Le développement personnel pour les gens intelligents

Être une source de plaisir

Dans la continuité de l’article précédent sur notre relation avec le plaisir, explorons aujourd’hui ce que cela signifie d’entretenir avec quelqu’un une relation fondée sur le plaisir.

Comment vous sentez-vous à l’idée de devenir une source de plaisir pour autrui ?

Une telle dynamique pourrait potentiellement être corrompue par des éléments tels que la manipulation, le mensonge, l’abus ou la victimisation.

Cependant, comme dans l’article précédent, je vous invite à mettre de côté ces aspects négatifs, car ils ne sont pas inhérents aux relations fondées sur le plaisir.

Être une source de plaisir

Peut-on envisager une relation basée uniquement sur l’échange de plaisir avec quelqu’un, sans qu’aucun élément négatif n’intervienne ?

Pouvez-vous imaginer un plaisir qui reste entièrement simple, pur, sain, amusant et positif ?

Absolument ! Beaucoup de gens parviennent à naturellement établir ce genre de relation. Ils ont développé une relation saine avec le plaisir, qui leur profite autant à eux qu’à leurs partenaires.

Il est facile de rejeter l’idée même d’un potentiel échange de plaisir lorsqu’on a perdu son innocence à ce sujet, et que l’on a été victime d’abus. Dans chacune de ces situations, le plaisir n’est pourtant pas à blâmer.

L’abus et le plaisir n’ont pas besoin de coexister. Il est possible de cultiver des relations où le plaisir reste simple et pur, sans complications inutiles.

Imaginez avoir dans votre vie une personne désireuse et capable de vous offrir des moments de pur plaisir, et qui apprécie réellement jouer ce rôle auprès de vous.

Imaginez que cette personne ait des intentions sincères et soit digne de confiance.

Pour certains, cette situation peut sembler irréalisable ; pour d’autres, c’est tout simplement leur réalité quotidienne.

Personnellement, j’ai été dans les deux cas. Aujourd’hui, il me semble naturel, dans le flux d’abondance quotidien, de pouvoir à la fois être cette source de plaisir pour quelqu’un et d’avoir dans ma vie quelqu’un qui aime jouer le même rôle pour moi.

Profiter d’une abondance de plaisir est bien plus agréable que d’en manquer.

Cependant, il est facile de se refuser à donner ou à recevoir ce type de plaisir si on y associe des éléments négatifs. Une relation dysfonctionnelle avec le plaisir peut vite se développer.

Dans mon cas, le plaisir a longtemps été teinté de culpabilité et de honte, des sentiments hérités de mon éducation.

On m’avait appris à voir le plaisir comme une tentation du diable à laquelle on ne pouvait pas se fier. Bien des activités joyeuses étaient qualifiées de pécheresses, et je me retrouvais parfois à devoir les confesser à un prêtre pour être pardonné.

Tout ceci a clairement déformé ma relation avec le plaisir.

J’avais du mal à saisir pourquoi certains plaisirs étaient considérés comme mauvais et d’autres, acceptables, car cette distinction ne correspondait pas à mon ressenti intuitif.

Il m’a fallu du temps pour me défaire de cette mentalité biaisée. Certes, elle persiste encore en moi aujourd’hui, mais je parviens au moins à l’identifier et à la repousser lorsqu’elle surgit.

Je suis particulièrement heureux d’avoir eu des expériences de référence qui me rappellent que partager du plaisir avec autrui peut être vraiment agréable, et qu’il n’est pas nécessaire d’aborder toutes les situations avec suspicion et cynisme.

J’ai également réalisé que certaines formes de plaisir que j’avais auparavant adoptées ne me conviennent plus et m’en suis détaché.

Je ne consomme plus de viande, par exemple, car il m’est impossible d’en tirer un plaisir authentique.

Acheter et consommer des corps d’animaux me semble fondamentalement abusif.

En outre, chercher à concilier le plaisir avec la maltraitance animale, comme on me l’avait enseigné, ne faisait que m’éloigner de mes ressentis les plus profonds.

Compte tenu des nombreuses idées négatives associées au plaisir, il est effectivement difficile de cultiver des expériences saines basées sur le plaisir. Cependant, les principaux obstacles se trouvent en nous.

Lorsque l’on transforme et purifie sa relation avec le plaisir, on a beaucoup plus de chances de rencontrer des personnes qui elles aussi ont une bonne relation avec le plaisir. Et en parallèle, on développe souvent plus de compassion pour ceux qui y associent encore peur, culpabilité ou honte.

Si vous ne parvenez pas à restaurer votre relation avec le plaisir, vous risquez de développer une méfiance ou une indifférence à l’égard d’une partie de votre être, et cela pourrait persister pendant des années, voire des décennies.

Cette attitude risquerait aussi de compliquer vos interactions avec les autres, car une grande partie des relations humaines se construit autour du plaisir partagé.

Les gens pourraient préférer vous éviter plutôt que de vous inviter à partager des expériences avec eux, car ils auront l’impression que vous préférez garder vos distances.

Ce qui m’a particulièrement aidé dans cette situation a été de réfléchir honnêtement à mes propres intentions concernant les relations fondées sur le plaisir et de m’interroger sur ce que je ressentais vraiment à leur sujet.

Quelles intentions me paraissaient saines et respectueuses ?

Lesquelles me semblaient plus problématiques ? Quelles limites étaient bonnes pour moi ?

Est-ce mal de vouloir un câlin ? Une séance de baisers ? Un massage ? Une expérience sexuelle ordinaire ? Une expérience sexuelle plus osée ?

J’avais beaucoup d’idées préconçues associant culpabilité, honte ou peur à des expériences qui ne nécessitent pas de telles connotations négatives. Pourquoi se sentir coupable de recevoir un massage d’une personne consentante ?

Cette culpabilité liée au plaisir reçu affectait aussi ma conception de l’idée d’en donner, comme si procurer du plaisir impliquait nécessairement de créer un malaise ou un tort. Il m’a fallu du temps pour réaliser que bien des personnes ne lient pas le plaisir à des pensées négatives.

Les conceptions que nous associons au plaisir sont acquises et varient selon nos expériences d’apprentissage.

Tenir un journal pour explorer mes pensées et échanger avec des personnes ayant des parcours similaires m’a été particulièrement utile.

Cela m’a ouvert les yeux de rencontrer des gens qui n’associaient aucune connotation négative au partage du plaisir.

Pour eux, c’était une expérience naturelle, presque ordinaire.

Ils prenaient des précautions et choisissaient leurs partenaires avec soin, mais cette prudence ne virait pas à la méfiance envers le plaisir en soi. Ils gardaient confiance en lui.

Réfléchissez à votre relation avec le plaisir lorsque vous en procurez à autrui. Que ressentez-vous à l’idée d’être une source de plaisir pour quelqu’un d’autre ?

Est-ce quelque chose que vous pourriez parfois désirer ?

Est-il possible que cela soit agréable, voire amusant et gratifiant, de permettre à quelqu’un de se procurer du plaisir à travers vous ? Pourriez-vous le faire sans ressentiment, sans vous sentir abusé, maltraité ou exploité ?

Dans les bonnes conditions, j’apprécie pleinement jouer ce rôle. Il est gratifiant d’apporter du plaisir à quelqu’un, d’être perçu comme une source de bien-être.

J’aime voir les gens heureux.

J’apprécie la simplicité et la pureté de cette expérience qui constitue un excellent moyen pour les humains de tisser des liens.

Il existe bien des façons de procurer du plaisir à quelqu’un. Peut-être cette personne trouve-t-elle vos échanges intellectuellement stimulants, ou peut-être désire-t-elle partager un moment de plaisir physique ou même sexuel avec vous ?

Elle pourrait aimer votre sens de l’humour, votre optimisme, apprécier votre beauté, la douceur de votre voix, ou simplement ressentir de la joie en votre présence.

Eprouvez-vous parfois de pareils sentiments pour les autres ? Comment accueillez-vous l’idée qu’une personne puisse ressentir cela à votre égard ?

Pourriez-vous aller jusqu’à dire à quelqu’un : «Profite de mon corps, amuse-toi avec moi, fais ce que tu veux, je veux que tu prennes du plaisir» ? Est-ce que cela vous inspire ou, au contraire, vous semble risqué ? Bien entendu, il vous est toujours possible de fixer des limites.

Et si quelqu’un vous adressait cette invitation ? Pourriez-vous l’accepter sans penser devoir la «mériter» en retour ? Ou une telle approche vous paraîtrait-elle trop audacieuse ?

Dans ce domaine, une communication plus directe et sincère peut s’avérer libératrice.

Plutôt que de masquer nos désirs et de nous introduire par ruse dans l’espace de quelqu’un, nous pourrions être francs et exprimer clairement ce que nous souhaitons partager.

Supposons que vous désiriez vraiment vivre une expérience axée sur le plaisir avec une personne. Pourriez-vous lui proposer directement, ou ressentez-vous le besoin de masquer cette intention et d’aborder l’échange autrement ?

Ma relation avec Rachelle a débuté par une envie commune de partager et d’expérimenter du plaisir ensemble.

Nous n’avons pas commencé par des rendez-vous classiques ; nous avons simplement décidé de jouer ensemble et de profiter l’un de l’autre.

Depuis le début, la cocréation et la coexploration du plaisir ainsi que du ludisme sont des éléments essentiels de notre relation, et continuent de l’être aujourd’hui.

Nous aimons nous faire mutuellement plaisir — sur les plans physique, émotionnel, mental et spirituel.

J’apprécie d’être une source de plaisir pour elle, et elle aime l’être également pour moi.

Comme je l’ai mentionné dans un précédent article, nous nous percevons comme des cadeaux l’un pour l’autre.

Si quelqu’un m’avait dit il y a 30 ans que je pourrais vivre une telle relation, je n’y aurais probablement pas cru. J’ai dû faire un long chemin pour dissiper les nombreuses associations négatives que j’avais avec le plaisir.

Pourtant, ce parcours a été d’une richesse immense. Je crois même que j’apprécie davantage ce plaisir aujourd’hui grâce aux efforts déployés pour assainir, harmoniser et enrichir cette relation.

Comment entreprendre un tel voyage, surtout si le plaisir est encore teinté d’expériences ou d’associations négatives ?

En prenant d’abord la décision de restaurer cette relation, en acceptant que cela puisse prendre du temps. Il s’agit peut-être d’un cheminement long, mais il commence par cette volonté de restaurer votre relation avec le plaisir.

Vous pouvez cultiver le plaisir au quotidien si vous le souhaitez.

Vous pouvez partager des moments de plaisir avec des partenaires consentants, sans crainte, sans honte ni culpabilité.

Il est possible de purifier et d’harmoniser votre relation avec le plaisir, de jouir d’abondance plutôt que de rareté dans ce domaine de votre vie.

Le plaisir n’est ni maléfique, ni addictif, ni dangereux, ni abusif. Il n’est pas risqué ou malsain.

Ressentir du plaisir, c’est ressentir de la satisfaction, sourire, se sentir bien, embrasser la réalité et recevoir un cadeau.

Quelle relation choisirez-vous d’entretenir avec ce cadeau ?

Restaurer une relation saine avec le plaisir n’est qu’une étape. Vous pouvez l’approfondir par la suite, en y ajoutant bienveillance, beauté, ludisme et curiosité.

Une fois que vous vous sentez en sécurité dans cet espace, vous pouvez aussi choisir de l’explorer davantage, de repousser vos limites (et celles des autres, s’ils le souhaitent), pour découvrir les plaisirs les plus savoureux.

Faites-vous confiance au plaisir ?

Pensez-vous que c’est une malédiction qui affecte les gens, ou pouvez-vous le voir comme une invitation ? C’est véritablement une invitation à grandir, à guérir, à interagir, à s’aligner avec l’abondance et à savourer la vie davantage.

Établir une bonne relation avec le plaisir n’est pas simple. Vous pourriez parfois avoir l’impression que le plaisir vous égare, voire envisager de l’abandonner, mais l’invitation à danser avec lui reste ouverte, et le plaisir est un partenaire patient.

Restaurer cette relation offre un avantage précieux : après avoir entrepris ce voyage intérieur, vous pouvez aider d’autres personnes à faire de même. Cela donne une nouvelle perspective à ce défi.

Ce n’est pas seulement pour votre propre bien-être ; ce n’est pas seulement pour votre propre plaisir. Votre parcours influencera et encouragera aussi d’autres personnes en quête de cette même harmonie.

Vous réaliserez alors que cette quête est peut-être plus significative et plus importante que vous ne le pensiez au départ.

Article original écrit par Steve Pavlina.

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