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Le développement personnel pour les gens intelligents

Prendre des décisions qui durent

Note : cet article est une traduction de l’article Making Decisions That Stick de Steve Pavlina. C’est donc lui qui s’exprime dans le “je” de cet article !

Décisions durablesCombien de fois avez-vous été face à une décision difficile où vous vous demandiez « Qu’est-ce que je devrais faire ? » ou peut être « Quelle est la bonne décision ? »

Erin et moi recevons des mails de cette nature tous les jours. Les sujets vont des problèmes relationnels (est-ce que je devrais quitter mon partenaire actuel ?) aux choix de carrière (est-ce que je devrais quitter mon job pour faire ce qui me rend heureux ?) ou aux changements de vie (est-ce que je devrais déménager pour une autre ville ?). Malgré ces variations, le thème sous-jacent est le même. Les gens veulent prendre des décisions intelligentes et luttent pour trouver la bonne dose de clarté.

Le défi du choix

Je ne peux pas vous dire le nombre de fois où je me suis creusé la cervelle pour gagner en clarté à propos d’un choix significatif. Je passais des heures à analyser diverses facettes d’une décision parce que je voulais faire le choix le plus intelligent possible. Puis, quand je pensais avoir finalement la meilleure réponse, je me bloquais au moment où j’essayais de passer le cap. Même si ma logique disait « ok », la décision ne me semblait encore pas bonne pour une raison ou pour une autre. Généralement je n’atteignais jamais le saint graal de la clarté parfaite.

Après avoir fonctionné comme ça un nombre de fois assez embarrassant, j’ai pris un pas de recul et j’ai commencé à m’interroger sur le fonctionnement en lui-même. Je me suis demandé si le processus consistant à se demander et à répondre à « Que devrais-je ? » n’était pas en fait une sorte de piège.

Les mots comme « bien » et « devrais » impliquent l’existence d’une solution optimale ou au moins presque optimale parmi les diverses alternatives. La vie n’est pas en noir et blanc, mais nous pouvons certainement imaginer qu’un résultat sera au moins légèrement meilleur que les autres, non ? Par exemple, si vous vous demandez, « Est-ce que je devrais quitter mon travail ? », vous vous demandez ce qui vous mettrait dans la meilleure position dans la vie : partir ou rester. « Meilleur » est un terme subjectif, mais si une option vous laisse SDF et l’autre vous rend riche, à toutes choses égales par ailleurs, vous seriez enclin à définir le résultat le plus riche comme étant meilleur.

Il peut donc sembler logique qu’un processus consistant à examiner les alternatives, à envisager les résultats possibles, à comparer ces résultats, et à prendre une décision informée soit plutôt efficace, non ? Mais en pratique ce fonctionnement m’a fait échouer encore et encore. Et plus j’essayais de l’utiliser de façon sophistiquée, plus grand était l’échec. Je peux utiliser ce processus pour produire un plan qui a l’air super et qui vous ferait vous émerveiller par la profondeur de son analyse, mais vous ne verrez pas de mise en pratique dans le monde réel suivre ce plan.

Quand une solution n’est pas une solution

Qu’est-ce qui se passe ? Pourquoi est-ce que ce processus qui semble logique m’a si souvent fait échouer ? Suis-je mauvais pour le mettre en œuvre ? J’ai exploré cette possibilité, mais j’ai rapidement trouvé une autre façon de voir ce processus qui m’a mené à une conclusion différente.

J’ai pris du recul et je me suis demandé : « S’il y avait quelque chose d’entièrement mauvais avec cette approche de résolution de problèmes, qu’est-ce que cela serait ? » J’ai réalisé que si cette approche était mauvaise, ce serait très probablement à cause de la présomption que la qualité de ma vie dépendrait de la branche en particulier de l’arbre de décisions que j’ai choisi de suivre. En d’autres mots je partais du fait que ma décision affecterait la qualité continue de mon expérience de vie.

Dès que j’ai atteint ce point, j’ai instantanément réalisé que j’étais en fait tombé dans un piège… et un piège très insidieux en plus de ça.

Laissez-moi expliquer ça.

Disons que je dois faire un choix entre deux alternatives : A et B. Mon objectif est de faire le choix le plus optimal. Mais qu’est-ce qui est optimal ? La façon dont je définis le bon choix ? Quel est le critère pour comparer un choix à un autre ?

Ma présomption cachée était que le bon choix était celui, n’importe lequel, qui me rendait le plus heureux. Je pouvais deviner comment chaque décision affecterait les divers critères de ma vie (argent, santé, etc.), mais au final mes choix personnels étaient une question d’optimisation de mon bonheur.

Et c’était ça le piège. Je suis parti du fait que mes résultats dans la vie étaient la source de mon bonheur, et c’était une grosse erreur. C’est la raison pour laquelle ce processus a été un échec si complet pour moi. Il n’y a pas de bonne décision si j’utilise le bonheur comme critère. Et c’est parce qu’une fois que vous atteignez un certain niveau de développement conscient, vous dissociez graduellement votre bonheur des évènements extérieurs. Vous relâchez votre attachement aux circonstances et apprenez à vous sentir bien quoi qu’il arrive. Donc au lieu de tirer votre bonheur des circonstances, vous apportez du bonheur aux circonstances.

Un autre aspect du piège est que je partais du fait que si je faisais un choix sous-optimal, cela me condamnerait à un niveau inférieur de bonheur par rapport au fait de faire le bon choix. C’est une croyance très incapacitante. La vérité est que vous avez toujours du pouvoir dans le moment présent – en fait, c’est le seul endroit où vous avez du pouvoir. Peu importe donc l’importance que semble avoir telle ou telle décision, la vérité est que chaque moment est un processus de prise de décision. Il n’y a vraiment pas de mauvaise route, aucune décision fatale ne va totalement vous supprimer tout pouvoir. Vous pourrez toujours choisir à nouveau.

En termes pratiques cela signifie que vous pouvez quitter votre travail pour lancer votre propre entreprise, et si vous n’aimez pas ça, vous pouvez trouver un nouvel emploi, peut-être même revenir à votre ancien travail. Vous pouvez tester une nouvelle alimentation puis revenir à votre ancienne façon de manger. Vous pouvez emménager dans une nouvelle ville puis revenir dans l’ancienne. Vous pourriez même mettre fin à votre mariage puis vous réunir plus tard avec un sentiment d’engagement plus profond. La vérité est que beaucoup de décisions dans la vie ont un bouton annuler.

Que voulez-vous expérimentez maintenant ?

Au lieu de vous poser des questions comme « Que devrais-je faire ? » ou « Quelle est la bonne décision ? », envisagez plutôt de vous demander « Qu’est-ce que je veux expérimenter maintenant ? »

La vie est une expérience continuelle, pas une collection de décisions bonnes et mauvaises (ou optimales et suboptimales). Quand vous vous concentrez sur l’expérience qu’une décision vous apportera, vous cessez de voir la vie comme un soit-soit et commencez à la voir comme un et.

Par exemple, si vous envisagez de lancer votre propre entreprise, réalisez que vous n’avez pas à vous y engager pour le restant de vos jours. Vous pouvez gérer une entreprise ou travailler quelque part pendant un moment simplement pour l’expérience, et vous êtes libre de passer à autre chose chaque fois que vous le voulez.

À 23 ans j’ai lancé mon entreprise de développement de jeux. Créer et programmer mes propres jeux était un de mes rêves depuis l’âge de 10 ans, donc lancer cette entreprise était un rêve devenu réalité. Mais même alors je pensais que ce n’était pas une chose que je voulais faire pour le restant de mes jours. Cependant, c’était une chose que je voulais expérimenter à l’époque, et cela m’a vraiment enrichi. Je suis vraiment content de l’avoir fait – c’est une sensation incroyable d’avoir écrit et publié plusieurs de mes propres jeux. Mais à 33 ans, j’étais prêt pour une expérience différente, donc j’ai fait passer ma carrière principale du développement de jeux au développement personnel. Et ce n’était pas une question de bon ou mauvais. J’étais simplement prêt pour l’expérience de gestion d’une entreprise de développement personnel. Et même si je peux facilement imaginer faire cela pour le restant de mes jours, je reste ouvert à la possibilité d’arrêter à tout moment et prendre une décision différente si je choisis d’expérimenter autre chose.

En termes de relations, il y a eu des moments où je me suis fait un nouvel ami et où j’ai vraiment apprécié passer du temps avec cette personne, mais au final nous nous sommes éloignés l’un de l’autre. Je chéris encore ces relations. Une relation n’a pas besoin d’être permanente pour avoir de la valeur. Pas plus qu’une carrière, une alimentation, une maison, etc. Votre vie humaine ne sera pas non plus permanente, mais elle a quand même de la valeur pour vous, et cette valeur vient de votre expérience continuelle.

Une prise de décision plus simple

J’ai trouvé bien plus simple de gagner en clarté à propos d’une décision quand j’ai commencé à me demander : « Quelle option est-ce que je veux expérimenter ? » Cela m’a été particulièrement utile en affaires. J’avais précédemment une tendance à vouloir maximiser et optimiser divers critères, mais souvent cela me menait à une situation que je ne voulais pas vraiment expérimenter. Donc même après avoir pris une telle décision, j’y résistais parce que je savais qu’à un certain niveau ce n’était pas bon pour moi. Mais quand j’ai commencé à prendre des décisions qui enrichiraient mon expérience de vie, comme en m’aidant à évoluer, je pouvais les mettre en œuvre bien plus facilement.

Par exemple, on m’a récemment offert la chance de faire une présentation sur le blogging toute une journée à la Las Vegas National Speakers Association, dont je suis membre. Je n’ai jamais fait de présentation d’une journée complète sur ce sujet avant, donc cela impliquerait beaucoup de travail préparatoire pour moi. Les évènements de cette association ne sont pas payés, donc je ferais cela gratuitement, et je n’ai pas de produits à vendre. Je parlerais également à un public d’orateurs professionnels.

À l’origine je suis tombé dans le fonctionnement de mon ancien modèle, donc je me suis demandé : « Est-ce que je devrais accepter de parler à cet évènement ? » ou « Est-ce que ce serait une bonne idée d’accepter cet engagement ? » La réponse logique était assez facilement non. Je vais vous épargner les détails, mais globalement j’ai eu la sensation que cet engagement nécessiterait trop d’efforts pour la valeur que cela aurait pour moi professionnellement. Et puis je veux gagner en expérience sur le fait de parler de développement personnel, pas de blogging.

Alors j’ai sorti mon nouveau modèle de prise de décision et je me suis demandé : « Est-ce une expérience que je veux avoir ? » Au lieu de penser à la décision en termes de bon ou de mauvais, de bien ou de mal, d’optimal ou de suboptimal, je me suis demandé si oui ou non c’était une expérience que je voulais ajouter à ma vie. Pour moi c’était un oui facile. Cela serait quand même beaucoup de travail, mais cela serait sans aucun doute une expérience de développement pour moi.

De façon ironique, j’évalue encore mes choix en fonction de quelle option est la meilleure, mais au lieu d’en évaluer le résultat, j’en évalue l’expérience. Cela pourrait sembler être un changement subtil, mais d’après mon expérience cela a été un changement très capacitant.

Pensez à la différence entre ces binômes de questions :

  • Est-ce que je devrais quitter mon travail ? -> Est-ce que j’aimerais expérimenter un autre travail ?
  • Est-ce que je devrais lancer ma propre entreprise ? -> Est-ce que j’aimerais avoir l’expérience de gérer une entreprise ?
  • Est-ce que je devrais rester dans ma relation actuelle ? -> Est-ce que j’aimerais continuer à expérimenter cette relation ?
  • Est-ce que je devrais faire du sport ? -> Est-ce que j’aimerais expérimenter un niveau différent d’activité physique ?
  • Est-ce que je devrais gagner plus d’argent ? -> Est-ce que j’aimerais expérimenter une plus grande abondance financière ?

Quel genre d’expériences vivez-vous en ce moment ? Vivez-vous des expériences qui sont en adéquation avec vos désirs ? Si ce n’est pas le cas, qu’aimeriez-vous expérimenter à la place ? Qu’aimeriez-vous expérimenter d’autre au cours de votre vie ? Quelles décisions devez-vous prendre dès maintenant pour que ces expériences se manifestent ?

Ne tombez pas dans le piège de l’attachement aux résultats. Votre vie est ce que vous expérimentez en ce moment ; ce n’est pas une simple chaîne de résultats uniques. Quand vous vous concentrez sur le fait d’attirer des expériences désirables, les résultats arriveront d’eux-mêmes, étant donné que les résultats font partie de l’expérience de toute façon.

 Crédits photo : © alphaspirit – Fotolia

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