Peut-être, c’est moi qui suis le fou cinglé

Photo d'une plante

J’ai reçu plus de commentaires que d’habitude concernant mes deux derniers articles, la majorité des commentaires était assez longue et envoyée en privé. Les gens m’ont encouragé à partager plus dans ce sens. Je pense qu’ils voulaient dire qu’ils aimeraient que je partage davantage mes propres pensées et sentiments personnels, même si ces derniers ne contiendraient pas forcément des conseils ou des informations pratiques.

Cette semaine j’ai vu un certain nombre d’articles concernant la fusillade d’Elliot RODGER à Santa Barbara faisant la une des réseaux. Plusieurs d’entre eux suggéraient que la responsabilité de cet incident repose, du moins en partie, sur notre conditionnement social, notamment : les aspects de notre culture qui inculquent aux hommes qu’ils ont le droit de coucher avec les femmes qui leur plaisent … ou le conditionnement qui indique aux hommes que s’ils travaillent dur et réussissent, ils deviendront dignes d’une bonne femme. Comme si la femme était un prix que l’homme gagnerait.

D’autres, cependant, mettent carrément l’entière responsabilité sur le dos d’Elliot en avançant que blâmer la culture n’est qu’une échappatoire.

Sans oublier bien sûr beaucoup d’autres interprétations et opinions qui circulent.

Ces commentaires et articles m’ont renvoyés sur comment ce type de conditionnement culturel avait joué un grand rôle dans ma propre vie. Je vais donc partager quelques réflexions par rapport à ce sujet.

Le droit au corps d’un autre

Tout d’abord, je ne vois pas de différence significative entre la notion d’admissibilité qui tolère la croissance de la culture du viol et celle qui encourage la culture de consommer la viande. Dans le premier cas, vous avez des hommes conditionnés à croire qu’ils ont droit au corps d’une femme. Dans le second, les gens sont conditionnés à croire qu’ils ont droit au corps d’un animal. Quelle est la différence ? Dans chaque cas, un groupe se considère comme étant supérieur à l’autre en le définissant comme étant « pas nous » et fait appel à des arguments et des raisons dans le but de commettre des actes de violence répétés à l’égard de l’autre groupe.

Je rejette les deux qui, à mon sens, sont inéluctablement liées. Si vous interprétiez cela comme étant un signe d’appartenance à ceux qui défendent le droit de choisir et les droits des animaux, vous auriez raison sur les deux points.

Cela dit, je pense que ceux qui dénoncent la culture du viol tout en adoptant la culture de la viande adoptent une position éthiquement intenable. De mon point de vue, les deux postures sont inséparables. Si vous êtes d’accord avec l’une, vous encouragerez automatiquement l’autre.

Les relations abusives

La première fois que j’avais pris connaissance de l’idée de la possession telle qu’elle est appliquée dans les relations était d’une façon indirecte à travers mon ex-femme Erin. Nous nous sommes rencontrés en 1994, quelques mois après l’obtention de mon diplôme universitaire. Peu de temps après notre liaison, elle m’a confié qu’elle avait été victime d’un viol à la pilule suite auquel elle avait subi une relation abusive de trois ans et demi avec son violeur. Elle m’a dit qu’elle avait souffert d’une très faible estime de soi pendant cette période.

Finalement, grâce à l’aide de ses sœurs sororité, elle a réussi à se libérer, même si le type avait des armes à feu dans sa maison et avait menacé de tuer Erin et sa famille si jamais elle essayait de le quitter. Quant au gars, il a continué à abuser d’autres femmes après Erin. Il y a quelques années, il s’est fait lui-même abattre lors d’une confrontation avec la police.

Je ne savais pas trop quoi faire quand Erin m’avait raconté son histoire pour la première fois. A vrai dire, ma première réaction était que si elle avait accepté d’avoir une relation avec un gars qui l’avait violée, cela veut dire qu’elle n’était pas très intelligente. Et puis, comment elle a fait pour rester autant d’années dans une relation abusive ? Eh beh … ceci n’a pas l’air d’être une chose très intelligente à faire. Ma réflexion était que si un gars te viole, tu appelles la police et tu n’as plus rien à faire avec lui.

De plus, je pensais que peut-être quelqu’un devrait aller massacrer le gars et lui donner une leçon qu’il n’oublierait pas de sitôt. Je me demandais pourquoi aucun des amis d’Erin n’était intervenu pour l’aider pendant ces années. Ont-ils éventuellement opté pour des excuses du style : « Oh, qu’est ce que je suis maladroit … je suis tombé dans les escaliers pour la deuxième fois ce mois-ci » ? Erin et le violeur avaient des amis en commun. Je pensais que ses amis devaient tous être les plus grands ratés. Qui pourrait laisser l’un de ses amis avoir une relation abusive et prétendre que tout va bien tout en conservant une relation d’amitié avec le couple ? Je pensais que je devais avoir franchi la porte d’un univers Bizarre. Rien de tout cela n’avait beaucoup de sens pour moi.

Je n’ai jamais rencontré le violeur, par contre, j’ai rencontré certains de ces amis communs. Au niveau émotionnel, j’ai gardé mes distances. Dans mon esprit, je les avais qualifiés comme étant des gens qui n’étaient pas du tout honorables ou dignes de confiance. Dans mon intérieur, je les avais classés parmi les indignes et la catégorie la plus basse de cette société et ce pour le fait de ne pas avoir soutenu une amie pendant les plus durs moments de sa vie.

Malgré le coté malsain de cette histoire, j’ai continué à adorer Erin. C’était une personne très éveillée et très ouverte d’esprit. J’ai apprécié son intuition incroyable, son sens de l’humour et sa volonté de partager une telle profondeur de soi. Très progressivement, nous avons développé une amitié étroite qui a évolué en une relation et par la suite en mariage. Cette relation était une expérience de développement pour moi. Je ne cherchais pas vraiment à avoir une relation de long terme à ce moment-là. C’est juste arrivé.

Est-ce que les abus antérieurs d’Erin représentaient une source de problèmes dans notre relation ? La réponse est oui. Je suis persuadé qu’elle serait d’accord avec ce que j’ai partagé ci-dessus, mais par respect à sa vie privée, je ne vais pas entrer dans plus de détails concernant ce sujet. Je ne dirais pas que ceci ait été un enjeu essentiel dans notre mariage.

La monogamie

Au fur et à mesure que les années passaient, Erin et moi évoluions dans des directions séparées, principalement pour des raisons de style de vie. Je commençais à ne plus apprécier  la notion de monogamie. Si vous vous limitez à un seul partenaire sexuel, je pense que c’est là où les problèmes de manque grave peuvent s’immiscer. Dans le cas où quelque chose qui menace votre seul exutoire pour l’intimité physique se produit, vos options sont assez limitées si vous avez l’intention de rester monogame. Je n’aimais vraiment pas être dans cette situation. Je détestais cet homme que mon mariage monogame me forçait à devenir. S’en tenir à ce modèle relationnel semblait de plus en plus limitatif et affaiblissant au fil des années.

À mon avis, la monogamie peut facilement mener à une relation basée sur le compromis quand aucune personne n’obtient ce qu’elle veut vraiment. Dans la relation bilatérale, la réalité est que l’une des personnes souhaite presque toujours avoir plus ou moins de ce que son partenaire fait. Se placer au milieu et essayer de trouver un compromis n’aboutit pas toujours à une solution gagnant-gagnant cependant. C’est une forme de perte pour les deux côtés. Une personne donne un peu trop, tandis que l’autre reçoit trop peu, du moins de leurs perspectives individuelles. Cela engendre la rancune et nuit à la relation au fil du temps.

Étant donné que je me suis retrouvé coincé dans une telle situation tout en faisant de mon mieux pour honorer mon engagement matrimonial, j’ai commencé à lire et à en parler à d’autres personnes afin de trouver des solutions possibles. Quand j’ai appris l’existence des relations libres, cela avait beaucoup de sens pour moi. Il n’y a pas besoin de s’accrocher à une seule personne pour répondre à ses envies ou explorer ses désirs. Si une personne ne partage pas vos sentiments, cela ne signifie pas que vous êtes coincé ou pris au piège. Vous pouvez, tout simplement, demander ou inviter quelqu’un d’autre à explorer ce que vous souhaitez explorer. Cela met fin au fait de dépendre d’une seule personne.

J’ai découvert que passer de la monogamie à une relation libre demande un peu de recadrage et d’exercice, mais j’étais optimiste parce que j’aurais au moins la possibilité de voir comment et pourquoi cette solution pouvait fonctionner dans le monde réel. Je ne m’attendais pas à ce que la transition soit facile, mais je m’attendais à ce que ça marche bien à la fin.   J’avais raison concernant les deux points.

Bien que mon mariage n’ait pas survécu à la transition, mon amitié avec Erin l’a fait. Indépendamment de tout le reste, la migration vers la relation libre était un chemin choisi par le cœur. Je me sentais tellement mieux que j’ai abandonné l’ancien modèle basé sur le manque. Ainsi, quand je reviens avec mes pensées en arrière, je deviens un peu déçu de ne pas avoir opté pour cette solution plus tôt. Même quand ce concept se présentait devant moi comme étant une approche plus raisonnable pour les relations, j’ai quand même fait retarder la migration pour quelques années supplémentaires. Je tenais vraiment à rester une personne bien. Bien sûr, penser que l’achèvement d’une relation fait de vous une mauvaise personne n’est en fait qu’une absurdité sociale qui n’a aucun sens. Je m’imposais maladroitement une forme de droit inversé en me convainquant que ma femme avait droit à moi quoi qu’il advienne de notre relation. Se débarrasser de tout cela était loin d’être facile.

Je pense que la monogamie d’une manière générale (et non pas le mariage en particulier) contribue grandement à la notion de droit dans les relations. Si vous considérez qu’une personne est votre principale source d’intimité physique et émotionnelle, cela vous dirigera, même avant le début d’une relation, vers l’idée de manque, l’attachement et la peur du rejet. Sous les contraintes de l’idée monogame, chaque partenaire potentiel devient synonyme de pack entier ou rien du tout. Avec une posture de relation plus ouverte, il est tellement plus facile de satisfaire une véritable curiosité et apprendre à connaître chaque personne en tant qu’individu. Même dans le cas où cela n’arriverait pas à satisfaire vos exigences d’avoir le tout dans un seul pack, il pourrait toujours jouer un rôle dans votre paysage relationnel. J’apprécie la richesse de profiter d’une plus grande variété de liaisons dans ma vie actuelle. Une femme et moi ne sommes pas obligés de répondre aux critères du mono-partenariat mutuel pour que nous puissions profiter ensemble d’un agréable moment de câlins … ou d’une séance de caresses sensuelles … ou tout autre chose qui nous invite à l’explorer ensemble.

Je pense que si je devais revenir aujourd’hui à un modèle monogame, je succomberais très vite aux problèmes  d’attachement et d’appartenance. J’aurais également plus de peur concernant le fait de me faire larguer.

Avec la posture d’une relation plus libre, je me sens plus à l’aise avec (et moins attaché à) tout ce qui surgit dans chaque liaison individuelle. Je ne donne pas à quelqu’un le pouvoir de me refuser la liberté d’explorer mes propres désirs et intérêts. Si j’ai envie d’explorer un aspect d’intimité bien particulier, j’ai la possibilité de partager cela librement avec les gens et l’explorer, par la suite, avec une ou plusieurs personnes qui partagent des désirs compatibles. Le consentement mutuel est une belle chose. Si la personne ne semble pas être intéressée, je pourrais continuer à chercher la personne compatible en investissant le temps et l’énergie que je juge appropriés par rapport à l’importance du désir, ou je peux tout simplement,  juste me détendre et suivre ce qui va se produire naturellement.

Le résultat est que j’ai eu la chance d’explorer beaucoup de désirs et intérêts de manières innovantes et rafraîchissantes, notamment : les séances de câlins, les trios, le jeu de D / s, le tantra et ainsi de suite … . Vous n’êtes pas dans l’obligation d’explorer tout cela avec la même personne.

En plus de cela, je me sens très chanceux d’avoir attiré une petite amie aux vues similaires avec qui je partage un très haut degré de compatibilité quand il s’agit d’explorer l’intimité. Avant de nous rencontrer au début de l’année 2010, elle et moi avions tous les deux des pensées et des sentiments similaires à propos de vouloir explorer des relations libres. Alors c’était l’une de ces situations ‘‘tu m’as eu au bonjour’’ où vous n’avez pas besoin de convaincre l’un l’autre de quoi que ce soit. Comme un bon spectacle d’improvisation, c’était ‘‘Oui, et …’’, jusqu’au bout.

Je peux être assez enthousiaste dans mon appréciation des femmes. J’adore maintenant me connecter avec plus d’entre elles et de façons différentes. Il est amusant d’explorer le  plaisir et la sensualité … ou des séances de câlins très affectueux … ou des conversations émotionnelles profondes … ou de voyager et vivre des aventures … ou l’ensemble de ce que je viens de citer.

L’entêtement

Quand je repense à comment j’étais en étant marié, je me sens un peu gêné par rapport à ma stupidité, mon ignorance et mon entêtement. C’est tout comme si j’avais finalement réalisé que cela n’avait aucun sens d’être gentil avec les chiens et cruel envers les poulets. Je me suis rendu compte que cela n’avait pas beaucoup de sens d’avoir plusieurs amies mais uniquement une seule relation intime. Je me sens beaucoup plus en concordance avec mes valeurs actuelles. J’adore aussi le fait que mes valeurs actuelles soient plus simples, plus saines, plus compatissantes et moins compliquées que les modèles auto-contradictoires que j’avais appris plus tôt dans la vie.

Il y avait des moments pendant mon mariage où je diagnostiquais Erin comme étant la principale cause de nos problèmes relationnels et j’essayais de la persuader de changer d’une manière ou d’une autre. D’autres fois, je prenais mes responsabilités et je travaillais sur moi-même. Mais l’échec répété de ces efforts m’a amené à avoir plus de doutes sur la structure de la relation plutôt que sur ses membres. Je dirais que malgré les difficultés, Erin et moi avons fait du bon travail en maintenant une communication ouverte et en essayant de résoudre nos problèmes relationnels en tant qu’équipe.

Avec du recul, quand je reviens sur cette relation maintenant, je suis encore un peu choqué par mon entêtement de vouloir faire fonctionner les choses. J’aurais dû abandonner beaucoup plus tôt, mais je suis tombé dans le piège de faire intervenir trop de respect de moi-même dans la situation. Par conséquent, j’ai beaucoup de compassion pour les gens qui se sentent piégés dans des situations similaires. Je sais à quel point il peut être difficile d’achever une relation de long terme.

Un des articles les plus populaires sur mon site Web est :  Comment décider quand mettre fin à une longue relatio ?  J’avais écrit cet article quatre ans avant que je puisse appliquer ses conseils à ma propre vie. C’est un bon exemple de la façon dont j’utilise les blogs pour résoudre certains de mes problèmes personnels. Tout ce que je partage est un travail évolutif et en aucun cas une solution finale gravée sur une pierre.

L’empathie et la compassion

En raison du chemin un peu particulier, en termes de relation, qui s’est révélé à moi, je ne peux pas me permettre de dire que je suis tombé dans le piège de la misogynie. Parfois, je me sentais apathique envers les relations et l’intimité, d’autres fois j’étais ambivalent, mais je ne me souviens pas avoir haï les femmes ou avoir voulu les manipuler. Cela dit, je pense que j’aurais pu tomber dans ce piège durant ma vingtaine et ce dans des circonstances différentes.

Je pense que la chose qui m’a mis à l’abri du risque de la misogynie était le fait de devenir végétarien. Ce que de nombreux mangeurs d’animaux ne réalisent pas, c’est que lorsque vous allégez votre régime alimentaire, ce dernier devient capable de changer votre paysage émotionnel d’une manière significative. Générer des émotions dans votre corps nécessite des ressources et de l’énergie, mais les produits à base animale sont tellement digestifs qu’ils ne laissent pas assez d’énergie pour créer des émotions, en particulier, les émotions positives qui ne sont pas aussi essentielles pour survivre contrairement à la peur ou la colère.

Pour commencer, votre corps ne peut pas consommer directement les protéines animales, il doit d’abord les décomposer en acides aminés et les reconstituer en protéines humaines. Ensuite, il doit nettoyer les déchets métaboliques de ce processus. Par ailleurs, les protéines végétales sont déjà sous forme d’acides aminés, de sorte qu’elles ne nécessitent pas autant d’énergie (et ne produisent pas autant de déchets) pour se transformer en protéines humaines. Votre système immunitaire est impliqué également lorsque vous consommez des produits à base animale, en particulier, les produits laitiers. Ces produits représentent une source de gaspillage d’énergie (un épuisement inutile).

Dans ces circonstances, votre corps détourne intelligemment les ressources loin des tâches moins importantes, telles que la génération de l’aspect affectif à travers le système nerveux. Cela vous rend davantage émotionnellement engourdi (et moins réactif). Votre corps ne vous transmet pas toutes les informations qu’il est capable de produire et les signaux que vous recevez peuvent être incomplets. De plus, les déséquilibres hormonaux résultant de la consommation de produits à base animale peuvent également amplifier les émotions négatives telles que la peur et la colère tout en vous privant des émotions les plus positives comme la béatitude. L’état émotionnel que j’aurais qualifié de normal quand j’étais mangeur d’animaux est un état que je qualifierais probablement aujourd’hui comme étant légèrement déprimé et stressé.

Je pense que c’est l’une des raisons pour lesquelles j’apprécie généralement les meilleures relations avec les femmes non américaines. Le régime alimentaire américain est devenu tellement corrompu qu’il dérange les gens émotionnellement. Quand je voyage au Canada ou en Europe où les normes alimentaires sont plus strictes, je trouve plus d’aisance à communiquer émotionnellement avec les gens qu’aux États-Unis. Quand je pars en Europe pour un moment, la nourriture semble laisser mon corps plus énergique et plus léger comparée à la meilleure nourriture que je puisse trouver aux États-Unis, même si je privilégie les produits biologiques et les marchés fermiers d’ici. C’est encore un autre aspect de l’inter connectivité entre les différentes formes de la culture de possession. Nous ne pouvons pas abuser de la terre ou de notre approvisionnement alimentaire sans abuser de nous-mêmes.

Cela m’a surpris (et continue à surprendre beaucoup de gens qui sont sur un chemin similaire) de pouvoir discerner une gamme d’émotions plus large, plus riche et plus subtile après être devenu végétarien pendant plusieurs années. J’ai été particulièrement surpris de ressentir beaucoup plus d’empathie et de compassion que jamais auparavant. C’était comme si quelqu’un avait implanté une puce d’émotion plus puissante dans mon cerveau. Pour certaines personnes, cette sensibilité accrue est susceptible de générer des émotions plus négatives au départ. Si elles sont coincées dans une vie insatisfaisante et cessent ensuite de s’engourdir avec des produits à base animale, elles peuvent vraiment commencer à ressentir ces sentiments enfouis qui peuvent être difficiles à gérer jusqu’à ce qu’elles commencent à agir avec une meilleure synchronisation avec ces sentiments. Devenir plus sensible émotionnellement a ses avantages et ses inconvénients.

Au départ, je ne suis pas devenu végétarien pour des raisons éthiques. A la base, j’ai commencé avec un essai de 30 jours, principalement pour la curiosité. Puis j’ai continué en raison des avantages pour la santé, en particulier, un cerveau plus clair et moins brumeux que j’ai apprécié après la migration. Mais rester végétarien pendant tant d’années a semblé activer graduellement un sous-programme éthique et moral puissant que je n’avais jamais expérimenté en tant que mangeur d’animaux. Cela était fortement lié aux sentiments d’empathie et de compassion. Cela m’a vraiment changé en tant que personne. Avant de devenir végétarien, j’étais content de développer des jeux vidéo. Je ne me souciais pas beaucoup d’aider les gens à évoluer ou à servir le plus grand bien. Actuellement, je ne peux pas m’imaginer ne pas me soucier de ces choses. Le développement des jeux me semble aujourd’hui très sombre et sans vie.

Vous pourriez potentiellement expérimenter le cas si vous mangez des animaux, alors avoir un sous-programme éthique fort serait préjudiciable. Et si vous vous retrouviez dans une situation où vous deviez tuer et manger des animaux pour survivre, le cas échéant vous mourriez de faim? Alors, se soucier trop des animaux pourrait menacer votre survie. Ce serait plus facile si vous pouviez désactiver ces émotions ou au moins les atténuer. Dans une telle situation où les aliments à base de plantes sont rares, d’autres humains pourraient également devenir des menaces potentielles. Vous seriez en compétition pour avoir les animaux (qui pourraient éventuellement résister à vos efforts pour les tuer) avec vos compagnons de chasse. La compétition darwinienne prend le dessus. Nous obtenons une culture collective à peu près similaire à celle qui existe aux États-Unis actuellement. Faisons tous la concurrence pour avoir des ressources rares. Oublions l’amour et contentons-nous juste de faire des grossesses coûte que coûte. De toute façon, ces bébés vont naître dans un monde difficile.

Mais dans une situation de négligence de nourriture végétale comme nous l’avons aujourd’hui, un sous-programme éthique plus positif et robuste a du sens. Nous ferions mieux de coopérer pour cueillir de la nourriture et la partager. Si nous cherchons à faire de la production agricole à la place de manger de la nourriture animale, cela nécessite plus de coopération et de bonnes compétences sociales. L’empathie et la compassion peuvent grandement aider notre survie en favorisant les bonnes voies de communication et en encourageant le partage et la distribution équitables des ressources.

Cette façon de penser suggère dans une certaine mesure que nous pourrions trouver beaucoup plus de facilités à profiter des relations saines, heureuses et positives en étant végétariens qu’en étant des mangeurs d’animaux. Ceci est cohérent avec mon expérience personnelle. J’ai l’impression que ce serait très difficile d’essayer d’avoir de bonnes relations avec les gens si je revenais à être émotionnellement engourdi. Je suis désolé pour les personnes qui sont accro à des aliments plus lourds et qui trouvent que l’intimité constitue un sérieux défi. Un problème commun que je vois en eux est qu’ils ne semblent vraiment pas ressentir leurs émotions aussi fortement, du coup,  ils ressentent moins d’attirance, moins d’enthousiasme, moins de bonheur et moins de satisfaction. Ensuite, ils s’inquiètent pour des choses comme l’anxiété de l’approche. L’anxiété de l’approche ne constituerait pas un problème réel si votre corps réussissait à faire du bon travail pour générer l’enthousiasme de la rencontre.

Si vous n’avez pas encore fait cette expérience, ne soyez pas surpris si la solution à vos problèmes relationnels se trouve dans le fait d’alléger votre régime alimentaire. Au bout d’un moment, j’ai enfin eu une idée claire concernant mon mariage. Je mangeais beaucoup les aliments crus, y compris manger 100% cru pendant 6 mois tout au long de cette période. Mon régime alimentaire constitue mon thermostat émotionnel. Quand j’ai besoin de plus de clarté émotionnelle, je sais que je dois donner à mon corps des aliments plus légers qui ne demandent pas autant d’énergie pour qu’ils soient digérés, donc mon corps peut investir cette énergie supplémentaire ailleurs.

La guérison

Bien que la posture de la relation libre résolve énormément de problèmes et rende ma vie beaucoup plus facile, un problème revient assez fréquemment pour me défier. Cela implique ma liaison avec des femmes qui ont subi des relations traumatisantes avec d’autres hommes, généralement bien longtemps avant qu’elles ne se mettent avec moi. Cela inclut les femmes qui ont été violées, maltraitées, à qui on a menti, des femmes trahies et manipulées, etc…

Parce que la plupart des femmes avec qui je me connecte sont en période de développement individuel, généralement, ces femmes ont déjà fait beaucoup de travail de rétablissement. Pour certaines, c’est le processus de rétablissement qui les a déjà conduites au développement personnel.

À ce jour, j’ai des sentiments mitigés à l’égard des relations avec ce genre de femmes.

Une partie de moi pense que puisque j’avais déjà passé 15 ans dans une relation monogame avec une femme dans la même situation, le recommencer ne serait-il pas une sorte de rediffusion ? Ne serait-il pas plus judicieux d’explorer d’autres types de relations au lieu de se lier sur la base d’un modèle familier ?

Une autre partie de moi suggère qu’étant donné que je suis déjà en train de faire beaucoup de travail de développement personnel avec les gens au niveau professionnel, ne serait-il pas sympa de contrebalancer cela en me lançant dans des relations personnelles où je pourrais explorer avec l’autre personne une relation plus détendue et fluide (sans traumatisme ni souffrance).

D’autre part, mon côté compatissant a du mal à dire non. Il se soucie toujours. En outre, les femmes qui ont dû faire un travail de guérison ont tendance à être très auto-conscientes. Généralement, elles ont une aisance à communiquer leurs pensées et sentiments. Ainsi, en raison de leur intérêt pour le développement de soi, nous avons généralement beaucoup de choses en commun. Alors, nous avons donc tendance à nous attirer assez facilement.

Cependant, il y a un aspect de ces connexions qui me met vraiment à l’épreuve. C’est quand la femme projette sur moi sa méfiance et sa suspicion des hommes. Dans certains cas, cela l’amène à être froide ou à devenir très nerveuse. Si elle souhaite continuer à se connecter au-delà de ce point, habituellement, je lui laisserai savoir que c’est à elle de régler le rythme de la relation et je n’essaierai pas d’avancer quoi que ce soit à moins qu’elle fasse le premier pas. Je peux également lui dire où elle peut s’attendre à une réception positive. Donc, je pourrais dire quelque chose qui ressemble à : « Si tu m’embrasses, sûrement, je t’embrasserai. » J’aime supprimer toute crainte qu’elle pourrait avoir à propos d’un rejet potentiel en lui faisant savoir qu’elle a le feu vert pour aller jusqu’au point où elle se sent à l’aise .

Cette approche fonctionne pour certaines femmes qui ont besoin de sentir que ce sont elles qui contrôlent la relation. Ceci ne marche pas aussi bien avec une femme qui préfère me laisser le contrôle doux de la relation mais qui ne sent pas assez à l’aise pour le dire en ce moment. Il se peut qu’elle souhaite découvrir l’intimité physique parce que c’est important pour elle et avoir une bonne expérience avec moi, mais ses peurs, ses inquiétudes et ses associations précédentes rendent la situation assez compliquée pour elle pour pouvoir se détendre et s’amuser avec moi. Avancer doucement semble aider, mais s’il s’agit de quelqu’une en courte visite, ralentir risquerait de ne pas la laisser découvrir assez de choses.

À l’autre bout du spectre, la femme pourrait s’emporter d’une manière dramatique alors que pendant ce temps elle n’a même pas entendu ma voix. Cela pourrait avoir lieu même lors d’une conversation agréable, je me retrouve par inadvertance, en train de marcher sur une mine terrestre cachée. Si je dis ou fais quelque chose qui pour moi n’a rien d’extraordinaire, cela pourra la pousser à projeter son traumatisme passé sur notre situation actuelle et d’un seul coup je deviens pour elle le diable incarné qui n’a aucune idée de ce qu’elle aurait pu subir.

Cela n’arrive pas souvent, mais quand cela se produit, je trouve qu’il est difficile d’y faire face. Rationnellement j’ai étudié assez de psychologie afin de comprendre comment et pourquoi ce genre de choses arrive. Mais quand la femme ne se sent pas très rationnelle, je fais de mon mieux pour survivre la tempête jusqu’à ce que le calme revienne.

Parfois, j’ai l’impression qu’on est en train de me prendre pour quelqu’un d’autre, comme quand la femme essayait un peu trop fort de me lier à une relation précédente abusive. Si je prends l’appât, alors elle peut avoir la confirmation et commence à sortir des choses du style : « je le savais … il est juste comme tous les autres gars. » Mais, j’ai assez d’expérience pour pouvoir échapper à ce genre d’appât. Si ça nous arrive d’aborder ce sujet, la femme finirait par la suite par être confuse, embarrassée ou même coupable. Dans son esprit, ces sentiments interviennent dans notre relation et risquent de l’achever.

Au fil des ans, je me suis tortillé sur la façon dont je dois faire face à des relations pareilles. Parfois, je disqualifiais automatiquement à l’avance les femmes qui semblaient avoir un passé émotionnel qui pourrait générer de tels problèmes. Parfois, je modifiais ma fiche de contact pour préciser que je ne suis pas intéressé par de telles personnes. Une telle relation est la plus inadapté du monde relationnel. Il est préférable d’en finir le plus tôt possible, sinon, vous allez juste vous faire brûler si vous la laissez jouer.

Une autre option consiste à prendre le risque et quand l’explosion a lieu, je laisse la femme jouer son rôle sans trop m’attacher aux résultats. Tant pis pour elle. Si elle revient plus tard et qu’elle essaye de nous remettre ensemble, je pourrais tout simplement refuser poliment ou la tiendrais à distance dans la zone des amies. Je lui ai donné une chance de se connecter, en revanche, elle m’a fait son cinéma que je comprends mais que je trouve insipide. Donc, ça ne sert à rien d’aller plus loin avec elle. Je préfère investir mon temps et mon énergie avec quelqu’un de plus mature et axé sur un développement d’une manière positive. J’y arrive mais sans les scènes dramatiques.

Encore une autre option, c’est de lui donner un peu d’espace et ensuite essayer de discuter avec elle à propos du sujet une fois qu’elle a réussi à surmonter l’effet déclencheur en alliant la compassion et la rationalité. Cette approche a au moins le potentiel de stimuler la guérison et la compréhension, mais il y a un risque qu’elle se sente mal dans sa peau, du moins temporairement, si ça lui arrive de succomber à l’accusation du soi, l’embarras ou la culpabilité. Une femme qui ne veut pas se soumettre à ses sentiments peut tout aussi bien être embarquée dans des formules de suspicion et de méfiance beaucoup plus fortes. C’est le genre de situation où je me sens obligé de choisir mes mots très soigneusement. Je fais toujours de mon mieux pour ne pas être trop touché par les résultats. Je ne peux que faire de mon mieux pour communiquer à partir d’une position d’empathie qui pourrait être reçue ou non en tant que telle.

Je pense que lorsque j’ai recours à l’une de ces approches, le potentiel de transformer la liaison en une relation que je trouve édifiante et épanouissante est très improbable. Au mieux, nous nous retrouverons dans une amitié décontractée mais poliment distanciée. Je n’ai pas autant d’espoir que cela irait beaucoup plus loin que cela. Peut-être que je ne suis qu’un tremplin dans son chemin de guérison. Je suis ouvert à jouer ce rôle pour quelqu’un de temps en temps dans le cas où je suis informé que c’est ce que je vais faire. Ce que je n’apprécie pas, c’est de penser que nous allons explorer et apprécier une bonne liaison ensemble et me retrouver par la suite aveuglé par des scènes dramatiques qui semblent être très déplacées.

A ce stade, je ne me suis pas encore décidé sur le fait que je devrais ou non considérer certains types de scènes dramatiques comme étant une violation des limites et m’abstenir immédiatement lorsqu’une femme s’y lance. Je peux vraiment me soucier d’elle, en revanche je suis incapable de prédire ce qui est meilleur pour elle ou pour moi-même dans ces moments-là.  Chaque relation est unique en son genre.

Il y a beaucoup de femmes qui ont été blessées d’une manière ou d’une autre et qui ont du mal à faire confiance à nouveau. Pour quelque raison que ce soit, certaines d’entre elles me recherchent, non pas pour une thérapie, mais parce qu’elles pensent que je serais une bonne personne avec qui elles peuvent explorer certains aspects de l’intimité. Ma compassion aime rester ouverte à ce genre de liaisons. Par contre, mon sens du développement les qualifie comme étant une impasse. Entre vous et moi, je me sens beaucoup plus attiré par les femmes qui ont tendance à faire confiance facilement et qui n’ont pas besoin d’être trop gâtées et ce afin de profiter de notre temps d’une manière plus proactive en explorant nos intérêts et désirs compatibles … au lieu de penser aux vieilles blessures qui ont recommencé à saigner.

J’ai déjà eu ma dose de femmes manipulatrices, mais je trouve toujours la possibilité de faire confiance à de nouvelles relations une fois que j’ai la chance de connaître quelqu’un un peu mieux. Je fais de mon mieux pour donner aux gens le bénéfice du doute. Je peux comprendre quand une femme se retrouve incapable de faire la même chose avec moi, mais ceci me laisse quand même un peu déçu par la suite.

Parfois, je pense toujours qu’il est sage de disqualifier à l’avance les femmes qui semblent ne pas être sur la même longueur d’onde que moi quand il s’agit de confiance et de flux dans une relation intime. Je préfère me lier avec des femmes qui partagent mon état d’esprit. Profiter de notre temps ensemble. Explorer tout ce qui nous intéresse tous les deux. Parler ouvertement de nos chemins de vie, nos désirs et nos intérêts. Apprendre vraiment à nous connaître. Faire en sorte que nous soyons à l’aise. Partager les rires, les câlins et les aventures. Apprendre, grandir et jouer ensemble juste comme les grands esprits qui résident en nous.

Trouver des femmes qui peuvent facilement dire oui à ce type de relation pourrait être difficile. Beaucoup préfèrent rester fidèles à leurs douleurs. Elles sont plus préoccupées par la sûreté et la sécurité que par le développement, l’amour et l’exploration. C’est honteux à mon sens.

Faire face aux défis

Je remarque un chevauchement certain entre les différents problèmes que j’ai partagés dans ce statut et les deux autres qui l’ont précédés. Ma ligne de conduite est de continuer à tourner vers ce qui me dérange. L’élevage industriel me dégoûte, mais je continue de me mettre avec des gens qui mangent des animaux. Le drame relationnel m’agace, par ailleurs je continue toujours à inviter et accepter  les relations provenant de sources prévisibles. La question est pourquoi ?

Je pense que la raison principale est que je trouve beaucoup de développement en faisant face à ce qui me dérange et me trouble. J’ai un penchant pour l’exploration car le fait de tenir bon à ma zone de confort ne produit pas une bonne exploration.

Certes, les mangeurs d’animaux me dérangent. Ils sont carrément effrayants ! Ils  sont les méchants de ma réalité. Mais, malgré leur cruauté et leur vilenie, je ne peux pas leur tourner le dos. Les méchants me fascinent. C’est le même effet qu’un vampire puisse avoir sur nous.

Les femmes ayant des problèmes de confiance me dérangent aussi. Alors, pourquoi je me soucie d’elles ? Parfois, j’ai l’impression qu’elles me distraient de meilleures liaisons. Par ailleurs, encore une fois, je suis incapable de détourner le regard. C’est l’attrait du paradoxe. Le jour suivant,  je me dis : « plus jamais » ; mais le troisième jour une voix intérieure se transforme en  « Bien sûr … viens ! »

Ahhh ! La voie du cœur … m’oblige toujours à être sur la brèche.

Maintenant, si je pouvais au moins connaître la destination … Pourriez-vous la voir ?

Je pense que l’une des raisons est que lorsque je fais face à certaines choses telles que le déni, la déconnexion et l’impuissance, cela me pousse à y plonger et y diffuser la vérité, l’amour et le pouvoir. D’autres fois, je préfère me détendre et me placer sur le côté le plus léger et le plus positif et livrer l’obscurité à ses propres dispositifs.

Note : cet article est une traduction de l’article Maybe I’m the One Who’s Crazy Nutso de Steve PAVLINA. C’est donc lui qui s’exprime dans le « je » de cet article !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *