Le développement personnel sous stéroïdes : la stratégie de l’immersion

Note : cet article est une traduction de l’article Personal Growth on Steroids: The Strategy of Immersion de Steve Pavlina. C’est donc lui qui s’exprime dans le “je” de cet article !

Se lancerSi vous voulez étendre vos horizons et tester de nouvelles choses dans la vie, la stratégie de l’immersion est un des meilleurs moyens de le faire. Au lieu de simplement tremper vos orteils dans l’eau, l’immersion fait que vous y sautez la tête la première. Ce n’est pas une stratégie qui convient aux timides ; cependant, avec un degré suffisant de courage et de goût de l’aventure, l’immersion peut vous permettre de faire d’énormes avancées dans votre développement en une courte période de temps.

Supposez que vous êtes intéressé par le fait de lancer votre propre blog. Beaucoup de gens s’accrocheront à ce désir et ne feront rien à ce propos pendant des mois. Peut-être qu’ils liront d’autres blogs et peut-être qu’lis posteront quelques commentaires pour « faire trempette ». Mais ce n’est pas du blogging ; c’est juste repousser inutilement. Avec la stratégie de l’immersion, vous vous lanceriez simplement et créeriez votre propre blog (avec par exemple un hébergeur gratuit comme WordPress), pour immédiatement commencer à écrire votre premier article. Peu importe que vous sachiez de quoi vous allez parler. Faites-le, simplement. Si vous voulez sérieusement être blogueur, vous pouvez en être un en l’espace d’une heure. Ce n’est pas si compliqué.

Mais si cela ne prend qu’une heure de devenir blogueur (et je ne pense réellement pas exagérer en disant cela), alors quel sens cela a-t-il de s’accrocher à ce désir pendant des mois et de ne rien faire pour ? La seule chose qui vous stoppe est un ensemble de croyances limitatives à propos de ce que cela peut impliquer. Une des croyances limitatives les plus répandues est que beaucoup de gens sentent que s’ils vont faire quelque chose de nouveau, cela doit être une chose pour laquelle ils s’engageront à vie.

Par exemple, vous n’avez peut-être pas envie de vous inscrire aux cours de théâtre du coin parce que vous ne voulez pas être acteur. Peut-être que vous évitez d’apprendre le HTML parce que vous ne voulez pas être développeur web. Ou peut-être que vous ne voulez pas découvrir le Bouddhisme parce que vous ne voulez pas être bouddhiste. Mais cette attitude va vous faire passer à côté de nombreuses et merveilleuses opportunités d’évolution.

Pensez à la stratégie de l’immersion comme à une période d’intense concentration sur un centre d’intérêt en particulier, mais débarrassez-vous de l’idée que vous devez vous y engager à long terme. C’est de la monogamie en série. Pendant de courtes périodes, généralement de quelques semaines à quelques mois, investissez-vous totalement dans une nouvelle relation, en vous comportant comme si vous vous y étiez engagé à long terme mais sans prendre en réalité cet engagement. Si vous tombez amoureux de votre nouveau centre d’intérêt, vous pouvez continuer aussi longtemps que vous le voulez. Mais il n’y a pas de honte à y mettre fin aussitôt que vous décidez qu’il est temps de passer à autre chose. Vous pourriez être blogueur pendant une semaine et décider que ce n’est pas fait pour vous. Mais c’est mieux d’avoir été blogueur pendant une semaine que de ne l’avoir jamais été du tout.

Une des choses que j’ai toujours voulu essayer était les stand-up de comédie. Chaque fois que je voyais des comédiens sur scène, je pensais que cela avait l’air hyper amusant. Mais je ne voulais pas changer de carrière et devenir comédien professionnel pour le restant de ma vie. Et je ne voulais pas non plus passer des années ou des décennies à développer des compétences humoristiques juste pour gagner le privilège de me produire devant un public. Y a-t-il une solution alternative ? Ne puis-je pas trouver un moyen d’avoir cette expérience sans m’engager à vie là-dedans ?

Il y a sept semaines, j’ai assisté à une performance en live au Las Vegas Improvisational Players. Ces spectacles d’impro ne sont absolument pas pré-écrits. En jouant à divers jeux, dont beaucoup sont basés sur des apports du public, les acteurs doivent jouer des scènes, faire des sketches comiques, et créer des chansons de tête. Avec des comédiens talentueux, c’est généralement hilarant à voir.

Après avoir vu le spectacle, j’ai décidé qu’il était temps pour moi de me lancer, donc je suis allé au tout premier atelier d’impro après ça et j’ai payé huit semaines d’avance. Mis à part le fait que j’aie fait quelques discours humoristiques chez Toastmasters, je n’avais jamais fait quoi que ce soit qui s’approche d’un stand-up de comédie, et encore moins face à un public. Mais j’y ai plongé la tête la première et j’ai commencé à participer à des ateliers de deux heures. Cela m’a pris un moment pour m’y habituer, mais je me suis lancé dedans et j’ai fait du mieux que je pouvais. C’était réellement un apprentissage sur le terrain. De l’observation et des efforts. Des essais et des erreurs.

Eh bien, hier soir, c’était ma première performance en live avec mon groupe d’impro, et j’ai passé un super moment. En seulement sept semaines je suis passé du mec assis dans le public à celui qui jouait un spectacle de deux heures sur scène. Ma femme était dans le public, et elle a adoré et a été très impressionnée. Elle a dit qu’elle aimait particulièrement me regarder faire les sketchs physiques, comme quand j’ai dû faire semblant d’être un buffle ou quand j’ai essayé de jouer le mot « exécrablement » dans un jeu appelé Débat, sous forme de charade. Même si je ne me vois pas faire de l’impro tout le reste de ma vie, la stratégie de l’immersion m’a réellement permis de réaliser mon rêve. Je prévois de continuer pendant un moment et de voir où cela mène. Je trouve cela très motivant, et c’est par conséquent une incroyable source d’évolution pour moi. Cela m’aide à apprendre à être totalement présent dans ce que je fais et à réellement me pousser. C’est une expérience qui ne ressemble à rien de ce que j’ai pu faire avant.

Mais je n’étais pas obligé d’être comme ça. J’aurais simplement pu m’asseoir dans le public et me convaincre qu’essayer d’être comédien n’était pas pour moi. J’aurais pu décider de laisser les super compétences et le grand talent des autres acteurs m’intimider. J’aurais pu me convaincre que j’allais être aussi pétrifié qu’un lapin dans des phares à cause de la pression qu’il y a à essayer d’être amusant sous l’impulsion du moment. J’aurais pu me dire « Je ne peux pas. Je ne peux pas. Je ne peux pas. »

Mais j’ai choisi de laisser de côté ces pensées négatives. Woody Allen a dit que 80% du succès dans le show-business vient du simple fait de se pointer. Donc j’ai suivi son conseil. Est-ce que mon esprit a toujours coopéré ? Bien sûr que non ! Il a essayé de me vendre des images d’échec complet et d’humiliation publique. Mais j’ai refusé d’écouter parce que je sais que j’ai la capacité de diriger consciemment mes pensées au lieu de les laisser me diriger. Chaque fois que mon esprit a tenté de trouver des excuses justifiant que je ne pourrais pas le faire, je coupais consciemment cette voix négative et je faisais repasser ma concentration sur ce que je voulais. Je ne me permettais pas d’ancrer des pensées qui m’auraient poussé à être nerveux, à voir peur, et à abandonner. Il était évident que je ne serais pas aussi bon que les autres comédiens qui faisaient ça depuis des années. Ils sont incroyablement talentueux. Je ne peux pas prétendre les égaler après seulement 12 heures de cours et de pratique. Et alors ? Qui s’en soucie ? Si je monte sur scène et que je me plante, ce n’est pas vraiment une catastrophe. Je me suis donné la permission d’échouer. Mais je ne me donnerai pas la permission de ne pas essayer.

Le jour du spectacle, j’ai remarqué que je me sentais un peu anxieux. Il se trouve que je succombais aux images mentales me montrant réussir sur scène conjointement à d’autres me montrant me planter. Et si j’étais sous les projecteurs et que je ne trouvais rien à dire ? Et si j’essayais de faire une blague et que tout ce que j’obtenais en réponse était un silence de mort ? Mais heureusement je savais comment gérer mon cerveau quand il s’entêtait comme ça. Cela m’a pris 10 minutes de visualiser consciemment ce que je voulais, et j’ai aussi utilisé mon corps et ma voix pour me mettre dans un état de confiance totale. Je me suis imaginé debout sur scène, en train de passer un super moment, me sentant hyper enthousiaste et énergique, et voyant le public hurler de rire. J’ai physiquement joué quelques scènes factices. Je n’ai pas essayé de m’imaginer faire une performance parfaite – cela aurait été totalement irréaliste. Donc à la place j’ai choisi de me concentrer sur quelque chose que mon subconscient pouvait me fournir : profiter à fond de l’expérience. En l’espace de quelques minutes, tout doute m’avait quitté, et j’ai commencé à me sentir très excité et enthousiaste, et j’avais hâte de passer un bon moment. Mes pensées négatives n’avaient aucune chance de briser l’énergie créée par les pensées positives. Et pendant que j’étais sur scène, je sentais que j’étais totalement dans l’instant. Sentir l’énergie du public et entendre tous les rires était incroyable.

Alors comment est-ce lié à la stratégie de l’immersion ? Chaque fois que vous sortez de votre zone de confort, il est normal de connaître une vague de peur et de doute. Vous pourriez suivre une approche très progressive pour surmonter votre peur via une désensibilisation systématique, mais pourquoi laisser la peur vous ralentir tout court ? Si vous pouvez sortir la peur du tableau, vous pouvez vous lancer et profiter d’une évolution rapide sans être préoccupé par des pensées négatives. Vous pouvez même apprécier cette phase de débutant peureux en vous donnant la permission d’échouer. Mais c’est ce que vous faites réellement qui redéfinit votre réussite, par exemple au lieu de vous demander une super performance dès la première fois, ce qui est pratiquement impossible à faire en tant que débutant quel que soit le domaine, définissez le succès comme le simple fait de prendre plaisir à cette expérience. C’est une chose que votre subconscient peut vous délivrer quel que soit votre niveau de compétence. Peu importe la qualité de votre prestation d’un point de vue objectif, votre expérience subjective peut quand même être source de plaisir et d’amusement.

D’un point de vus objectif (d’après les retours que j’ai reçus des autres comédiens et de quelques spectateurs), je dirais que ma performance hier soir était bonne. Certainement pas hallucinante, mais clairement pas catastrophique. Pour une première fois, c’était peut-être même très bon, mais je porte mon modeste niveau de succès objectif au crédit de mon haut niveau de succès subjectif. Subjectivement j’ai passé un merveilleux moment. J’ai profité à fond et je me suis senti bien plus en accord avec les autres comédiens et le public. J’étais confiant. J’étais excité. Et je me suis amusé. Et je pense que ce succès interne a significativement boosté mon succès externe. Si j’avais été nerveux, effrayé, ou emprunté, je ne serais peut-être pas arrivé à faire cela. Par conséquent, j’ai senti que mon succès objectif n’était limité que par mon manque de compétences et d’expérience, pas par la peur ou le doute. J’ai fait de mon mieux, et je n’ai aucun regret parce que je n’aurais pas pu en attendre plus de ma part.

Apprécier le processus est la clé d’un développement personnel rapide. Les gens qui lisent certains de mes articles dans l’isolement, en particulier Lancez-vous, en ressortent souvent avec l’impression que je m’impose une discipline extrême, comme une torture personnelle. Rien ne pourrait être plus éloigné de la vérité. La réalité est que j’ai appris à faire des expériences que beaucoup de gens regarderaient avec peur ou résistance et que je les ai transformées en expériences de développement amusantes et plaisantes. J’ai dépassé la peur de l’échec en n’ayant pas de problème avec le fait d’échouer et en redéfinissant le succès comme le plaisir que j’y prendrais personnellement. Et cela à son tour me permet de passer à l’action sans peur et de profiter d’un développement rapide sans me retenir. Je me mets en condition de ne pas m’inquiéter si j’échoue d’un point de vue objectif parce que je suis juste là pour prendre du plaisir. Si je me plante sur scène, alors quoi ? Si je me fais incendier pour une chose que j’ai écrite dans mon blog, alors quoi ? Si je mange de la mauvaise bouffe chinoise, alors quoi ?

L’ironie est qu’une fois que la peur de l’échec est supprimée du tableau, le succès objectif devient bien plus probable. Beaucoup de gens croient que la peur de l’échec est saine et même nécessaire pour réussir. Si vous n’avez pas peur de l’échec, est-ce que cela ne signifie pas que vous serez fainéant ? N’avez-vous pas besoin de vous inquiéter de l’échec pour réussir dans votre entreprise ? Pas du tout. Perdre votre peur de l’échec ne signifie pas que vous perdez votre désir de réussir. En fait, il est plus facile d’éviter l’échec quand vous n’en avez pas peur. La peur paralyse. Si vous avez peur de quelque chose, vous aurez plus de chances de procrastiner à son propos, pas l’inverse. Cependant, si vous êtes infiniment enthousiaste quant à ce que vous faites, vous entreprendrez tout ce qui est nécessaire parce que vous le voulez, pas parce que vous le devez. N’avez-vous pas remarqué que vous travaillez plus dur et plus longtemps sur une chose que vous appréciez que vous ne le ferez sur une chose qui vous rend stressé et anxieux ?

La peur est un choix, pas une obligation. Quand vous apprenez à définir le succès en termes subjectifs, vous gagnez la capacité à garantir virtuellement votre succès quelles que soient les forces extérieures contre vous. Et quand vous remportez une victoire subjective, alors la victoire objective a bien plus de chances d’arriver. L’intérieur est comme l’extérieur. Faites que votre corps et votre esprit soient cohérents avec ce que vous voulez, et votre monde extérieur va bientôt entrer en alignement. Avec la stratégie de l’immersion, vous pouvez laisser la peur de côté et faire de rapides progrès en direction de vos rêves. Vous ne serez limité que par les limites de la réalité objective, pas par votre peur ou votre propre doute. Et mieux que tout, vous apprécierez chaque pas sur cette voie, pas seulement le résultat final. Qui veut souffrir des années dans l’espoir d’atteindre le proverbial trésor au bout de l’arc-en-ciel, seulement pour connaître un bref moment de bonheur avant de passer péniblement au prochain objectif. Pourquoi ne pas prendre du plaisir tout au long de l’arc-en-ciel ?

Crédits photo : © ehabeljean – Fotolia.com

2 commentaires

  • Christine dit :

    Bonjour,
    Cet article colle vraiment à la réalité que nous vivons tous les jours. Il suffit souvent de se lancer pour s’apercevoir que ce n’était pas si terrible et l’on est tellement bien après ! Tant de choses que nous ne faisons pas en se donnant de fausses bonne raisons de ne pas y aller comme “je disais çà comme çà” ou “non, c’est idiot, je n’y arriverai pas”, “c’est une lubie çà va me passer” “je n’ai pas le temps” les petites phrases ne manquent pas pour ne pas faire… Peut être qu’il suffit de se dire “si je ne le fait pas, je vais le regretter” çà marche pas mal avec moi, alors pourquoi pas avec vous.

  • Pascal dit :

    Bonjour Olivier,

    l’immersion totale est indispensable quand on fait quelque chose sinon ça n’a pas de sens.
    J’ai pu tester ainsi la pratique de l’aïkido pendant 3 mois. Actuellement, je m’immerge dans le blogging.
    Par la suite, il y aura plein de défis à relever: le vol en parapente, l’hélicoptère, les voyages, etc.

    amicalement,

    Pascal

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