Les entrepreneurs grandissent à vitesse de distorsion – Partie 4

entrepriseLe présent article s’inscrit dans la série d’articles portant sur la relation qui existe entre l’entrepreneuriat et la croissance personnelle. Cette série est intitulée : Les entrepreneurs grandissent à vitesse de distorsion.

Surmonter les limites de la pensée

Si vous gérez votre propre entreprise, vous verrez combien vos pensées et vos croyances influencent le rendement de votre entreprise. Vos limites personnelles limiteront le potentiel de votre entreprise. Le désir de développer et de faire croitre votre entreprise vous aidera à redéfinir vos propres croyances, car il peut être douloureux de constater que vos croyances freinent le bon fonctionnement de votre entreprise. Une fois que vous aurez des clients, ils vous inciteront à dépasser vos limites personnelles.

La semaine dernière, une personne qui lit vraisemblablement cette série d’articles m’a demandé s’il était possible de lancer une entreprise alors que l’on est fauché.

Est-il possible de voyager dans un autre pays ? Est-il possible d’apprendre à conduire une voiture ? Est-il possible de lire toute la série Harry Potter ?

Si vous êtes en train de me demander « s’il est possible » de réaliser une chose qui a déjà été faite des millions de fois auparavant, alors ma réponse est forcément oui.

Combien de millions de fois des gens ont-ils lancé une entreprise alors qu’ils étaient fauchés ou endettés ? Être fauché peut être l’un des meilleurs moments pour démarrer une entreprise étant donné que vous avez peu de choses voire rien à perdre. Si vous échouez, vous serez toujours fauché et vous pourrez toujours réessayer.

D’une certaine façon, le monde des affaires est un grand égalisateur. Vos potentiels clients ne se soucient pas de savoir comment vous avez commencé. Ils se soucient plutôt de savoir si votre entreprise ajoute de la valeur à leur vie. Ils pourraient aussi se soucier de l’impact que vous avez sur le monde. Je dirais même que vous êtes plus susceptible de recevoir plus éloges pour avoir lancé votre entreprise alors que vous étiez fauché que si vous aviez commencé en étant riche. Les gens aiment voir les outsiders réussir.

Les entrepreneurs passent leur temps à résoudre des problèmes. Si vous aimez résoudre cela, votre entreprise vous fournira un flux sans fin de problèmes intéressants à résoudre.

Pour penser comme un entrepreneur, prenez toutes vos questions commençant par « puis-je… » et démarrez-les par « comment » :

  • Comment puis-je créer une entreprise alors que je suis fauché ?
  • Comment puis-je surmonter un faible niveau de scolarité ?
  • Comment puis-je me motiver à travailler dur ?

Se poser des questions sur la « possibilité » de réaliser une chose n’a de sens que si cette chose en question n’a jusque-là pas pu être réalisée par l’humanité. Ainsi donc, on peut se poser des questions comme « Peut-on envoyer des humains sur Mars en toute sécurité ? » ou « Peut-on fabriquer un appareil de téléportation ? » ou encore « Peut-on produire deux bons films James Bond d’affilée ? »

Cependant, il n’est pas très logique de poser de telles questions pour des choses que nous avons déjà faites des millions de fois auparavant, comme démarrer une entreprise alors que l’on est fauché. Vous pouvez lancer une nouvelle entreprise même en un après-midi.

Apprendre à dépenser judicieusement

Le monde des affaires est un excellent enseignant en ce qui concerne la gestion de l’argent. En tant qu’entrepreneur, vous devrez acheter et vendre très souvent, ce qui vous permettra de vous former plus rapidement dans ce domaine.

Au début de votre carrière d’entrepreneur, vous devrez faire un choix : soit vous êtes très large en ce qui concerne votre budget soit c’est l’inverse.

En affaires, la largesse à propos de la gestion des fonds est souvent le problème le plus courant, surtout si vous disposez de certains fonds dès le départ. Au cours de vos premières années en tant qu’entrepreneur, vous ferez probablement des achats discutables en les justifiant comme étant de bons investissements. Une fois, j’ai acheté pour mon bureau un nouveau photocopieur de 700 $, or, nous faisions probablement moins de 1 000 photocopies par an. Il est très facile d’acheter des produits de luxe inutiles lorsque vous avez beaucoup d’argent, mais une fois que vous aurez traversé plusieurs cycles d’expansion et de récession, vous apprendrez à être un peu plus conservateur au moment opportun plutôt que de dépenser de l’argent simplement parce que vous le pouvez.

De même, en affaires, il est risqué de se montrer aussi trop avare, car vous laisserez passer de bonnes occasions d’accroitre votre productivité. Certaines dépenses qui peuvent sembler inutiles dans un premier temps peuvent par la suite vous rapporter de jolis dividendes. Mettre à niveau un ordinateur lent est souvent un bon investissement.

Plus tôt cette année, j’ai remplacé l’éclairage de mon bureau à domicile après être tombé sur des résultats de recherches indiquant que la partie bleue du spectre de la lumière est plus efficace pour optimiser la productivité. Au début, cela me paraissait bizarre, j’avais l’impression d’être dans un laboratoire de science-fiction, mais au bout de quelques jours, je m’y suis habitué. Au contraire de l’éclairage jaunâtre que j’utilisais auparavant, celle plus bleutée me donne l’impression d’être plus éveillé, alerte et stimulé. Ce qui semblait être un achat discutable s’est révélé être un investissement rentable.

L’une des leçons les plus importantes que vous apprendrez est de savoir combien dépenser pour lancer votre entreprise et la faire tourner. Je recommande de commencer les dépenses avec beaucoup de retenue. Il n’est généralement pas sage de dépenser beaucoup d’argent tant que vous n’avez pas testé votre idée d’entreprise dans le monde réel. Une fois que vous commencez à gagner de l’argent, vous pouvez au besoin augmenter vos dépenses, mais en attendant cela, considérez que chaque dollar est précieux.

Le fait d’être tenu de dépenser régulièrement — et de subir de façon répétée les conséquences de vos mauvaises dépenses — vous aidera à ajuster vos habitudes en matière de dépenses. Vous apprendrez à faire des investissements judicieux tout en évitant le gaspillage.

Profiter du côté lumineux tout en vous protégeant du côté obscur

En général, lorsque des gens s’associent en affaires, il y a deux façons de procéder : le contrôle ou la confiance.

Si vous êtes en mesure de contrôler une personne, vous pouvez alors simplement dicter vos conditions, et elle se contentera de les suivre.

Il existe deux principales façons de contrôler les gens : l’argent ou le plomb. Vous pouvez soudoyer les gens avec de l’argent ou les menacer avec le plomb (des balles de fusil).

Promettre une récompense à une personne ou la menacer de la cribler de balles sont deux techniques qui peuvent se révéler très motivantes. Toutefois, une fois que la technique est employée, l’effet de motivation s’estompe. Il faut donc que l’offre soit permanente pour que les affaires suivent leur cours.

Bien entendu, vous pouvez utiliser à la fois l’argent et le plomb. Naturellement, cette approche comporte de nombreuses variantes. Une entreprise peut essayer de contrôler ses employés en offrant des options d’achat d’actions pour récompenser les bons rendements tout en mettant en place des mesures disciplinaires sanctionnant les mauvais résultats. Cette même entreprise peut utiliser des méthodes complètement différentes comme les remises ou les pénalités de retard pour motiver ses clients.

La seconde approche pour faire les affaires est la confiance. Même si vous ne pouvez pas contrôler le comportement d’une personne, vous pouvez toujours faire affaire avec elle sur la base de la confiance. Cette approche peut bien fonctionner dans des milieux où la culture de la confiance est très forte et où beaucoup de gens ont des valeurs favorables aux affaires. Parmi ces valeurs, il y a notamment le fait de croire en ce que c’est bien de faire des échanges équitables et qu’il est mal de voler. Dans les cultures qui ont de telles valeurs, il est possible de faire des affaires sur la base de la confiance.

Dans la pratique, la plupart des petites entreprises commencent sur la base de la confiance, puis avec le temps, elles appliquent des stratégies axées sur le contrôle pour gérer les aspects problématiques. Les entrepreneurs plus avertis anticiperont sur les points où un contrôle pourrait être nécessaire et prendront très tôt les dispositions qui s’imposent.

Supposons que votre entreprise vende des produits en ligne. Vous pourriez proposer des produits dont le rapport qualité-prix est raisonnable. Vous pourriez présenter ces produits de manière honnête aux acheteurs. Vous pourriez mettre en place une procédure de commande simple et facile à comprendre. Si toutes les personnes en relation avec votre entreprise sont honnêtes, vous vous en tirerez probablement très bien. Dans le monde réel, cependant, une telle entreprise peut aussi susciter beaucoup de fraudes. Certaines personnes essaieront de trouver des moyens de voler vos produits sans payer pour les acquérir ; par exemple en utilisant des cartes de crédit volées. Vous finirez par apprendre à relativiser votre optimisme en adoptant des stratégies de contrôle pratiques ; en prenant par exemple des mesures pour réduire la fraude.

En quoi ce type d’expérience bénéficie-t-il à votre croissance personnelle ? Votre entreprise vous exposera plus fréquemment au côté lumineux et au côté obscur du genre humain. Cela vous rendra un peu plus avisé et vous permettra de développer une compréhension plus réaliste du comportement humain, ce qui vous fera éviter bien d’ennuis dans d’autres domaines de la vie, notamment dans vos relations personnelles.

Plus vous réussissez en affaires, plus vous serez exposé aux meilleures et aux pires facettes du genre humain. Grâce à mon entreprise, j’ai eu l’occasion de rencontrer des gens merveilleux et incroyables, dont ma petite amie que j’ai rencontrée à l’un de mes ateliers. Dans le même temps, mon entreprise m’a davantage exposé aux pires aspects du genre humain, et c’est ainsi que j’ai reçu de violentes menaces de la part de personnes que je n’ai jamais rencontrées.

Le défi ici est d’aller au-delà de votre innocence enfantine sans pour autant sombrer dans la paranoïa et le cynisme. Pouvez-vous apprendre à vous protéger des pires aspects du genre humain tout en restant ouvert aux meilleures choses qu’il puisse vous offrir ? Ce n’est pas toujours facile de trouver un équilibre entre les deux.

Comprendre le comportement humain

En affaires, vous apprendrez beaucoup de choses en faisant des expériences que vous ne pouvez pas facilement faire dans votre vie personnelle. En fait, de telles expériences sont prévisibles, et les gens les accueillent en général plutôt bien tant qu’elles ne vous rendent pas fou. Chemin faisant, vous apprendrez beaucoup de choses sur le comportement humain.

Le monde des affaires récompense souvent les essais. Vos premières tentatives d’élaboration de politiques ou de procédures seront basées sur des hypothèses, et beaucoup de vos hypothèses seront fausses. Une fois que vous avez des clients, vous pouvez tester d’autres possibilités, et très rapidement vous pourrez améliorer vos précédentes hypothèses. Vous découvrirez de meilleures façons de générer des ventes, de réduire les dépenses, de prévenir les fraudes, d’augmenter la productivité, etc.

J’aime particulièrement faire des essais en affaires parce que les résultats me surprennent parfois, et ces surprises me permettent de mieux comprendre la nature humaine.

Dans mon entreprise de jeux vidéo, j’avais décidé de tester une garantie de remboursement sur tous les achats de jeux, ce qui était une chose inhabituelle dans ce secteur à cette époque. Cela semblait également inutile, car mes jeux avaient de toute façon des démos gratuites. Toutefois, j’ai testé l’idée et j’ai constaté qu’elle fonctionnait bien. Même en appliquant une garantie de remboursement sur les jeux téléchargeables, les demandes de remboursement étaient négligeables. Ce qui m’a surpris, c’est que cette stratégie a également considérablement réduit le nombre de fraudes parce que les gens qui auraient pu essayer d’obtenir frauduleusement les jeux les achetaient plutôt avec l’intention de les retourner plus tard, mais la plupart d’entre eux n’ont jamais pris la peine de demander un remboursement. J’ai aimé cette politique d’une part parce qu’elle n’a pas causé de tort aux clients honnêtes et d’autre part parce qu’elle a permis de récupérer de potentiels clients qui, autrement, auraient pu nuire à l’entreprise avec des frais de rétrofacturation supplémentaires.

Un de mes amis qui opère aussi dans ce secteur d’activité avait conçu un programme spécial de rabais : Le « hacker discount ». Lorsque son logiciel surprenait des gens qui essayaient d’entrer des codes d’enregistrement volés, il les redirigeait vers une page Web spéciale où une remise de 50% leur était offerte pour qu’ils achètent le produit plutôt que d’essayer de l’avoir de manière illégale. Il a reçu plusieurs commentaires positifs de la part de personnes qui ont apprécié cette approche innovante et ses ventes se sont améliorées.

Je trouve souvent que les entrepreneurs expérimentés sont socialement plus avisés que ne le sont en général les non-entrepreneurs. Gérez une entreprise vous expose fréquemment à des aspects du comportement humain que vous ne verriez pas si souvent autrement. Grâce aux affaires, vous comprendrez de nombreuses subtilités comportementales qui échappent aux étiquettes classiques définissant ce qui est bien ou mal. À long terme, cela vous aidera à devenir un être humain plus fonctionnel, en partie parce que vous comprendrez mieux les autres et aussi parce que vous approfondirez votre compréhension en ce qui concerne votre propre comportement. Une telle compréhension peut apporter d’importants bénéfices. Imaginez par exemple ce que vous gagneriez si vous pouviez apprendre à vous motiver de façon constante. Savez-vous déjà comment faire cela ? Si ce n’est pas le cas, des leçons en entrepreneuriat vous y aideront.

Note : Cet article est une traduction de l’article Entrepreneurs Grow at Warp Speed – Part 4 de Steve Pavlina. C’est donc lui qui s’exprime dans le « je » de cet article !

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