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Le développement personnel pour les gens intelligents

Prière de ne pas interrompre

Note : cet article est une traduction de l’article Please Don’t Interrupt de Steve Pavlina. C’est donc lui qui s’exprime dans le “je” de cet article !

StopEst-ce que vous savez qu’une tâche qui est interrompue prend moitié plus longtemps à terminer et contient moitié plus d’erreurs qu’une tâche ininterrompue ?

Cela prend du temps pour notre cerveau d’entrer dans un état de concentration où nous sommes capables de nous concentrer totalement sur une tâche sans être distraits. Une fois que nous sommes dans cet état, nous pouvons profiter d’un flux très productif, aussi longtemps que nous ne sommes pas interrompus.

Un esprit concentré est toujours sensible à une perturbation extérieure. Les interruptions – autrement dit le fait de passer à un ensemble de pensées différent et largement sans rapport – efface et brouille la majeure partie de votre état cérébral précédemment chargé et joliment optimisé. Et des interruptions fréquentes peuvent vous empêcher d’entrer totalement dans cet état de concentration optimal.

Quand vous interrompez quelqu’un, cela lui prend en moyenne 23 minutes de revenir à la tâche sur laquelle il travaillait, plus 30 minutes maximum pour revenir à cet état de concentration et être à nouveau entièrement productif. Quand vous interrompez quelqu’un, quasiment une fois sur deux vous le sortez totalement de la tâche, ce qui fait qu’il ne pourra pas revenir immédiatement à cette tâche après cette interruption. Vous pourriez penser que vous ne leur faites faire qu’une pause pendant une minute ou deux, mais la pause réelle conséquente à votre interruption pourrait être nettement plus longue.

Près de 80% du temps, quand une tâche est interrompue, la personne va y revenir le même jour, mais environ une fois sur cinq quand vous interrompez quelqu’un vous allez l’empêcher de pouvoir travailler à nouveau sur cette tâche pour toute la journée.

Est-ce qu’en étant interrompu brièvement par quelqu’un il vous est déjà arrivé de vous dire que, comme votre travail était déjà en pause, vous pourriez aussi bien aller aux toilettes maintenant, ou vérifier vos mails, ou aller manger un morceau, etc. ? Combien de fois est-ce qu’une question rapide s’est transformée en longue conversation ? Ce sont des expériences habituelles, en particulier parmi ce qu’on appelle les « travailleurs du savoir ». Une interruption apparemment mineure peut faire dérailler votre concentration au point que cela vous prenne des heures de revenir à la tâche d’origine, si vous arrivez même à y revenir le même jour.

On a mesuré que changer souvent de tâche augmente significativement les niveaux de stress comparativement au fait de travailler sur une seule chose à la fois. Donc interrompre les autres n’a pas seulement des effets négatifs sur leur productivité, mais aussi sur leur santé.

Les interruptions coûtent également cher. Une estimation a été faite concernant le coût des interruptions au travail, et le coût s’élève à 588 milliards de dollars par an en perte de productivité pour l’économie américaine. Mais c’est probablement une sous-estimation grossière parce que ce n’est basé que sur le nombre d’heures perdues multipliée par le salaire horaire moyen. Cela ne tient pas compte des répercussions secondaires provoquées par ces interruptions, dont les opportunités manquées, les ventes perdues, les licenciements, les accords qui périclitent, la réduction des investissements, les erreurs coûteuses, les arrêts maladie en hausse à cause de l’augmentation du stress, etc. Les interruptions font que certains livres ne sont jamais finis, que certaines entreprises ne sont jamais lancées, et que certaines idées sont condamnées à être tuées dans l’œuf.

La prochaine fois que vous pensez à interrompre quelqu’un qui travaille activement sur une tâche importante pour lui, envisagez que votre question ou votre commentaire apparemment innocents puissent avoir de sérieuses conséquences pour lui, dont le fait d’ajouter plus de travail à son agenda, d’augmenter son stress, de provoquer des erreurs, de créer des retards, et de potentiellement tuer totalement la tâche en cours. Même une interruption brève pendant une tâche complexe peut créer l’équivalent cognitif d’une heure de travail supplémentaire.

Les gens hautement productifs connaissant l’importance qu’il y a à travailler par blocs de temps ininterrompus avec une forte concentration. Par conséquent, ils prennent des mesures pour empêcher les interruptions, comme en mettant des écouteurs pour décourager les conversations triviales (même si rien ne sort des écouteurs), en fermant la porte de leur bureau, en prévenant les autres qu’il ne faut pas les interrompre à moins que ce soit absolument indispensable, en faisant savoir aux gens quand il est possible et quand il n’est pas possible de parler avec eux, en travaillant dans des lieux différents, en coupant leur téléphone et leurs notifications, ou en travaillant à des heures différentes.

Beaucoup de programmateurs, par exemple, aiment travailler tard le soir. Une raison est qu’ils ont moins de chances d’être interrompus pendant que tout le monde dort, ce qui fait que leur travail de nuit peut être plus productif. L’activité en ligne (mails, réseaux sociaux, etc.) a également tendance à chuter fortement tard le soir.

C’est bien d’être social. Mais si quelqu’un travaille activement, laissez-le continuer à travailler. Vous pourrez lui parler quand il aura fini.

Si vous avez des problèmes avec des gens qui vous interrompent plus souvent que vous l’aimeriez, demandez-leur de suivre la règle suivante (ou n’importe quelle instruction qui vous satisfait) :

Quand je suis occupé à travailler, je vous prie de ne pas m’interrompre à moins que ce que vous avez à partager soit assez urgent et important pour que cela vaille la peine de réduire à néant tout le travail que j’ai fait depuis une heure.

Crédits photo : © grinfen – Fotolia

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