Unité

Note : cet article est une traduction de l’article Oneness de Steve Pavlina. C’est donc lui qui s’exprime dans le “je” de cet article !

UnitéPourquoi est-ce qu’on devrait s’embêter à se préoccuper des autres gens ? Ce n’est pas bien de vivre juste pour nous-mêmes ? Cela ne suffit pas de ne pas faire de mal ? Y a-t-il une bonne raison de sortir de notre voie pour aider les autres ?

J’avais tendance à ne pas me préoccuper des gens. Je veux dire, je m’en foutais vraiment. Je sais à quoi cela ressemble de vivre avec cet état d’esprit. J’ai vécu de cette façon pendant des années.

À la fin de mon adolescence, je sortais et volais à l’étalage quasiment tous les jours. Même si certains voleurs justifient leur comportement en prétendant qu’ils ne volent que des « corporations malveillantes et avides », je pouvais tout aussi facilement voler des individus que des grandes entreprises. Je n’avais pas besoin de me le justifier, et je ne ressentais ni remords ni regrets après coup. Pour moi ce n’était qu’une blague. Je savais que mes actions faisaient probablement du mal à des gens à un certain niveau, mais je m’en foutais simplement. Je dormais très bien la nuit. Si j’avais une conscience à l’époque, elle était sacrément calme.

Cet état d’esprit apathique se retrouvait également dans d’autres aspects de ma vie. J’avais l’habitude de me saouler au moins une ou deux fois par semaine, surtout à des fêtes universitaires. Si cela avait des conséquences pour moi, je m’en foutais. Cela ne me gênait pas d’empoisonner les cellules de mon corps à chaque gorgée. Je me disais que la vie n’avait aucun sens de toute façon. Il n’y avait pas de but supérieur. La seule chose qui valait la peine de vivre était les plaisirs momentanés. S’amuser était une raison suffisante pour faire tout ce que je voulais.

J’ai également combiné l’alcool et le vol… juste pour m’amuser évidemment. Un matin je me suis réveillé avec une pile d’objets divers sur mon bureau, que je me souvenais à peine avoir volés ; je devais avoir forcé au moins trois voitures après avoir descendu une bouteille de vin la veille au soir. J’avais le vague souvenir d’avoir ri aux éclats en fouillant des véhicules dans un parking. Quand mes colocataires ont pointé un doigt vers mon bureau avec un regard surpris, j’ai jeté un œil à la pile d’objets en riant, « Bon sang… qu’est-ce que j’ai bien pu faire hier soir ? » Je ne voulais même pas tous ces trucs, donc je les jetais. L’apathie et l’alcool peuvent être une combinaison assez destructrice.

Mes amis essayaient de me parler de ce que je faisais, mais ils ne pouvaient pas m’atteindre. Je les repoussais en plaisantant.

Je m’en foutais profondément.

Ce n’est que quand je me suis enfin effondré et que j’ai fini par être arrêté suffisamment de fois pour être face à la prison que j’ai commencé à m’en préoccuper. J’ai évolué de l’apathie au nombrilisme et j’ai commencé à prendre la responsabilité de ma vie. J’ai rapidement atteint le stade de la neutralité et j’ai appris à arrêter de faire du mal aux autres, en adoptant une attitude de « vivre et laisser vivre ». Et petit à petit, années après années, je suis passé à un état d’esprit d’unité, en voyant le service pour le plus grand bien de tous comme un objectif de vie bien supérieur au fait de simplement répondre à mes propres besoins.

Explorons ces trois états d’esprit, pour que vous puissiez avoir une meilleure compréhension des différentes façons de se lier au corps global de l’humanité : le nombrilisme, la neutralité, et l’unité.

Le nombrilisme

Au niveau du nombrilisme, votre but principal dans la vie est de servir vos propres intérêts sans vous soucier de personne d’autre. Vous pourriez entrer en compétition avec les autres pour les dépasser, peut-être en mentant ou en « contournant les règles » quand vous sentez que cela en vaut la peine. Vous gagnez probablement votre salaire en parasitant la valeur créée par les autres au lieu d’apporter une véritable contribution. Vous vivez comme un parasite, en sachant que le monde se porterait un peu mieux sans votre présence. Pour que vous continuiez à vivre de cette façon, les autres doivent endurer certains sacrifices. Le reste de l’humanité n’est pas aidée par votre présence, et vous lui nuisez probablement.

Du point de vue du corps global de l’humanité, vous vous comportez comme une maladie, une infection, ou une cellule cancéreuse. Quand vous visez votre propre avancement aux dépens des autres, vous endommagez les autres cellules, et à un certain niveau le corps dans son ensemble en souffre. Pourtant, vous restez apathique vis-à-vis du corps dans son ensemble. Vous avez vos propres problèmes à gérer, et le corps global peut bien se débrouiller tout seul, cela vous importe peu.

Quelle est pour le corps global la façon la plus sensée de répondre à ce genre de comportement ? Ses options sont d’essayer de vous convaincre de changer votre comportement déviant, d’essayer de limiter les dommages que vous pouvez infliger, et de vous attaquer directement pour vous rendre inerte ou vous effacer.

Si le corps global n’arrive pas à répondre à votre comportement (et, collectivement, au comportement de tous ceux qui ont le même état d’esprit), il risque d’en mourir. Une maladie non diagnostiquée peut le détruire. Si tout le monde décide de vivre comme vous, l’humanité finira par être détruite, très certainement en se noyant dans ses propres déchets. Le corps global n’a pas d’autre choix que de répondre avec une forme de résistance.

Et c’est exactement ce qui arrive. Un nombrilisme qui perdure crée une réaction de défense à long terme de la part du corps global de l’humanité, du moins dans la mesure où il est capable de se défendre contre vous. Collectivement, l’humanité considère que vous êtes une maladie et vous traite comme tel. Les connexions d’amour avec les autres ne seront pas un aspect majeur de votre vie ; vous devrez vous contenter de connexions basées sur la peur ou la dépendance. Les autres ne vont se connecter à vous que parce qu’ils sentent qu’ils le doivent ou parce qu’ils peuvent y gagner quelque chose. Cela signifie que vos connexions avec les autres gens sont fondamentalement réduites au niveau de transactions. Elles sont sans amour et dépourvues de signification profonde.

Avec cette attitude, la vie peut être une lutte à bien des niveaux. D’abord, vous pourriez trouver que les individus qui servent le bien du corps global s’opposent à ce que vous faites, peut-être en vous cataloguant comme égoïste ou malavisé. Si vous vous entourez de cellules cancéreuses pensant comme vous, vous pourriez être capable de vous protéger de plus d’attaques personnelles, mais alors vous faites partie d’un groupe que le corps traite comme une forme collective de maladie. Par exemple, si vous choisissez de gagner votre vie en parasitant la valeur des autres (tout en ne créant et ne partageant aucune réelle valeur personnelle), et que vous choisissez principalement de vous associer avec des gens ayant le même état d’esprit que vous, vous vous protégez personnellement de la plupart des attaques mais maintenant vous êtes la cible d’attaques collectives visant tous ceux qui se comportent comme vous. Vous êtes passé de la cellule malade individuelle à un aspect d’une infection plus large. Rejoignez un gang, devenez un trader motivé par l’avidité qui tire de la valeur des autres en ne créant rien personnellement, ou commencez à spammer les gens pour gagner de l’argent, et vous êtes coupable par association.

Le corps global va montrer une forme de résistance à vos actions, que vous fassiez partie d’une maladie comptant un million de cellules ou que opériez en tant que cellule individuelle. Donc vous pouvez vous attendre à ce que votre vie soit emplie de nombreux (et apparemment injustes) défis et obstacles. Vous avez toujours cette sensation troublante que vous nagez à contre-courant au lieu de le suivre.

Le résultat net est que vous ne pouvez jamais vivre une véritable unité avec le corps global tant que vous souscrivez à ce nombrilisme. Vous ne pouvez jamais vous sentir réellement en sécurité. Donc vous devez vivre votre vie de telle façon que vous êtes toujours repoussé par le corps global. Vous trahissez le corps, le corps résiste à votre trahison, et vous résistez à sa résistance. C’est une vie de perpétuelle déconnexion vis-à-vis du tout. Vous aurez souvent la sensation que vous n’êtes pas désiré et seul, même en compagnie d’amis ou de membres de votre famille.

Quand vous vous déconnectez du corps global, vous vous déconnectez également des autres cellules qui servent ce corps. Ces cellules bien pensantes deviennent alors une menace pour vous. Tout ce qui renforce le corps vous menace parce que plus le corps devient fort, plus sa capacité à vous résister augmente également. Donc pour évoluer et devenir plus fort sur cette voie, vous devez en fait opposer une résistance de plus en plus forte à ceux qui font activement le bien. Les criminels combattent les forces de l’ordre. Les spammeurs combattent les anti-spammeurs. Les entreprises polluantes combattent les écologistes. Plus vous devenez fort, plus vous êtes déconnecté.

Comme une vie dévouée au nombrilisme est une vie de déconnexion et de résistance perpétuelles, sur le long terme vous avez des chances de vous déconnecter de votre propre cœur. Vous arrêterez de vous soucier du corps global, et vous arrêterez de vous soucier des autres gens. Vous apprendrez à voir la souffrance des autres sans aucun sentiment d’attachement ou de compassion. Vous vous déconnecterez de votre propre humanité, en devenant quelque chose de froid et de séparé du reste d’entre nous.

Mais votre cœur est encore là, à attendre que sa voix soit entendue. Vous ne pouvez jamais totalement l’éteindre. Vous pouvez seulement nier son existence et refuser de l’écouter.

Si tout le monde adopte cet état d’esprit, la race humaine va droit en enfer, tout simplement. Nous vivrions tous comme des organismes unicellulaires, dans le déni complet de l’interconnexion inhérente qui existe entre chaque personne de cette planète. Tôt ou tard, cet état d’esprit finit par la destruction du corps global. Pour que le corps global survive et lutte, les cellules doivent être conscientes à un certain niveau qu’elles font partie d’un corps plus large, et travailler à préserver la santé de ce corps.

Si vous avez lu mes articles précédents sur la polarité et que vous vous demandez si cela ressemble à la voie du travailleur des ténèbres, vous avez raison, c’est ça.

Neutralité

La deuxième option est de suivre la devise « vivre et laisser vivre ». Dans ce cas vous cherchez à ne pas faire de mal, mais vous ne vous écartez pas non plus de votre voie pour faire intentionnellement le bien. Globalement, vous répondez à vos besoins de façon non-destructrice mais aussi non-créative.

Dans le corps global de l’humanité, vous pourriez considérer que votre attitude est dans la moyenne (ou peut-être un peu au-dessus de la moyenne). Vous essayez de répondre à vos besoins sans blesser vos voisins. Vous ne vivez clairement pas comme une cellule cancéreuse, mais vous ne faites pas non plus tout votre possible pour servir le corps global. Vous faites simplement ce qui est nécessaire pour vous en sortir. Vous pourriez aider d’autres cellules de temps en temps au besoin, mais vous faites cela surtout par réaction et non proactivement. Vous ne cherchez pas activement de nouveaux moyens de servir les autres, mais si quelqu’un vous demande une faveur directement, vous pourriez être enclin à dire oui si vous pouvez l’aider.

Dans ce cas, il est raisonnable de s’attendre à ce que le corps global vous traite avec indifférence. En tant que cellule non-essentielle, votre vie n’a pas une grande importance pour lui. Le corps global ne va pas vous attaquer directement, mais il ne va certainement pas faire l’effort de vous aider non plus. Il n’est pas trop gêné par votre présence, mais il n’a pas tellement besoin de vous non plus.

Si vous avez comme intention de recevoir plus de ressources ou plus d’assistance, votre demande aura de grandes chances de tomber dans l’oreille d’un sourd. Le corps global va certainement voir vos requêtes comme insignifiantes ou hors-sujet, donc il répondra avec peu ou pas d’assistance du tout. C’est en fait la réponse la plus sensée.

Le problème est que s’il y a d’autres personnes nombrilistes dans le corps global de l’humanité, alors votre attitude de neutralité contribue en fait au problème. Dans votre vie quotidienne, vous croiserez des cellules qui souffrent et vous ne ferez fondamentalement rien pour les aider. Votre attitude sera quelque chose du genre « C’est pas mon problème. Quelqu’un d’autre s’en occupera. » Puis vous rentrez chez vous et vous regardez vos émissions de télé préférées.

Si tout le monde vivait comme cela ET que le corps ne subissait la présence d’aucune cellule de travailleur des ténèbres nombriliste, le corps global serait probablement dans un état de lent déclin (tout comme le font les propres cellules de votre corps par le processus du vieillissement). Mais s’il y a des travailleurs des ténèbres, alors le déclin s’accélère. Vous ne faites rien pendant que plus de tyrans et d’extrémistes ont de plus en plus de pouvoir. Au final votre neutralité n’a pas l’air si bonne que ça. Le résultat le plus probable est que vous finirez par devenir à votre insu le pion d’un travailleur des ténèbres. En fait, il y a de bonnes chances que ce soit déjà le cas. Si vous avez un travail, par exemple, savez-vous pour quel genre de personne ou de gens vous travaillez au final ? Travaillez-vous fondamentalement pour satisfaire les désirs de gens qui se soucient peu du bien commun ? Investissez-vous votre argent auprès de gens et d’entreprises qui perpétuent ce genre d’attitude ?

Même si la plupart des gens sur terre appartiennent à cette catégorie, la neutralité est un état hautement instable. La vraie vie va constamment vous confronter à des expériences qui vous sortiront de cet équilibre, qui vous pousseront vers le nombrilisme puis vers l’unité avec un effet de yo-yo. Mais vous n’entrerez jamais totalement dans aucun de ces deux états d’esprit tant que vous ne ferez pas ce choix consciemment. Cela n’arrivera pas par accident.

En ce qui concerne la polarisation, la voie neutre est celle qui n’a pas de polarité (ou qui vient avant la polarisation). C’est en fait la voie la moins puissante de toutes. Même si cela pourrait sembler mieux que la voie nombriliste du travailleur des ténèbres, la neutralité est en fait plus faible en pratique. La raison est que sur la voie du travailleur des ténèbres, vous allez rencontrer beaucoup de résistance, et que repousser cette résistance vous rend plus fort, tout comme la musculation renforce vos muscles. Comme la voie de la neutralité offre moins de résistance, vous n’avez pas autant d’opportunités de faire évoluer votre pouvoir, vos compétences. Même la voie du travailleur de lumière, de l’unité, est un entraînement régulier contre la résistance, car vous devez travailler contre le nombrilisme, l’apathie, et même la neutralité. Donc pendant que les travailleurs de lumière et les travailleurs des ténèbres se renforcent, les gens neutres restent très faibles en comparaison. Historiquement parlant, les travailleurs de lumière et les travailleurs des ténèbres sont ceux qui font bouger et remuer la terre, pendant que les gens neutres sont sujets à ce que font ces travailleurs de lumière et des ténèbres.

Si vous êtes neutre, on peur parier sans risque que la majeure partie de votre vie est contrôlée par les autres. C’est une vie réactive, et non proactive. Même quand vous fixez des objectifs, il y a des chances qu’ils soient conditionnés socialement, et vous risquez certainement de ne pas vous sentir épanoui par ces objectifs.

Unité

La troisième option est de vivre avec une attitude d’unité. Ces cellules reconnaissent l’existence du corps global de l’humanité, et elles vouent leur vie à servir le bien de ce corps. Cela implique de prendre soin des besoins des individus quand cela est nécessaire, mais la motivation sous-jacente au fait de répondre aux besoins des gens vient de l’envie d’être meilleur dans le service rendu aux autres.

L’unité est la reconnaissance logique et émotionnelle que nous faisons tous partie d’un même tout et que nous ne sommes pas séparés les uns des autres. Nous sommes tous les cellules du corps global de l’humanité. Son destin est notre destin. Si le corps souffre, nous en souffrons tous. Si le corps prospère, nous en bénéficions tous.

Quand vous intégrez totalement cet état d’esprit et que vous vous engagez à le suivre, quelque chose d’assez magique arrive. Le corps global reconnaît votre engagement à servir les autres, et il cherche activement à vous aider. En vous aidant, le corps s’aide simplement lui-même.

Imaginez que quelqu’un d’autre se soit engagé à répondre du mieux possible à vos besoins. Est-ce que vous voudriez vous battre contre cette personne, ou voudriez-vous l’aider et la soutenir ? Évidemment que vous voudriez l’aider, parce qu’en l’aidant vous vous aidez vous-même. C’est comme cela que le corps global répond à ceux qui s’engagent à servir ses besoins. Si vous dites à haute voix « Je voue ma vie au service du bien de tous », et que vous sentez que cet engagement résonne profondément en vous à un niveau émotionnel, ne soyez pas surpris si de nouvelles ressources commencent à entrer dans votre vie pour vous assister.

Maintenant, c’est une mignonne petite théorie, mais il est raisonnable de penser que vous serez sceptique si vous n’avez jamais connu cet état d’esprit d’unité depuis longtemps. Je ne peux pas vous en convaincre simplement en l’écrivant. C’est une chose qui doit être vécue en vrai pour qu’on croie en elle. Je peux vous dire ce qui vous attend de l’autre côté de la porte, mais ce n’est pas du tout la même chose que de le vivre par vous-même. La façon de passer cette porte est de se polariser en tant que travailleur de lumière.

Que veut vraiment le corps global de l’humanité ? Fondamentalement, il veut les mêmes choses que vous. Il veut survivre et prospérer, être en bonne santé, apprendre et évoluer, devenir plus fort, et s’exprimer créativement. Si vous vous y connaissez en géométrie fractale, le corps global est en fait un zoom arrière de qui vous êtes, et vous êtes une de ses cellules.

Comme un fractal est autosimilaire à n’importe quel niveau de grossissement, si le corps global de l’humanité est malade, ce n’est pas de bon augure pour ses cellules individuelles. Mais en nous guérissant et en adoptant l’état d’esprit de l’unité, nous travaillons à créer une humanité forte et saine.

Dans le chapitre 4 de mon dernier livre, il y a un exercice appelé Monde d’Unité. Laissez-moi partager cet exercice avec vous ici, parce que je pense que cela vous aidera à comprendre en quoi l’état d’esprit de l’unité peut nous aider à créer collectivement  pour le corps global de l’humanité :

Monde d’Unité

Prenez dix minutes pour vous asseoir tranquillement, et imaginez simplement à quoi cela ressemblerait de vivre dans un monde où tout le monde vit en adéquation avec l’unité. Visualisez un monde dans lequel tous les gens se sentent heureux et connectés avec tous les autres. Imaginez un endroit où la coopération remplace la compétition. À quoi est-ce que cela ressemblerait en marchant dans la rue de croiser une foule d’étrangers et d’avoir la sensation qu’ils font tous partie de votre famille proche ? Comment les gens se comporteraient-ils dans un monde où le « nous » remplace le « je » dans les réflexions, où générer du profit aux dépens de quelqu’un d’autre n’arrive jamais, et où tout le monde assume la responsabilité personnelle du bien-être de tous les autres ?

Dans ce monde d’unité, vous pouvez toujours vous attendre à être bien traité, quel que soit votre sexe, vos origines ou vos préférences sexuelles. Si vous avez besoin d’aide pour quoi que ce soit, vous pouvez aller voir n’importe qui n’importe quand et vous serez traité comme un membre de la famille. La notion même de l’avancement individuel aux dépens des autres nous serait totalement étrangère. La devise de ce monde serait « Nous vivons tout cela tous ensemble. »

Ce nouveau monde n’a pas d’armes, pas de prisons, et pas de frontières nationales. Il n’y a pas de violence ni de guerres. Les gens ont toujours des opinions divergentes, mais ils règlent cela en coopérant pour découvrir la vérité tout en traitant chaque individu avec compassion et équité.

Laissez votre esprit et vos émotions parcourir librement ce Monde d’Unité. Pensez à ce que cela ferait de vraiment y vivre. Soyez attentif à la façon dont vous vous sentez en y pensant.

Même si c’est un exercice de monde fantasmé, cela approfondira votre compréhension de l’unité. Même dans le monde réel, vous vivrez certains de ces bienfaits en commençant à entrer en alignement avec l’unité. Si vous interagissez avec les autres dans un lieu de coopération, d’équité, et de compassion, vous aurez tendance à recevoir un traitement similaire en retour. Si vous traitez quelqu’un comme un ami ou un membre de votre famille, vous verrez qu’on vous répondra souvent avec gentillesse. Avec le temps, vous attirerez d’autres personnes qui vivent en résonance avec l’unité, ce qui vous permettra de créer un microcosme d’idéal supérieur au sein de votre propre vie.

C’est la version courte de la vision ultime que les travailleurs de lumière visent à créer collectivement. Évidemment c’est un idéal, mais plus il y aura de gens avec cette attitude, meilleure sera la vie pour nous tous, même en présence de travailleurs des ténèbres.

Les travailleurs de lumière cherchent par ailleurs à rendre les travailleurs des ténèbres inertes et à finir par les convertir au travail de lumière. C’est une voie qui vise à guérir le corps global de l’humanité et à tous nous réunir dans un esprit de coopération et de compassion. Les travailleurs de lumière croient que personne n’est indigne d’être aimé, pas même les travailleurs des ténèbres.

Étant donné l’état actuel du corps global de l’humanité, cela ne suffit pas de ne pas faire de mal. Vous devez vous engager proactivement à faire le bien. Permettre au mal de se produire est tout aussi irresponsable que de le causer directement. Notre interconnexion inhérente est indéniable. On nage ensemble, ou on coule ensemble.

Dans l’ensemble, les travailleurs de lumière engagés reçoivent une aide incroyable de la part du corps global de l’humanité. Cela leur permet de s’attaquer à des défis de plus en plus grands. Au lieu de s’inquiéter pour leur survie, les véritables travailleurs de lumière reçoivent de l’aide pour les aider à concentrer leurs énergies dans la mission supérieure du service. D’autres viendront à leur secours pour les aider à répondre à leurs besoins si nécessaire. Du point de vue du corps global, l’important est que le travailleur de lumière travaille à pousser l’humanité vers cette vision du Monde d’Unité.

Découvrir l’unité

Si je remontais dans le temps et que je présentais mon moi de 37 ans à mon moi de 18 ans, je doute sérieusement que mon moi de 18 ans croirait que nous sommes la même personne. S’il me posait des questions sur ma vie, sa principale préoccupation serait de savoir combien de pouvoir j’ai et à quel point je suis courageux. Il voudrait que je partage les histoires des graves crimes desquels je me suis sorti et des grandes menaces qui l’attendent.

Même si en surface nous pourrions avoir l’air de deux personnes totalement différentes, mon ancien moi est encore en moi. Il est mon ombre.

Pendant un moment j’ai essayé de me déconnecter de lui, de le mettre dans la boîte à souvenirs et de faire de mon mieux pour qu’il n’ait jamais existé. Mais ma vie ne se passait pas très bien sans lui. Je suis devenu quelqu’un de plus gentil, mais il me manquait la force, le courage, et la passion que j’avais pendant mon adolescence. J’avais évolué pour devenir un adulte sans aucun pouvoir quasiment.

Il y a des années j’ai commencé à dialoguer avec cet aspect de moi-même pour découvrir ce qu’il voulait et pour le comprendre plus profondément. J’ai dû reconnaître qu’il était encore avec moi. Il avait une chose qui manquait dans ma vie quand je me suis tourné vers lui. J’ai dû comprendre sa puissante motivation et en particulier son courage. J’avais besoin d’exploiter son énergie et de trouver un moyen de la canaliser dans l’état d’esprit de l’unité. C’est alors que j’ai réalisé que le pouvoir et l’unité n’étaient pas en conflit ; en fait, ils s’amplifient l’un l’autre. Je peux faire plus de bien dans une position de pouvoir que de faiblesse.

Je suis petit à petit parvenu à comprendre que j’avais besoin de me sentir fort et puissant et que c’est un besoin universel que nous partageons tous, mais qui trop est souvent foulé au pied. En tant qu’êtres humains, nous avons besoin d’exprimer notre pouvoir, qui est notre capacité à créer la réalité que nous voulons vivre. Nous avons besoin de nous sentir fort. La faiblesse ne doit pas devenir qui nous sommes.

Nous sommes là pour briller, pas pour nous recroqueviller de peur. Pour atteindre la grandeur, nous devons abandonner cet objectif lâche de sécurité. Le courage, et non la sécurité, doit être notre ami et notre guide dans ce voyage humain.

Exprimer notre pouvoir n’est pas une mauvaise chose. Cela ne devient dangereux que quand nous ne sommes plus alignés avec la vérité et l’amour. Alors notre pouvoir devient destructeur et mauvais.

Mais la bonne nouvelle est que nous pouvons avoir le beurre et l’argent du beurre. Nous pouvons faire en sorte que notre pouvoir soit en alignement avec la vérité et l’amour. Nous pouvons apprendre à nous préoccuper profondément les uns des autres. Nous pouvons exprimer totalement nos énergies créatrices et laisser brûler notre passion pour le bien des autres. Nous pouvons utiliser notre pouvoir pour créer et bâtir au lieu de conquérir et de détruire. Quand nous entrons en alignement avec la vérité et avec l’amour, nous pouvons amplifier notre pouvoir. Notre désir de pouvoir ne doit pas nécessairement nous mener vers les ténèbres ; il peut nous faire avancer plus loin dans la lumière.

Quand nous agissons comme des individus séparés, notre pouvoir est limité. Nous ne pouvons pas avoir un énorme impact tout seul. Mais quand nous tournons notre pouvoir en direction du bien commun, nous entrons en alignement avec le corps bien plus puissant de l’humanité, et nos résultats sont magnifiés au centuple.

Le corps nous reconnaît et nous salue quand nous adoptons l’état d’esprit de l’unité ; en fait, il nous soutient activement. Quand nous avons besoin d’aide, il toque à notre porte et nous offre son aide. Quand nous avons besoin de ressources, elles nous parviennent librement. Quand nous avons besoin d’idées, elles nous viennent. Mais quand nous perdons cet état d’esprit, nous vivons soit de l’indifférence soit de la résistance.

Si vous voulez que le monde se soucie de vous, vous devez vous soucier du monde. C’est à vous de faire le premier pas. Si tout ce que vous faites, c’est d’attendre et de voir ce qui se passe, le monde vous répondra de la même manière. Si vous faites le premier pas et exprimez librement le meilleur de vos capacités, le monde va également répondre de la même manière.

Je ne pourrais pas faire ce que je fais actuellement si je l’avais entrepris seul, poussé seulement par mes propres désirs égoïstes. Je sais à quoi cela ressemble de vivre de cette façon, et je ne peux pas imaginer revenir en arrière. C’est ennuyeux dans le meilleur des cas, et frustrant et démoralisant dans le pire des cas.

Quand je suis dans cet état d’esprit d’unité (ce qui je l’admets volontiers n’est pas toujours facile), je suis soulevé et encouragé par une aide et un soutien quotidiens. J’ai plus de ressources entrant dans ma vie que je n’en ai besoin, plus d’opportunités que ce que je peux arriver à suivre. Pour moi cela représente un « oui » puissant du corps global de l’humanité. Répondre à mes besoins est devenu presque enfantin. Cela me permet de concentrer mon temps et mon énergie pour faire ce que je peux pour créer une humanité plus consciente, une humanité qui est capable de passer du nombrilisme et de la neutralité à l’unité.

En tant qu’individu, ma vie ne semble pas particulièrement importante. Un but nombriliste m’ennuierait à mourir et me donnerait la sensation d’être vide à l’intérieur. Mais en tant qu’instrument servant le bien de l’humanité, je sens énormément de pouvoir et d’énergie traverser ma vie, bien plus que ce que je ressentais quand je ne vivais que pour moi.

Des sept principes que j’ai écrits dans mon livre, Le Développement Personnel pour les Gens Intelligents, l’unité semblera certainement le plus farfelu et peut-être le moins ancré et le moins pratique. Mais je dirais que c’est exactement l’inverse. Comme principe directeur, il est incroyablement pratique. Votre degré d’alignement (ou de désalignement) avec l’unité est révélateur de votre approche fondamentale de vie en tant qu’être humain. C’est votre réponse à la question « Pourquoi suis-je ici ? » Vous aligner avec l’unité rend la vie plus facile à bien des niveaux. Cela transforme la résistance en acceptation, la compétition en coopération, et la peine en joie.

Même je vis une expérience difficile ou pénible, je peux y voir de la joie. Chaque difficulté que j’affronte devient une leçon que je peux partager avec les autres, ce qui fait que j’ai toujours l’opportunité d’être reconnaissant de cette opportunité de contribuer.

Aider les autres ne signifie pas que nous sortons de notre voie. Aider les autres est notre voie.

Crédits photo : © James Thew – Fotolia

Un commentaire

  • Cheikh GAYE dit :

    Certes vous avez raison , l’unité de l’humanité est la seule clé de notre bonheur : c’est pour quoi Le Créateur Unique des univers a choisi des prophètes, des guides , des sages, pour sauvegarder cette unité .
    Mais le grand mensonge viendra tout perturber , en nous créant des images utopiques qui nous pousse à l’alcool, à la débauche, et à l’ignorance .
    Quand l’homme à peur de s’informer comment peut-il devenir meilleur ?
    Ces articles sont pour moi une porte d’entrée dans l’enceinte de la vérité .

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