Le mentorat

Note : cet article est une traduction de l’article Mentoring de Steve Pavlina. C’est donc lui qui s’exprime dans le “je” de cet article !

MentorUn raccourci bien connu pour atteindre ses objectifs est de demander l’aide d’un mentor ─ quelqu’un qui a toujours été sur un chemin similaire au vôtre et qui peut aider à vous guider.

Un des problèmes auxquels j’ai fait face quand je me suis efforcé de devenir un orateur professionnel était que je ne m’y connaissais pas beaucoup côté professionnel de l’art oratoire. J’ai reçu beaucoup d’aide concernant l’art de parler de Toastmasters International, mais cette organisation n’aide pas directement les gens à faire la transition vers une carrière oratoire ─ ce n’est pas fait pour cela.

J’ai déjà lu des livres sur le sujet et j’ai trouvé des sources utiles sur internet, mais il y a toujours des trous béants dans ce que je sais. C’est le genre de situation dans lesquelles trouver un mentor peut faire gagner beaucoup de temps et économiser beaucoup d’efforts. Je voulais trouver quelqu’un qui gagnait déjà sa vie en faisant des discours professionnels et qui voudrait me montrer les ficelles, en particulier quelqu’un qui pourrait aider à me coacher graduellement pendant que je fais cette transition jusqu’au professionnalisme. Alors plus tôt dans l’année je me suis fixé comme objectif de trouver ce genre de mentor, je voulais que ce soit quelqu’un du coin pour pouvoir le rencontrer en face à face.

Pour que cette relation de mentorat fonctionne, j’avais besoin de quelqu’un qui s’y connaissait, qui avait de l’expérience, qui était volontaire, et qui était disponible. Je voulais également quelqu’un que je pourrais aider d’une quelconque façon, afin de ne pas avoir l’impression de le sucer comme un vampire sans rien donner en retour qui ait de la valeur. J’ai couché tout ceci par écrit comme faisant partie de mon objectif.

Cela a pris quelques mois, mais j’ai finalement trouvé une telle personne. C’est un orateur professionnel local pour qui j’ai énormément de respect ─ je l’ai vu parler en de multiples occasions. Il parle de sujets qui ne sont pas en concurrence avec ce dont je voudrais parler, donc il n’y a aucun risque pour lui à m’aider. Et mieux encore, il a besoin d’un nouveau site web, et il veut entrer dans le blogging, donc je peux aussi être un mentor pour lui et lui fournir une assistance directe dans certains domaines.

Après un mail et un court appel téléphonique pour parler de l’idée, nous avons parlé ensemble pendant environ 2 heures et demies le week-end dernier. Je suis arrivé avec une liste de questions que j’avais préparées à propos de l’art oratoire professionnel, et j’ai également apporté une liste d’améliorations personnelles pour son site web, afin que cela serve d’agenda et que cela nous permette de rester concentrés. Nous avons passé près de la moitié du temps à discuter de chacun d’eux. Cette conversation-là a probablement fait progresser ma courbe d’apprentissage que quelques mois. J’ai pris beaucoup de notes, et le lendemain j’ai réussi à assembler les informations et à écrire un plan à long terme pour faire la transition vers le monde du discours professionnel payé. Cela représentera une énorme somme de travail de mettre ce plan en pratique, mais au moins je peux voir le chemin se dégager, et je peux envisager les chances de réussite.

Nous avons même parlé du genre de costume à porter quand on fait un discours et où l’acheter. Quelque part, travailler dans l’industrie du jeu vidéo pendant dix ans ne m’a pas fait progresser dans le choix d’une garde-robe qui s’adapte facilement au discours professionnel. 😉

J’ai été capable de lui fournir de nombreuses idées pour améliorer son site web, et je l’aiderai à les mettre en œuvre dans les semaines qui viennent, y compris lui faire commencer le blogging. Je n’arrive pas à piger comment il a pu trouver cela tout seul, mais pour moi ce n’est pas très grave parce que c’est facile pour moi.

Nous avons beaucoup progressé en échangeant avec force, donc j’ai hâte de voir combien nous pouvons nous aider l’un l’autre dans les semaines qui viennent.

Comme pour tout nouvel évènement, le diable se sache dans les détails. Tout comme le développement de logiciels peut paraître décevant quand on ne le regarde que de l’extérieur, le travail de conférencier professionnel est également bien plus compliqué au fur et à mesure que vous creusez… contrats, questionnaires pré-évènementiels, organisations des déplacements, ventes en arrière-salle, bureaux de conférenciers, amélioration de contenu, répétitions, aides visuelles, démos audio et vidéos, tarification, et ainsi de suite. Une fois que tout est installé dans votre travail, ces détails passent au second plan, mais atteindre ce point nécessite un gros effort à long-terme, une brique à la fois. Parfois quand je regarde en arrière vers mon entreprise de jeux, je suis ébahi du nombre de petits détails que j’ai du m’efforcer de faire à un moment ou à un autre.

À toute autre personne qui essaye d’atteindre un but sans être capable de voir le chemin suffisamment clairement, je recommande fortement de trouver un mentor. Mais je ne pense pas que ce soit une bonne idée de simplement demander quelque chose de A à Z à quelqu’un que vous ne connaissez pas encore. Déjà, essayez de bâtir une relation informelle et connaissez vos mentors potentiels pour voir s’ils ont un besoin auquel vous pouvez peut-être répondre. Voyez si vous appréciez et respectez la personne et si vous pourriez bien vous entendre. Si tout semble bien aller, alors proposez une relation de co-mentorat. Prenez-y vos aises ─ commencez par offrir de vous rencontrer pour discuter de l’idée, et voyez ce qui en ressort.

Même si vous ne pouvez pas beaucoup offrir en retour, beaucoup de gens seront heureux d’être le mentor de quelqu’un d’autre pour le simple plaisir d’aider quelqu’un. Mais même en pareils cas, je pense que la considération principale du mentor est que vous appliquiez ou non ses conseils et que vous en fassiez bon usage. S’il est clair que vous vous engagez vers votre objectif et que vous voulez apprendre avec sérieux quoi faire pour passer à l’action, vous arriverez probablement à attirer un mentor ─ le mentor sera capable de voir que vous êtes sérieux, et qu’il peut s’attendre à ce que ses contributions à votre développement produise des résultats. Mais si vous abordez le mentorat d’un point de vue moins mûr, en demandant davantage conseil par peur parce que vous ne faites pas confiance à votre propre jugement, vous rencontrerez certainement de la résistance de la part de recruteurs potentiels. Ils peuvent dire que leur investissement ne fera pas de différence et que leurs conseils tomberont dans l’oreille d’un sourd.

Bien que je pense que le mentorat à distance puisse fonctionner, personnellement je n’aime pas ça. Je veux interagir face à face quand cela compte vraiment. Les conversations téléphoniques ne posent pas de problème, mais vous passez à côté du langage corporel et des expressions de visage. Et les mails ne sont simplement pas assez expressifs. Quand je pose une question qui a peu de chances d’amener une réponse simple par oui ou non, je veux voir la réaction physique complète de l’autre personne. Le langage du corps est très parlant, particulièrement venant de quelqu’un qui a fait de l’art oratoire son métier. On a estimé que la communication était à 55% kinesthésique, à 38% verbale, et provenait à 7% du contenu. Tout le monde n’est pas d’accord avec ces chiffres, mais je pense que tout le monde serait d’accord sur le fait qu’avoir ces trois canaux disponibles est mieux que de n’en avoir qu’un ou deux. Le langage du corps est particulièrement bon pour révéler le niveau de confiance d’une personne quoi qu’elle dise.

 

Crédits photo : fotogestoeber

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