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Le développement personnel pour les gens intelligents

Si tout le monde s’éveille, allons-nous tous mourir de faim ?

Note : cet article est une traduction de l’article If Everyone Awakens Will We All Starve? de Steve Pavlina. C’est donc lui qui s’exprime dans le “je” de cet article !

Conscience mondialeCertaines personnes suggèrent qu’il est irréalisable que beaucoup d’entre nous deviennent centrés sur leur objectif. Imaginez ce qui arriverait si tout le monde sur Terre s’éveillait et poursuivait un but noble. Pendant que nous serons si occupés à changer le monde, qui nettoiera nos sols et creusera nos fossés ? Est-ce que nous allons mourir de faim parce que personne n’aura envie de faire les tâches subalternes ? Est-ce que la société ne va pas s’écrouler autour de nous, laissant ainsi nos bonnes intentions sans la structure de base nécessaire ?

En réalité, quand les gens posent ce genre de questions, ils cherchent une excuse pour éviter d’affronter le fait qu’ils ne vivent pas une vie centrée sur un but. Mais c’est quand même une question sérieuse. À quoi pouvons-nous raisonnablement nous attendre si suffisamment d’entre nous s’éveillent et accèdent à un niveau de conscience supérieur ?

Le creuseur de fossé centré sur son but

Évidemment, il y a certaines personnes qui aiment faire des tâches que vous considèreriez comme subalternes. Peut-être que si tout le monde fait ce qu’il aime, beaucoup de gens choisiront d’être creuseurs de fossés, ce qui nous sauverait de la perspective impie d’une pénurie mondiale de fossés.

C’est une réponse populaire à cette énigme, mais personnellement je pense qu’il est irréaliste de s’attendre à ce que beaucoup de gens choisissent consciemment les services d’entretien comme but dans la vie. Même si je connais bien quelques personnes qui font volontiers des tâches que la plupart considèreraient comme subalternes, je suis presque sûr qu’ils ont tous un TOC. 😉

Après m’être éveillé à mon propre but, j’avais clairement moins envie de faire le ménage, la lessive, la cuisine, etc. Je préférais passer du temps à écrire ou à faire des conférences, et je ne pense pas que ce soit intelligent de ma part de passer du temps à faire des choses que je n’aime pas et qui n’apportent pas grand chose aux autres.

Quand je le veux vraiment, je peux me mettre dans un état de zen, totalement centré sur le moment présent, et apprécier le fait de nettoyer ma maison. Mais je trouve bien plus productif de passer mon temps à faire un travail davantage centré sur mon but dans une maison en désordre. Erin est comme moi. Nous engageons périodiquement un service de nettoyage, qui nettoie notre maison en 3 heures environ… un bien meilleur travail que nous ne le ferions, et en beaucoup moins de temps. Comment puis-je justifier le fait de nettoyer chez moi alors que je pourrais passer ce même temps à écrire un article qui sera juste ce dont aura besoin quelqu’un pour prendre une décision primordiale qui changera sa vie positivement ? En terme d’impact global, ce n’est pas comparable. Même avec beaucoup d’imagination, je suis bien mieux à écrire qu’à nettoyer.

Même si certaines personnes trouvent de la signification dans de petits actes de service, je pense que le concept du creuseur de fossés centré sur son but est largement un mythe, donc je ne vois pas cela comme une réponse sérieuse. Je pense qu’il y a plus de chances que, si tout le monde s’éveillait et découvrait son but, la plupart des gens ne veuillent pas faire de tâches subalternes. Mais si vous y réfléchissez, ce n’est pas très différent de ce qui arrive en ce moment même.

La carotte et le bâton

Combien d’entre nous se passionnent pour leur déclaration d’impôts ? Pas beaucoup, je vous l’assure. Mais nous le faisons quand même parce qu’il y a un schéma comportemental en place. Le conditionnement comportemental pousse les gens à remplir des rôles dont ils ne veulent pas réellement. Une partie de ce conditionnement est environnemental, comme la menace de mourir de faim, et une partie est sociale, comme les salaires et les pénalités.

Notre pire tentative d’utilisation du conditionnement comportemental pour nous faire faire le sale boulot fut l’esclavage. Aujourd’hui c’est un esclavage salarial. Même les cols-blancs bien payés tombent dans ce piège. Beaucoup de gens ont un travail qu’ils détestent parce qu’ils sont attachés à leur salaire et ne veulent pas tout recommencer dans un domaine qui les inspire davantage. C’est simplement la peur qui parle cependant. Pour une personne hautement consciente, troquer son but contre un salaire est simplement la forme moderne des chaînes d’esclave. Sans mentir, quand vous vous lancez sur une voie centrée sur un objectif qui fournit une réelle valeur aux autres, cela ne devrait pas être très dur de bien gagner votre vie avec.

Vous voyez… nous vivons déjà dans un monde où la plupart des gens ne veulent pas faire des tâches subalternes ou fastidieuses, et l’incitation carotte-bâton est actuellement utilisée pour que le travail soit fait. Au fond c’est une forme de force, même si la carotte est vue comme plus gentille que le bâton. Mais en attendant vous êtes programmé par le conditionnement social pour valoriser considérablement cette carotte, même si ce n’est pas particulièrement valorisant en soi (voir : consumérisme).

Avec l’éveil de plus de gens, ce qui changera est que la carotte et le bâton deviendront des motivations moins efficaces. En devenant plus conscient, votre peur disparaît, donc les incitations extérieures qui ne sont pas en adéquation avec votre but ont bien moins de pouvoir sur vous. Vous faites ce qui doit être fait pour éviter de mourir de faim, mais vous n’êtes pas manipulé pour faire un travail que vous détestez simplement parce qu’il y a un gros salaire.

Donc si tout le monde se réveillait demain avec un but noble, nous serions encore capables de nous nourrir. Une personne centrée sur son but fera quand même ce qui doit être fait. Mais les tâches subalternes qui n’étaient pas réellement nécessaires seraient supprimées. Par exemple, les gens n’auraient pas un travail basé sur l’esclavagisme salarial et qui produit des bibelots obsolètes dont personne ne se préoccupe vraiment. Les gens ne perdraient pas de temps et d’énergie à faire des films, des émissions, des jouets, et des jeux totalement idiots qui n’améliorent pas nos vies. Beaucoup d’entreprises ne verraient personne se pointer au travail parce qu’il serait évident que l’entreprise n’existait que pour faire du profit, pas pour contribuer positivement à la société. Par exemple, il est difficile d’imaginer que quiconque de conscient puisse avoir envie de travailler pour l’industrie du tabac.

Il est irréaliste de s’attendre à un éveil des masses en une nuit, cependant, donc soyez rassurés, vos cigarettes, votre alcool et votre malbouffe sont en sécurité pour le moment. Mais dans le même temps, il est inutile d’avoir peur qu’un éveil massif cause une famine de masse. Je planterai des légumes moi-même si je le dois.

L’automatisation

Sur le long terme, je pense que l’automatisation est la solution la plus réaliste pour se décharger des tâches subalternes. Beaucoup de nos tâches subalternes sont déjà déléguées à des machines, et je m’attends à ce que cette tendance continue étant donné que l’informatique devient toujours plus rapide et moins chère et que de nouvelles percées sont faites dans ce domaine. Il y a beaucoup d’opportunités pour de grandes contributions centrées sur le but dans le secteur technologique aujourd’hui. Je suis presque allé dans cette direction moi-même.

À l’université je m’étais spécialisé dans l’intelligence artificielle pour ma majeure de sciences informatiques, et ce n’est qu’au dernier instant que j’ai décidé de ne pas faire de doctorat. J’avais d’excellentes notes, de super lettres de recommandations, et mes candidatures en écoles d’ingénieur étaient presque totalement remplies, mais après un long examen de conscience, j’ai réalisé que j’avais besoin de prendre une route différente et d’apprendre à réussir professionnellement. Mais j’essaye encore de me tenir en courant, même de la ligne de touche. Un de mes auteurs préférés dans ce domaine est Ray Kurzweil, un personnage quelque peu controversé qui a écrit plusieurs livres fascinants comme Serons-nous immortels ? et Humanité 2.0 : la bible du changement. Ce que j’aime dans ses livres est qu’il rassemble de nouveaux développements sur toute une variété de domaines différents, et qu’il explique en détails comment ils pourraient se rassembler pour changer considérablement le monde.

Même s’il est vrai que maintenir et soutenir la technologie ajoute bel et bien de nouvelles formes de travail subalterne – quelqu’un doit bien graisser les rouages – je pense que nous voyons quand même un gain net global. L’automatisation de la maintenance arrive aussi petit à petit. Par exemple, beaucoup de logiciels se mettent automatiquement à jour via internet, ce qui nécessite peu voire aucune intervention humaine.

L’automatisation va certainement supprimer certains emplois, et ces emplois ne reviendront pas. Une fois qu’une tâche a été intelligemment automatisée, elle est obsolète. Si vous perdez votre emploi à cause de l’automatisation, formez-vous pour faire une chose qui a le plus de valeur. Si vous misez sur le fait que ce statu quo durera éternellement, vous pourriez aussi bien venir à Las Vegas et déverser votre argent dans une machine à sous. D’ailleurs, saviez-vous que la plupart des machines à sous de Vegas ne vous payent plus vos gains en crachant des pièces ? Beaucoup n’ont même plus de fentes pour les pièces, donc vous ne pouvez même pas insérer la moindre piécette. Vos gains et vos pertes sont maintenant électroniques, et quand vous arrêtez de jouer, la machine va vous imprimer un ticket avec code-barres à emmener à la caisse. A l’avenir, ils vont probablement supprimer aussi les tickets imprimés. Peut-être qu’un jour vous pourrez passer devant un scanner au buffet et on vous dira combien vous avez perdu aujourd’hui. 🙂

L’éveil de l’automatisation… ou l’automatisation de l’éveil

Il est intéressant de noter qu’apparemment le processus d’automatisation et le processus de l’éveil humain pourraient avancer main dans la main. Plus nous automatisons nos tâches subalternes, plus nous gagnons de temps à allouer au fait d’apporter une plus grande contribution. L’automatisation nous donne aussi du temps pour l’introspection, la méditation, le fait de tenir un journal, pour de profondes conversations, et pour beaucoup d’autres possibilités d’élévation de la conscience.

En commençant à profiter des récompenses intrinsèques d’une vie centrée sur un but, nous cherchons des façons de libérer plus de temps pour faire ce que nous aimons le plus. Nous attachons donc plus de valeur à l’automatisation. Cette demande finit par mener à des incitations financières (autrement dit, des carottes) pour les tâches d’automatisation, pour que les investisseurs et les entrepreneurs soient financièrement motivés pour satisfaire cette demande. Mais en plus de cela, le potentiel de contribution significative attire dans ce domaine des gens centrés sur un but. Si vous pouvez inventer quelque chose qui permet aux gens de gagner beaucoup de temps ou d’éviter des soucis à grande échelle, vous avez apporté là une contribution assez importante.

Et puis, en devenant davantage centrés sur un but, nous perdons de l’intérêt pour les distractions futiles et les addictions destructrices. Nous supprimons le superflu de nos vies. Cela réduit la demande pour des produits et services ayant peu de valeur sociale, ce qui augmente les chances que certaines de ces ressources soient réinvesties dans une automatisation qui en vaut la peine.

Donc nous avons cette relation symbiotique entre l’automatisation et l’éveil. En nous éveillant nous créons plus de demande en automatisation. Et en automatisant, nous créons plus d’opportunités d’éveil.

Quelle est votre meilleure contribution ?

L’important est que nous apportions tous la meilleure contribution possible. Si vous avez un travail que vous détestez juste pour payer les factures, vous privez cette merveilleuse planète de la véritable contribution que vous pourriez faire. Je suis sûr que vous avez tout un tas de raisons de ne pas prendre de risques, mais au fond vous savez que ce sont simplement des excuses basées sur la peur. Est-ce que vos excuses sembleraient toujours rationnelles si vous ne ressentiez aucune peur ? Le monde n’a pas besoin de davantage d’Einsteins travaillant comme experts en brevets, peu importe à quel point ils s’inquiètent de payer les factures.

Demandez-vous ceci : apportez-vous actuellement la meilleure contribution que vous êtes capable d’apporter ? Si la réponse est clairement non, alors il ne sert à rien de continuer sur votre chemin actuel, si ? Le bon sens suggère que si vous savez que vous êtes sur la mauvaise voie, vous devriez arrêter de marcher. Plus longtemps vous restez sur la mauvaise voie, pire sont les choses pour chacun d’entre nous. Peut-être que cela prendra quelques jours de trouver la bonne voie. Peut-être que cela prendra plusieurs années. Mais c’est toujours mieux d’être perdu pendant quelques années que d’être perdu toute sa vie.

Une fois que vous découvrez votre but, l’étape suivante est de rassembler le courage de suivre cette voie. Pour certaines personnes c’est une transition facile, mais pour d’autres c’est l’étape la plus dure de toutes. Ne laissez pas le défi vous décourager. Si vous avez un grand but, alors votre tâche est d’évoluer dans ce sens. Si cela doit prendre des années, cela prendra des années. Nous ne partirons pas sans vous. 🙂

Crédits photo : © reznik_val – Fotolia

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