Une carrière apathique

Note : cet article est une traduction de l’article Career Apathy de Steve Pavlina. C’est donc lui qui s’exprime dans le “je” de cet article !

Poids de carrièreUn mauvais choix de carrière peut avoir de grandes conséquences émotionnelles. D’abord viennent le mécontentement et l’insatisfaction. Puis la frustration et l’accablement. Et la dépression et l’apprentissage de l’impuissance. Et enfin vous devenez engourdi et apathique. Ce schéma se déroule généralement sur des années, même si le rythme de la progression est différent pour tout le monde.

Il est triste de voir les gens coincés au stade engourdissement/apathie. C’est particulièrement habituel parmi les gens qui ont pris le mauvais chemin de carrière pendant 10 ans ou plus. L’apathie et le déni deviennent les principaux mécanismes palliatifs. Quand vous voyez quelqu’un souffrir d’une carrière apathique, vous verrez presque toujours d’une forte évasion de la réalité. Leurs soirées et leurs week-ends – et même la plupart de leur temps de travail – est consumé par la télé, les jeux vidéo, l’addiction à internet, les papotages oiseux, et ainsi de suite. Ils pourraient utiliser tout un tas de méthodes pour s’extraire fondamentalement de la vie. Cette personne se sent désespérément piégée, mais c’est trop douloureux de gérer ces sentiments.

Quand vous regardez dans les yeux vitreux d’une personne qui souffre d’une carrière apathique, vous pouvez quand même voir son âme à travers l’épaisse croûte de déni, appelant à l’aide. Cela me touche vraiment quand je vois des personnes travailler dans un bureau comme administrateur, agent immobilier, ou assistant juridique, et que je peux voir sur leur visage qu’ils n’aiment absolument pas ce qu’ils font. Pourtant, si je leur en parle, ils vont se sentir pire qu’avant, et pas mieux – du moins au départ – car la voie pour sortir de l’apathie traverse le territoire des émotions négatives. Faites une évaluation rapide sur l’échelle des niveaux de conscience, et vous verrez que pour progresser et sortir de l’apathie, vous devez passer par la colère, la peur, le ressentiment, etc. Fondamentalement vous devez décoller les couches de négativité néfastes pour votre âme que vous avez empilées dessus et qui vous ont rendu apathique en premier lieu, et ce faisant, vous allez revivre ces émotions.

En traitant avec ce genre de personnes, je souhaite souvent pouvoir m’arracher le cœur de la poitrine et l’implanter dans la leur pour leur fournir le courage dont ils ont besoin pour avancer. Mais je ne le ferais jamais parce que cela provoquerait un sacré bazar dans mon système de circulation sanguine, que j’agoniserais, et qu’il n’y a aucune garantie que l’autre personne soit du même groupe sanguin que moi.

De mon point de vue, ces personnes n’ont absolument rien à perdre, pourtant. Balancer un boulot que vous n’aimez absolument pas, c’est abandonner absolument rien, quelle que soit la quantité d’argent que vous gagnez ou le nombre d’années que vous y avez investi. C’est étrange de voir les gens garder leur carrière comme s’ils s’accrochaient à une chose de valeur. Ce qu’ils essayent de protéger en réalité est leur estime personnelle, qu’ils pensent voir abîmée par le fait d’admettre une erreur faite des années auparavant.

Ce chemin de carrière apathique, quand on n’en prend pas conscience, ne finit pas bien. Cela ne laisse rien d’autre à faire aux gens que d’attendre la retraite puis mourir.

Faites en sorte que cela ne vous arrive pas. Il est mieux de gérer une réparation compliquée maintenant plutôt que de laisser le reste de votre vie professionnelle patauger dans une piètre tentative de soutien d’une mauvaise décision. Autorisez-vous à être peiné, à avoir peur, à vous énerver pendant que vous gérez les émotions à supprimer. Pleurez en le faisant, plaignez-vous, criez, mais ne retournez pas à cette apathie.

Ce n’est absolument pas grave d’admettre que vous êtes sur la mauvaise voie, de ne pas être sûr et d’être frustré quant à ce que vous devez faire ensuite. C’est une situation très humaine. Le bienfait qu’il y a à gérer ces sentiments difficiles est qu’ils vous aident à clarifier ce que vous voulez vraiment, et c’est là que vous trouverez l’énergie de suivre de nouvelles opportunités menant à un plus grand bonheur et à l’épanouissement.

Crédits photo : © alphaspirit – Fotolia

Un commentaire

  • Sylvie dit :

    Remarquable article qui décrit de manière précise, concise et complète les conséquences d’un mauvais choix professionnel, ainsi que les difficultés à surmonter pour sortir de l’impasse. J’ai vécu ceci à la lettre, maintenant guérie. Un grand merci à l’auteur qui s’ exprime avec tant d’amour et de compassion. J’invite tous les lecteurs qui se reconnaissent dans la description à mettre tout en oeuvre pour changer d’activité. Il faut du courage mais cela en vaut la peine. N’ayez pas peur, c’est bien moins difficile que le calvaire que vous vous imposeriez si vous ne changiez pas et qu’involontairement vous imposez à votre famille. C’est le plus beau cadeau que vous ferez à vos enfants car ils ont avant tout besoin de parents heureux.

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