Sommeil polyphasique – Un an plus tard

Note : cet article est une traduction de l’article Polyphasic Sleep – One Year Later de Steve Pavlina. C’est donc lui qui s’exprime dans le “je” de cet article !

Qualité du sommeilCela fait près d’un an que j’ai mis fin à mon expérience de sommeil polyphasique. Si vous n’avez pas suivi cette expérience, pendant 5 mois et demi j’ai suivi un schéma de 20 minutes de sommeil toutes les quatre heures – 6 siestes pendant chaque période de 24 heures, environ 2 heures de sommeil par jour. J’ai blogué sur le sujet pendant que je faisais cette expérience, et vous pouvez trouver les liens vers tous ces articles en suivant le lien ci-dessus.

M’adapter au sommeil polyphasique m’a pris plusieurs jours, et je me suis senti comme un zombie la première semaine. À un moment, je me suis simplement assis sur le canapé à regarder le mur pendant 90 minutes, incapable de formuler la moindre pensée. Mais finalement j’ai réussi à m’y adapter, et cela a été une des expériences les plus inhabituelles de ma vie.

J’ai eu la chance d’avoir un style de vie qui m’a fourni tous les avantages possibles pour conduire mon expérience, dont le fait de travailler de chez moi, un emploi du temps flexible, et une famille qui me soutient. La plupart des gens qui s’essayent au sommeil polyphasique ne peuvent pas arriver à le faire correspondre avec leur emploi du temps, et cela demande beaucoup de discipline d’éviter de dormir trop. Vous pouvez déplacer un peu vos siestes, mais pas de beaucoup. Dès que vous vous réveillez d’une sieste, vous n’avez que 3h40 avant la suivante. En vous adaptant au sommeil polyphasique, vous pouvez gagner des heures de veille chaque jour, mais vous sacrifiez beaucoup de flexibilité niveau emploi du temps.

Finalement, j’ai abandonné ce fonctionnement et je suis revenu au sommeil monophasique, principalement pour des raisons sociales comme je l’ai expliqué dans mon dernier article de la série : Le retour au monophasique. Le reste du monde n’est tout simplement pas polyphasique. Cependant, revenir à mon schéma de sommeil d’origine n’a pas été tout à fait pareil après cette expérience. Quelque chose est revenu avec moi.

C’est le moment pout la musique de science-fiction inquiétante….

Non, je ne suis pas revenu possédé… Ce qui est arrivé a été qu’une partie de l’adaptation au sommeil polyphasique semble être restée avec moi.

Les siestes polyphasiques

L’aspect critique de l’adaptation polyphasique est d’atteindre le point où vous arrivez à entrer en sommeil paradoxal pendant une sieste de 20 minutes. Pendant le sommeil nocturne normal, vous n’entrez normalement en sommeil paradoxal qu’au bout de 90 minutes. Donc lors de votre première tentative de sommeil polyphasique, vous souffrirez initialement d’une terrible privation de sommeil parce que vous n’entrerez pas en sommeil polyphasique pendant vos siestes. Vous vous réveillerez en vous sentant encore plus fatigué, et vous ALLEZ avoir la sensation d’être un zombie pendant plusieurs jours, voire plusieurs semaines.

Si vous pouvez supporter la privation de sommeil assez longtemps, votre corps finira par s’adapter, et vous commencerez à entrer en sommeil paradoxal pendant vos siestes. Les rêves arrivent pendant le sommeil paradoxal, donc vous saurez que vous y êtes quand vous commencerez à faire des rêves pendant vos siestes. Une fois que cela commence à arriver, cela pourrait prendre plusieurs jours de vous remettre de la privation de sommeil et de commencer à vous sentir à nouveau fonctionnel. Les siestes paradoxales vous font vous sentir reposé et revigoré.

Après votre adaptation au sommeil polyphasique, je pouvais m’allonger pour une sieste, mettre un réveil pour 20 minutes plus tard, m’endormir, et me réveiller en me rappelant d’un rêve extrêmement vif. Pendant mes expériences polyphasiques je pouvais généralement m’endormir en quelques minutes, en je me réveillais souvent naturellement une minute ou deux avant que l’alarme ne sonne. Les rêves que j’ai fait pendant cette période étaient extrêmement vivants, et j’ai eu une sensation de dilatation du temps. Même si je n’avais dormi que 15 minutes environ, j’avais la sensation que mes rêves avaient duré plus d’une heure. Je me réveillais abasourdi par le peu de temps qui avait passé.

La chose intéressante est que j’ai encore cette capacité aujourd’hui. Je suspecte que cela puisse être une adaptation permanente. J’ai fait une sieste cet après-midi, j’ai fait un rêve qui m’a semblé durer une heure, et à mon réveil je me suis senti naturellement revigoré et avec un souvenir clair de ce rêve. Mais au total je me suis allongé pendant seulement 13 minutes. Tant que je suis dans un état mental relativement calme, je peux encore fondamentalement faire ça à tout moment de la journée.

De même, pendant ma période de sommeil monophasique nocturne habituel, je me réveille souvent pendant les 20 premières minutes suivant mon coucher, avec le souvenir d’un rêve très vivant. Généralement je peux me rendormir relativement facilement après cela. Globalement la qualité de ma nuit ne me semble pas différente de ce qu’elle était pendant ma période pré-polyphasique.

La clarté mentale

Chaque fois que je fais une sieste aujourd’hui, je me réveille avec la même sensation que j’avais quand j’étais polyphasique. J’ai décrit ce sentiment dans certains de mes articles. C’est un sentiment de gaieté et de relaxation extrêmes, comme si mon esprit était une page blanche sans aucun bruit de fond. Avant de passer en polyphasique je n’avais jamais connu cet état d’esprit là. Aujourd’hui mes siestes de 20 minutes me font quasiment toujours revenir à cet état mental, qui dure généralement pendant quelques heures après cela. Je suis dans cet état en ce moment même.

Cet état post-sieste est génial pour écrire parce que les idées me traversent l’esprit très facilement.

Des changements physiologiques permanents ?

Pour le meilleur ou pour le pire, mon sommeil physiologique semble avoir été altéré de façon permanente par mon expérience de sommeil polyphasique. Je ne saurais même pas comment revenir totalement à mon fonctionnement pré-polyphasique.

Je considère que ces effets résiduels sont positifs, mais qui sait quelles pourraient être les conséquences à long terme ?

La nostalgie polyphasique

Malgré leur étrangeté, mes jours polyphasiques me manquent souvent, hormis la période d’adaptation bien évidemment. Avoir autant de temps supplémentaire disponible était très sympa, et dans une certaine mesure j’ai aimé l’équilibre entre temps social et temps solitaire. J’ai apprécié le fait que j’avais toujours beaucoup de temps pour explorer divers centres d’intérêts. C’était étrange d’être le gardien de nuit d’une maison pleine d’ours qui hibernent et les frontières floues entre les journées demandent un peu de temps pour s’y habituer, mais j’ai clairement pu faire beaucoup plus de choses.

Réadaptation ?

Mon modèle de sommeil actuel est que je vais me coucher vers 22-23h tous les soirs et que je me lève à 5h, en utilisant encore un réveil. C’est le fonctionnement de base du lève-tôt que j’ai utilisé avant l’expérience polyphasique. Au cours d’une nuit moyenne, je dors environ 6h30,  et je ne fais normalement plus de sieste pendant la journée.

En raison des effets résiduels persistants de mon expérience polyphasique, je suis curieux de voir s’il serait possible pour moi de me réadapter au sommeil polyphasique plus facilement que la première fois. Est-ce que je devrais endurer une ou deux nouvelles semaines de zombification, ou est-ce que je pourrais me réadapter en l’espace de quelques jours ? Apparemment, je possède encore cette adaptation paradoxale, ce qui je crois est l’élément le plus crucial.

Et s’il était possible d’aller et venir entre les modèles de sommeil monophasique et polyphasique avec une relative facilité après m’être déjà adapté au polyphasique la première fois ? Et si une personne pouvait passer une semaine en sommeil polyphasique et la semaine suivante en sommeil polyphasique ? Alors vous pourriez profiter des bienfaits du sommeil polyphasique tout en revenant au modèle monophasique quand le sommeil polyphasique n’est pas pratique. Par exemple, un étudiant pourrait être en polyphasique pendant les vacances de pâques et revenir au monophasique la semaine d’après. Je sens que le sommeil polyphasique serait encore peu pratique pour moi à long terme, mais je pourrais en faire bon usage pendant quelques semaines une fois par trimestre s’il était possible d’y revenir en l’espace d’un jour ou deux.

Je n’ai aucune idée de ce à quoi cela ressemblerait de se réadapter au sommeil polyphasique maintenant, mais je suspecte que ce serait que ce serait bien plus facile la deuxième fois. Je suis clairement curieux, mais je ne m’engage pas à tester cela pour le moment. Je viens de proposer l’idée à Erin, et elle s’y est opposée parce qu’elle se souvient de tout le jonglage d’emploi du temps qui avait dû être fait pour ajuster mes siestes, en particulier quand je voyage.

Néanmoins, je vais y réfléchir et envisager si j’aimerais faire un nouveau test de sommeil polyphasique pour voir ce à quoi ressemblerait une seconde période d’adaptation. L’inconvénient est que si je fais cela, je dois me préparer à ce que cela me prenne autant de temps (ou plus de temps) que cela a été le cas la première fois, qui n’avait clairement pas été une partie de plaisir.

Je voulais principalement partager ces informations pour que cela profite à ceux qui envisagent de changer leur modèle de sommeil (polyphasique, biphasique, triphasique, ou autre). Je vous mets simplement en garde qu’une fois que vous franchissez ce seuil, les choses pourraient ne plus jamais être les mêmes. Ce n’est pas nécessairement une mauvaise chose, mais de telles expériences ne devraient pas être prises à la légère.

Crédits photo : © eatcute – Fotolia

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Un commentaire

  • Bonjour et merci pour cette traduction.

    J’ai constaté la même expérience en me remettant au sommeil monophasique.

    Je rajouterais cependant que les siestes de 20 minutes ont perdu de leur intensité au fil des mois. Après 3 ans, une sieste de 20 minutes n’est plus qu’une sieste de 20 minutes. Donc, les changements ne semblent pas être permanents. Idem pour la sensation de gaieté au réveil, elle s’estompe.

    Je suis tout à fait d’accord avec la nostalgie. En effet, bien que la pratique avait de nombreuses contraintes, le fait d’avoir cette emprise sur le temps était fantastique.

    J’ai aussi remarqué que le sommeil polyphasique n’était pas réellement idéal pour augmenter sa productivité. Plus de temps ne veut pas dire plus de travail. J’ai aussi écrit un petit billet sur le sujet du post-polyphasique : http://speedevelopment.com/sommeil-polyphasique-3-ans-apres/

    A bientôt !

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