L’autodiscipline : Persévérance

Note : cet article est une traduction de l’article Self-Discipline: Persistence de Steve Pavlina. C’est donc lui qui s’exprime dans le “je” de cet article !

Rien au monde ne peut remplacer la persévérance. Le talent ne le peut pas ; rien n’est plus commun qu’un homme inconnu avec du talent. Le génie ne le peut pas ; les génies non récompensés sont presque proverbiaux. L’éducation ne le peut pas ; le monde est plein de diplômés à l’abandon. La persévérance et la détermination seules sont omnipotentes. Le slogan « Persévère » a résolu et résoudra toujours les problèmes de la race humaine. 

– Calvin Coolidge

Persévérance

La persévérance est le cinquième et dernier pilier de l’autodiscipline.

Qu’est-ce que la persévérance ?

La persévérance est la capacité à continuer une action sans tenir compte de ce que vous ressentez. Vous persévérez même quand vous ressentez l’envie d’abandonner.

Quand vous travaillez sur un objectif important quel qu’il soit, votre motivation connaîtra des hauts et des bas comme des vagues heurtant la grève. Parfois vous vous sentirez motivé, parfois non. Mais ce n’est pas votre motivation qui produira des résultats ─ c’est votre action. La persévérance vous permet de continuer à agir même quand vous ne vous sentez pas motivé pour le faire, et c’est comme ça que vous commencez à accumuler les résultats.

La persévérance fournira finalement sa propre motivation. Si vous passez simplement à l’action, vous finirez par obtenir des résultats, et les résultats peuvent être très motivants. Par exemple, vous pouvez devenir bien plus enthousiaste pour une régime et du sport une fois que vous avez perdu ces 5 premiers kilos et que vous sentez que vos habits vous serrent moins.

Quand abandonner

Mais devriez-vous persister et ne jamais abandonner ? Certainement pas. Parfois abandonner est clairement la meilleure option.

Avez-vous déjà entendu parler d’une société appelée Traf-O-Data ? Et de Microsoft ? Ces deux sociétés ont été lancées par Bill Gates et Paul Allen. Traf-O-Data a été la première société qu’ils ont lancé, en 1972. Vous pouvez trouver l’histoire de Traf-O-Data sur internet. Gates et Allen l’ont fait vivre pendant plusieurs années avant de la balancer à la poubelle. Ils ont abandonné. Évidemment ils ont fait un peu mieux avec Microsoft.

S’ils n’avaient jamais abandonné Traf-O-Data, ils n’en seraient peut-être pas là aujourd’hui.

Alors comment savoir quand persévérer et quand abandonner ?

Est-ce que votre plan tient toujours la route ? Si ce n’est pas le cas, mettez votre plan à jour. Est-ce que votre objectif tient toujours la route ? Si ce n’est pas le cas, mettez-le à jour ou abandonnez-le. Il n’y a aucun honneur à se cramponner à un objectif qui ne vous inspire plus. La persévérance n’est pas de l’entêtement.

Cela a été une leçon particulièrement difficile à apprendre pour moi. J’ai toujours cru qu’on ne devait jamais abandonner, qu’une fois qu’on avait fixé un objectif on devait s’y tenir jusqu’à la fin. Le capitaine qui coule avec le bateau et tout ça. Si je n’arrivais pas à terminer un projet que j’avais commencé, je me sentais vraiment coupable.

J’ai fini par réaliser que cela n’avait aucun sens.

Si vous évoluez en tant qu’être humain, alors vous serez une personne différente chaque année par rapport à l’année précédente. Et si vous travaillez consciemment sur votre développement personnel, alors les changements seront souvent importants et rapides. Vous ne pouvez garantir que les objectifs que vous fixez aujourd’hui seront toujours ceux que vous voudrez atteindre dans un an.

Ma première entreprise était Dexterity Software. Je l’ai lancée en 1994, tout juste au sortir de l’université. Mais après l’avoir gérée pendant plus d’une décennie, j’étais prêt à passer à autre chose. Je gère toujours Dexterity Software en parallèle, mais ce n’est plus un sujet de préoccupation à plein temps. Cela ne me prend qu’une heure ou deux par semaine pour le gérer, en partie parce que j’ai fait en sorte que cela soit aussi automatisé que possible et que cela me fournisse un revenu passif. Cela a eu le succès que je voulais que cela ait. J’aurais pu continuer à le développer encore, mais je savais que je ne voulais pas passer le reste de ma vie à faire des jeux PC. Créer ma propre société de jeux vidéos était mon rêve à 22 ans, et après en avoir édité une douzaine, je sentais que j’avais atteint cet objectif. Le Steve de 22 ans est très satisfait. Mais aujourd’hui j’ai des rêves différents.

Ai-je abandonné Dexterity ? Vous pourriez dire ça, mais pour être plus précis, j’ai été infecté par une nouvelle vision de quelque chose qui était bien plus important pour moi. Si je m’étais entêté à persévérer avec Dexterity, ce site n’aurait jamais vu le jour. Je travaillerais sur un nouveau livre plutôt que sur mon premier livre.

Afin de faire de la place pour de nouveaux objectifs, nous devons supprimer ou terminer les anciens. Et parfois de nouveaux objectifs sont si contraignants et si inspirants qu’il n’y a plus de temps disponible pour terminer les anciens ─ ils doivent être abandonnés à mi-chemin. Je n’ai jamais été très à l’aise avec ça, mais je sais que c’est nécessaire. Ce qui est difficile est de décider consciemment de supprimer un ancien projet, en sachant que cela ne sera jamais fini. J’ai un fichier plein d’idées de jeux et certains prototypes de nouveaux jeux qui ne verront jamais la lumière du jour. Décider consciemment que ces projets devaient être abandonnés a été très dur pour moi. Cela m’a demandé beaucoup de temps d’appréhender cela. Mais c’était nécessaire pour mon développement personnel d’être capable de le faire.

Je devais toujours résoudre le problème de fixer des objectifs qui pourraient devenir obsolètes dans un an en raison de mon développement personnel. Comment ai-je résolu ce problème ? J’ai triché. J’ai trouvé que le seul moyen de fixer des objectifs valables à long terme serait qu’ils coïncident avec mon propre processus de développement. La recherche de développement personnel est depuis longtemps une constante stable pour moi, même si dans le même temps c’est paradoxalement en perpétuel changement. Donc plutôt que d’essayer de fixer des objectifs définitifs comme je l’avais fait avec mon entreprise de jeux, j’ai commencé à fixer des objectifs plus larges et plus dynamiques qui coïncidaient avec mon développement personnel. Ma nouvelle activité me permet de poursuivre mon développement personnel à plein régime et de partager ce que j’apprends avec les autres. Donc le développement en lui-même est l’objectif, à la fois pour moi et pour les autres. Cela crée une relation symbiotique, par laquelle aider les autres nourrit mon propre développement, ce qui à son tour génère de nouvelles idées pour aider les autres. Quiconque lit ce blog depuis son lancement a déjà probablement vu cet effet à l’action.

La poursuite directe et consciente du développement personnel est le seul type de mission qui marcherait pour moi. Si je me fixais comme mission de maîtriser les investissements immobiliers, par exemple, cela finirait probablement par m’ennuyer au bout de quelques années. Étant donné que je veux continuer à évoluer indéfiniment, je dois maintenir un certain niveau de défi et continuer à mettre la barre toujours plus haut. Je ne peux pas laisser les choses devenir trop ennuyeuses et risquer de tomber dans un fonctionnement de complaisance.

La valeur de persévérance ne vient pas d’un entêtement à se cramponner au passé. Elle vient d’une vision du futur qui est si attirante que vous donneriez quasiment tout pour la rendre réelle. La vision que j’ai maintenant de mon futur est bien plus grande que celle que j’avais concernant Dexterity. Être capable d’aider les gens à évoluer et à résoudre leurs problèmes les plus difficiles est bien plus inspirant pour moi que d’amuser les gens. Ces valeurs ont commencé à suinter de moi quand je gérais Dexterity parce que favorisais les jeux de puzzle logique qui poussait les gens à réfléchir, en laissant souvent passer l’opportunité d’éditer des jeux qui auraient fait plus d’argent mais qui n’auraient pas apporté de réelle valeur aux gens.

La persévérance dans l’action vient de la persévérance dans la vision. Quand vous êtes super clair vis-à-vis de ce que vous voulez, de telle sorte que votre vision ne change pas beaucoup, vous serez plus constant ─ et persévérant ─ dans vos actions. Et cette constance dans vos actions produira une constance dans vos résultats.

Pouvez-vous identifier une partie de votre vie dans laquelle vous avez fait preuve d’un fonctionnement de persévérance à long terme ? Je pense que si vous pouvez identifier un tel domaine, cela pourrait vous fournir un indice quant à votre mission ─ un but à poursuivre dans lequel passion et autodiscipline fonctionnent en synergie.

 

Cet article est la sixième et dernière partie de la série sur l’autodiscipline : partie 1 / partie 2 / partie 3 / partie 4 / partie 5 / partie 6

 

Crédits photo : PiLensPhoto

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comment avoir la perseverance pour un regime

Un commentaire

  • Raphael dit :

    Bonjour Olivier,

    Je partage complètement cette vision de l’article surtout sur le passage où Steve explique qu’on doit apprendre à changer ses objectifs s’ils s’avèrent mauvais même si on a beaucoup investi. En effet, persévérer, c’est mettre tous ses moyens et son énergie dans un projet auquel on croit à 300%.
    Lors d’un emploi de vente par téléprospection avec le statut d’auto entrepreneur, je n’ai pas gagné le moindre euros pendant 4 semaines alors que j’avais téléphoné 10 heures jour. Pourtant, je n’ai pas voulu lâcher et les premiers contrats sont tombés dès le deuxième mois.Affinant ma technique, cet emploi m’a finalement permis de vivre avec un très bon salaire pendant 1 an.

    Amicalement

    Raphaël

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