Leçons de vie issues du Poker

Note : cet article est une traduction de l’article Life Lessons From Poker de Steve Pavlina. C’est donc lui qui s’exprime dans le “je” de cet article !

PokerÉtant donné que j’ai reçu de bons retours à propos de Leçons de vie issues du Blackjack il y a peu, j’ai pensé partager quelques leçons que j’ai apprises également en jouant au poker.

Historique

Là encore, libre à vous de passer l’historique si vous voulez simplement lire la partie leçons. Je n’inclue ceci que pour les curieux.

J’ai appris pour la première fois à jouer au poker quand j’avais 18 ans, on ne jouait que des centimes avec mes amis de lycée. J’étais un joueur plutôt faible à cette époque, je n’utilisais qu’un style relâché-agressif et je bluffais beaucoup trop. Mais j’aimais ce jeu et j’y jouais au moins une fois par semaine. Évidemment, ce n’était que des parties à la maison dans lesquelles je jouais des styles de poker différents de celui pratiqué dans les casinos. Mon jeu préféré s’appelait le 3-5-7. Je ne jouais que pour m’amuser et pendant des années je n’ai jamais pris ce jeu vraiment au sérieux.

Quand j’avais 21 ans et que je vivais à L.A., des amis et moi avons fait quelques voyages au Commerce Casino. Je jouais principalement au Poker 7-Stud à l’époque et un peu au Hold’em. Je ne tenais pas de comptes à l’époque mais globalement je devais avoir 50% de victoires. J’ai joué au Commerce peut-être cinq fois au total. C’était à une heure de route de chez moi, donc ce n’était pas assez pratique pour que je m’embarrasse avec ça, d’autant plus que je ne jouais que pour m’amuser de toute façon.

Entre 24 et 33 ans, je n’ai quasiment pas joué au poker, peut-être une fois par an en moyenne. Ce n’était pas un aspect important de ma vie.

En janvier 2004, ma famille et moi avons déménagé à Vegas. La disponibilité des jeux de poker à Vegas (et sa récente popularité) faisait que vous pouviez toujours trouver une table où jouer. Le Las Vegas Strip n’est qu’à 20 minutes de route de chez moi, et Downtown Vegas est à 15 minutes. Et le casino le plus proche de chez moi (Santa Fe Station) a récemment ajouté une salle de poker, donc maintenant je ne suis qu’à 10 minutes d’une table.

Quand j’ai emménagé ici, je pensais que ce serait amusant de jouer plus souvent au poker, étant donné que j’ai toujours apprécié ce jeu. Je n’avais aucune intention d’y faire carrière, mais je n’avais pas non d’intérêt à y perdre de l’argent. Je me suis dit que si je pouvais apprendre à compter les cartes au blackjack, je pourrais sûrement devenir suffisamment bon au poker pour gagner des parties Low-limit. De cette façon je pourrais m’amuser et gagner un peu d’argent dans le même temps.

Il s’est avéré que j’avais raison.

En me fiant aux recommandations d’autres personnes, j’ai choisi quelques livres sur le sujet. J’en ai suivi les recommandations assez fidèlement, et elles ont bien marché.

Je ne joue qu’aux plus petites limites, comme les tables à 1-3$ et 2-6$, en limit ou en no-limit. Je joue dans des salles de poker non-fumeur, ce qui est heureusement devenu plus répandu. Personnellement j’aime bien l’ambiance amicale (et non-fumeur) de la salle de poker de l’Excalibur, c’est pourquoi je vais généralement y jouer. C’est un jeu très rentable et à faible pression si vous êtes assez correct, en particulier le vendredi ou samedi soir quand l’endroit est rempli de touristes qui sont surtout là pour s’amuser et profiter des boissons gratuites. Je connais le prénom de la plupart des croupiers qui y travaillent, et ils sont tous très sympas.

Je n’ai pas l’intention de gagner ma vie grâce à ça, et je ne me considère certainement pas comme un requin. J’aime simplement l’amusement et le défi de ce jeu. J’ai toujours aimé la compétition.

En moyenne je joue plusieurs fois par mois, généralement le week-end. Je note chacune de mes sessions dans un cahier, comme ça je peux voir comment je m’en sors – je veux savoir si je suis gagnant ou perdant. L’an dernier j’étais positif, avec un taux de victoire par session de 70% et un taux horaire positif de 2,27$ (net de pourboires). Visiblement je ne vais pas devenir riche en jouant avec d’aussi faibles limites, mais pour moi ce n’est qu’un loisir amusant, pas un projet professionnel sérieux. Je ne joue qu’en vrai, pas en ligne, parce que j’aime parler avec les autres joueurs et rencontrer des gens intéressants du monde entier.

Le poker est un jeu bien plus difficile à maîtriser que le blackjack parce que vos décisions dépendent des actions des autres joueurs, pas seulement des règles prédéterminées du jeu et des probabilités. Jouer au poker demande également beaucoup plus de patience que le blackjack à mon avis. Entre le poker et le blackjack, j’aime beaucoup plus le poker en raison du facteur humain.

Observations du poker

Tandis qu’au blackjack la plupart de mes observations sont venues de l’observation de la façon dont les autres ont joué leurs mains, au poker j’ai principalement appris en m’observant personnellement, ce qui est en partie dû à la nature du jeu (je ne peux pas voir chaque décision que fait un autre joueur comme c’est le cas au blackjack).

Voici quelques observations que j’ai faites au fil de mes années de poker :

1. Vous pouvez beaucoup apprendre sur les autres en vous étudiant personnellement.

Le simple fait de m’observer et de faire attention à mes propres manifestations, comme de voir mes mains trembler quand je baissais les yeux et voyais que j’avais une paire d’as au bouton, j’ai appris à regarder ces mêmes signes chez les autres joueurs. Dans les jeux low-limit, presque à chaque fois que vous voyez la main d’un joueur trembler lorsqu’il essaye de placer sa mise, cela signifie qu’il a une main monstrueuse. J’ai balancé beaucoup de mains solides après avoir lu ce signe, et jusqu’ici c’était à chaque fois la bonne décision. En observant mon propre comportement, je pouvais le chercher chez les autres.

Comment cela s’applique-t-il à la vie elle-même ? Si vous savez comment vous vous comportez quand vous vivez certains évènements émouvants, vous pouvez observer ce même comportement chez les autres et bénéficier d’informations (ce qui peut être très utile dans certaines situations).

Par exemple, si je regarde quelqu’un faire un discours, je peux observer comment je me comporte quand j’en ai vraiment marre ou quand je suis vraiment intéressé. Puis quand c’est à moi de faire un discours, je peux observer ces réactions dans le public. Si je vois des gens se pencher en avant, sourire, et faire oui de la tête, je sais que j’ai un public captivé parce que c’est ce que je fais quand je le suis.

Si vous êtes commercial, comment vous comportez-vous quand vous regardez quelqu’un d’autre faire une bonne ou une mauvaise présentation ? Si vous êtes manager, comment vous comportez-vous quand quelqu’un essaye de vous déléguer quelque chose et que vous n’avez pas l’intention de le faire ? Si vous êtes marié, comment vous comportez-vous quand vous n’écoutez pas vraiment ce que dit votre épouse ?

Observez la façon dont vos comportements reflètent divers états intérieurs, puis cherchez ces comportements chez les autres pour recueillir des informations. Vous pourriez être surpris de trouver que les états émotionnels génèrent une réponse physique qui est extrêmement similaire d’une personne à une autre.

2. Vous pouvez beaucoup apprendre sur vous-même en étudiant les autres.

C’est l’inverse du premier point. En observant comment les autres se comportent en poker, puis en voyant quel genre de main ils ont, je peux relier leur comportement et ces informations. Alors quand je revois ces manifestations physiques, je peux plus facilement deviner la main du joueur.

Beaucoup de joueurs de poker font ça. Ce n’est pas une révolution.

Mais combien de joueurs de poker se servent de ce qu’ils apprennent sur les autres joueurs et les appliquent ensuite à eux-mêmes ? C’est-à-dire de faire attention d’un point de vue personnel aux signes que vous repérez chez les autres joueurs, en particulier quand vous êtes en duel avec le joueur que vous avez vu exprimer ces signes. Donc si vous voyez quelqu’un regarder hors de la table quand il a une super main, assurez-vous que vous ne le faites pas également.

Vous pouvez aussi pousser ce concept un peu plus loin et l’utiliser de façon encore plus proactive. Si vous voyez d’autres personnes se comporter d’une certaine façon quand ils ont une bonne main, vous pourriez trouver cela utile d’avoir ce même comportement volontairement quand vous êtes en duel avec ce joueur et que vous voulez le bluffer. C’est une façon sournoise d’utiliser le propre comportement physique de cette personne pour lui envoyer les mauvaises informations. Assurez-vous simplement de ne pas le faire de façon trop visible, ou l’autre joueur le verra. Je trouve que cela fonctionne le mieux quand c’est un signal inconscient qui modifie leur intuition à propos de cette main.

Alors quelle est la leçon de vie ici ? La leçon est que ce genre de manipulation fonctionne aussi hors d’une partie de poker. En apprenant le comportement de quelqu’un, vous pouvez consciemment exprimer certains signes pour générer la réponse que vous voulez. Cela semble certainement manipulateur, et ça l’est. Mais en étant conscient de cette tactique, vous pouvez réduire votre sensibilité à ce propos.

Les pubs télé utilisent ce genre de manipulation tout le temps. Ils connaissent tous les signes des différents états émotionnels, et ils s’en servent pour essayer de manipuler votre réponse émotionnelle. C’est une raison pour laquelle tant de publicités paraissent aussi stupides, mais elles peuvent quand même être efficaces si elles incluent les signaux adéquats qui court-circuitent votre cerveau et accèdent directement à votre subconscient.

Pensez à ces pubs pour des médicaments dans lesquelles ils lisent les effets secondaires (qui semblent souvent pires que les symptômes que le médicament est supposé soigner), mais les images suggèrent exactement le contraire. Le personnage exprime les signes des états émotionnels que le publiciste veut que vous associiez à leur produit ou service. Mais ces signaux n’ont souvent rien à voir avec le produit lui-même. En d’autres mots, on ne vous montre pas les véritables états émotionnels que le produit suscitera en vous, mais des états bien plus agréables qui ne se présenteront sûrement pas lors de l’utilisation du produit.

Combien de pubs pour de la bière montrent des gens saouls qui se comportent de façon idiote ?

3. L’intellect et l’intuition peuvent être des ressources qui aident à prendre de bonnes décisions.

En poker parfois la logique est correcte, et d’autres fois l’intuition est bonne. Parfois elles sont en accord ; parfois non.

Dans la vie, cependant, vous avez généralement plus de possibilités que de simplement checker, miser, caller ou passer. La vie est plus ouverte, et quand la logique et l’intuition sont en désaccord, il est parfois mieux de ne pas choisir un camp mais d’écouter les deux et de chercher une troisième alternative.

Quand ma logique et mon intuition semblent en désaccord, j’essaye de prendre du recul et de voir la situation d’un autre point de vue. Par le passé j’ai généralement favorisé ma logique, simplement pour découvrir que mon intuition était correcte. Puis j’ai glissé trop loin dans l’autre sens, et payé le prix d’avoir ignoré mon intellect. Maintenant je sais que les deux m’apportent des informations, mais qu’elles le font en agissant à partir de données imparfaites.

En poker vous êtes limité quant à la quantité de données que vous pouvez rassembler. Mais la vie offre d’autres opportunités supplémentaires de réussir dans les cartes. Vous pouvez demander les conseils d’un expert pendant que vous jouez. Vous pouvez obtenir de nouvelles informations pour augmenter les données que traiteront votre logique et votre intuition. Vous pouvez attendre la clarté avant d’agir. Vous pouvez même vous lancer avec la meilleure décision possible, puis voir à quoi ressemblent les prochaines cartes et ajuster votre trajectoire après coup.

4. Ne soyez pas un fish.

Les « fish » (poisson) sont les mauvais joueurs de poker qui sont là principalement pour distribuer leur argent. Ils ne se préoccupent pas de développer leurs compétences dans le jeu, donc ils jouent juste mal. Et plus ils jouent longtemps, plus ils perdent.

La vie n’est-elle pas pareille ? Si vous jouez mal assez longtemps, vous finirez par perdre. Abusez en termes de santé, de relations, ou de finances, et vous pourrez leur dire au revoir.

Les bons joueurs apprennent les règles du jeu et développent leurs compétences. Ils éliminent les mauvaises habitudes qui les feraient autrement chuter.

5. Vous pouvez ne pas faire d’erreur et perdre quand même.

Au poker vous pouvez vous attendre à subir des bad beats encore et encore. Vous finirez pas en subir un dans une situation crève-cœur où quelqu’un finit par toucher une improbable carte miracle et bat votre main déjà faite.

La vie est pareille. Vous pouvez jouer parfaitement et perdre quand même.

Il n’y a aucune sécurité dans les cartes. La seule vraie sécurité est de savoir que vous avez fait de votre mieux. Concentrez-vous sur le fait de prendre les bonnes décisions, et de laisser les cartes tomber comme elles veulent.

6. Aucune main ne vous fera sortir du jeu à vie.

Quand vous subissez un bad beat, prenez simplement une grande inspiration et passez à autre chose. C’est le passé, et il n’y a rien que vous pouvez y faire aujourd’hui.

Restez concentré sur le présent. Il y aura d’autres mains à jouer.

7. Ne jouez pas V8 under the gun, peu importe à quel point cela peut paraître tentant et à quel point vous êtes certain de remporter un énorme pot.

Je laisse ici cette leçon de vie comme exercice pour le lecteur. 😀

Si vous jouez vous-même au poker, je vous invite à partager vos propres leçons de vie tirées du jeu et à poster vos commentaires.

 

Crédits photo : gekaskr

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