Que faire lorsque vous accusez du retard ?

retardQuand j’étais enfant, apprendre à faire du vélo m’a pris plus de temps que je ne l’aurais voulu. J’ai continué d’utiliser un vélo avec des roues d’entrainement et je ne m’entrainais pas beaucoup. Il va sans dire que je n’ai donc pas appris à trouver l’équilibre.

Un jour, j’ai remarqué que ma sœur (plus jeune que mois de 2 ans et demi) était presque parvenue à comprendre comment faire du vélo. Elle n’était pas encore à l’étape de la maitrise véritable, mais elle était clairement plus avancée que moi quant à comment trouver l’équilibre. Je ne pouvais pas la laisser me battre !

Alors, j’ai pris mon vélo, je l’ai poussé dans la rue et j’ai décidé que j’allais apprendre à rouler sur-le-champ. J’ai sauté dessus — sans roues d’entrainement — et j’ai fait des embardées partout comme un maniaque hors de contrôle. J’essayais de rouler près de l’herbe quand je parvenais à faire preuve d’un certain degré de contrôle. Je faisais cela dans l’espoir que si je perdais l’équilibre et tombais, je me retrouverais sur le gazon plutôt que sur le bitume ou le trottoir.

Après de nombreuses tentatives éphémères, j’ai finalement appris à garder l’équilibre. Puis, je me suis mis à rouler. J’ai beaucoup roulé sur mon vélo cet été-là et j’ai gardé cette habileté jusqu’aujourd’hui.

Avant cela, je passais beaucoup de temps à m’entrainer. Cela semblait effrayant et intimidant. J’avais peur de tomber. Néanmoins une fois que j’ai affronté la peur et trouvé le courage nécessaire pour risquer d’être blessé, j’ai rapidement émergé de l’autre côté avec en prime une toute nouvelle compétence. Le temps qu’il a fallu entre le moment de la prise décision et le moment où j’ai émergé avec la compétence de base était probablement de moins d’une heure.

Qu’est-ce qui m’a finalement motivé à affronter la peur et à passer à l’action ? C’est l’impression que j’avais de prendre du retard. Mes camarades me laissaient loin derrière. Ils savaient faire du vélo et pas moi. Si ma sœur cadette parvenait également à faire du vélo avant moi, je serais sans doute défavorablement comparé à elle, et je ne voulais vraiment pas subir cela.

Cette pression accumulée m’a fait du bien. J’avais la capacité d’affronter ma peur et de développer cette compétence, mais je me retardais. Je laissais la peur prendre le dessus sur moi. Cette pression m’a donné un coup de pied bien nécessaire dans ma complaisance.

Plusieurs années plus tard, je me suis retrouvé dans une situation similaire. Quand j’ai commencé l’université, je n’ai pas pris mes études au sérieux et j’ai fait beaucoup d’erreurs. En somme, je m’étais spécialisé dans le vol à l’étalage, la consommation d’alcool et le poker… et j’ai finalement été expulsé. Quand j’ai finalement eu une seconde chance, mes anciens camarades de lycée commençaient tous leur dernière année, alors que je recommençais comme étudiant de première année. J’étais en retard de trois années sur mes pairs, et j’en ai vraiment ressenti le poids.

Une fois de plus, le sentiment d’être à la traine est devenu une puissante source de motivation pour moi. Au lieu de prendre quatre ans pour obtenir mon diplôme, j’ai pris l’engagement de maitriser la gestion du temps et j’ai essayé d’obtenir mon diplôme beaucoup plus rapidement. J’ai pris environ 3 fois plus de cours que la charge normale, et j’ai obtenu non pas une, mais deux licences de sciences (en mathématiques et en informatique) — en seulement trois semestres. De plus, j’ai reçu un prix spécial récompensant le meilleur étudiant en informatique (tel que choisi par la faculté) lorsque j’ai obtenu mon diplôme.

Je n’ai jamais pensé être capable d’une telle prouesse, tout comme je n’avais pas la moindre idée que je pouvais apprendre à faire du vélo aussi rapidement. Le sentiment d’être en retard a servi de puissant motivateur. Au lieu d’essayer d’étouffer ces sentiments décevants, comme je l’avais fait jusque-là, je me suis permis de ressentir le poids de cette pression. J’ai utilisé ces sentiments apparemment négatifs pour me motiver à passer à l’action et surmonter ma propre résistance.

Le côté positif de la pression sociale

Il existe de nombreuses façons de faire face à la pression sociale, surtout lorsque vous avez l’impression de ne pas être à la hauteur d’une norme externe. Vous pouvez remettre en question ou même rejeter la norme ; c’est d’ailleurs souvent la meilleure option pour les normes que vous n’acceptez pas. Vous pouvez aussi accepter la norme et utiliser la pression pour élever votre performance.

J’ai vu d’autres personnes utiliser ce même genre de pression à leur avantage. Les gens qui stagnaient dans leur carrière libèrent leur ambition dormante. Les personnes timides ou socialement mal à l’aise s’efforcent de maitriser les compétences sociales. Les personnes qui ont été embourbées dans le manque déclenchent l’abondance financière.

Très souvent, ces personnes réussissent de façon remarquable. Elles transforment le sentiment qui découle du fait d’être à la traine en une puissante source de motivation. Elles redéfinissent leur ancienne relation avec leurs pairs. Au lieu d’être le retardataire, le trainard ou le médiocre, elles deviennent l’apprenant rapide, le meneur, la vedette.

Accélérer votre croissance

Il est absurde d’utiliser la pression sociale pour vous enfoncer. Par contre, vous pouvez vous en servir pour motiver de nouveaux progrès.

Lorsque vous avez l’impression d’accuser du retard, comment pouvez-vous tirer parti de ce sentiment pour accélérer votre croissance ?

Tout d’abord, acceptez de ressentir le poids de la pression. Arrêtez d’essayer de la réprimer, de la minimiser ou de vous en détourner. Ressentez la douleur. Ressentez la déception. Même si cela vous donne l’impression d’être un véritable perdant, laissez ces sentiments s’exprimer librement pendant un certain temps. Faites vôtres ces sentiments. Ils sont temporaires.

Une fois que vous avez l’occasion de laisser circuler ces sentiments et que vous n’avez plus l’impression de réprimer ces émotions, marquez une pause et pardonnez-vous. Oui, vous avez pris du retard. Cela peut arriver. Ce n’est pas très grave. Reconnaissez votre humanité. Dites : « Je me pardonne pleinement et complètement. »

Je vous recommande de vous attarder sur l’étape du pardon jusqu’à ce que vous sentiez vraiment que vous vous êtes pardonné. Essayez de tenir un journal au sujet de votre décision de vous pardonner. Écrivez ou saisissez : « je me pardonne pleinement et complètement », encore et encore. Focalisez-vous sur le pardon et l’auto-compassion jusqu’à ce que vous sentiez une certaine libération émotionnelle, en coulant notamment quelques larmes. Si vous vous pardonnez réellement, vous ressentirez sans doute un certain réconfort par la suite ; vous vous sentirez léger.

Pardonnez-vous, mais ne vous relâchez pas complètement non plus. Par le passé, vous avez relâché l’effort, ce n’est pas grave. Ce qui serait grave serait de continuer dans ce relâchement. Soyez déterminé à en finir avec ce comportement insatisfaisant du passé. Fini le retard !

Sachez que vous pouvez vous rattraper. Vous pouvez aller plus vite. Vous pouvez vous racheter.

Admettez que cela ne sera pas facile. Il n’est d’ailleurs pas nécessaire que ce soit facile. Le défi sera bon pour vous. Il vous aidera à grandir. Il vous réveillera. Il vous aidera à rehausser vos normes.

À présent, portez votre attention sur la création d’une vision positive et d’actions nouvelles pour l’avenir. Redéfinissez votre vision à court terme de la réussite et faites-en une vision fondée sur l’action et non sur des résultats immédiats. L’une des raisons pour lesquelles nous prenons du retard, c’est que nous accordons une grande importance à l’échec. Cependant, de nombreux résultats (comme la maitrise du vélo) exigent que vous échouiez dans la pratique — parfois plusieurs fois — avant de réussir. Ne vous mettez donc pas trop de pression pour obtenir un résultat spécifique sur-le-champ. Ressentez plutôt la pression liée au fait de prendre des mesures simples. Convertissez cette pression en actions.

Quand je me suis engagé à apprendre à faire du vélo, au lieu de trop me concentrer sur l’objectif final, j’ai repoussé ce désir jusqu’au fond de mon esprit. Je me suis concentré sur les effrayantes actions que je redoutais. Pour moi, il était question d’essayer de faire du vélo, de tomber et de me blesser. J’ai donc pris l’engagement d’aller de l’avant et de donner le meilleur, de tomber autant que possible, de supporter les égratignures et les contusions, de remonter promptement sur le vélo et d’essayer à nouveau. J’ai conçu qu’il puisse y avoir de la douleur et du sang, et le cas échéant, je me blesserais, je saignerais et je continuerais. En acceptant le résultat possible que je craignais, j’ai réduit ma résistance à l’action. J’ai décidé que je préfèrerais être un garçon blessé et ensanglanté qui savait faire du vélo plutôt qu’un garçon immaculé qui ne sait pas faire du vélo.

Quelle est la version « ensanglantée » de vous-même que vous évitez et qui vous fait accuser de plus en plus de retard ? Est-ce une vision de vous devant travailler ou étudier pendant de longues heures ? S’agit-il d’une représentation de vous-même étant rejeté à plusieurs reprises ? S’agit-il d’une image de vous-même commettant des erreurs et perdant de l’argent ? Vous pouvez endurer toutes ces choses. Vous avez aussi en vous la capacité de continuer tout de suite après que ces évènements se soient produits. Il ne s’agit que d’insignifiantes peurs auxquelles vous devez faire face au début du processus, et vous êtes assez fort pour les gérer.

À l’université, mon objectif était de m’inscrire à autant de cours que possible sur mon calendrier. J’ai décidé de faire de mon mieux pour assister à ces cours, faire les devoirs, passer les examens et apprendre les cours de manière efficace.

Donner le meilleur de vous-même

Dites-vous que le succès implique que vous donniez le meilleur de vous. Affrontez la peur. Faites un effort de bravoure. Ne vous souciez pas trop du résultat final.

L’une des raisons pour lesquelles vous avez l’impression d’être en retard, c’est que vous n’avez pas jusque-là donné le meilleur de vous-même. Ce n’est pas la perception que les autres semblent vous dépasser qui vous dérange. Ce qui vous met réellement mal à l’aise, c’est de croire que vous auriez pu éviter cela. Les conséquences de ne pas avoir donné le meilleur de vous-même peuvent être très troublantes lorsqu’elles finissent par vous rattraper.

Posez-vous la question suivante : « à quoi ressemblerait la meilleure version de moi ? »

C’est une question puissante, mais très souvent nous ne nous la posons pas parce que nos réponses feront la lumière sur les situations dans lesquelles nous ne donnons pas le meilleur de nous. Et c’est là que le sentiment que l’on a accusé du retard commence à se manifester.

Laissez-le se manifester. Plongez-vous dans ces sentiments. Ressentez la désagréable lourdeur et la déception de se faire distancer.

Tracez ensuite un chemin vers la meilleure version de vous sous forme d’actions simples et directes. Quel est le plus grand effort que vous pouvez faire ? Que pouvez-vous faire ? Quelles sont les mesures à prendre ?

Vous pouvez essayer et échouer. Vous pouvez essayer et être rejeté. Vous pouvez essayer et apprendre.

Si vous continuez de donner le meilleur de vous-même encore et encore, vous vaincrez vos anciennes peurs et inquiétudes plus vite que vous ne l’auriez cru possible. Et bientôt les résultats que vous désirez deviendront visibles… et ensuite pleinement réalisés.

Dans quels domaines avez-vous l’impression d’être en retard ? Dans quels domaines de votre vie êtes-vous peu efficace ? Laissez-vous envahir par le poids de ces déceptions. Pardonnez-vous. Déterminez à quoi pourrait ressembler votre meilleur effort. Ensuite, passez à l’action. Faites un premier essai. Tombez. Blessez-vous. Relevez-vous et essayez de nouveau. Persistez jusqu’à ce que vous obteniez les résultats souhaités.

C’est un peu comme faire du vélo.

Note : Cet article est une traduction de l’article What to Do When You’re Falling Behind de Steve Pavlina. C’est donc lui qui s’exprime dans le « je » de cet article !

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