Journal de sommeil polyphasique – jours 23 à 30 (mise à jour finale)

Note : cet article est une traduction des articles Polyphasic Sleep Log – Days 23-24 et Polyphasic Sleep Log – Days 25-30 (Final Update) de Steve Pavlina. C’est donc lui qui s’exprime dans le “je” de cet article !

HeuresChangement de perception du temps. La sensation que le temps passe très lentement, que j’ai mentionnée dans les précédents journaux de sommeil polyphasique, continue. Je suis ébahi du temps que semble durer ce week-end.

Mesurer le temps comme un passage des jours ne me semble plus adéquat. Techniquement un jour commence et finit à chaque fois que les aiguilles indiquent minuit. Mais comme j’ai perdu cette période de sommeil nocturne qui sert à diviser fortement les jours entre eux, chaque jour se mêle maintenant au suivant pour créer un continuum temporel unique. La date ou le jour de la semaine en particulier ne signifient rien. Je pense au passage du temps en termes de ce que j’ai accompli – l’ordre dans lequel j’ai travaillé sur différents projets. Je n’ai pas le sentiment que mes actions soient liées à un jour ou une heure en particulier. Donc je ne peux pas dire ce que j’ai fait mercredi ou jeudi dernier, mais je peux me rappeler que j’ai accompli certaines tâches dans un certain ordre.

Je ne m’attendais vraiment pas à ce que ces boucles perpétuelles existent quand j’ai commencé cette expérience. Elles demandent indéniablement qu’on s’y habitue. Globalement cela a fait évoluer ma perception du temps en fonction d’indices internes et non plus externes. Les indices externes comme le lever du soleil, l’horloge indiquant 12 :00, ou mes enfants qui vont au lit n’ont pas beaucoup d’effet sur moi. Mes niveaux d’énergie et d’éveil ne coïncident pas avec de tels indices. Maintenant je suis plutôt poussé par des indices internes. Si je commence à me sentir fatigué, je sais que c’est le moment de faire une sieste, donc je fais une pause et vais faire ma sieste puis je reviens continuer ce que je faisais avant cette pause. Ce fonctionnement est le même pour moi qu’il soit midi ou minuit ou n’importe quel autre moment de la journée. C’est comme si mon horloge interne était déconnectée de l’horloge externe. Je prends conscience des indices de l’heure extérieure en tant que témoin passif.

Siestes interrompues. Beaucoup de gens m’ont demandé ce qui arrive si une sieste est interrompue prématurément. Cela m’est arrivé quelques fois, un téléphone qui sonne ou les enfants qui font trop de bruit dans la pièce d’à-côté. Ce n’est vraiment pas si terrible. Déjà, il y a une toute petite fenêtre pendant laquelle cette interruption peut avoir lieu, de seulement 15-20 minutes. Si une interruption arrive pendant que je suis encore réveillé et que je ne me suis pas encore endormi, cela n’a aucun impact. Si c’est une grosse interruption, je vais simplement remettre mon minuteur à zéro et recommencer la sieste. Il en va de même pour l’interruption qui arrive au moment où je me réveille. Mais si l’interruption arrive au milieu de la sieste, généralement je retombe dans le sommeil en moins d’une minute ou deux et je continue là où je m’étais arrêté.

Souvenez-vous que si on me réveille pendant une sieste, ce sera donc soit pendant la phase 1, très légère, soit pendant le sommeil paradoxal. Être interrompu pendant ces phases de sommeil ne me laissera pas groggy. En fait, se réveiller pendant le sommeil paradoxal est super. Mais si une sieste est interrompue tôt, cela peut signifier que j’aie eu moins de sommeil paradoxal que je le désirais. Et cela veut donc simplement dire que pendant le prochain cycle de veille, je pourrais sentir ne pas avoir assez dormi. Généralement je ressens le besoin de faire une nouvelle sieste plus tôt que d’habitude, au bout de 2 ou 3 heures. Et si je peux, je vais faire une nouvelle sieste quand l’envie se fera pressante. Une sieste interrompue est donc loin d’être fatale. C’est plutôt un contretemps mineur tant que j’ai quand même eu un peu de sommeil paradoxal.

Lien avec le régime. J’ai passé quelques heures à un repas végétalien ce week-end, et par une étrange coïncidence, quelqu’un a mentionné le fait qu’il connaissait une personne qui dormait par tranches de 15 minutes plusieurs fois par jour. Cela a attiré mon attention, évidemment, donc nous avons fini par parler un peu de sommeil polyphasique, et j’ai partagé mes expériences sur le sujet. Je pense que quelques personnes ont eu envie de faire le test après que j’ai expliqué comment cela fonctionne. D’autres ont senti qu’il y avait un lien fort entre régime et sommeil. Un type avait fait un jeûne de deux semaines à base de jus, et il a dit que pendant cette sèche, il n’avait besoin que de quatre heures de sommeil par nuit. Une fois qu’il a eu fini sa sèche, ses besoins en sommeil sont revenus au niveau précédent. Intéressant…

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Aujourd’hui est le commencement du 31e jour de mon expérience de sommeil polyphasique, donc j’ai fini 30 jours complets. Cela sera mon dernier article officiel sur cette expérience, à moins qu’il y ait un nouveau changement significatif en cours de route. Je considère que cette expérience est un franc succès, et j’ai l’intention de continuer avec le sommeil polyphasique indéfiniment tant que je n’aurai pas découvert une bonne raison de ne pas continuer.

Stabilisation. Cette dernière semaine a été la plus stable entre toutes. La période d’ajustement était un peu chaotique, mais maintenant je me sens à l’aise avec tout ça et je me suis installé dans un fonctionnement raisonnable, que je vais sans aucun doute continuer à peaufiner dans les semaines à venir. Je profite du passage relativement lent du temps et de l’ensemble des bénéfices que comporte cette méthode de sommeil.

Jeûne à base de jus pendant 5 jours. J’ai mentionné précédemment des améliorations dans mon alimentation. Cependant, il y a une semaine je me suis intéressé à un possible jeûne à base de jus, ce qui signifie ne consommer rien d’autre que des fruits fraîchement pressés et des jus de légumes (et de l’eau), aucune nourriture solide. Je n’avais jamais fait de jeûne à base de jus avant, mais le week-end dernier j’ai parlé à quelqu’un d’autre qui avait également fait cela, et j’ai été enchanté par l’idée. L’idée derrière un jeûne à base de jus est de faire une détoxification temporaire de routine qui donne à votre corps un repos en termes de digestion et ainsi la possibilité de vous remettre à jour en termes d’élimination des toxines. J’ai passé cinq jours complets sans prendre une seule bouchée de nourriture solide, et cela a été extraordinairement facile. Je suis passé par d’énormes tas de produits frais et j’ai fait beaucoup de concoctions intéressantes comme un jus tomate-courgette-basilic. Mon énergie est restée plutôt bonne tout au long du jeûne, et la faim était facilement gérable, même s’il n’y avait pas de pauses dues à de longues sessions de sommeil. En sortant du jeûne il y a quelques jours, j’ai remarqué que je mangeais de plus petits plats et que je me sentais un peu plus énergique que d’habitude. J’ai arrêté au bout de cinq jours principalement parce que je m’ennuyais du manque de variété et du sentiment général que j’en avais fini, mais la faim n’était toujours pas un problème à ce moment-là. Tout au long de l’expérience je me suis senti contraint de procéder à d’importantes améliorations alimentaires, et je pense que c’est fortement lié au sommeil polyphasique. Ce qui est tout aussi intéressant est que la personne qui m’a donné cette idée d’essayer un jeûne à base de jus m’a dit que pendant qu’il faisait un jeûne de deux semaines à base de jus, il ne dormait plus que quatre heures par nuit – c’est tout ce dont il avait besoin. Cela semblait logique pour moi parce que digérer des aliments plus lourds vous pousse à avoir besoin de plus de sommeil. Alors améliorer simplement votre alimentation en y incluant plus de fruits et de légumes frais pourrait réduire vos besoins en sommeil, même si vous dormez de façon monophasique.

Flexibilité. Le sommeil polyphasique a été bien plus flexible que je l’imaginais à la base. Les siestes peuvent être facilement ajustées pour correspondre aux problèmes d’emploi du temps, et je n’ai eu aucun souci à allonger le temps entre les siestes pour passer à 6-7 heures quand c’était nécessaire. Pour certaines personnes avec des situations de travail non flexibles, cela pourrait ne pas suffire. Mais si j’avais un travail qui m’empêchait de dormir de façon polyphasique, je préfèrerais quitter ce travail qu’abandonner le sommeil polyphasique, étant donné que ce travail prendrait trop d’heures sur mon temps s’il me forçait à revenir au sommeil monophasique. Et ces heures serait simplement perdues en hibernation.

Rêves. Mes rêves ont été plus riches et plus vivants, et j’ai fait un autre rêve lucide la semaine dernière, ce qui fait trois rêves lucides en 30 jours, et donc plus fréquent que mon expérience globale avant le sommeil polyphasique. Pendant les siestes, je continue à avoir la sensation que je dors bien plus que 20 minutes. Maintenant la plupart de mes siestes ont l’air de durer environ 2 heures, donc en fait j’ai l’impression de dormir davantage que je ne le fais vraiment. Mais c’est plus que ça. Quand je dors il me semble que je suis transporté dans une autre dimension où le temps passe plus lentement. En me réveillant j’ai la sensation de revenir d’un voyage qu’aurait fait mon esprit. Toute mon expérience de sommeil a changé.

Endurance. Je ne sais pas si mon endurance physique s’est améliorée parce qu’avoir une forte endurance est normal pour moi (j’ai précédemment beaucoup couru). Mais cela n’a pas diminué pour ce que je peux en dire. Hier ma famille et moi sommes allé faire une randonnée à Red Rock Canyon pendant 90 minutes, et alors qu’ils étaient tous fatigués après coups, je ne me sentais pas du tout fatigué, même si j’avais porté mon fils la plupart du trajet (il pèse près de 11 kg). Mais j’aurais pu faire ça en temps normal – je vais devoir essayer quelque chose de plus difficile pour savoir s’il y a un changement de mon endurance physique. Mon endurance mentale, cependant, s’est significativement améliorée. Je peux me concentrer pendant de plus longues périodes, même au beau milieu de la nuit (il est 4h30 quand je tape ceci).

Utiliser le temps à bon escient. J’envisage encore mes options quant à ce que je fois faire de tout ce temps supplémentaire. Maintenant que ma situation est stabilisée, il est temps de prendre certaines décisions. Ma femme et moi avons discuté du fait que je m’investisse plus dans son affaire VegFamily, mais j’aime aussi l’idée d’utiliser ce temps supplémentaire pour améliorer et développer mon blog. J’envisage même de retourner voir mon entreprise de jeux vidéo, Dexterity Software, pour voir s’il y a un moyen de transformer de façon créative cette entreprise pour qu’elle soit plus en adéquation avec ce que je fais maintenant, comme en créant des logiciels de développement personnel. Et j’envisage de tous nouveaux projets. Ce n’est pas tous les jours que vous gagnez de façon permanente 30 à 40 heures de plus par semaine. Cela pourrait me prendre un peu de temps de découvrir comment investir cette mine d’or temporelle.

Productivité. J’ai adoré ce boost de productivité que m’a fourni ce temps supplémentaire. J’ai ajouté bien plus de contenu sur le site ce mois-ci que les mois précédents, et le trafic et les revenus publicitaires sont plus élevés que jamais. En fait, j’ai reçu des plaintes comme quoi j’outrepasserais la capacité des gens à suivre le rythme, ce que je peux comprendre. Je vais faire passer une partie de ce temps supplémentaire sur d’autres tâches et projets. C’est amusant de penser que tenter une expérience de sommeil polyphasique fasse en fait partie de mon « travail », mais pour moi c’est un travail parfaitement convenable étant donné la façon dont je définis ma carrière. Pouvez-vous imaginer votre patron ajouter « Faites un test de sommeil polyphasique pendant 30 jours, et analysez ses effets dur la productivité » sur votre liste de choses à faire ?clip_image001

Hibernation. J’ai toujours l’impression de vivre avec un troupeau d’ours. Je n’ai pas vu ma femme depuis sept heures, même si nous sommes tous les deux à la maison tout le temps. Mais je m’y suis habitué. J’aime vraiment utiliser ce temps pour travailler. C’était bien moins plaisant quand j’essayais d’utiliser ce temps pour lire et pour d’autres tâches moins engageantes qui faisait que le temps semblait se traîner et me donnait la sensation de passer beaucoup de temps tout seul. À l’heure où la plupart des gens prennent le petit-déjeuner, j’ai déjà accompli une journée de travail complète.

Cela a fonctionné. Quant à faire une analyse post mortem de toute cette expérience, le mieux que je puisse dire est que cela a merveilleusement fonctionné. La première semaine était la plus difficile en termes d’adaptation physique, et les deuxième et troisième semaines ont demandé une forte adaptation mentale. Mais maintenant j’adore vraiment ça. Ne dormir que 2-3 heures par jour est vraiment super. Je sens que je pourrais facilement tenir un séminaire d’une journée sur le sommeil polyphasique, en particulier avec toutes les subtilités que je n’ai pas pris la peine de mentionner dans ces articles de blog. Je me demande pourtant si les gens tenteraient une telle expérience – c’est un peu contraire au conditionnement social, mais alors c’est aussi le cas de presque tout ce que je fais. 😉

Crédits photo : Nomad_Soul

2 commentaires

  • de plus en plus intéressante, cette expérience !
    je remarque que Steve dit perdre la notion du temps divisé en jours pour se sentir vivre dans un continuum..;;en fait nous devrions tous apprendre à retrouver cela…;mais je sais que cela nous panique ! moi-^même j’ai pu remarquer que lors de longues vacances de 7 ou 8 semaines je perds totalement la notion de temps et que, si je n’y prête pas attention, cela m’angoisse peu à peu ! il faudrait que dès l’école nous nous éduquions à cela…..et j’ai constaté que dans les grandes métropoles internationales qui vivent 24h sur 24, la notion de temps s’estompe d’elle-même quand on y voyage, car on n’a plus l’oeil rivé sur la montre, on sait qu’on trouvera toujours un transport, un restaurant….
    j’aime bien aussi cette possibilité de suivre son horloge interne et de dormir dès que le corps en a besoin…
    reste à savoir si je vais essayer un jour, car gagner 4 heures chaque jour m’arrangerait !

  • Kara Kalm dit :

    C’est vrai que de gagner 40 heures par semaines fait rêver mais passer en polyphonique ne s’improvise pas. En effet, il y a des risques au niveau de la santé donc il faut être très vigilant.

    Cela doit créer des changements bouleversants dans nos vies et nous faire voir les choses autrement. Perso ça l’effraie donc ce n’est pas quelque chose que je tenterais tout de suite mais pourquoi pas un jour.

    Je suppose que la barrière des proches qui te disent “mais arrêtes tu es fou tu vs te tuer” ne doit pas aider dans la phase d’adaptation. Il vaut mieux avoir sud soutien dans ces moments la. Pourquoi pas faire l’expérience avec un proche ou un ami. Et il vaut mieux consulter un médecin avant aussi.

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