Le développement personnel pour les gens intelligents

Trop garder le silence

garder le silencePlus jeune, j’ai été conditionné à me soumettre à l’autorité : va à l’école, va à l’église, obéis à tes parents. L’un des ordres les plus courants que je recevais était : tais-toi. Silence. Ferme-la. Garder le silence est une vertu. Les enfants doivent être vus et non entendus.

J’ai donc appris à me taire. Je ne parlais plus de mes problèmes, de mes désirs ou de mes sentiments. J’ai développé un monde intérieur riche, mais je n’étais pas supposé partager quoi que ce soit. Je devais garder mes pensées pour moi.

Ce qui est positif dans tout cela, c’est que le fait d’être obligé à garder le silence m’a rendu plus autonome. Cependant, cela m’a aussi empêché d’expérimenter ce que je voulais vraiment. En effet, mon besoin de communiquer et mes envies ont été étouffés par cette obligation de garder le silence.

Il m’a fallu beaucoup de temps pour comprendre qu’il était normal de communiquer à propos de ses besoins, de ses désirs et de ses sentiments. En grandissant, j’ai rencontré des gens (des amis de l’université par exemple) qui m’encourageaient à m’ouvrir et à partager davantage. Toutefois, c’était difficile à faire. Je n’y étais pas habitué. Quand les gens voulaient en savoir plus sur moi, j’avais l’impression qu’ils braquaient un projecteur sur mon âme. Je ne parvenais pas à m’ouvrir, alors j’ai porté divers masques pendant longtemps. Je maintenais une certaine distance de sécurité entre les gens et moi.

Cependant, cette façon de faire m’a laissé coincé dans ma propre bulle de pensées sans aucun moyen de me libérer. Je me disais qu’étant donné que je ne pouvais pas parler de ce que je ressentais, de ce dont j’avais besoin et de ce que je voulais, personne ne pouvait m’aider à m’améliorer. Même si les gens m’apportaient leur soutien, c’était malavisé, car ils ne savaient pas vraiment ce dont j’avais besoin. Il leur fallait deviner, et leurs suppositions étaient fausses.

Alors que je commençais à m’investir sur la durée dans le développement personnel, j’ai lu beaucoup de livres et écouté plusieurs programmes audio. J’aimais bien quand les autres personnes partageaient les récits de leurs aventures, quand elles parlaient de leurs objectifs, ambitions, erreurs et sentiments. De temps en temps, je tombais sur des témoignages qui me semblaient vraiment honnêtes et authentiques. Et je me disais en silence : « Steve, jamais tu ne pourras faire cela ».

Ce qui m’a probablement le plus aidé à changer de cap, c’est le fait de rencontrer des gens qui acceptent sans condition les désirs, les besoins et les sentiments des autres. Côtoyer de telles personnes m’a permis de sentir que je pouvais m’ouvrir un peu plus. Je sentais que je pouvais leur faire confiance, même si je ne savais pas trop pourquoi. En effet, je me suis naturellement retrouvé à partager très honnêtement ce que je ressentais avec ces gens. Pour moi, il n’était pas normal de porter un masque devant ces gens. J’ai été surpris de constater qu’ils ne me jugeaient pas pour ma franchise. Ils donnaient l’impression d’aimer et d’apprécier le fait d’entendre la vérité et d’aller au-delà des masques. Il m’a fallu un certain temps pour m’habituer à cela, car c’était une chose en dehors de ma zone de confort.

J’ai eu un parcours avec plusieurs progressions tant positives que négatives, mais finalement je me suis senti plus à l’aise pour partager davantage avec les gens. Je pouvais parler ouvertement de mes désirs, de mes problèmes et de mes sentiments. Je n’ai pas toujours été disposé à faire ce genre de choses, mais je n’avais pas non plus l’impression que quelque chose m’empêchait spécialement de le faire.

Quand j’ai accepté cette ouverture, j’ai pu constater des changements positifs chez les autres. Je me suis fait plus de vrais et authentiques amis de cette manière. Cependant, j’ai aussi pu expérimenter davantage ce que je voulais.

En disant aux femmes : « Je veux t’embrasser » au lieu de me taire, j’ai pu embrasser beaucoup de femmes.

En disant aux gens : « Je suis confronté à un problème technique assez gênant », j’ai trouvé la solution à beaucoup de problèmes techniques.

Les fois où j’ai dit : « Je me sens tellement bizarre aujourd’hui », j’ai compris et changé mes sentiments plus facilement, et mon humeur a progressivement changé pour devenir plus joviale.

partager davantage

Au début, mon timing était mauvais. J’hésitais trop à m’ouvrir lorsque le moment était propice parce que l’intensité était trop forte. Le problème, c’est que quand j’attendais que l’intensité baisse, il était trop tard. Je me suis rendu compte que je m’y prenais mal, car je manquais sans cesse des opportunités à cause de cette tendance à hésiter.

Pendant un certain temps, j’ai obtenu des résultats comme ceux-ci :

Moi : J’avais plus ou moins envie de t’embrasser hier soir.

Elle : J’aurais aimé que tu le dises. Je t’aurais volontiers embrassé en retour.

Moi : Zut !

Moi : Le mois dernier, j’étais face à ce frustrant problème technique et c’était une véritable pagaille, mais j’ai finalement réussi à le résoudre.

Elle : Oh… pourquoi ne m’en as-tu pas parlé lors de notre dernière conversation ? J’ai déjà eu le même problème, et j’aurais pu te montrer comment le résoudre en deux secondes.

Moi : Zut !

Moi : Je me sentais bizarre hier.

Elle : J’ai remarqué cela. J’aurais bien voulu te caresser la tête histoire de t’aider à décompresser, mais il m’a semblé que tu voulais un peu d’espace.

Moi : Zut !

Pourquoi nous infliger cela ?

Il vaut mieux malgré tout partager tardivement ce que vous ressentez plutôt que de ne pas le faire du tout. Quand vous voyez le nombre d’opportunités que vous manquez à cause du silence, cela vous motive à être plus courageux et à parler plus tôt.

Le silence peut être une vertu, mais se taire peut vraiment devenir problématique si vous en faites un style de vie. Comment faire la différence ?

Aimez-vous garder le silence ? Cela vous fait-il du bien de garder le silence ? Si oui, alors ne changez rien.

Le silence est-il pour vous une source de stress ? Vos pensées et vos sentiments se bousculent-ils sur des questions non résolues ? Si c’est le cas, parlez et libérez-vous. Faites circuler cette énergie vers l’extérieur. Ne vous contentez pas de la garder enfermée à l’intérieur.

Veillez également à ne pas vous contenter d’évacuer cette énergie de façon latérale. Agir ainsi donnerait le résultat qui suit :

Moi : Je voulais l’embrasser hier soir, mais je n’ai pas pu me résoudre à le faire.

Lui : Je vous ai vus ensemble, et je suis sûr qu’elle aurait aimé que tu le fasses.

Moi : Zut !

Vous l’avez compris, cela reviendrait à parler à la mauvaise personne. Lorsque vous faites ce genre de choses, vous libérez l’énergie latéralement, ce qui ne règle pas la situation. C’est une forme plus sournoise de silence. Vous pensez peut-être que vous parlez, mais est-ce vraiment le cas ?

Partager ses besoins, ses désirs et ses sentiments n’est pas chose facile, surtout si depuis tout petit l’on vous a souvent obligé à garder le silence à ce sujet. Vous vous sentirez à l’aise de vous ouvrir et vous ne croirez même pas qu’il est bien de le faire. Vous vous surprendrez à partager de fausses informations à plusieurs reprises. Toutefois, ce n’est pas grave. Tout ceci s’inscrit dans un processus de croissance. Il faut du temps pour éplucher l’oignon du silence, pour trouver la véritable voix intérieure et surmonter les difficultés que vous avez à vous exprimer librement.

Article original écrit par Steve Pavlina.

La société dans laquelle nous vivons et les familles dans lesquelles nous naissons ont le pouvoir de nous formater d’une manière donnée. Toutefois, ce n’est pas parce que la société nous demande de garder le silence (de façon générale ou sur certains sujets) que nous devons le faire. Dans la vidéo du jour, je partage avec vous un résumé de la biographie d’Einstein qui a osé aller contre les manières de penser de son époque en bon rebelle intelligent.

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