Les entrepreneurs grandissent à vitesse de distorsion – Partie 2

croissance personnelleLe présent article est le deuxième de la série d’articles portant sur la relation qui existe entre l’entrepreneuriat et la croissance personnelle. Elle est intitulée : Les entrepreneurs grandissent à vitesse de distorsion.

Développer un grand nombre de compétences

Lancer votre propre entreprise peut vous amener à acquérir une variété de compétences que vous n’auriez pas pu acquérir autrement. Ces dernières peuvent notamment se rapporter à des domaines comme :

  • le droit des affaires
  • la négociation de contrats
  • la comptabilité
  • le marketing
  • les compétences commerciales
  • les techniques de présentation
  • le recrutement
  • la gestion
  • la stratégie
  • la gestion des crises
  • le service clientèle

Les compétences générales en affaires que vous acquérez dans une entreprise peuvent facilement être utilisées dans une autre. Ainsi, les premières leçons que vous apprenez dans le monde des affaires vous donnent une longueur d’avance par rapport aux entreprises que vous pourriez lancer à l’avenir.

Au cours de mes premières années en affaires, je ne connaissais rien en matière de contrats et je dépensais des milliers de dollars chaque année pour que des avocats expérimentés m’aident à rédiger, à comprendre, à négocier et à modifier des contrats ; par exemple pour des contrats d’édition de jeux vidéo. J’ai fini par apprendre suffisamment de ces avocats pour être en mesure de rédiger de manière compétente mes propres contrats commerciaux et négocier mes propres accords, ce qui m’a permis de faire beaucoup d’économie, tant en matière de temps que d’argent. Je me suis également rendu compte que je voulais avoir affaire aux avocats le moins possible.

Je peux apprendre beaucoup de choses sur une entreprise rien qu’en portant une attention particulière aux genres de contrats qui y sont utilisés. Un contrat est une véritable mine d’or en matière d’informations, si vous savez ce qu’il faut chercher. J’ai souvent rejeté, purement et simplement, des propositions lorsque le contrat d’affaires me faisait douter des intentions ou des compétences d’une personne donnée. Un contrat bâclé est le signe d’une affaire bâclée. Un contrat véreux indique qu’il s’agit d’une affaire tout aussi véreuse. Un contrat ambigu et implicite indique qu’il s’agit d’une affaire ambigüe et implicite. Je privilégie les contrats qui sont équitables, directs, minutieux et simplement rédigés.

Quand il m’a fallu négocier des contrats d’évènements pour mes ateliers de Las Vegas, cela a été facile, car j’avais déjà acquis une certaine expérience grâce à des contrats d’affaires que j’avais conclus dans le cadre d’une ancienne entreprise. À ce jour, j’ai organisé 11 évènements dans divers hôtels du Strip et du centre-ville, et je n’ai jamais eu besoin de faire appel à un avocat pour aucun d’entre eux.

Aujourd’hui, je n’engage un avocat que lorsque je me lance dans quelque chose d’inhabituel ou lorsqu’une erreur pourrait me couter très cher ; et je lui fais appel uniquement pour s’occuper des aspects que je ne maitrise pas. En 2007, j’ai engagé un avocat pour m’aider avec mon contrat d’édition de livres avec Hay House parce que c’était mon premier contrat d’édition de livres, et j’ignorais certains aspects en matière d’édition de livres, comme les taux de redevance pour les différents médias. Cet avocat m’a aidé à apporter beaucoup de changements bénéfiques au contrat. Ces bénéfices couvraient bien plus que ses honoraires, et j’ai pu garder les frais de procédures dans des proportions raisonnables en m’occupant moi-même de la plus grande partie de la négociation du contrat.

Si vous êtes nouveau dans le monde des affaires, vous aurez beaucoup de choses à apprendre — beaucoup plus que vous ne le pensez. Parfois, vous aurez l’impression d’être submergé par tout ce qu’il y a à comprendre. Toutefois, vous n’avez pas besoin d’apprendre toutes ces leçons au cours de votre première année. Bien qu’étant entrepreneur depuis plus de 20 ans, je continue d’apprendre des choses relatives à l’entrepreneuriat que beaucoup de gens pourraient considérer comme étant très élémentaires. Ce n’est que cette année, par exemple, que j’ai enfin mis de l’ordre dans la comptabilité de mon entreprise.

Si vous demeurez entrepreneur suffisamment longtemps, vous acquerrez de nombreuses compétences qui peuvent vous être utiles dans toutes vos entreprises ainsi que dans votre vie personnelle, par exemple lorsque vous devez négocier l’achat d’une nouvelle maison ou lorsque vous planifiez un mariage et que vous devez vous en tenir à un budget.

Quelques-unes des compétences que vous acquerrez ne seront nécessaires qu’en de rares occasions, mais vous serez heureux de les avoir.

Au niveau personnel, savoir que vous avez de si nombreuses compétences peut nettement améliorer votre estime de soi. Cela vous aide à prendre conscience que vous êtes toujours capable de vous améliorer pour relever de nouveaux défis qui pourraient sembler hors de portée.

Apprendre à dire non quand vous avez des doutes

Combien de fois dans la vie ne commettons-nous pas l’erreur de foncer droit dans un piège ? Le monde des affaires est truffé de pièges potentiels, et il est tout aussi important de savoir éviter les pièges que de savoir saisir les opportunités.

Il est très difficile de mettre un terme à une affaire qui semblait bonne au début et qui soudainement a mal tourné, surtout si vous y avez déjà beaucoup investi. Cela peut être aussi difficile que de mettre un terme à une bonne relation qui a mal tourné. Vous vous souvenez des bons moments et pensez qu’il est possible de raviver la flamme.

En 2010, j’ai organisé quatre ateliers à l’hôtel Flamingo dans le Las Vegas Strip. Tous ces évènements se sont déroulés sans heurts. Nous avions une grande salle de conférence qui était parfaite pour nos ateliers, et j’ai eu beaucoup de plaisir à travailler avec le personnel du Flamingo que j’ai trouvé amical, professionnel et compétent. J’ai particulièrement apprécié le planificateur de réunion avec lequel nous avons travaillé. Il s’est en effet montré toujours à la hauteur de la tâche. Le lieu était également un bon choix pour nos participants, avec des chambres d’hôtel à des prix raisonnables et la qualité qui va avec. Le Flamingo se trouve au centre du Strip, ce qui en faisait un endroit agréable et animé pour les participants qui désiraient vivre l’expérience authentique de Las Vegas en soirée.

Je voulais bien continuer à organiser davantage d’évènements au Flamingo et je pensais que nous continuerions à bien travailler ensemble pendant plusieurs années. Cependant, un jour où j’étais allé faire des réservations en vue d’un nouvel évènement, j’ai constaté que quelque chose avait changé. L’ancien planificateur de réunion avec lequel j’avais travaillé avait été promu, et l’hôtel m’a affecté une nouvelle personne qui ne semblait pas se soucier de savoir si nous avions réservé avec eux ou non. Elle a refusé de nous louer la salle de conférence que nous aimions, préférant la réserver pour des réceptions de mariage plus lucratives. Elle m’a fait visiter des salles qui n’étaient pas adaptées à nos évènements et qui ne correspondaient pas aux spécifications que j’avais fournies. Elle manquait clairement de professionnalisme et m’a fait perdre mon temps. Je n’ai pas pu m’entendre avec elle. Par conséquent, pour nos quatre ateliers qui ont suivis en 2011 et 2012, je suis passé au Tropicana qui venait d’être rénové à l’époque. Ces ateliers se sont certes bien déroulés, mais je préférais malgré tout les salles de conférence et le personnel du Flamingo.

J’ai essayé de retourner au Flamingo en 2012 ou 2013, en espérant que ce qui s’était précédemment produit était un malheureux coup du sort. Cette fois, j’ai eu affaire à une autre planificatrice de réunion qui semblait plus professionnelle et plus serviable. Elle a réussi à nous obtenir la salle que nous voulions au même prix que celui auquel nous l’avions loué en 2010. Tout se passait bien !

Avant qu’elle ne m’envoie le contrat, je me suis dit que tout se passerait bien étant donné que tout ce qu’elle avait à faire, c’était de m’envoyer le même contrat que nous avions utilisé quatre fois de suite par le passé. C’était à peu près la même chose, sauf qu’il y avait quelques différences, qui ont toutes fait pencher la balance en faveur du Flamingo à nos dépens. J’ai pu faire retirer du contrat presque toutes ces absurdités, mais ils m’ont dit que leur service juridique ne nous permettrait pas de supprimer une phrase qu’ils ont insisté à ajouter cette fois-ci. Cela ne figurait sur aucun de nos contrats précédents.

Cette seule phrase leur aurait donné le droit d’ajouter des frais supplémentaires à notre facture à leur convenance. Dans les courriels qu’elle m’a envoyés, la planificatrice de réunion m’avait pourtant rassuré que les frais seraient les mêmes et que tout se passerait bien. Elle a agi comme si cette phrase faisait simplement partie de leur nouveau contrat standard et a prétendu qu’elle ne pouvait pas être supprimée. Oui, c’était bien cela.

Quand je vois une telle confusion dans un contrat, cela sonne comme une alarme pour moi, et je crois que cela devrait le cas pour vous aussi. J’aurais pu signer ce contrat au cours de ma première ou de ma deuxième année dans le monde des affaires, mais pas cette fois. J’ai renoncé à l’accord et je n’ai plus organisé l’atelier. Cette seule phrase avait tout gâché.

Lorsque les entreprises sont en difficulté, bien souvent, il y a toujours de bons employés qui essaient de faire ce qu’il faut dans des conditions impossibles. Ils peuvent par exemple, être poussés par la direction à soutirer plus d’argent aux bons clients. À l’époque, j’ai eu l’impression que la planificatrice de réunion ou le service juridique du Flamingo avait délibérément saboté notre accord. J’étais agacé du fait qu’ils m’aient une fois de plus fait perdre mon temps. Leurs décisions me semblaient ridicules. Nous avions une bonne affaire qui était bénéfique pour les deux parties, et nous aurions pu bien travailler ensemble pendant des années. Pourquoi semblaient-ils si irrationnellement déterminés à tout gâcher ?

Avec un peu de recul, cependant, l’histoire semble un peu différente. Cette planificatrice de réunion (ou le service juridique) m’a peut-être sauvé d’une situation beaucoup plus désagréable.

En effet, plus tôt cette année, le propriétaire du Flamingo, « Caesar’s Entertainment », a fait faillite. Cela a probablement pris beaucoup de temps à se dessiner. Je ne sais pas ce qui se serait produit si nous étions parvenus à réserver chez eux, mais en y repensant, je suis heureux qu’ils aient insisté sur cette phrase ridiculement insensée du contrat qui m’a poussé à faire machine arrière.

Si nous avions collaboré avec cet établissement pendant cette période, nous aurions pu être paralysés par divers problèmes que les entreprises connaissent généralement lorsqu’elles sont au bord de la faillite, notamment le fait de voir notre facture majorée ou de voir notre évènement devenir une perte malheureuse.

Les pires erreurs que j’ai commises en affaires ont consisté à dire oui à des contrats que je n’aurais jamais dû accepter.

De même, certaines des pires erreurs que vous ferez dans votre vie personnelle consisteront à demeurer dans des relations qui stagnent ou qui sont en plein déclin beaucoup plus longtemps que vous ne le devriez.

La vie d’entrepreneur vous confrontera à un plus grand nombre de ces situations délicates. Vous apprendrez à faire une pause et à réfléchir un peu plus longtemps avant de sauter la tête la première. Ces pauses peuvent vous éviter bien des maux de tête.

Développer vos compétences pour saisir de nouvelles opportunités d’affaires

Plusieurs opportunités d’affaires vous échapperont jusqu’à ce que vous puissiez vous améliorer suffisamment pour les saisir. Voir ces opportunités défiler sous votre nez tout en sachant que vous auriez pu les saisir, si seulement vous étiez un peu plus compétent, peut être une grande source de motivation.

Le monde des affaires est semblable à un immense arbre fruitier. Vous pouvez atteindre quelques-uns des fruits faciles à cueillir sur-le-champ, mais la plupart des fruits les plus juteux se trouvent plus haut dans les branches, vous provoquant de par leur irrésistible délicatesse.

Un jour, alors que je discutais avec le président de Hay House, M. Reid Tracy dans son bureau, il m’a confié que les auteurs de bestsellers qu’il a signés gagnent la majeure partie de leur argent en donnant des allocutions, et non en écrivant des livres. C’était à l’époque où je commençais tout juste à donner des conférences qui m’ont permis de gagner un peu moins de 10 000 $ en tout.

Toutefois, pour profiter des revenus générés par les allocutions, j’ai dû devenir un vrai orateur. J’avais acquis une certaine expérience en matière de discours en intervenant pendant des conférences sur la technologie et l’industrie du jeu avant de me lancer dans le blogging, mais je n’étais payé au mieux qu’avec des billets de conférence gratuits. Je sentais qu’il me restait un long chemin à parcourir avant d’être capable d’avoir un revenu important grâce aux allocutions publiques.

Au début des années 2000, j’étais totalement admiratif des personnes qui pouvaient s’exprimer avec assurance devant une foule. Je voulais aussi m’améliorer dans ce domaine. L’une des raisons pour lesquelles j’ai délaissé le développement de jeux au profit du développement personnel, c’est que cela m’aiderait à développer beaucoup plus mes compétences en matière d’expression. Dans le domaine du développement personnel, un investissement majeur dans mes compétences orales pourrait plus facilement se justifier parce qu’il y aurait probablement un gain financier important à tirer de ce côté. Si je restais dans l’industrie du jeu, je pourrais encore continuer d’intervenir à des conférences sur la technologie, mais il serait peu probable que cela génère beaucoup de revenus étant donné que ce type de discours est pour la plupart du temps gratuit.

J’aimais parler en public, je voulais devenir bon à cela, et je le ferais volontiers gratuitement. Par contre, je ne pouvais pas justifier le fait de supprimer le temps nécessaire à mon entreprise de jeux vidéo pour m’occuper de ce genre de choses. Les exigences de mon entreprise allaient à l’encontre de mes intérêts personnels de croissance.

Dans ce genre de situations, vous pouvez soit faire passer en premier votre ancien modèle d’affaires, soit vous pouvez faire passer votre croissance personnelle en premier. J’ai opté pour la dernière solution. J’ai fermé mon entreprise de jeux et j’ai recommencé à zéro dans un nouveau domaine. J’étais principalement motivé par l’envie d’adopter un modèle d’affaires qui me permettrait de tirer beaucoup parti de mes principales activités de croissance. Je pouvais désormais justifier le fait de passer plus de temps à donner des allocutions et à écrire parce que ces compétences seraient également bénéfiques pour ma nouvelle entreprise.

Remarquez que là aussi, je faisais un grand sacrifice. Dans ce nouveau domaine, il me serait presque inutile d’entretenir mes compétences en programmation de jeux, et donc je savais qu’elles s’atrophieraient. Ce compromis en valait la peine pour moi.

Le fait d’avoir intégré mon parcours de croissance personnelle à mon entreprise a été extrêmement gratifiant. C’est comme être payé pour grandir et s’améliorer. Aujourd’hui, j’ai les compétences qu’il faut pour gagner facilement un montant de six chiffres chaque année en tant que conférencier si je le souhaite. Pour moi, la capacité de gagner de l’argent en donnant des discours est agréable, mais ma plus grande satisfaction est de savoir que je peux me lever et m’exprimer en toute confiance devant des gens, sans peur ou anxiété.

Ce processus qui s’étend sur des années et qui consiste à transformer une faiblesse en un atout est tout simplement merveilleux. S’engager dans ce processus en tant qu’entrepreneur est encore mieux, car votre entreprise vous récompense pour votre succès lorsque votre nouvelle compétence peut être utilisée pour générer des revenus supplémentaires.

Jusqu’à ce jour, j’accorde beaucoup d’attention à l’alignement entre mes intérêts de croissance personnelle et les activités que mon entreprise récompense. Quand il existe un décalage trop important entre ces deux choses, je sais que quelque chose doit changer.

Pensez à comment vous pouvez adopter un modèle d’affaires à même de vous apporter des récompenses supplémentaires si vous atteignez vos objectifs de croissance personnelle et/ou des punitions supplémentaires si vous n’y parvenez pas. Vous pouvez si vous le souhaitez lier votre revenu aux habitudes que vous voulez adopter.

Apprendre à être patient et songer à abandonner les dates limites

De nombreuses opportunités entrepreneuriales ne peuvent être saisies qu’en faisant preuve de beaucoup de patience et de persévérance.

Pendant plusieurs années, la patience a été l’une de mes plus grandes faiblesses. Il m’est déjà arrivé de passer par plusieurs cycles pour planifier mon travail en détail, faire des estimations prudentes et réalistes, puis rejeter tout en bloc et remplacer mes évaluations par des estimations désespérément optimistes simplement parce que je ne voulais pas patienter le temps qu’il me fallait pour atteindre mes objectifs. Je me fixais des délais impossibles à respecter.

J’essayais de réaliser des projets qui devraient prendre plusieurs mois en seulement quelques semaines. Je me fixais des dates limites ridicules qui ne me donnaient pas le temps nécessaire pour finir, encore moins pour peaufiner le travail afin d’atteindre un haut niveau de qualité. Cela m’a amené à continuer d’accumuler des projets partiellement terminés, ce qui peut constituer une véritable source de perte de motivation.

Aujourd’hui encore, l’impatience représente pour moi un grand défi de croissance personnelle. J’aime aller vite. J’aime rapidement passer de l’idée au résultat, ce qui explique sans doute la raison pour laquelle j’aime tant bloguer. Toutefois, je reconnais aussi qu’il faut beaucoup de temps pour faire un bon travail sur certains projets, et qu’il est contreproductif de se précipiter.

Un jour d’avril, à l’approche de mes 30 ans, ma famille était sur le point de m’organiser une fête d’anniversaire. J’étais contrarié. En effet, j’avais beaucoup de travail, et le moment de mon propre anniversaire ne me convenait pas. Je voulais échapper à la fête en la reportant ou en l’annulant afin de pouvoir rester à mon bureau et travailler. Je me suis disputé avec ma mère à ce sujet, qui (peut-être à juste titre) s’était un peu énervée contre moi. Après son coup de fil, je me suis dit : « C’est ridicule ». Je suis allé à contrecœur à la fête, mais je ne faisais que penser au travail qu’il me restait à accomplir. J’étais dans une impasse.

Un grand nombre de projets créatifs ne voient pas le jour pour la simple raison que les gens veulent les réaliser dans des délais irréalistes. Le problème c’est qu’un travail créatif peut être très imprévisible. Une estimation est suffisamment difficile à faire lorsque tous les détails sont connus à l’avance. Lorsque des problèmes inattendus doivent être résolus, le fait d’imposer une échéance peut facilement faire plus de mal que de bien.

Je comprends le fait que les dates limites et les estimations de temps soient des éléments importants à prendre en compte lorsque vous dépensez beaucoup d’argent, que vous saisissez des opportunités où le temps se révèle être un facteur clé, que vous cherchez à distancer la concurrence ou que vous travaillez avec de grandes entreprises. Cependant, la plupart des entrepreneurs ne sont pas confrontés à de telles situations. Pour de nombreux entrepreneurs, les délais sont arbitraires et ils se les imposent eux-mêmes.

Je me suis rendu compte que je réalise un bien meilleur travail quand je n’ai pas d’échéance précise. Je trouve les délais extrêmement distrayants. Ils m’amènent bien souvent à effectuer un travail dont la qualité laisse à désirer, à prendre de mauvaises décisions et à commettre davantage d’erreurs. Les délais limites augmentent mon niveau de stress et m’empêchent de faire preuve de créativité.

Au lieu de vous imposer des échéances, quelle source de motivation pourriez-vous utiliser à la place ? Si vous n’avez pas de date limite, ne risquez-vous pas de sombrer dans la paresse ?

J’ai constaté que je travaille plus dur lorsque je ne m’impose aucun délai. Au lieu de me contraindre à travailler plus vite, je me concentre sur la qualité du travail que je produis.

Hier, j’ai travaillé pendant 12 ou 13 heures et j’ai beaucoup apprécié le travail que j’ai abattu. J’ai entamé ma journée de travail vers 5 h 45 et j’ai travaillé pendant les cinq premières heures sans pause. Même à la fin de la journée, je me sentais toujours motivé à travailler ce qui m’a permis de travailler un peu plus après le diner. C’est de cette façon que je travaille quand je n’ai pas d’échéance. Au lieu de m’inquiéter par rapport au temps, je concentre toute mon attention sur la tâche à accomplir. J’exécute la tâche comme si le temps était infini.

Ma principale leçon de croissance personnelle à ce stade fut d’apprendre que travailler sans être contraint par le temps est plus efficace que de travailler en tenant compte d’un délai de rigueur. Je sais que beaucoup de gens soutiennent avec insistance que les délais de rigueur sont importants pour atteindre les objectifs. Pour ma part, cependant, je considère qu’ils sont contreproductifs. Ils déclenchent mon impatience et me font foncer dans des murs.

Ce qui m’a permis d’acquérir de la patience, c’est la possibilité de travailler comme si le temps n’existait pas. La seule chose qui existe, c’est la tâche qui est devant moi.

Presque tout ce que j’ai écrit, je l’ai fait sans m’imposer de délai de rigueur. Présentement, j’apprends à aborder une plus grande variété de projets avec cette même approche, et cela fonctionne très bien ; pour le moment.

Les affaires constituent un excellent moyen d’acquérir de la patience. Lorsque vous verrez des entrepreneurs patients atteindre des résultats que vous n’avez jamais pu atteindre, vous vous sentirez incités à cesser de vous précipiter vers l’atteinte d’objectifs aléatoires et de consacrer davantage du temps à la production d’un travail de qualité.

Il est aussi possible que les délais de rigueur constituent une belle source de motivation pour vous, mais si ce n’est pas le cas, pensez plutôt à vous concentrer sur la qualité de votre travail. Ayez comme objectif de produire le meilleur travail possible et ignorez le temps qui passe.

Devenir assez fort pour entreprendre des projets immenses

Il s’agit d’un corolaire du point précédent, mais je pense que cela mérite une attention particulière.

Plusieurs entreprises travaillent parfois sur des projets monstrueux. Il s’agit de projets immenses et même parfois effrayants que vous craignez peut-être d’entamer, mais qui pourraient vous rapporter gros si vous parveniez à les mener à terme. Lorsque vous développerez votre patience et votre persévérance, vous pourriez avoir la chance d’accéder à ce genre de projets. Vous serez en mesure de déterrer des pierres précieuses que vous pensiez qu’il serait trop difficile d’extraire. Mieux, vous apprendrez même à apprécier le processus d’extraction.

Je savais depuis plusieurs années qu’il me fallait mettre à jour mon site Web qui devenait vétuste et qui a conservé le même design que celui qu’il avait au moment où je le lançais en octobre 2004. À bien des égards, il s’agit là d’un projet immense. J’ai créé le site dans la précipitation et j’ai pris plusieurs décisions de conception incohérentes au cours des 11 dernières années. La partie blog du site est gérée par WordPress, mais le reste du site comprend encore des dizaines de pages HTML codées à la main, divers scripts remplis de code spaghetti, d’innombrables redirections, des pages expérimentales qui ne fonctionnent plus, des centaines de liens morts et des dizaines de petits problèmes de conception. Malgré tout cela, le site était toujours très populaire ; enregistrant des dizaines de milliers de visiteurs par jour.

Il y a quelques années, j’ai dressé une liste exhaustive de ce dont j’avais besoin pour moderniser le site et résoudre les problèmes de conception et de codage, tout en conservant le contenu initial intact. Cette liste comptait plus d’une dizaine de pages. J’ai donc remis le monstre dans le placard.

Plus tard, j’ai finalement décidé de m’attaquer à ce projet. Je ne ressentais plus ni de l’impatience ni du stress à ce sujet. J’ai considéré le projet comme étant un défi de croissance personnelle, en pensant à combien je devrais me surpasser pour le réaliser.

J’ai envisagé d’engager un concepteur web, mais pour être tout à fait honnête, je n’ai jamais trouvé un designer dont les créations m’ont impressionné. J’ai reçu beaucoup de suggestions, mais chaque fois que j’ai consulté les albums, j’ai vu beaucoup de choses qui ne me plaisaient pas. Ma priorité était d’améliorer l’utilisabilité du site pour mes lecteurs. Je ne voyais pas comment le défilement parallaxe m’aiderait à atteindre cet objectif.

De plus, je n’étais pas très enthousiaste à l’idée de travailler avec un concepteur. Pour moi, c’était une façon ennuyeuse et fastidieuse de réaliser le projet. Je connaissais d’autres personnes qui ont fait appel à un concepteur pour mettre à jour leurs sites Web, et elles étaient souvent insatisfaites de l’expérience et des résultats.

Il existe peut-être un designer en or avec qui j’aurais pu travailler, mais je n’ai jamais trouvé cette personne.

La conception n’est cependant pas mon point fort. Pour commencer, je suis daltonien. Une personne ayant une vision normale voit environ 1 million de nuances de couleurs. Moi, je ne vois que 25 000 nuances. Cela fait 1/40e de la normale. Lorsqu’il s’agit de la couleur bleue, je peux voir ce qu’une personne ayant une vision normale voit, mais quand je m’égare dans les nuances rouges et vertes, je n’ai vraiment aucune idée de comment une personne normale voit ces couleurs. Heureusement, j’ai une petite amie qui a une vision normale des couleurs. Je me suis donc dit que travailler avec elle pour le choix des couleurs sur ce projet rendrait le travail plus amusant, ce qui s’est révélé être vrai.

J’ai décidé de faire preuve de simplicité dans la réalisation de ce projet. J’étais prêt à faire le nécessaire pour que les choses se passent bien cette fois. Pas de délais de rigueur. Mon but était de travailler jusqu’à ce que je sois satisfait du résultat.

J’avais une philosophie de conception ainsi que des normes cohérentes pour l’ensemble du site. Il me fallait résoudre chaque problème avec soin et réflexion. Je devais également apprendre tout ce qu’il me fallait apprendre ; de même que demander au besoin l’aide d’autres personnes.

J’ai entamé ce projet un jour d’août, ne sachant pas vraiment combien de temps cela prendrait, mais en prévoyant au moins deux mois de travail à temps plein. J’ai décidé d’arrêter de bloguer durant cette période, afin de pouvoir me concentrer plus sur ce projet.

J’ai commencé par mettre à jour mes connaissances de WordPress. Je suis allé sur le site WordPress.org et je me suis renseigné sur les dernières fonctionnalités que je n’utilisais pas encore. J’ai intégré le groupe de rencontre Las Vegas WordPress et j’ai commencé à aller aux réunions. En septembre, j’ai assisté au WordCamp Las Vegas qui a duré deux jours, ce fut mon premier WordCamp. J’ai discuté avec des développeurs et des concepteurs Web. J’ai pris beaucoup de notes et je me suis penché sur toutes les informations recueillies.

Je ne me suis pas précipité. Je ne m’inquiétais pas à propos du temps. Je me suis concentré sur ce que j’avais besoin d’apprendre pour réaliser le meilleur travail possible.

J’ai conçu en apprenant. Je faisais un prototype d’une seule page, je prenais le temps de la regarder et je notais ce que je n’aimais pas. Ensuite, j’essayais une autre approche pour régler ces problèmes. Quand je me sentais plus ou moins satisfait du résultat, je montrais cela à Rachelle et j’observais sa réaction. Ensuite, on discutait de ce qu’il fallait corriger. Je continuais à essayer de nouvelles idées jusqu’à ce que le résultat nous plaise tous les deux.

Considérer ce projet comme étant un projet de croissance personnelle s’est avéré extrêmement motivant. Je n’avais aucun mal à travailler pendant 10 à 12 heures par jour et je ressentais encore une envie intense de continuer de travailler jusqu’à ce que mon cerveau soit trop épuisé. Au lieu d’essayer simplement de mener à bien le projet, je me suis engagé dans l’acquisition de nouvelles connaissances et compétences, puis dans l’application de ce que j’ai appris dans le but de faire progresser le projet. Chaque jour était une aventure d’apprentissage.

Par exemple, au lieu d’essayer de choisir de meilleures polices pour le site Web, j’ai décidé d’étudier et d’apprendre la typographie. J’ai passé plusieurs jours d’affilée à étudier la typographie ; pendant 8 à 10 heures par jour. J’en ai sans doute appris plus sur la typographie au cours de cette première journée d’études intensives que je n’en avais appris sur le sujet tout au long de ma vie jusque-là. J’ai profondément réfléchi à la façon dont mes choix en ce qui concerne la typographie affecteraient l’expérience des lecteurs sur le site.

Quand j’ai estimé que j’avais une compréhension pratique et fonctionnelle de la typographie, j’ai appliqué ces connaissances à la mise à jour du site Web. J’ai pris en compte des centaines de polices différentes pour la re-conception et j’ai soigneusement choisi les polices que je voulais utiliser. J’ai testé et modifié tous les aspects de la typographie que je pouvais ajuster jusqu’à ce que je sois enfin satisfait. J’ai probablement passé 2 à 3 semaines simplement sur la typographie. Il n’y a pas d’Arial ou de Verdana sur le nouveau site !

J’ai pris en compte non seulement les polices, mais aussi la hauteur des lignes, l’espacement des lettres, l’utilisation de titres et de sous-titres ainsi que bien d’autres choses. J’ai ajusté le nombre de caractères par ligne pour qu’il se situe dans la plage idéale pour la lecture d’articles. J’ai personnalisé le style des puces, des listes numérotées, des citations, des liens et bien d’autres choses. J’ai même programmé les polices pour qu’elles se redimensionnent automatiquement en fonction de la taille de l’écran.

Cette exploration a probablement fait de moi une sorte de snob en matière de typographie. La meilleure motivation pour terminer et lancer le nouveau site Web était de regarder l’ancien site Web et de constater à quel point il me semblait laid et désordonné.

Ce projet qui m’effrayait autrefois a finalement été un merveilleux parcours de croissance personnelle. En temps normal, je n’aurais pas abordé ce type de projet pour moi-même. L’une des raisons qui m’ont motivé à le faire, c’est que mon site Web fait partie intégrante de mon entreprise. Il est déjà très fréquenté, et je sais que beaucoup de lecteurs apprécieraient un design plus moderne. Je ne saurais dire si ce projet sera financièrement rentable, mais une chose est certaine un site Web conçu de façon plus intelligente ne pourrait pas faire de mal.

Pour moi, le résultat immédiat, c’est que les gens auront beaucoup plus de facilité à utiliser le nouveau site. Pour cette seule raison, le projet valait la peine d’être réalisé.

Il ne me reste plus beaucoup de travail à faire sur le nouveau site. Tous les principaux problèmes ont été résolus et corrigés. J’ai donc pu supprimer des centaines de points sur ma liste de choses à faire. Le reste du travail consiste principalement à peaufiner les plug-ins, à corriger certains liens défectueux et à tester et améliorer les réglages. Le monstre a été apprivoisé.

Quand sera-t-il lancé ? Une fois que je l’aurai terminé. Je pourrais vous dire à peu près dans combien de temps, mais je ne le ferai pas.

À l’école, nous apprenons des choses que nous pourrions ne jamais utiliser dans le monde réel, alors, bien sûr, nous oublions la grande partie de ce que nous apprenons en quelques semaines. Ce type d’apprentissage constitue une réelle perte de temps et d’énergie. L’école, c’est surtout du babysitting.

En affaires, nous avons la possibilité d’apprendre une chose et de l’appliquer immédiatement. Cela ajoute de la profondeur, de la puissance et de l’énergie à l’apprentissage, ce qui nous permet d’absorber l’information plus rapidement, avec une meilleure capacité de rétention.

En tant qu’entrepreneur, vous remarquerez de plusieurs manières que vos faiblesses personnelles freinent votre entreprise. Le fait de savoir que vous allez devoir travailler sur vous-même pour permettre à votre entreprise de se développer peut vous motiver à relever de plus grands défis de croissance.

Ces défis de croissance sont infinis. Ne vous surmenez pas en essayant de les aborder tous à la fois, et ne vous blâmez pas trop quand vous n’êtes pas à la hauteur. Continuez simplement à vous tourner vers cet esprit puissant et ambitieux qui est en vous, et soyez aussi patient que possible tout en continuant d’évoluer en harmonie avec votre potentiel.

Cette série se poursuivra…

Note : Cet article est une traduction de l’article Entrepreneurs Grow at Warp Speed – Part 2 de Steve Pavlina. C’est donc lui qui s’exprime dans le « je » de cet article !

Un commentaire

  • Didier Mayem dit :

    J’adore!
    J’ai surtout aimé la partie qui parle de limite de temps. C’est vraiment une prison et la meilleure façon de faire entrer le doute dans l’esprit et saboter toute créativité.
    Se donner une limite de temps est je le crois sincèrement un mythe. Mais comme tu l’as dit celui qui s’ y sens bien, c’est tant mieux pour lui.
    Ensuite le côté de l’apprentissage. Robert Kiyosaki dit qu’un bon entrepreneur sait l’essentiel de ce qu’il faut savoir sur un large éventail de sujets, c’est ce qui fait de lui un entrepreneur.
    J’aimé cet article qui vient une fois de plus de celui qui fait effectivement ce qu’il dit.
    Merci

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