L’ours le plus brillant

Note : cet article est une traduction de l’article The Brightest Bear de Steve Pavlina. C’est donc lui qui s’exprime dans le “je” de cet article !

Créativité conscienteComme beaucoup de parents, j’aime encourager mes enfants d’un point de vue artistique. Dans mon bureau, sur le mur au-dessus de mon bureau, il y a un panneau de liège sur lequel j’affiche fièrement leurs dernières créations.

Il y a quelques jours, ma fille Emily (6 ans) m’a dit qu’elle voulait me dessiner un ours à ajouter à ma collection. Avant cela, elle avait tracé et colorié environ 10 dessins d’ours en partant d’une version originale que j’avais faite pour elle.

Elle avait prévu d’utiliser le même processus pour créer l’ours n°11, mais cette fois je lui ai demandé d’essayer de faire son propre ours en partant de zéro au lieu de le tracer. Elle a haussé les épaules et est monté dans sa chambre pour essayer.

Au bout de 30 minutes environ, je suis passé devant sa chambre et je l’ai entendu pleurer. Quand je lui ai demandé ce qui n’allait pas, ses pleurs ont redoublé. Puis elle a grogné sur moi (presque comme un ours) et elle a crié « Je ne peux pas y arriver ! Je ne peux pas y arriver ! Je ne peux pas faire un ours qui ressemble aux autres ! C’est trop difficile ! Je ne peux pas y arriver ! »

Je lui ai fait un câlin pour la calmer. Puis je lui ai expliqué « Emily, je ne veux pas que tu fasses un ours qui ressemble aux autres. Je veux que tu fasses ta propre version d’un ours. Je ne me soucie même pas qu’il ressemble à un ours. Je veux simplement que ce soit quelque chose que tu as créé. Je veux un original d’Emily. »

Je lui ai expliqué qu’il était impossible qu’elle échoue. Tout ce qu’elle avait à faire était de créer quelque chose. Elle m’a jeté un regard suspicieux mais fut d’accord pour essayer.

Un peu plus tard elle est venue à mon bureau, a fait de la place sur le panneau en liège, et a épinglé son dernier ours. Elle n’était plus frustrée, simplement heureuse.L'ours d'Emilie

L’ours d’Emily n’est peut-être pas aussi perfectionné ou uniforme que les ours pré-tracés. Il est peut-être un peu brut sur les bords (cela marche aussi littéralement parlant si vous y regardez bien). Il n’est peut-être même pas reconnaissable comme ours pour la plupart des gens… ou comme bison ou yack à la limite.

Mais son ours est clairement précieux pour moi juste parce que je suis son père. C’est une expression de sa créativité et de notre relation spéciale. Mais c’est encore plus que ça.

L’ours placé au milieu se détache des autres. Il est unique. En fait, c’est les autres ours en toile de fond qui lui permettent d’exprimer son côté unique.

Les ours tracés ont l’air déroutés par l’ours du milieu. Pourquoi n’est-il pas comme le reste d’entre eux ? Pourquoi est-ce que ses lignes zigzaguent au lieu d’être droites ? Pourquoi est-ce qu’il est aussi rond et pas aussi ciselé ? Qu’est-ce qui lui donne le droit d’être unique ? Est-ce que tous les ours ne devraient pas être identiques ?

En public, les ours tracés ignorent, ridiculisent, et font de leur mieux pour éviter l’ours du milieu. Mais en privé, dans la profondeur de leurs âmes d’ours, ils aspirent à être davantage comme lui. La présence de l’ours du milieu est un rappel constant du courage qu’ils n’ont pas. Ils le détestent mentalement pour ça, mais dans leurs cœurs ils l’adorent pour ça.

L’ours du milieu est plus brillant que n’importe quel autre ours, et malgré tous leurs efforts, les autres ours ne peuvent pas détourner le regard. Ils sont désespérés d’être des ours tracés, et dans le même temps ils espèrent pouvoir évoluer et devenir plus que ça.

L’ours du milieu était le résultat d’une création consciente. Les autres ont été créés par clonage.

Quel type d’ours êtes-vous ? Est-ce que votre vie est le résultat d’une création consciente ou d’un clonage ? Essayez-vous d’être comme tout le monde, ou pouvez-vous rassembler le courage nécessaire pour être l’ours du milieu… pour briller tellement que même les autres ours commencent à refléter votre lumière ?

Si une fillette de six ans peut le faire…

Crédits photo : © rolffimages – Fotolia

Un commentaire

  • Nunul dit :

    Hé Ben ! j’aurai aimé avoir un père comme toi, car j’adorai faire du dessin.
    J’aimais bien faire des reproductions de livret de Tintin et Milou, et j’en veux un peu à mes parents (et aussi à l’école, car en « art plastique » j’avais toujours de super notes, et combien de fois je peux regretter que l’on ne m’a pas orientée vers le domaine du dessein, et fusain (que j’adorais aussi).
    Après ça été l’enfer, car j’avais des problèmes de santé et tout se que je désirai faire, j’avais toujours comme réponse « non, avec les allergies vous ne serez pas acceptée.
    Résultat, j’ai démarré dans la vie avec des boulots que je détestais et que je sentais bien que d’était pas pour moi, jusqu’au jour où j’ai fait la connaissance avec la PAO, j’ai mis des mois à me battre pour une formation alors qu’il y en a qui était là, ils s’en foutaient, ont les avaient mis là, car il fallait qu’ils fassent un stage (inutile de dire que ma rage à monté quand cette personne m’a dit cela), déjà je n’avais pas commencé dans la vie avec un métier que j’aime, puis 13 ans après, je trouve quelque chose, et là je me bats pour l’avoir et je m’aperçois que d’autres ont tout sur un plateau d’argent, avouez que c’est frustrant.
    Le temps passe, les catastrophes s’accumulent, et maintenant mon rêve (mais je n’y crois plus) c’est de faire des sites, des la création en télétravail salarié.
    Je ne sais pas dans quelle classe je dois me mettre, mais surtout s’il vous plait, motivez là à dessiner le plus bel ours et le plus brillant, car on peu faire un ours avec n’importe quoi, le tout est de le faire avec le coeur. Car par moment, on tombe, mais on a besoin d’une main pour remonter et reconstruire le plus bel ours.
    Merci !

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