difficile. Fixer des objectifs, créer les plans pour les atteindre, et rester en piste est un travail difficile. Même être heureux est un travail difficile (le vrai bonheur qui vient d’une haute estime de soi, pas sa pâle copie qui vient du déni et de l’évasion de la réalité).

Travailler dur va de pair avec le fait d’accepter. Une des choses que vous devez accepter, ce sont ces domaines de votre vie qui ne cèderont face à rien d’autre qu’à un dur travail. Peut-être que vous n’avez pas eu la chance de trouver une relation épanouissante. Il se peut que la seule façon d’y arriver soit d’accepter que vous deviez faire ce que vous évitiez jusqu’ici. Peut-être que vous voulez perdre du poids. Il se peut qu’il soit temps d’accepter que le chemin menant à votre objectif requiert de la discipline en termes d’alimentation et de sport (tous deux des travails difficiles). Peut-être que vous voulez augmenter vos revenus. Il se peut que vous deviez accepter que la seule façon d’y arriver soit en travaillant dur, et beaucoup.

Votre vie passera un cap quand vous cesserez d’éviter et d’avoir peur du fait de travailler dur, et que vous l’accepterez. Faites-en votre allié plutôt que votre ennemi. C’est un outil puissant à avoir à ses côtés.

Si vous voulez avoir une autre vision du fait de travailler dur, voici un article précédent sur le sujet : travailler dur.

 

Cet article est la quatrième partie d’une série en six parties sur l’autodiscipline : partie 1 / partie 2 / partie 3 / partie 4 / partie 5 / partie 6

 

Crédits photo : UniqueLD

2 commentaires

  • Philippe dit :

    Intéressant, mais je ne suis pas partisan du “travailler dur”.

    Biensûr, il faut du travail, et je pense qu’avant de travailler dur, il faut de la motivation.
    Je pense que la motivation de Steve Pavlina était justement de travailler dur, mais réèllement, pour reprendre son exemple de perte de poids, c’est comme pour arrêter de fumer. Il est inutile de “travailler dur”, il suffit simplement de trouver la bonne motivation.

    Dans tous les cas, merci pour cette traduction, mais je resterai pour ma part d’avis à travailler de façon motivante pour quelque chose que l’on aime.

    A bientôt.

  • Martine dit :

    Je suis d’accord avec cet article sur le travail mais j’ai récemment pris conscience que le contraire l’est également. Travailler dur et sans relâche et ce pendant plusieurs années peut aussi mener à la faillite !! Cette possibilité existe même si elle est beaucoup moins morale, elle existe et cette acceptation est beaucoup plus difficile à s’en remmettre. La vie professionnelle est loin de ce que nous aprenons sur les bancs d’école, L’auto-discipline, le courage et l’intégrité ne suffisent pas à la réussite et comme dans le domaine de la santé humaine, il y a l’injustice de ceux qui ne suivent pas ce chemin de sagesse et qui malgré tout réussissent à mieux vivre en santé et professionnellement. Malgré tout j’aime à penser que la droiture est tout de même bénéfique en ce qui concerne les regrets. Merci pour cet article plein d’espoir.

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