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Le développement personnel pour les gens intelligents

Tuer les insectes

Note : cet article est une traduction de l’article Killing Bugs de Steve Pavlina. C’est donc lui qui s’exprime dans le “je” de cet article !

EvoluerBeaucoup de gens pensent que je suis devenu végétarien puis végétalien parce que je me soucie des animaux. C’est une perception habituelle, mais comme je l’ai déjà mentionné, ce n’est pas la vérité. La vérité est même tout le contraire. Ma compassion pour les animaux s’est développée seulement après que j’aie fait ces changements alimentaires.

Je suis devenu végétarien en 1993 puis végétalien en 1997 en commençant chaque fois par des tests de 30 jours. Je l’ai fait par curiosité. J’ai conversé ces changements en raison de ce que cela m’apportait mentalement et physiquement, mais surtout mentalement.

Compassion pour les animaux

Quelque part sur la route de mon amélioration alimentaire, j’ai remarqué que je commençais à ressentir plus de compassion pour les animaux. Je n’ai pas d’animaux de compagnie, mais je me sentais de plus en plus connecté aux animaux au fur et à mesure que le temps passait.

Il y a quelques années, j’ai arrêté d’acheter des produits en cuir, comme les ceintures et les chaussures. À la place j’ai acheté des produits alternatifs sur des sites végétariens. Ils étaient un peu plus chers, mais je ne pouvais me justifier d’acheter des produits qui contribuaient à la souffrance animale. À ma grande surprise, j’ai remarqué que ces produits me faisaient en fait économiser de l’argent parce qu’ils étaient bien plus durables. Mes chaussures de course « sans cruauté » qui me servent bien depuis des années, je n’en reviens pas de voir à quel point elles sont encore en bon état. Ce genre de chaussures me durait généralement six mois, peut-être douze si je les poussais jusqu’au bout.

Il est difficile d’éviter totalement de contribuer à la cruauté envers les animaux parce que cela fait partie intégrante de notre société moderne. J’ai entendu que même les caisses utilisées pour transporter les fruits et légumes étaient fabriquées avec de la colle d’origine animale. Les produits de beauté et de soins comme le shampoing et le savon contiennent habituellement des produits dérivés d’animaux. Dernièrement j’ai favorisé les produits venant de sources sans cruauté. Vous faites simplement du mieux possible. Il est toujours possible de s’améliorer, pas d’être parfait.

Maintenant que je suis devenu crudivore, il semble que je sois au milieu d’un autre changement en termes de compassion pour les créatures vivantes. Je ne m’attendais vraiment pas à ça. Cette fois la sensation est encore plus forte.

Maintenant je commence à ressentir la même chose pour les insectes que pour les animaux.

Tuer les insectes

Quand j’étais un enfant, je n’ai jamais considéré que les insectes méritaient la moindre considération. Ils étaient comme de petits robots sans âme. J’étais un dieu comparé à eux, donc bien sûr je pouvais les traiter comme cela me chantait. Ils étaient insignifiants. Du moins, c’était ce que j’avais appris des autres gens.

Quand j’avais environ dix ans, j’avais l’habitude de prendre une loupe et d’aller dans le jardin pour faire frire les fourmis avec la lumière du soleil, juste pour m’amuser. Je pensais que c’était cool quand elles explosaient et fumaient. Je n’ai jamais ressenti de sympathie pour elles.

Un peu plus tard, je collectionnais les insectes et les gardais dans des bocaux – une chose que j’ai apprise auprès d’un enfant du quartier. J’avais une collection de bocaux d’insectes dans ma chambre. Quand un de mes insectes mourait, je pouvais toujours en trouver un autre pour le remplacer. Ils étaient simplement là pour mon amusement.

Une fois devenu adulte, si je trouvais des insectes chez moi, je les tuais évidemment. Je les écrasais ou les vaporisais. Ils étaient une nuisance, et les tuer était la façon la plus pratique de gérer la chose.

Sensation de changement

Il y a plusieurs années, Erin et moi vivions dans un quartier qui était infesté de criquets (Canoga Park, en Californie). Si vous alliez vous promener dans le quartier la nuit, vous les entendiez partout. Je vaporisais tout le temps des produits autour de la maison pour les garder à distance, et je les écrasais régulièrement quand ils réussissaient à entrer.

Quelqu’un nous a dit qu’en Asie, on pensait que les criquets portaient chance, particulièrement en Chine. Je ne sais pas s’ils portent vraiment chance, mais nos finances se portaient bien quand nous vivions dans cette maison, avant de déménager à Vegas en 2004.

À cette époque, je faisais beaucoup de méditation et de journaling pour essayer de devenir plus conscient. À un certain moment, j’ai travaillé sur l’approfondissement de ma sensation de connexion avec les autres créatures vivantes. J’ai essayé de me connecter mentalement avec les criquets, et je leur ai demandé d’arrêter de striduler si fort la nuit. À ma plus grande surprise, ils l’ont vraiment fait. Je pouvais aller me promener et entendre les criquets partout dans le quartier, mais notre maison était étrangement calme. Je répété l’expérience quelques semaines plus tard, et une fois encore cela a fonctionné. Cependant, je n’avais pas le système de croyances qui pouvait vraiment gérer cela. C’était un peu trop pour moi, donc je n’arrivais pas à aller plus loin. J’ai arrêté ces expériences et j’ai recommencé à utiliser des bombes anti-insectes. Je n’étais pas prêt à faire ce genre de bond en avant.

Peu après j’ai parlé à un vieil ami qui était aussi devenu végétalien, et il m’a dit qu’il avait totalement arrêté de tuer les insectes. Je respectais son choix, mais cela me paraissait trop extrême et pas pratique. « Qu’est-ce que tu fais si des fourmis attaquent ton garde-manger ? » je lui ai demandé. Il m’a dit qu’il ferait un long trait avec du sucre ou tout autre produit sucré pour les mener à l’extérieur, et qu’elles finiraient par partir. Mais qu’il ne les tuerait pas. J’étais impressionné par son éthique, mais je ne pensais pas pouvoir vivre de la même manière.

Pendant plusieurs années par la suite, j’ai ressenti un conflit interne quant au fait de tuer les insectes. Je les tuais encore quand je les voyais, mais je ressentais également une étrange connexion avec eux.

La tête vs le cœur

Peu après être devenu crudivore, ces sentiments se sont grandement amplifiés. Les crudivores parlent souvent de l’augmentation massive des émotions qu’on vit en devenant crudivore. Croyez-moi : ils ne plaisantent pas ! Le retour émotionnel qui était extrêmement subtil auparavant est devenu bien plus fort et plus clair, ce qui fait qu’il est plus difficile de le faire taire. Vous devez commencer à le gérer. Je pense que c’est une des raisons pour lesquelles tant de gens vivent des changements majeurs dans leur carrière, leurs relations et leur vie spirituelle après être devenu crudivore.

J’ai remarqué que quand je tuais des insectes au début de l’année, quand j’écrasais un cafard que je trouvais dans mon salon par exemple – il y a beaucoup de cafards à Las Vegas – je sentais comme un nœud à l’estomac. Ma tête me disait que tuer les insectes était toujours la bonne chose à faire, mais mon cœur criait de plus en plus fort « C’est mal, mal, mal ! »

De temps en temps, j’en laissais partir un. Au début j’ai essayé de justifier cela en trouvant une excuse mentale : je me sens un peu fatigué tout de suite ; ce n’est qu’un petit insecte de rien du tout ; il va probablement arriver à ressortir tout seul ; il est loin de la cuisine ; quelqu’un le tuera probablement plus tard. Mes émotions commençaient à faire une percée dans mes pensées.

Mon sentiment de connexion a augmenté graduellement à mesure que les semaines passaient. Je tuais encore les insectes si ma famille en voyait un et me demandait de m’en occuper. Mais j’ai atteint un stade où j’ai totalement arrêté de tuer les insectes si j’étais seul. Une fois, j’ai vu une araignée dans les toilettes de mon bureau, une pièce qui ne sert qu’à moi, et j’ai dit à l’araignée « N’aie pas peur, petite araignée. Je ne vais pas te faire de mal. Tu es en sécurité ici. » J’ai commencé à voir l’araignée comme mon animal de compagnie.

J’ai commencé à gérer ces émotions consciemment, en mettant à jour mon attitude envers les insectes. J’en ai conclu qu’ils méritaient tout autant de vivre que moi. Je me suis justifié que cela ne me fera pas de mal d’avoir quelques insectes autour de la maison. J’ai finalement réalisé qu’il n’y avait pas de besoin pressant de les tuer. J’ai mis fin au conditionnement social que j’avais connu dans mon enfance, et je me suis reconnecté avec mes véritables sentiments.

Finalement, je n’ai pas pu me résoudre à tuer les insectes même en présence de ma famille. Dernièrement, j’ai surpris notre gouvernante qui disait à Erin qu’elle avait remarqué de plus en plus d’insectes dans et autour de la maison. J’ai ris dans mon coin ; c’était parce que j’avais arrêté de les tuer ! Je n’ai rien vaporisé dans ou autour de la maison depuis longtemps.

Maintenant, j’encourage même le reste de ma famille à ne plus tuer les insectes. Ils n’ont pas le même ressenti que moi – Erin en particulier a peur de certains insectes – mais je les ai encouragés à voir les insectes comme nos petits animaux de compagnie.

Mon amie l’araignée

En ce moment même, une petite araignée est en train de descendre en rappel le long de ma fenêtre. Je lui ai dit « Bonjour, petite araignée. J’espère que tu passe une belle journée. » Je la vois comme une minuscule amie. Je ne pourrais même pas envisager de mettre fin à sa vie. Je me sens bien en sachant qu’elle est en sécurité près de moi. J’aime le fait qu’elle puisse continuer à vivre sa journée dans mon bureau sans craindre la moindre violence. Peut-être qu’elle peut même sentir mes sentiments pour elle à un certain niveau. Je suis content de la voir tisser ses toiles sur mes fenêtres et vivre sa vie.

Évidemment, je pourrais écraser des insectes par accident pendant mes occupations de la journée, mais même quand je marche sur le trottoir maintenant je fais de mon mieux pour faire attention où je marche et pour éviter de leur marcher dessus. Dans la mesure où je peux faire ce choix consciemment, je choisis de ne pas leur faire de mal.

Unité

Dans un chapitre de mon livre, je parle du principe d’unité, qui est la combinaison de la vérité et de l’amour. Comme je le dis dans le livre, cela a été un vrai défi pour moi de suivre ce principe, mais je sens que j’ai un bien meilleur alignement avec ce principe depuis quelques semaines. Apprendre à voir toute vie comme sacrée, pas seulement les vies des êtres humains, en a été un aspect important.

Je dois me demander comment un changement alimentaire peut avoir provoqué ce changement dans mes pensées, mes sentiments, et mon comportement. Je pense qu’en réalité, ces sentiments ont toujours été là mais qu’ils étaient enterrés sous une tonne de toxines que j’avais dans le corps. En purifiant mon alimentation, ces signaux émotionnels sont devenus plus forts et plus clairs. Je ne pouvais plus les ranger dans la catégorie des bruits de fond.

L’éveil de ma compassion pour les insectes est juste un changement parmi d’autres. Je me sens également davantage connecté aux autres gens, et je me sens plus centré sur le but de ma vie que jamais auparavant. Ce sentiment de connexion m’a donné la motivation de sortir et de me connecter plus qu’avant.

C’est comme si je découvrais finalement ce que c’était de se sentir humain – peut-être pour la première fois de ma vie. Pendant toutes ces années où je mangeais des aliments transformés et cuits, je n’ai jamais su à côté de quoi je passais. Les signaux intuitifs et émotionnels étaient trop subtils pour que je les gère. Les cellules de mon corps ne fonctionnaient pas comme elles étaient censées le faire parce qu’elles n’avaient pas le bon carburant. Je me suis drogué de nourriture pour engourdir mes émotions parce que je n’étais pas prêt à en gérer les conséquences.

Ces changements ont compliqué le fait de justifier tout retour vers de la nourriture cuite. Ce serait comme prendre un traitement qui m’engourdirait constamment. J’ai la sensation que je me perdrais si je revenais en arrière. Ce n’est pas facile de gérer ces « émotions crues », mais je frémis à l’idée de perdre ce qu’elles m’ont apporté. Je suis sûr que j’ai encore beaucoup de choses à gérer, mais je pense que j’ai finalement atteint une étape sur ma route où je suis prêt à gérer cela.

Je parie que même si vous choisissez de tuer les insectes ou de contribuer à la cruauté envers les animaux, vous avez quand même un sentiment de compassion pour tous les êtres vivants. Une partie de vous signale que ce n’est pas naturel de les mettre en cage, de leur injecter des produits chimiques, et de les tuer simplement pour satisfaire vos papilles gustatives. Mais ce signal pourrait être tellement subtil que vous faites la sourde oreille. Vous vous déconnectez de votre cœur et restez coincé dans votre tête, où il est plus facile de justifier vos actions.

Ce que vous pourriez ne pas réaliser est que vous ne pouvez pas vous déconnecter de votre cœur de façon ciblée. C’est plutôt un mécanisme de « tout ou rien ». Quand vous faites la sourde oreille à une partie de ces signaux, vous vous déconnectez de tout ce qui est émotionnel et intuitif, dont votre sentiment de connexion avec les autres gens, votre certitude quant au but de votre vie, et votre capacité à être heureux et épanoui. Quand vous vous déconnectez de votre cœur, et donc des signaux qu’il envoie à propos des plus petites des créatures, vous en souffrez invariablement. Vous devenez un peu moins humain.

Quand vous voyez un cheval de près, je parie qu’une partie de vous ressent une connexion avec lui. À un certain niveau, vous devez être capable de sentir dans votre conscience que vous ne lui êtes pas supérieur. Vous êtes tous deux des expressions valables et belles de la conscience. Réduire ce bel animal à une simple bête, c’est devenir vous-même une bête.

Je veux ajouter que je ne vous juge en aucune façon. Je partage simplement ce que je vis. C’est à vous de décider si cela a une part de vérité pour vous. Cela ne pose aucun problème de voir ce qui se présente devant vous et de ne pas vous sentir prêt pour ça. J’ai passé de nombreuses années à faire de même. Commencez simplement à écouter les signaux émotionnels qui apparaissent dans votre vie, aussi subtils soient-ils, et observez la façon dont vous gérez cela. Est-ce que vous vous connectez à eux et les gérer consciemment, ou est-ce que vous leur tournez le dos et essayez de les noyer dans la nourriture, l’amusement, ou d’autres distractions ? Gérez-vous consciemment votre vie émotionnelle, ou en êtes-vous une victime ?

Peut-être que la raison pour laquelle il y a tant d’insectes sur cette planète est que nous avons beaucoup à apprendre d’eux. Peut-être qu’ils ne cessent d’entrer dans notre vie parce que nous n’écoutons pas bien.

Mon amie l’araignée semble me fixer avec la plus grande attention. Je me demande à quoi elle pense…

Crédits photo : © JPS – Fotolia

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