Posez vos questions – Le parentage

Note : cet article est une traduction de l’article Ask Steve – Parenting de Steve Pavlina. C’est donc lui qui s’exprime dans le “je” de cet article !

ParentageCeci est un exemple spécifique d’un domaine particulier de ma vie dans lequel je lutte actuellement, pour donner suite à cet article de la série d’articles « Posez vos questions ».

Un autre domaine de ma vie dans lequel je lutte est le parentage. Là encore, pour moi il est question de trouver le bon paradigme qui correspond aux réalités de ma situation ainsi qu’à mes valeurs personnelles.

Erin et moi avons deux enfants, une fille de 6 ans, Emily, et un fils qui aura 3 ans le mois prochain, Kyle. Notre situation familiale est relativement simple, car Erin et moi en sommes à notre seul et unique mariage et que nos deux enfants sont notre progéniture biologique… pas d’ex ni de beaux-enfants dans le tableau.

Erin et moi travaillons à domicile, et gérons plusieurs entreprises à nous deux. Nous pourrions sembler avoir de nombreux avantages en tant que parents, étant donné que nous profitons d’un bon revenu et que nous définissons nous-mêmes nos horaires. Cependant, notre travail n’est pas un simple travail pour nous. C’est une mission, et en tant que tel ce n’est pas le genre de travail dont nous pouvons facilement nous désengager à la fin de la journée. Par conséquent, nous sommes mis au défi de découvrir comment intégrer les enfants dans nos vies et de définir notre rôle en tant que parents. La plupart du temps notre famille semble fonctionner en 2+2 au lieu de 4.

Quand elle était en crèche, Emily a été claire avec ses professeurs quant au fait qu’elle a l’intention de suivre sa propre voie dans la vie. Elle a la tête très dure et refuse de faire les devoirs qu’elle trouve inutiles ou ennuyeux. Elle n’accepte pas aveuglément l’autorité à moins que les « raisons » pour lesquelles elle devrait la respecter lui soient expliquées en détails et qu’elle soit d’accord. Si elle est d’accord elle coopère. Sinon, elle vous ignore et elle fait son propre truc. Elle est quasiment immunisée contre la discipline, quelle que soit la personne ou la façon dont c’est administré. Elle va accepter sa punition puis retourner directement faire ce qui lui a valu des ennuis au début, comme si elle disait « Vas-y, punis-moi si tu le dois, mais je sais que j’ai raison, et je vais écouter ma voix intérieure quoi qu’il arrive. »

La remarque que nous recevons le plus souvent de la part de sa maîtresse serait « ne suit pas les directives. » Une fois le principal de l’école a admis devant nous qu’ils ne savaient pas comment gérer Emily parce qu’elle ne cessait de vouloir être plus maline qu’eux. Elle ne réagissait pas de la même façon que les autres enfants parce que pour elle la proposition d’activités de groupe n’était pas une récompense, et que la peur de la punition n’était pas dissuasive.

Je ne peux pas en vouloir à Emily d’être comme ça cependant. Ma vie pourrait aussi facilement se voir accorder comme remarque « ne suit pas les directives ». En fait, quand je vois Emily déroger aux règles et faire ce qu’elle a envie de faire à la place, ma véritable réaction est « Ca c’est ma fille ! » C’est une anticonformiste tout comme son papa, une éternelle source de frustration pour les adeptes du statu quo.

Notre fils Kyle n’est pas loin derrière. Même si sa personnalité est différente de celle d’Emily, il est très intelligent pour son âge. Nous l’avons fait évaluer par des professionnels, et il a environ un an d’avance sur le plan cognitif. Il est encore dans la difficile étape des deux ans, donc je suis curieux de voir comment il sera plus grand.

Je pense que nos deux enfants ont un excellent potentiel, et je ne veux pas ruiner ces qualités en les soumettant à l’éducation standard américaine. Ma femme est allée en école publique, et je suis allé dans une école privée religieuse, mais aucune de ces options ne m’attirent, en particulier parce que le système scolaire de Las Vegas manque un peu de professeurs qualifiés. La déscolarisation ne serait pas non plus une option viable, parce que ni Erin ni moi ne voulons sacrifier notre temps de travail pour gérer cela.

La meilleure option pourrait être une sorte de tutorat privé, similaire à l’école à domicile sauf qu’Erin et moi ne le ferions pas nous-mêmes. Nous pouvons certainement nous permettre ça. Mais quel serait le programme ? Offrons-nous aux enfants une éducation standard, qui remplit leur tête de futilités ? Non, hors de question. Ou est-ce que nous leur offrons une éducation pratique, comme en leur montrant comment monter leur propre business sur internet et générer des revenus tout seuls, pour qu’ils n’aient jamais besoin de trouver un travail dans les normes pour subvenir à leurs besoins ? Il y a beaucoup de possibilités quant à la façon de nous y prendre dans ce domaine.

Je ne veux pas non plus imposer mes propres valeurs à mes enfants. Mes parents ont fait cela pour moi avec le catholicisme, et bien sûr cela n’a pas fonctionné. À 17 ans j’en ai eu assez du lavage de cerveau et j’ai choisi de trouver ma propre voie, immunisé contre les violentes pressions et les réactions contraires. Je veux exposer mes enfants à un spectre d’options plus large et les laisser choisir leur propre voie, même si elle est totalement différente de la mienne. Par exemple, nous avons expliqué à Emily pourquoi nous sommes végétaliens, et cela a semblé lui parler bien plus que je ne m’y attendais. Si elle voit ses grands-parents manger de la viande, elle leur crie parfois « Ne mangez pas d’animaux parce que cela fait dire aux animaux ’’Ouille !’’ » Mais si Emily changeait d’avis un jour et voulait essayer de manger des animaux, cela ne me poserait pas de problème (même si je sais que ce ne serait pas la réaction de beaucoup de végétaliens). Je veux qu’elle apprenne à faire ses propres choix conscients, tout comme j’encourage tout le monde à le faire.

J’ai toujours vu le parentage comme l’acte d’élever des enfants, mais parfois je me demande qui élève qui. Je pense souvent que mes enfants m’enseignent la patience et le pardon. Il y a quelques jours, j’ai demandé à Emily « Tu es ici pour m’apprendre quoi, Muffin ? » (Muffin est le petit nom que je lui donne.) Elle a levé les yeux vers moi, m’a souri, et a dit « Jouer ! »

Mon défi est de définir mon rôle en tant que père. D’un côté, j’ai cette grande mission. Et d’un autre côté, j’ai deux enfants à élever (et apprendre ce qu’ils m’enseignent). Je sens souvent que je sacrifie l’un pour l’autre, que je tombe dans un schéma gagnant-perdant ou perdant-gagnant. Quand j’écris je néglige mon rôle de père. Et quand je joue avec les enfants, je néglige ma mission. Y a-t-il une troisième possibilité ?

Je pense que la solution idéale impliquerait de trouver un moyen d’intégrer mon rôle en tant que père à ma mission. Mais je ne vois pas encore comment cela fonctionnerait. Y a-t-il une solution en ET et non simplement en SOIT-SOIT ?

Crédits photo : © styleuneed – Fotolia.com

Un commentaire

  • J e trouve cet article passionnant et cohérent avec la personnalité de steve….!
    ses propos résonnent en moi car je me pose souvent ces questions, à la fois comme parent et comme prof dans mon lycée professionnel.
    chaque jour je remarque combien de jeunes paraissent souffrir d’un mortel ennui face à la quantité de consignes de toutes sortes qui leur sont proposées et quasiment imposées…..beaucoup n’adhèrent pas, et, soit refusent de les appliquer, soit esquivent plus ou moins ….tous se retrouvent exposés à des sanctions et à un classement “négatif” par l’équipe qui se veut “pédagogique”….je trouve cela pas satisfaisant du tout, ayant conscience de gâcher des potentiels humains…..alors je fais de mon mieux en me montrant très souple et agissant selon ma voix intérieure….

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